Gaston Derys

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Nom de naissance
Henri Gaston Collomb
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Gaston Derys
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Nom de naissance
Henri Gaston Collomb
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Gaston Derys 1933 dessin paru dans le Figaro

Henri Gaston Collomb dit Gaston Derys, né le à Beaumont-sur-Oise[1] et mort le dans le 16e arrondissement de Paris[2], est un écrivain et journaliste français.

Critique gastronomique, auteur de romans, de guides, de pièces de théâtre et d'articles pour de nombreux journaux et magazines, il laisse une œuvre volumineuse, représentative de la vie parisienne de la Belle Époque et l'Entre-deux-guerres.

Il est d'abord, de l'âge de 24 ans à sa mort, un romancier léger, grivois, ce qui lui valut d'être classé dans la liste Romans à lire et romans à proscrire de l’abbé Louis Bethléem (1904) parmi les écrivains considérés comme gravement répréhensibles[3]. Un second thème est à compter de 1929 la gastronomie et la bonne table.

En touche à tout, il écrit pour le théâtre, le guignol, des séries historiques pour la radio, des chants et de nombreux articles de presse...

Il fut conservateur du Musée Galliera[4], membre de A.C.A.D. Association Cinématographique des Auteurs Dramatiques (1913) [5], chevalier de la Légion d'honneur en [6].

Style littéraire et postérité

La qualité reconnue à Gaston Derys est son humour [7]. Les critiques de l'époque lui reconnaissent « des vues profondes et une observation précise et cruelle »[8]. « Une fantaisie délurée cache une psychologie sagace et profonde », « c'est un des psychologues les plus fins de notre époque » (à propos des Grandes Amoureuses en 4 volumes) [9],[10]. Paul Reboux résume bien le personnage : « au vrai Gaston Derys n'a qu'une passion : celle d'écrire des livres. Il s'y applique avec une austère volupté de littérateur soucieux d'exprimer, en mots choisis, des pensées délicates, avec la franchise d'un esprit sain, généreux et cultivé [11]».

Un second trait de l'écrivain est la facilité. La bibliographie donne une idée incomplète de l'ensemble de ses écrits, il publia des romans par épisodes dans la presse (Les amants démasqués, dans Fin de Siècle en 1907), des contes (courtes nouvelles) jamais inventoriés souvent illustrés avec gaieté et de nombreuses chroniques brillantes, érudites, sur des sujets les plus frivoles, des reportages inattendus, et des critiques de spectacles [12],[13],[14],[15]. Les sujets sont toujours légers, futiles par exemple la nouvelle Un rendez-vous (Derys ne succombe pas pour une fois à la mode des titres dévergondés [16]) du Journal Amusant du raconte comment après 6 mois pour charmer Arlette, la jeune évaporée toujours pressée s'endort d'un sommeil de plomb aussitôt couchée dans le lit du séducteur [17], L’Aventure de Mme Trique dans la Flambeau de [11], etc.

Un repas de l'Académie des Gastronomes : Gaston Derys à droite juste devant le maître d’hôtel (Archives de Curnonsky - ed. Ciuinonska, 2007, T3)

La gastronomie

La postérité retient son rôle dans le mouvement de recension et de promotion des richesses gastronomiques de la France, né après la première guerre mondiale avec l'automobile, qui combine la naissance du tourisme et le gout de la cuisine régionaliste, et qui invente les premiers guides touristiques.

Les chevilles ouvrières en sont avec lui Curnonsky infatigable animateur et son inséparable ami [18], Austin de Croze, Maurice des Ombiaux, Marcel Rouff, et plus marginalement Pampille, pseudonyme de Marthe Daudet [19] . Il eut une longue collaboration avec Curnonsky, publia un guide gastronomique et jusqu'à sa mort des recettes de cuisine avec les maigres ressources du temps de guerre[20].

19 des 25 fondateurs de l'Académie des Gastronomes - 1929 - Gaston Derys est le premier en bas à gauche (avec des guêtres blanches) à son côté Pierre Mille et au centre Curnonsky

Derys est membre fondateur de l'Académie des gastronomes. Fumeur, il publia plusieurs articles prohibant de fumer à table, précepte partagé par Curnonsky, autre gros fumeur [21],[22]. Curnonsky le nomme « Le Bollandiste de la gastronomie » [23].

L'art d'être gourmand

Cet « Essai de Gastromancie avec 290 recettes » a été publié en 1929, reflète le parisianisme de Derys, sa passion pour la cuisine partagée par la société qui l'entoure et une bonne dose d'humour. « Avant 1914 une femme élégante ou un homme cultivé n'osaient point avouer qu'ils étaient gourmands. Cela n'était pas bien porté... Aujourd'hui il faut être gastronome pour être distingué ». Le livre rassemble des recettes choisies où données par des gens de lettre, des artistes, des hommes politiques du Paris de l'époque, écrites et commentées par Derys, numérotées de I à CCXCIII (293). Après les avoir passé dans l'ordre habituel des potages aux pâtisseries et entremets, suivent les recettes étrangères et exotiques et un dernier chapitre de Singularités et Fantaisies avec l'omelette aux œufs durs de Gabriel de Lautrec et le concombre à deux fin de Marcel Arnac.

Concombre à deux fins (CCLXXIV)

« Prenez un concombre, épluchez-le, enlevez les pépins, coupez-le en petits morceaux, ajoutez de la vaseline pure, de la teinture de benjoin, chauffez dix minutes et laissez figer. Cela vous donnera une excellente pommade pour le visage, qui constituera également pour les personnes obligées de vous embrasser un hors-d'œuvre exquis ».

Le flan Joséphine Baker (CCXX)

Idée venue en regardant Joséphine Baker danser avec une ceinture de bananes. « Battre 3 œufs frais avec 3 cuillerées de sucre en poudre. Délayer 2 cuillerées de farine dans un demi-litre de lait. Mélanger le tout et le passer. Ajouter 2 cuillerées de vieux kirsh et 3 de Raspail. Incorporer 3 bananes en fines rondelles et des zestes de citron. Verser dans un plat allant au four. 20 minutes de cuisson. Laisser refroidir. Ce gâteau apporte une fraicheur exquise, je ne sais quoi d'aérien et de délicat ».

Les plats au vin

Recueil de 150 recettes paru en 1937 précédé de considérations générales sur le vin, comment le boire, comment l'utiliser. Derys donne les sources de ses recettes (on y retrouve les membres des clubs et Académies de l'époque (Mme P. Etlinger du Cercle des Gourmettes, Dr Paul Raman de l'Académie des Vins de France, Mme Maria Croci du Club des Belles Perdrix, etc.). À la fin de chaque recette le vin d'accompagnement

On y trouve la première publication des œufs pochés au Champagne de Mme Marie-Louise Laval du Cercle des Gourmettes (elle donne aussi les moules au Champagne, qui sont des moules rapidement ouvertes mélangées à du riz cuit au Champagne déguster avec un Champagne nature).

Distinctions

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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