Opération Aspides

opération militaire de l'Union Européenne From Wikipedia, the free encyclopedia

L'opération Aspides, également connu sous le nom d'EUNAVFOR Aspides, est une opération militaire menée depuis 2024 par l'Union européenne en réponse aux attaques des Houthis contre le transport maritime international en mer Rouge[2]. Celle-ci est menée parallèlement à l'opération Gardien de la prospérité, mission aux objectifs similaires menée principalement par les États-Unis et une coalition à laquelle participent plus d’une vingtaine de pays.

Date Depuis le
(2 ans, 2 mois et 18 jours)
Casus belli Attaque des Houthis contre des navires commerciaux naviguant en mer Rouge
Faits en bref Date, Lieu ...
Opération Aspides
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte des attaques des Houthis en mer Rouge :
  • Territoire yéménite contrôlé par les Houthis (SPC)
  • Territoire yéménite contrôlé par le gouvernement du Yémen (PLC)
  • Attaques des Houthis (en rouge) et détournements de navires (en bleu)
Informations générales
Date Depuis le
(2 ans, 2 mois et 18 jours)
Lieu Détroit de Bab el-Mandeb, détroit d’Ormuz, eaux internationales de la mer Rouge, golfe d’Aden, mer d’Oman, golfe d’Oman, golfe Persique, Yémen
Casus belli Attaque des Houthis contre des navires commerciaux naviguant en mer Rouge
Belligérants
Drapeau de l’Union européenne Union européenne Drapeau du Yémen Yémen (SPC)
Commandants
Drapeau de l’Union européenne Josep Borrell

Drapeau de la Belgique Alexander De Croo
Drapeau de la France Emmanuel Macron
Drapeau de l'Allemagne Olaf Scholz
Drapeau de la Grèce Kyriakos Mitsotakis
Drapeau de la Grèce Vasileios Gryparis[1]
Drapeau de l'Italie Giorgia Meloni

Drapeau de l'Italie Stefano Costantino[1]
Drapeau du Yémen Abdul-Malik al-Houthi
Drapeau du Yémen Mohamed al-Atifi
Drapeau du Yémen Abdel Aziz ben Habtour
Drapeau du Yémen Mehdi Hussein al-Machat
Forces en présence
1 destroyer
1 navire de soutien interarmées
7 frégates
Divers moyens aériens
Inconnues
Pertes
Aucune Divers drones

Crise de la mer Rouge
Débordement de la guerre Israël-Hamas

Batailles

Fermer

Le nom Aspides vient du grec ancien : ἀσπίς, aspis, au nominatif pluriel : ἀσπίδες, « boucliers »[3].

Contexte

Depuis le début de la guerre Israël-Hamas, les Houthis attaquent et détournent des navires traversant la mer Rouge, en réponse à la contre-attaque israélienne dans la bande de Gaza après l'attaque du Hamas contre Israël le [4]. Depuis le début des attaques, au moins quatre navires battant pavillon de l’UE ont été attaqués par les Houthis[5],[6],[7],[8].

Mission

Logo de l'opération Aspides.

Le , les États membres de l'UE adoptent une motion visant à lancer l'opération Aspides, qui doit débuter le et durer un an, avec une base d'opérations à Larissa en Grèce et un officier de la marine hellénique chargé des opérations[9],[10].

Le but de l'opération est, selon le Service européen pour l'action extérieure, la protection des navires marchands contre les attaques, leur accompagnement et le renforcement de la sécurité de la situation maritime dans la région[11]. Son objectif est donc « purement défensif », ce qui a également été souligné par les responsables de l'UE, contrairement à l'opération Gardien de la prospérité menée par les États-Unis[12]. La mission est en coordination étroite avec l'opération Atalante, une autre mission militaire dirigée par l'UE dans la zone du golfe d'Aden[13].

Mais l'opération reste sous-dotée en moyens. Nous n'avons pas reçu les moyens que j'attendais » explique le contre-amiral Vasileios Gryparis, commandant de l'opération. Pour être efficace, nous aurions « besoin de dix plateformes, incluant des frégates et deux navires de soutien, avec des hélicoptères, quatre aéronefs et quatre à six drones aériens » [14].

Forces en présence

Davantage d’informations Navires, Nationalité ...
Navires ayant participés à l'opération
NaviresNationalitéTypeNotesRéférence
Caio Duilio Marina MilitareDestroyerNavire amiral de l'opération jusqu'au 29 avril 2024[15],[16]
Virginio FasanFrégateDéployé dans le cadre de l’opération du 19 avril au 20 juillet 2024, le navire assure le rôle de navire amiral du 29 avril au 15 juin, sous le commandement du contre-amiral italien Stefano Costantino.[17],[16],[18]
Federico MartinengoFrégate-[17]
Andrea Doria Destroyer Le navire entre dans la zone d’opérations le 20 juillet 2024, en relève de la frégate italienne Virginio Fasan, et assume le rôle de navire amiral depuis le 8 août 2024. [18],[19]
Hessen Deutsche MarineFrégateIl embarque deux hélicoptères Sea Lynx Mk88A. Il quitte la zone d’opérations le 21 avril 2024, après une mission jugée réussie.[20],[21],[22],[23]
Louise-Marie Composante marineFrégatePrévue pour transiter par le canal de Suez le 12 avril, la mission est reportée en raison d’échecs lors de tests opérationnels et techniques effectués en Méditerranée, dont un incident au cours duquel un missile RIM-7 Sea Sparrow serait resté bloqué dans son tube de lancement. Le 27 avril, les problèmes sont résolus et le Louise-Marie reprend sa route vers la zone d’opérations. Le navire y reste jusqu’à son départ fin juin 2024.[24],[21],[25],[26],[27],[28]
Hydra Marine helléniqueFrégatePrésent dans la zone d’opérations d’avril à juin 2024, il est remplacé par le Psara.[21],[29]
Psara Frégate Le navire entre dans la zone d’opérations le 24 juin 2024, en relève de la frégate grecque Hydra. [30],[31],[28]
Languedoc Marine nationaleFrégate-[32]
Alsace Frégate - [33]
Chevalier Paul Frégate Le navire entre dans la zone d’opérations en 2024. [34]
Forbin Frégate Le navire entre dans la zone d’opérations en juin 2024. [35]
Lorraine Frégate Le navire entre dans la zone d’opérations en juin 2025. [36]
Tromp Marine royale néerlandaiseFrégateEmbarquant un NH90, le navire est déployé dans le cadre de l’opération Gardien de la prospérité pendant 25 jours, de fin mars à fin avril 2024, alors qu’il se rendait vers l’Indo-Pacifique, apportant un soutien associé à l'opération Aspides. Au cours de cette mission, le Tromp a été une fois mis en alerte générale, un événement inédit dans la marine royale néerlandaise depuis les guerres de Yougoslavie.[37],[38]
Karel DoormanNavire polyvalent de soutienLe navire assure le rôle de navire amiral de l’opération du 15 juin au 8 août 2024. Déployé de mai à août 2024 dans le cadre de l'opération Aspides, il embarquait un Eurocopter AS532 Cougar ainsi qu’une équipe chirurgicale suédoise, tout en apportant un soutien associé à l'opération Gardien de la prospérité. Son départ pour la mer Rouge est retardé début mai en raison de problèmes techniques sur le système Goalkeeper CIWS, prolongeant son séjour à la base navale de Crète de quelques jours ; il quitta finalement la base pour rejoindre la zone d’opérations le 10 mai.[39],[40],[41],[42]
[43],[44],[45],[19]
Fermer

Opération

Les moyens annoncées comprennent la frégate allemande Hessen, la frégate grecque HS Hydra, la frégate de défense aérienne italienne Caio Duilio, la frégate belge Louise-Marie et les frégates de premiers rangs françaises Languedoc et Alsace[46].

Dans la nuit du 19 au , les frégates françaises abattent deux drones houthis au-dessus de la mer Rouge et du golfe d'Aden[47]. Deux jours plus tard, l'état-major des Armées annonce la destruction de deux autres drones dans la nuit[48].

Le , le gouvernement suédois annonce envoyer du personnel militaire pour participer à l'opération. La Suède enverra dans un premier temps quatre officiers d'état-major avec la possibilité d'augmenter ce nombre à dix[49],[50].

Le , la frégate Hessen effectue la première utilisation d'armes réelles au combat de la Deutsche Marine en abattant deux drones aériens houthis visant le trafic maritime en mer Rouge[51].

Le , la frégate grecque Hydra franchit le canal de Suez pour rejoindre l'opération en mer Rouge[29]. Le même jour, le destroyer italien Caio Duilio détruit un missile houthi au-dessus de la mer Rouge. Celui-ci se trouvait à moins de 6,4 km du destroyer avant qu'il ne soit abattu[52].

Le , les Houthis lancent une vaste attaque de drones aériens kamikazes contre les navires des coalitions et contre le remorquage du MV True Confidence, touché le . La FREMM Alsace et les forces aériennes françaises à Djibouti, des Mirage 2000-5F de l'escadron de chasse 3/11 Corse, abattent 4 drones kamikazes[53]. Le , un hélicoptère embarqué sur une FREMM française engage et abat un drone Houthis[54]. Le , la frégate française Alsace abat trois missiles balistiques visant un porte-conteneurs sous son escorte. Le même jour, la frégate allemande Hessen détruit un drone de surface naval visant également un navire commercial sous son escorte[55],[56].

Au , les navires français ont tiré au total 22 missiles Aster[57]. Le , la frégate allemande Hessen intercepte un missile lancé depuis le territoire contrôlé par les Houthis[58].

Le , un premier bilan de la mission Aspides est réalisé et annoncé par Josep Borrell, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. L’opération a permis d’escorter 68 navires et de repousser 11 attaques. Dans le détail, les navires français, allemands, italiens et grecs ont abattu : 9 drones aériens, 1 drone de surface naval et 4 missiles balistiques[59].

Le , la frégate grecque Hydra tire sur deux drones à l'aide de son canon de 127 mm dans le cadre d'une mission d'escorte d'un navire marchand dans le golfe d'Aden : le premier est abattu et le second modifia sa trajectoire pour s'éloigner du navire marchand[60]. Le , les problèmes affectant le déploiement de la frégate belge Louise-Marie sont résolus et le navire met le cap sur la zone d'opérations en mer Rouge[27].

Le , le ministère de la Défense néerlandais annonce que le Karel Doorman rencontre des problèmes techniques avec l'un de ses systèmes d'armes, retardant ainsi son déploiement en mer Rouge. Des rapports indépendants confirment que cela concerne le Goalkeeper CIWS, alors jugé pleinement opérationnel lors de son départ des Pays-Bas le . Après avoir quitté la base navale de Crète le , le navire fait demi-tour et retourne sur l'île grecque deux jours plus tard, attendant des réparations jusqu'à son déploiement en zone d'opérations le [43],[42],[44].

Le , le navire marchand Verbena est touché par un missile yéménite. Un membre d'équipage grièvement blessé est évacué à bord du Karel Doorman pour y recevoir des soins médicaux[61]. Deux jours plus tard, le commandement de la force passe sous le contrôle du commodore néerlandais George Pastoor (remplaçant le contre-amiral italien Stefano Costantino), à bord du navire amiral Karel Doorman[45].

Le , la Belgique met fin au déploiement de la frégate Louise-Marie, tandis que la marine grecque déploie la frégate de la classe Hydra HS Psara[62]. Le , la frégate grecque repousse une frappe de quatre drones lancée par les Houthis, en abattant deux d'entre eux[63],[64].

Le , le destroyer italien Andrea Doria rejoint la zone d'opérations, remplaçant de la frégate italienne Virginio Fasan[18]. Le commandement de l'opération est assigné le au commodore italien Massimu Bonu à bord de l'Andrea Doria, succédant au commodore néerlandais George Pastoor à bord du Karel Doorman[19]. Le , 25 membres d'équipage du pétrolier grec Sounion sont secourus par un navire de guerre européen en mer Rouge après plusieurs attaques des Houthis deux jours plus tôt. Selon la mission navale de l'UE en mer Rouge, l'un de ses navires a détruit un drone de surface naval alors qu'il secourait l'équipage du navire en détresse. Ceux-ci sont transportés jusqu'à Djibouti[65].

Au , l'opération Aspides a permis de protéger 250 navires de commerces[66].

Le , le Conseil de l'Union européenne annonce la décision de prolonger l'opération jusqu'au [67].

Au début du mois de , 'un avion allemand est ciblé par un laser de l'armée chinoise indique le ministère des Affaires étrangères[68].

À la suite de l'attaque du navire Eternity C par les Houthis le , l'opération militaire Aspides annonce au moins « trois membres de l’équipage tués », quatre autres marins du navire secourus et au moins deux blessés, « dont un électricien russe ayant perdu une jambe »[69]. Douze personnes restent portées disparues ou kidnappées par l'organisation armée yéménite[70].

En , des frégates françaises participant à l’opération répondent à un appel de détresse du vraquier Minervagracht en mer Rouge, intervenant pour évacuer et secourir des marins touchés après un impact de missile[71]. En , le président français Emmanuel Macron se rend aux Émirats arabes unis et rencontre les 900 militaires engagés dans l'opération Aspides, stationnés dans une base navale du pays[72].

Notes et références

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