Frederick Wiseman

réalisateur documentariste américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Frederick Wiseman, né le à Boston (Massachusetts) et mort le à Cambridge (Massachusetts), est un réalisateur américain. Il est avant tout auteur de documentaires.

Nationalité
Formation
Williams College (baccalauréat ès arts) (jusqu'en )
École de droit de Yale (Bachelor of Laws) (jusqu'en )
Rivers School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Frederick Wiseman
Frederick Wiseman en 2017.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Williams College (baccalauréat ès arts) (jusqu'en )
École de droit de Yale (Bachelor of Laws) (jusqu'en )
Rivers School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Zipporah B. Wiseman (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Réalisateur prolifique  également scénariste, producteur, monteur, preneur de son, voire interprète de ses films , il s'attache principalement à brosser un tableau critique de la société et des institutions américaines.

Biographie

Jeunesse

Frederick Wiseman naît en janvier 1930 à Boston[1]. Après des études de droit à l'université Yale dont il sort diplômé en 1954[1], et son service militaire effectué en 1955-1956, il est nommé professeur de droit à l'université de Boston, puis à l'université Brandeis, et enfin à l'université Harvard (1959-1961). Il témoignera souvent du peu de conviction qu'il apporte à l'exercice de ce métier.

Carrière

Frederick Wiseman en 1971.

En 1963 il entreprend de produire la réalisatrice Shirley Clarke, qui a décidé de tourner The Cool World, adapté d'un roman de Warren Miller.

En 1966, avec des amis, il fonde une association d'aide sociale, l’Organisation for Social and Technical Innovation (OSTI)[1], dont l'activité se prolongera jusqu'en 1973.

La production du film de Shirley Clarke le décide à produire et monter ses propres films. Son premier documentaire, Titicut Follies (1967), qui porte un regard critique sur un hôpital pour aliénés criminels[1], sera suivi sans discontinuer d'environ un film par an, notamment grâce au réseau de télévision de service public PBS et en particulier à la station WNET au New Jersey, grâce aussi à diverses fondations comme la Fondation Ford ou la Fondation MacArthur, grâce enfin à quelques coproductions avec la BBC et Arte France.

Dès 1970, afin de garantir l'indépendance de sa création, il crée sa propre société de production, Zipporah Films[1].

À partir de 1980, Wiseman travaille beaucoup à l'étranger, particulièrement en France. En 1995, il s'introduit dans les coulisses du Théâtre-Français pour y tourner La Comédie-Française ou l'Amour joué[2].

Depuis les années 2000

Frederick Wiseman en 2021.

En 2001, il tourne, dans un noir et blanc remarqué, sa première œuvre de fiction, La Dernière Lettre, captation de sa mise en scène en 2000 pour le Studio-Théâtre de la Comédie-Française, d'après le chapitre XVII du roman de Vassili Grossman, Vie et Destin. La dernière lettre d'une femme médecin juive dans un ghetto en Ukraine, occupée par les nazis, est lue par Catherine Samie, qu'il retrouvera dans le rôle de Winnie, lorsque, en , il mettra en scène Oh les beaux jours de Samuel Beckett, au Théâtre du Vieux-Colombier.

Il ne reviendra à la fiction qu'en 2022, avec Un couple. Il s'agit d'un long monologue imaginé à partir des Mémoires de Sophie Tolstoï et de sa correspondance avec son époux, le romancier russe Léon Tolstoï : filmée en extérieur dans un vaste jardin sauvage, l'actrice Nathalie Boutefeu, qui incarne Sophie, adresse à la fois dans le vide et à son mari des déclarations passionnées comme des plaintes sur son caractère impossible et d'amères remarques sur son destin de femme[3].

Mort

Frederick Wiseman meurt le à l'âge de 96 ans, à Cambridge (Massachusetts)[1],[4],[5].

Démarche

Bien qu'il se défende de toute ambition sociologique, la démarche de Frederick Wiseman se rapproche des principes théoriques de base et des méthodes de la deuxième École de Chicago, ceux d'Erving Goffman en particulier, notamment dans son ouvrage La Mise en scène de la vie quotidienne (1959[6]). Les sociologues universitaires ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui utilisent couramment ses films dans leur enseignement.

L'ambition de Wiseman est d'emblée de brosser un panorama critique des États-Unis, et, comme il le dira plus tard, le résultat est « un seul et très long film qui durerait quatre-vingts heures. » Même The Cool World, le seul film qu'il ait uniquement produit, s'inscrit dans cette lignée, sorte de semi-documentaire sur la jeunesse délinquante de Harlem. Après Titicut Follies, il poursuit une série de documentaires aux titres évocateurs : High School en 1968[1] et Law and Order en 1969[1], Hospital en 1970[1], Juvenile Court en 1973, et Welfare (Aide sociale) en 1975[1]. Tous offrent une vision très critique des grandes institutions créées en principe dans un but caritatif, montrant par exemple la déshumanisation qu'imposent les systèmes bureaucratiques. Wiseman filmera aussi durant cette période ses documentaires aux images les plus fortes : Primate en 1974 et Meat en 1976, respectivement sur l'expérimentation animale et l'élevage de masse des bœufs destinés à la consommation.

Frederick Wiseman en 2005.

Dans une deuxième phase de son travail, il observera plus particulièrement les lieux privilégiés de la société de consommation, avec Model en 1980 puis The Store en 1983. En 1986, il construit une trilogie qui traite de l'influence des tares physiques sur l'esprit, puis pose de nouveau sa caméra sur ses multiples sujets de prédilection, précisant lui-même que sa méthode de travail se situe à l'opposé de la stratégie narrative du cinéma-vérité d'Edgar Morin ou Jean Rouch.

Il affirme dès son premier documentaire ses principes de base : absence d'interviews, de commentaires off et de musiques additionnelles, pour privilégier un lent apprivoisement des personnes à la caméra, jusqu'à ce qu'elles ne la remarquent plus. Ses méthodes demeurent à peu près les mêmes au cours de sa carrière : accumuler des centaines d'heures de tournage dans un temps relativement court, en général quatre à six semaines, et de n'en garder au montage qu'environ un dixième ; il assure lui-même la prise de son, téléguidant le cadreur dans le détail de sa prise de vues, afin d'obtenir des images d'une beauté formelle non académique et toujours chargées d'émotions comme de sens.

Le montage dure alors plusieurs mois, au cours desquels le réalisateur découvre les sens cachés de rapprochements qui naissent sous ses ciseaux, et accorde une grande attention aux corps, aux gestes, tout en restituant ou en mettant en scène les silences. C'est pourquoi il qualifie ce montage de « mosaïque », sans doute d'abord au sens où les figures émergent de la juxtaposition patiente des morceaux, mais aussi en ce que, comme pour le message biblique (mosaïque = de Moïse), le sens ne se révèle qu'à celui qui longuement les étudie. Inévitablement donc, un tel travail entre vérité et fiction convoque l'attention et la réflexion des spectateurs, ce qui est le but recherché. Comme il le résume :

« Si le film marche c’est parce que le spectateur a le sentiment qu’il est présent au cours des événements. Une partie de mon travail consiste à lui donner assez de renseignements pour cela. Le montage doit laisser du temps au raisonnement. […] Je dois donner au spectateur le sentiment qu’il peut avoir confiance dans ce que je lui fournis[7]. »

Filmographie

Source : Idéale Audience International[8]

Production

Réalisations

Documentaires

Fictions

Acteur

Cinéma

Télévision

Distinctions

Récompenses

Nominations et sélections

Publications

Au théâtre

En 2023, Julie Deliquet ouvre la 77e édition du festival d'Avignon avec sa création Welfare[16], adaptation pour la scène du film éponyme de Frederick Wiseman[17],[13].

Notes et références

Voir aussi

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