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France libre (porte-avions)

projet de porte-avions français From Wikipedia, the free encyclopedia

La France libre[Note 1] est un projet de porte-avions français, appelé à l'origine porte-avions nouvelle génération (PANG), destiné à remplacer le porte-avions Charles de Gaulle en 2038 et dont les études préliminaires ont été lancées en . Le président Emmanuel Macron a annoncé son lancement en dans un discours auprès des forces françaises aux Émirats arabes unis, et son nom de « France libre » en .

Maître-bau90 m (pont)[2] - 39 m (ligne de flottaison)[1]
Déplacement80 000 t[1]
Faits en bref Caractéristiques techniques, Type ...
France libre (R92)
illustration de France libre (porte-avions)
Illustration d'artiste.
Porte-avions nouvelle génération
Caractéristiques techniques
Type Porte-avions
Longueur 310 m[1]
Maître-bau 90 m (pont)[2] - 39 m (ligne de flottaison)[1]
Déplacement 80 000 t[1]
Propulsion deux réacteurs nucléaires K22 de (220 MW) chacun[3] 2 groupes turbo-alternateurs, 3 moteurs électriques de propulsion, 3 hélices[2]
Vitesse 30 nœuds (55 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Aéronefs Parc aérien : 40 ou +

aéronefs embarqués[4] :

Rayon d'action Illimité en matière de propulsion
Autres caractéristiques
Équipage ~2 000 personnes[4]
Histoire
Chantier naval Chantiers de l'AtlantiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
A servi dans  Marine nationale
Commanditaire Direction générale de l'Armement
Fermer

En , le site Naval Group de Cherbourg a commencé la fabrication des premières pièces des chaufferies nucléaires[5],[6]. Le « dossier de lancement en réalisation » est signé par le gouvernement en . La revue de conception préliminaire est attendue en 2028, avant une revue de conception finale. Le début de sa construction aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire est prévue vers 2026 (découpe de la première tôle en 2031 ou 2032)[7]. La notification du contrat était attendue par Naval Group fin 2025[8].

Histoire

Contexte

Depuis les années 2000 et la vente du Foch à la Marine brésilienne, le Charles de Gaulle est l'unique porte-avions français en service. Tous les dix ans, il subit une « indisponibilité périodique pour entretien et réparation » d'un an à un an et demi en cale sèche, pour les entretiens et réparations structurels les plus lourds (y compris le renouvellement du combustible nucléaire), privant ainsi la France d'une part significative de ses capacités de projection[9]. Cette perte périodique de capacité est la raison principale qui pousse à la construction d'un second porte-avions, afin d'assurer la disponibilité permanente d'un groupe aéronaval.

Après la mise en service du Charles de Gaulle le , un projet pour disposer d'un autre porte-avions, le PA 2, a été lancé en 2003 sur la base du Carrier vessel future britannique, la classe Queen Elizabeth. Le projet est suspendu en 2009[10] et abandonné en 2012[11].

À l'occasion de l'édition 2018 du salon Euronaval, Florence Parly, ministre des Armées, annonce le lancement d'un second programme de remplacement du Charles de Gaulle. Une phase d'études de 18 mois, inscrite dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025 pour un montant de quarante millions d'euros, doit permettre au président de la République de prendre les décisions sur les points importants du programme courant 2020[12].

En déplacement aux chantiers de l'Atlantique en , la ministre des Armées confirme que le porte-avions de nouvelle génération (sigle PA-NG[3]) sera bien construit à Saint-Nazaire, le chantier naval étant en France le seul à pouvoir construire un navire d'un tonnage aussi important[13].

Les choix d'architecture et de propulsion concernant le futur porte-avions devaient initialement être arrêtés par le chef de l'État au cours d'un conseil de Défense au début du mois de [14],[15], pour permettre une déclaration du président de la République lors de son allocution du 14 juillet[15]. La question de savoir si la France se dotera d'un seul porte-avions ou de deux devait être tranchée dans le même temps. Cependant, le changement de gouvernement intervenu le oblige les services du chef de l'État à repousser ce conseil de Défense à une date ultérieure, probablement avant la fin de l'été ou à la rentrée[15]. Les décisions stratégiques concernant le PA-NG auraient pu dès lors être annoncées lors de l'édition 2020 du salon Euronaval[15], qui devait se tenir, en dépit de la situation sanitaire en France, au Bourget du au [16].

C'est finalement le , à l’occasion d’un déplacement sur le site Framatome du Creusot, qu'Emmanuel Macron officialise le lancement du programme de porte-avions de nouvelle génération ainsi que le choix de doter le successeur du Charles de Gaulle d'une propulsion nucléaire[17],[18]. Le président de la République n'évoque toutefois pas la possibilité pour la France de se doter d'un second porte-avions.

La future coque du PA-NG est testée en 2021 par une maquette de dix mètres de long sur le lac de Castillon (Alpes-de-Haute-Provence)[19],[20].

Pendant son déplacement à Indret, le , le président de la république, Emmanuel Macron, a annoncé que ce futur porte-avions portera le nom de France Libre.

Construction

Dès le mois de , la ministre des Armées annonce que la construction du successeur du Charles de Gaulle se fera à Saint-Nazaire, aux Chantiers de l'Atlantique. Quelques jours plus tard, le député du Finistère Jean-Charles Larsonneur, issu du groupe La République en marche, évoque dans un article du Télégramme la possibilité de construire certains éléments du futur porte-avions à Brest, et fait valoir le travail du site brestois du groupe Thales[21]. Lors de sa visite à Brest, trois jours plus tard, Florence Parly, assure que le port breton participera à la « conception » du PA-NG[22].

Le le ministre des Armées Sébastien Lecornu annonce la commande des premiers composants, notamment liés à la propulsion nucléaire, qui devront déjà être prêts quand commencera la construction en 2031[23]. Selon la DGA le début de fabrication des enceintes de confinement des chaufferies nucléaires a commencé le , sur le site de Naval Group à Cherbourg[24].

Le projet impliquera une multitudes d'entreprises, d'industriels et de compétences tel que : le commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, les laboratoires universitaires et scientifiques du CNRS ainsi que les groupes TechnicAtome, MBDA, Thales, Safran, Dassault Aviations ou encore l'entreprise américaine General Atomics chargée de concevoir les catapultes électromagnétiques (EMALS). D'autres entreprises, centrées sur l'énergie pourraient aussi être directement ou indirectement amenées à participer au projet comme : ArcelorMittal, ACB Group (fournisseurs d'acier, matériaux et pièces précises), Schneider Electric, Alstom, GE Grid Solutions ou bien Parker Hanifin et Liebherr France pour les propulsions auxiliaires, les systèmes hydraulique ou le HVAC (Heating, Ventilation and Air Conditioning).

Le , dans un discours auprès des forces françaises aux Émirats arabes unis, Emmanuel Macron annonce le lancement de la construction du PA-NG décidé lors d'un comité ministériel d'investissement s'étant déroulé dans la même semaine. Il s'agit de l'étape la plus importante pour la réalisation de ce navire qui doit être le bâtiment militaire le plus imposant construit en Europe lors de son entrée en service prévue en 2038[25].

Nom

Le , sur le site de Naval Group à Indret, après avoir consulté les anciens chefs d'état-major de la marine, Emmanuel Macron dévoile le nom du navire, choisi « dans la filiation du général de Gaulle. L'esprit français est un esprit de résistance, avec la volonté de résister pour demeurer libre, sur le territoire national ou ailleurs. » : « France libre »[26], en référence à la France libre, mouvement de résistance fondé par De Gaulle à la suite de l'appel du 18 juin 1940 de Londres.

Contrairement à l'usage de la marine marchande, qui emploie généralement le masculin pour ses navires, comme le France, les noms de ceux de la Marine nationale sont genrés, comme le porte hélicoptères « la Jeanne d'Arc » ou « la France », cuirassé de 1912[27]. Le nouveau porte-avion devrait donc être appelé « la France libre »[Note 2] et non « le France libre »[28].

Il était jusque là connu sous l'appellation de porte-avions nouvelle génération (PANG). D'autres noms avaient été évoqués, dont ceux de Richelieu, traditionnel dans la marine française pour des navires importants et qui était celui du Charles de Gaulle au lancement de sa construction, Simone Veil ou François Mitterrand[26].

Caractéristiques

Système de propulsion

Alors que le ministère des Armées penchait initialement pour un retour à une propulsion classique pour le remplaçant du Charles de Gaulle, c'est finalement l'option nucléaire qui est retenue par la ministre Florence Parly, et entérinée par le président de la République Emmanuel Macron en [3],[29].

Cette option, soutenue par l'état-major de la Marine, est rendue nécessaire par le tonnage envisagé du nouveau navire, supérieur de plus de 75 % à celui du Charles de Gaulle, et 25 % supérieur au tonnage du Foch et du Clemenceau réunis[21]. Le développement d'un nouvel avion de combat, le chasseur de nouvelle génération, prévu pour être plus lourd que le Rafale de près de cinq tonnes, nécessitera des installations plus importantes pour pouvoir accueillir à son bord le nouvel aéronef[30],[3]. De plus, la LPM 2024-30 précise que le « programme d’ensemble PA-NG sera conduit pour garantir la pérennité des compétences « propulsion nucléaire », avec une attention particulière portée à la conception et à la fabrication des nouvelles chaufferies K22, puis pour assurer une transition maîtrisée avec le porte-avions Charles de Gaulle »[23].

Sur le Charles de Gaulle, ce sont deux réacteurs K15, baptisés « Adyton » et « Xena »[31], d'une puissance thermique de 150 MW chacun, qui fournissent l'énergie au navire. Pour le PA-NG, un nouveau modèle de réacteurs nucléaires va être développé par Framatome Défense (partenaire industriel de TechnicAtome), le K22. Il devra développer une puissance de 220 mégawatts, soit une augmentation de 46 % par rapport aux réacteurs K15[8], afin de permettre au bâtiment de naviguer à une vitesse de 30 nœuds et de mettre en œuvre deux à trois catapultes électromagnétiques (EMALS) ainsi que des armes à énergie dirigée et des brouilleurs à forte puissance[23].

En , Framatome Défense a déclaré en avoir forgé une première « pièce de démonstration », « étape préalable à la qualification des composants des chaufferies » du navire[23].

C'est à Naval Group, en particulier par son unité de Nantes-Indret, qu'il reviendra de réaliser et d’intégrer les deux réacteurs K22, sous la maîtrise d’œuvre de TechnicAtome[23].

Groupe aérien embarqué

Catapultes

En usage dans la Marine nationale depuis le début des années 1960 et le lancement du Clemenceau et du Foch, c'est le système CATOBAR  décollage assisté par catapulte et récupération par brins d'arrêt  qui devrait être utilisé pour le catapultage des aéronefs depuis le PA-NG[4].

Dans son discours au salon Euronaval du Bourget, Florence Parly annonce que le nouveau porte-avions devra être capable d'accueillir le système de combat aérien du futur (SCAF), et la possibilité d'utiliser des catapultes électromagnétiques (EMALS) pour le catapultage des avions[30]. Ces systèmes, moitié moins lourds que les catapultes à vapeur[4],[32],[Note 3] et débarrassés des conduites de vapeur qui courent à travers le navire de la tranche énergie jusqu'aux catapultes[33], permettent un réglage plus fin de la poussée, permettant de lancer des aéronefs allant d'un peu plus d'une tonne, comme les drones, jusqu'à 32 tonnes[32], ce qui correspond aux capacités de lancement nécessaires pour catapulter l'avion de combat de nouvelle génération, remplaçant du Rafale, dont le poids annoncé se situerait aux alentours des 30 tonnes[3],[4].

Ce système, déjà en service sur l'USS Gerald R. Ford depuis la fin [34], semble toutefois rencontrer encore un certain nombre de problèmes début 2020, après plus de deux ans et demi de tests[35].

Mais puisque les États-Unis ont mis fin à la production des catapultes à vapeur, la France se retrouve confrontée à un choix technologique : développer ses propres catapultes à vapeur, ou s'orienter vers de nouvelles technologies.

Avions

La France Libre de conserve avec la frégate anti-aérienne Forbin, prête à lancer une pontée massive de 30 NGF et un E2 (vue d'artiste)

De l'avancement des projets du PA-NG et du chasseur de nouvelle génération (ou NGF pour Next Generation Fighter) dépendra le type de chasseurs embarqué sur le successeur du Charles de Gaulle. En 2019, les développeurs du NGF[Note 4] envisageaient un premier vol en 2026[36],[4] pour une mise en service en 2040[37], soit deux ans après l'entrée en service prévue du PA-NG. Il est donc vraisemblable que, dans un premier temps, ce soit le Rafale M qui équipe le PA-NG, et qu'il sera remplacé à terme par le NGF. De plus, à la mi-2020, ni Dassault Aviation ni Airbus n'ont indiqué si l'avion qui sera mis en service en 2040 sera capable de se poser sur un porte-avions ou s'il faudra développer une version « Marine », comme pour le Rafale.

Deux E-2D Advanced Hawkeye, des hélicoptères de manœuvre NH90 Caïman et des hélicoptères Pedro sont également prévus.

Système d'armes

Drones

Le nouveau porte-avions devrait accueillir à son bord des drones de combat, développés par Airbus et MBDA dans le cadre du système de combat aérien du futur[36],[37], ce qui constituerait une véritable innovation. En effet, à la mi-2020, aucun grand drone à réaction n'est opéré depuis un navire militaire dans le monde[4], bien que la marine des États-Unis y travaille[4].

Électronique

Équipements de sécurité et installations médicales

Équipements de vie

Postes d'équipage

La France Libre devrait accueillir environ un millier de marins[4], hors état-major et groupe aéronaval, contre 1 200 pour le Charles de Gaulle[38]. Les marins, dont le nombre sera réduit pour un bâtiment plus grand, devraient être logés dans des postes de quatre à huit personnes, au lieu des postes du Charles de Gaulle, qui comptent de 10 à 40 couchettes[39].

Au-delà de l'amélioration du confort que représentent des postes de quatre à huit personnes, cette configuration permet de limiter une épidémie comme ce fut le cas lors de l'épidémie de Covid-19 à bord du Charles de Gaulle en .

Notes et références

Voir aussi

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