Mission Jeanne d'Arc

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Le Groupe École d'application des officiers de marine (GEAOM), dit mission Jeanne d'Arc, est une opération annuelle de la Marine nationale française qui termine la formation des officiers de marine issus de l'École navale et des autres officiers du monde maritime militaire (les médecins militaires et commissaires des armées qui servent ensuite dans la Marine et les administrateurs des affaires maritimes). Elle tire son nom du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, retiré du service en 2010[1]. Depuis 1912, une tradition donnait le nom de Jeanne d'Arc au navire-école des officiers de marine[2].

Objectif formation des officiers de marine
Faits en bref Planifiée par, Objectif ...
Mission Jeanne d'Arc
Planifiée par Marine nationale française
Objectif formation des officiers de marine
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L'adage régulièrement utilisé est : « en promotion, loin, longtemps, en équipage et en opérations » [3]

But de la mission

Dans le cadre de la campagne d'application des officiers de marine, la mission termine le cursus de trois ans des élèves Officiers de Marine (OM), celui d'un an des élèves Officiers de Marine Sous Contrat (OMSC) et celui de deux ans des commissaires des armées ancrage marine. Elle est destinée à appliquer en mer les apprentissages des années précédentes.

La mission Jeanne d'Arc est une mission « 4 en 1 » : opération, coopération, rayonnement, formation[4]. « Stage d’application pour les officiers-élèves arrivés en fin de scolarité, la mission Jeanne d’Arc est avant tout un déploiement opérationnel »[4] : pendant près de cinq mois, les officiers-élèves participent en effet à l’ensemble des missions de la Marine.

Historiques des missions

Jeanne d'Arc de 1899

Sur le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc

De 1912 à 1914 puis de 1919 à 1928, ce navire a participé à toutes les missions de formation. Il succède à la série des Borda utilisée entre 1840 et 1912.

Sur le croiseur Jeanne d'Arc

La Jeanne d'Arc à Vancouver le 9 janvier 1935.

De 1931 à 1939 puis de 1946 à 1964, ce navire a participé à toutes les missions de formation.

Navire escorteur
  • Aviso-colonial La Grandière, campagne 1952/1953 à 1959/1960
  • Aviso-Escorteur Commandant Rivière campagne 1960/1961
  • Aviso-Escorteur Victor Schoelcher campagnes 1961/1962 à 1963/1964

Sur le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc

La Jeanne d'Arc descendant la Seine, juillet 1999

De 1964 à 2009, ce navire a participé à toutes les missions de formation[5].

Navire escorteur

Sur les porte-Hélicoptères Amphibie

La hauteur du Mistral (L9013) par rapport à celle de ses remorqueurs est décelable lors de son lancement à Brest, le .

À partir de 2010, ce sont les navires de la classe Mistral qui alternent les missions

2010

La mission menée par le BPC Tonnerre a repris le flambeau du Jeanne d'Arc. Cette mission avait un objectif supplémentaire : faire découvrir les BPC et une partie du matériel français[6]. La frégate Georges Leygues[7],[8] l'accompagne.

2011

La mission a été effectuée par le BPC Mistral et la frégate Georges Leygues[7],[8]. Le , il est annoncé que le Mistral, ainsi que des gros-porteurs, servirait à l'évacuation, en moins d'une semaine, d'environ 5 000 ressortissants égyptiens massés à la frontière entre la Libye et la Tunisie à la suite de la révolte libyenne de 2011[9]. Finalement, lorsque le bâtiment arrive au port de Zarzis, les ressortissants ont déjà été évacués par avion ; dès lors, il décharge 130 m3 de fret humanitaire et poursuit sa mission Jeanne d'Arc [10].

2012

Cette mission est destinée à tester les capacités opérationnelles du BPC Dixmude et de l'engin de débarquement amphibie rapide (EDAR). Elle participera aussi aux missions Corymbe et Atalante[11]. Elle n'embarque pas de groupement tactique embarqué de l'Armée de terre à la différence des années précédentes[12]. La frégate Georges Leygues[7],[8] l'accompagne.

2013

En 2013, la mission a été menée par le BPC Tonnerre et la frégate Georges Leygues[7],[8]

2014

En 2014, la mission a été menée par BPC Mistral et la frégate La Fayette[13].

2015

En 2015, la mission a été menée par le BPC Dixmude et la frégate Aconit[14],[15]. Lors de cette mission, le , le Dixmude évacue 44 personnes du Yémen et les débarque à Djibouti, à la suite du conflit au Yémen[16]. Le lendemain, il récupère également 63 personnes dont 23 français transférées à partir du patrouilleur L'adroit et de la frégate Aconit[17].

Les deux navires ont participé ensuite à des manœuvres avec la marine indonésienne[18]. Fin , la mission s'est arrêtée en Inde pour une coopération[19]. En , la mission appuie la CTF-150 puis la CTF-465[20]. La mission se termine fin juillet[21].

2016

En , la mission est effectuée par le BPC Tonnerre et la frégate Guépratte[22]. La mission est partie du côté de l'océan Indien[23] et s'est conclue en [24].

2017

La mission 2017 a commencé le . Le BPC Mistral et la frégate Courbet font partie de la mission, dont la destination est l'Océanie[25]. Une compagnie du 21e régiment d'infanterie de marine et des hélicoptères du 3e régiment d'hélicoptères de combat participent aussi à la mission. Pour la première fois, deux hélicoptères Merlin de la Royal Navy ainsi qu'une soixantaine de marins britanniques embarquent aussi[26]. En , la mission fait escale en Inde[27]. La mission se termine le [28].

2018

La mission est menée par le BPC Dixmude avec la frégate Surcouf. 45 soldats de l'US Marine Corps, deux hélicoptères britanniques (Wildcat) et deux hélicoptères espagnols (Cougar) et leurs pilotes participeront à la mission[29]. La mission a eu lieu entre le et le [30].

2019

La dixième mission Jeanne d'Arc appareille le du port de Toulon avec le porte-hélicoptères amphibie (PHA, ex-BPC) Tonnerre et la frégate La Fayette emmenant, en plus de leurs équipages, 130 officiers en formation (79 enseignes de vaisseau dont huit étrangers, 36 officiers sous contrat long, huit commissaires des armées d'ancrage marine, sept officiers étrangers invités en cursus dit extérieur)[31]. Le PHA Tonnerre embarque également un groupe tactique embarqué (GTE) de l'Armée de terre (150 militaires et leurs véhicules).

La mission prévoit de traverser la Méditerranée pour participer a un exercice amphibie en Égypte en mars, passer par la mer Rouge pour des manœuvres à Djibouti, avant de rejoindre Madagascar en avril, puis Mayotte, et réaffirmer la souveraineté française sur les îles Éparses du canal du Mozambique puis de faire escale en Afrique du sud. En raison de la présence en Asie à la même période du groupe aéronaval complet constitué autour du Charles de Gaulle lors de la « mission Clemenceau », la mission Jeanne d'Arc ne se rend exceptionnellement pas dans cette région du monde[32]. La mission Jeanne d'Arc se rend donc au Brésil en mai pour un autre exercice amphibie, puis navigue dans les Antilles françaises en juin pour des exercices conjoints de gestion de crise humanitaire avec la Marine néerlandaise avant d'aller en Colombie, au Mexique et aux États-Unis pour des exercices avec l'US Marine Corps. Le retour vers la métropole se fait avec une escale aux Açores, suivi d'un exercice aéromobile en Méditerranée occidentale avec l'Espagne en juillet avant de regagner Toulon[31].

2020

La onzième mission Jeanne d'Arc appareille le du port de Toulon avec le porte-hélicoptères amphibie Mistral et la frégate Guépratte. À bord, 138 élèves officiers originaires de France, d’Australie, de Belgique, du Brésil, d’Égypte, d’Éthiopie, d’Indonésie et du Maroc; des détachements des Marines française et italienne, et des soldats de l’Armée de terre composant le groupement tactique embarqué. Le groupe amphibie se compose d’une Alouette III de l’Aéronautique navale, d’un EDA-R et de deux CTM de la flottille amphibie. Le groupement tactique embarqué, est composé de deux Gazelle de l’aviation légère de l'Armée de terre ainsi que d’un MH90 italien.

Cette mission d’une durée de cinq mois, parcoure près de 25 000 nautiques de la mer Méditerranée à l’océan Pacifique. Des interactions internationales sont programmées telles que l'exercice Croix-du-Sud au large de la Nouvelle-Calédonie. Le groupe amphibie est aussi intégré durant sa présence dans l’océan Indien à la Task Force 150, une opération de lutte contre les trafics illicites qui contribuent au financement du terrorisme[33].

2021

En 2021, la mission est menée par le BPC Tonnerre et la frégate Surcouf. En avril elle participe à l'exercice La Pérouse 21[34].

2022

Le 18 février 2022, le Porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral et la Frégate type La Fayette (FLF) Courbet ont appareillé du port de Toulon marquant le début de la mission JEANNE D’ARC 2022. Outre les deux bâtiments précédents et leur équipage, le groupe interarmées JEANNE D’ARC est constitué de l’École d’application des officiers de marine (EAOM), du Groupement tactique embarqué (GTE) de l’Armée de terre ainsi que des détachements de la flottille 35F et de la flottille amphibie (FLOPHIB).

Au cours des cinq mois de mission, le groupe JEANNE D’ARC est successivement déployé en mer Méditerranée, puis en océan Indien avant de rejoindre l’océan Atlantique (Programme de principe).

2023

Appareillés à Toulon le 8 février 2023, le PHA Dixmude et la FLF La Fayette firent un tour du monde, rentrant à Toulon le 13 juillet, soit 155 jours plus tard[35]. La Jeanne d'Arc 2023 fut l'occasion du premier transit du canal de Panama par un PHA[36] et constituait la première circumnavigation complète depuis celle de la Jeanne d'Arc en 2001[37]. En mars elle participe à l'exercice La Pérouse 23[38].

2024

Le 19 février 2024, le PHA Tonnerre et la FLF Guépratte appareillent de Toulon. Après le passage de Gibraltar et une escale au Cap Vert, le groupe rejoint les Caraïbes.

Il est dérouté afin de prêter assistance aux opérations d’évacuation aux ressortissants en Haïti, entre le 24 et le 28 mars 2024[39]. Près de 250 ressortissants seront rapatriés à Fort-de-France.

Le groupe se dirige ensuite vers l’Amérique du Sud, avant de doubler le cap Horn le 16 mai 2025. Il remonte ensuite et franchit le canal de Panama, avant de rejoindre l’Amérique du Nord. La mission se conclut par une escale à Saint-Pierre-et-Miquelon, avant de regagner Toulon le 15 juillet 2024[40].

2025

Le 24 février 2025, le PHA Mistral et la FLF Surcouf quittent Toulon[41] et franchissent Gibraltar, avant de descendre vers la Côte d’Ivoire dans le cadre de la mission Corymbe.

Le 15 mars 2025, le groupe mène une opération de lutte contre le narcotrafic, et saisissent 6.4 tonnes de cocaïne[42], avant de se diriger vers le Brésil.

Le groupe remonte ensuite vers les Caraïbes et l’Amérique du nord, avant de franchir le cercle polaire en juin 2025. Il transite ensuite vers l’Islande et la Norvège avant d’arriver en mer baltique. Lors d’une escale à Copenhague, le roi du Danemark, Frédérik X est accueilli à bord du Mistral, où les honneurs lui sont rendus[43]. Le groupe rentre à l’issue à Toulon.

2026

La mission Jeanne d'Arc 2026, avec le Dixmude et l'Aconit est annoncé le 5 février 2026. La mission est prévue de se déployer dans l'océan indien et en Asie du sud-est, avec des événements pour célébrer les 400 ans de la Marine[44]. Après une participation aux opérations Aspides et Atalante, trois exercices sont prévus, Papangue avec les forces armées de la zone sud de l'océan Indien, La Pérouse avec la Malaisie et Balikatan aux Philippines[45].

Références

Articles connexes

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