Enlèvement de Nicolás Maduro et Cilia Flores par les États-Unis
attaque des États-Unis au Venezuela
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L'enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis, et celui de son épouse, Cilia Flores, surviennent le lorsque les forces américaines bombardent plusieurs sites du nord du Venezuela, y compris la capitale Caracas[10], sous le nom de code opération Absolute Resolve (en français : « opération Détermination absolue »). Cet événement est considéré comme une aggravation majeure de la crise américano-vénézuélienne en cours, voire comme un coup d'État[11].
10° 26′ 27″ N, 66° 54′ 33″ O
| Type | Frappes aériennes, assaut héliporté |
|---|---|
| Localisation |
Fort Tiuna, Caracas ( 10° 26′ 27″ N, 66° 54′ 33″ O |
| Planifiée par |
|
| Cible | Nicolás Maduro et Cilia Flores |
| Date | (UTC−04:00) |
| Participant | |
| Issue | Enlèvement de Nicolás Maduro et Cilia Flores et transfert vers les États-Unis |
| Pertes |
Au moins 80 militaires et civils vénézuéliens et cubains[6],[7] morts 2 soldats américains blessés[8], et plus de 90 soldats vénézuéliens[9] blessés |
Le président vénézuélien Nicolás Maduro déclare l'état d'urgence national après le début des explosions[12]. Le gouvernement promet de se défendre contre les actions militaires américaines visant à changer le régime politique. Il les qualifie d'« agression impérialiste » et appelle à la convocation du Conseil de sécurité des Nations unies[13].
Après les frappes, le président américain Donald Trump annonce sur Truth Social à 5 h 21 du matin (UTC−04:00) que Maduro et son épouse Cilia Flores ont été capturés et emmenés aux États-Unis. La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, déclare qu'ils seront tous deux mis en accusation pour narcoterrorisme.
Contexte

En , les États-Unis renforcent leur présence militaire dans le sud des Caraïbes, en déployant des navires de guerre et des troupes[15],[16]. En septembre, le Southern Command des États-Unis commence à mener des frappes militaires sur des navires dans la mer des Caraïbes. Les États-Unis allèguent que les navires attaqués trafiquent de la drogue au nom du Venezuela[17],[18],[19].
Ces actions font partie de l'opération Lance du Sud, une campagne militaire américaine visant des réseaux criminels supposés associés au gouvernement vénézuélien de Nicolás Maduro[20]. Avant les frappes, les États-Unis accusent Maduro de présider un « narco-État » et de fraude électorale lors de l'élection présidentielle de 2024[21]. Bien que le Conseil national électoral déclare Maduro vainqueur de cette élection, les résultats compilés par l'opposition prétendent montrer que son candidat, Edmundo González Urrutia, a obtenu une majorité décisive. Le président Trump a auparavant désigné deux gangs de trafic de drogue vénézuéliens, Tren de Aragua et le Cartel de los Soles, comme organisations terroristes étrangères (FTO), et allégué que le second était dirigé par Maduro lui-même[22]. En réalité, les statistiques montrent que moins de 8 % du trafic de cocaïne mondial passe par le Vénézuéla[23]. En parallèle, un rapport de 2025 émanant du Département d'État sur les opérations internationales contre ces trafics ne fait aucunement mention du « Cartel de los Soles » ou de lien entre des trafiquants et Maduro. Ledit cartel n'apparaît pas non plus dans les rapports de la Drug Enforcement Administration, l’administration antidrogue américaine[24].
En , les États-Unis déploient l'USS Gerald R. Ford et en décembre, ils commencent à intercepter et arraisonner des navires pétroliers, imposant une quarantaine navale au Venezuela (en)[25],[26]. Donald Trump annonce au début de décembre que l'armée américaine mènera des frappes à l'intérieur du Venezuela[27]. Les États-Unis lancent des opérations secrètes au Venezuela sous directive de la Central Intelligence Agency (CIA) fin décembre[28].
Déroulement
Premières frappes


Le président Trump ordonne des frappes à l'intérieur du Venezuela, y compris contre des installations militaires[29],[30],[31].
Au moins sept explosions sont signalées vers 2 h du matin VET, et des avions volant à basse altitude sont observés[32], principalement à La Guaira, Higuerote, Meseta de Mamo, Baruta, El Hatillo, Charallave et Carmen de Uria, qui se trouvent principalement à l'intérieur ou à proximité de la capitale, Caracas[33]. La plupart des explosions affectent des antennes et des bases militaires opérationnelles[34]. Selon les premiers rapports, les explosions auraient touché la base aérienne Generalísimo Francisco de Miranda et le fort Tiuna, deux installations militaires de la région[35]. De fortes explosions sont également signalées à l'aéroport d'Higuerote.
Les frappes durent une demi-heure. De la fumée s'élève d'un hangar militaire dans une base de Caracas, tandis qu'un autre est laissé sans alimentation[pas clair]. David Smolansky, porte-parole de la dirigeante de l'opposition vénézuélienne María Corina Machado, déclare à CBS News qu'en plus de fort Tiuna et de la base aérienne Generalísimo Francisco de Miranda, le port de La Guaira et les antennes de Cerro El Volcán sont également touchés[36],[37].
Un total de 150 avions et hélicoptères des forces armées des États-Unis sont déployés pour ces actions.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro déclare l'état d'urgence national après le début des explosions. Le gouvernement promet de se défendre contre les actions militaires américaines visant à changer le régime. Il les qualifie d'« agression impérialiste » et appelle à la convocation du Conseil de sécurité des Nations unies.
Enlèvement de Nicolás Maduro et de son épouse
Peu après 2 h du matin, des hélicoptères du 160e régiment d’aviation des opérations spéciales de l’US Army acheminent des commandos de la Delta Force et de l’Équipe de libération d’otage du FBI jusqu’au centre de Caracas. En arrivant au complexe présidentiel, les soldats américains sont accueillis par des tirs. Un appareil est atteint, sans toutefois être abattu[38].
L’opération se déroule très vite : accès ouverts à l’explosif ou au chalumeau, puis progression pièce après pièce. Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, auraient tenté de se réfugier dans une salle sécurisée, mais auraient été interceptés en quelques minutes, d’après les déclarations de Donald Trump – qui dit avoir suivi l’intervention en direct depuis sa résidence en Floride. À 4 h 29, le couple aurait été emmené en hélicoptère jusqu'au navire d’assaut amphibie USS Iwo Jima, en mer des Caraïbes, avant d’être transféré à New York[38].

À 5 h 21 du matin (UTC−04:00), le président américain Donald Trump déclare sur Truth Social que le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et son épouse, Cilia Flores, ont été « capturés » dans le complexe militaire de fort Tiuna et évacués hors du pays[39],[40]. Selon le secrétaire d'État Marco Rubio, Maduro est arrêté et fera l'objet de poursuites pénales aux États-Unis[41]. La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, confirme que Maduro et sa femme sont portés disparus et exige une « preuve de vie ».
Donald Trump indique également qu'une conférence de presse aura lieu à Mar-a-Lago plus tard dans la journée[42]. Selon CBS News, l'opération visant Maduro a été menée par la Delta Force et la FBI HRT.
Selon des sources de l'opposition vénézuélienne au Venezuela, la capture de Maduro constituerait une « sortie négociée » avec les États-Unis[43].
Quelques heures plus tard, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, annonce que Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été inculpés dans le district sud de New York pour des activités liées au narcoterrorisme[44]. Le président Trump indique qu'une conférence de presse aura lieu à 11 h 0 EST[45].
Peu avant 18 h (UTC−04:00), l'avion transportant Maduro et Flores atterrit à la base aérienne de la Garde nationale de Stewart, à New York[46]. On le voit descendre de l'appareil, entouré d'agents fédéraux, avant d'entrer dans un hangar. Il est ensuite transporté en hélicoptère à Manhattan, à New York. Il est transporté à bord d'un véhicule blindé jusqu'à un bureau local de la Drug Enforcement Administration (DEA), puis écroué au centre de détention métropolitain de Brooklyn[47].
Victimes
Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, déclare que des hélicoptères de combat américains ont tiré des roquettes et des missiles dans des zones urbaines et que ses services recueillent des informations sur le nombre de tués et de blessés[48]. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, rapporte que « des victimes innocentes ont été mortellement blessées et d'autres tuées par cette attaque terroriste criminelle »[49]. Le président Trump affirme sur Fox News qu'aucun soldat américain n'a été tué, mais que certains ont été blessés lorsque leur hélicoptère a été touché.
Le , le New York Times fait état d'au moins 80 morts vénézuéliens, victimes des bombardements américains de la veille[7]. Parmi ces morts figure une octogénaire, tuée dans la frappe d'un immeuble à Catia La Mar. Plusieurs dizaines de blessés ont également été recensés dans les hôpitaux de Caracas[50].
Le gouvernement cubain annonce la mort de 32 militaires et agents de renseignement cubains pendant les combats[51], ceux-ci assurant une partie de la sécurité de Maduro[52].
Conséquences
L'Administration fédérale de l'aviation américaine publie[Quand ?] un message aux navigants aériens (NOTAM) interdisant aux avions américains la totalité de l'espace aérien vénézuélien en raison d'une « activité militaire en cours »[53]. L'ambassade des États-Unis à Caracas émet l'ordre de rester sur place[54]. La zone sud de Caracas subirait une panne[Quand ?] d'électricité[55].
Le sénateur républicain Mike Lee affirme[Quand ?] que le secrétaire d'État Marco Rubio « ne prévoit aucune action supplémentaire au Venezuela maintenant que Maduro est détenu aux États-Unis »[56].
Maduro comparaît le devant le juge Alvin Hellerstein de la cour fédérale du district sud de New York, à Manhattan (voir United States of America v. Nicolás Maduro (en)). Il plaide non coupable pour quatre chefs d’accusation : narcoterrorisme, complot en vue d’importer de la cocaïne, possession d’armes automatiques et possession d’engins destructeurs[57]. Suivant le précédent de Manuel Noriega, il invoque le statut de prisonnier de guerre assurant des protections selon les Conventions de Genève[58].
D'après une enquête du journal Le Monde, l'administration américaine a laissé ensuite accéder au pouvoir au Vénézuéla Delcy Rodríguez, une fidèle chaviste plûtot que l'opposition et plutôt que María Corina Machado, notamment. Cette administration américaine souhaitait essentiellement peser sur l'exploitation et les ventes de pétrole, et souhaitait, pour faciliter cette mainmise sur l'activité pétrolière, maintenir une forte stabilité politique dans ce pays[59]. Le , un article du New York Times affirme que l'autoritarisme du pouvoir vénézuélien se serait renforcé après la capture de Maduro : les forces de sécurité seraient montées à bord des bus, auraient interrogé les passagers, fouillé leurs téléphones à la recherche de preuves montrant leurs réjouissances suite à l'enlèvement de leur président[60].
Réactions
Venezuela
Après la capture de Nicolás Maduro, la vice-présidente Delcy Rodríguez déclare que Nicolás Maduro demeure le « président légitime ». Elle appelle au calme et à « défendre la patrie »[61],[62],[63]. Le Tribunal suprême de justice, constatant l'absence « temporaire » de Nicolás Maduro, charge Delcy Rodríguez de l'intérim[64].
Le , l'exportation de pétrole vers les États-Unis reprend après une pause de quatre jours[65].
La cheffe de l'opposition María Corina Machado appelle Edmundo González Urrutia, candidat de la Plateforme unitaire à l'élection présidentielle vénézuélienne de 2024, à assurer la présidence. Il se déclare prêt[66],[67].
États-Unis
Le sénateur démocrate Brian Schatz, membre de la commission des affaires étrangères du Sénat, met en garde contre toute implication militaire américaine au Venezuela, déclarant sur X que les États-Unis n'ont « aucun intérêt national vital au Venezuela pour justifier la guerre ». Le sénateur républicain Mike Lee déclare d'abord sur X qu'il a « hâte de savoir ce qui, le cas échéant, pourrait justifier constitutionnellement » ces frappes, mais après un échange téléphonique avec le secrétaire d'État Rubio, il ajoute : « Cette action relève probablement de l'autorité inhérente du président en vertu de l'article II de la Constitution pour protéger les Américains contre une attaque réelle ou imminente ».
Nations unies
Le secrétaire général des Nations unies António Guterres s'inquiète du fait « que le droit international n’ait pas été respecté » et déplore un « dangereux précédent »[68].
La Colombie demande une réunion du Conseil de sécurité à la présidence somalienne, dont la tenue est prévue au [69].
Europe
Les dirigeants européens émettent des avis mesurés, voire embarrassés[70]. Après avoir initialement salué la fin de la « dictature de Nicolás Maduro », le président français Emmanuel Macron critique finalement l'intervention américaine[71],[72],[73].
Afrique
L'Union africaine réagit le même jour, sans dénoncer explicitement l'intervention militaire américaine[74]. Elle rappelle « son attachement indéfectible aux principes fondamentaux du droit international ». Elle insiste aussi sur l'importance du dialogue[75]. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest réagit également sans condamner directement l'action militaire. Elle reconnaît le droit des États à lutter contre les crimes internationaux en rappelant l'obligation de respecter la souveraineté des États[75].
L'Alliance des États du Sahel, dont font partie le Mali, le Niger et le Burkina Faso, condamne fermement l'intervention américaine. Elle l'a qualifie d'« acte d'agression » et d'« ingérence inacceptable »[76].
Légalité
Selon des experts de la revue Just Security du Reiss Center on Law and Security de la New York University School of Law, l'opération relève d'un usage illégal de la force violant l'article 2(4) de la charte des Nations unies et la loi internationale coutumière mettant les États-unis et le Venezuela en situation de conflit armé[77]. Dans ce cadre, les Conventions de Genève s'appliqueraient, la quatrième pour les civils comme Cilia Flores et la troisième pour Nicolas Maduro s'il est considéré prisonnier de guerre en tant que commandant en chef des forces armées vénézuéliennes[77].
Le gouvernement américain justifie[Quand ?] l'intervention en la décrivant comme une opération de police en exécution d'un mandat d'arrêt contre Maduro[78].
Le , la légalité des frappes est remise en question par le sénateur démocrate de l'Arizona Ruben Gallego, qui déclare sur X que « Cette guerre est illégale » au début de l'opération. Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, déclare également que les attaques sont illégales[79].[Quand ?]