Giovanna Rincon
militante pour les droits des personnes trans
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Giovanna Rincón est une figure majeure des luttes pour les droits des personnes trans en France, née à Bogotá et vivant depuis 2002 à Paris.
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PASTT (- Acceptess-T () |
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Elle est co-porte-parole de la Fédération Trans et Intersexes, du Syndicat du travail sexuel et directrice de l'association Acceptess-T.
Biographie
Giovanna Rincón est née en 1969 à Bogotá en Colombie dans une famille qu'elle qualifie de « difficile »[1] et de « très pauvre »[2]. Son père était cordonnier, sa mère femme au foyer[3]. Dans des magazines people, elle découvre les histoires de certaines femmes trans, la Brésilienne Roberta Close et l’Italienne Eva Robin's[3],[4]. Dans un témoignage vidéo publié à l'occasion de la journée IDAHOT 2018[5], elle explique comment tout a basculé pour elle vers 12 ans, quand elle a commencé à revendiquer son identité féminine[6],[7]. Elle s'administre une hormonothérapie sauvage à base de pilules contraceptives et passe quatre mois à la rue[1],[3],[4]. Elle met entre parenthèses sa transition parce que son amoureux ne l'accepte pas en tant que femme. À 15 ans et demi, elle monte son salon de coiffure[4] et se réconcilie avec sa famille, dont elle devient le principal soutien financier[1],[3]. Deux ans plus tard, elle rompt avec son copain, et fait son coming out trans auprès de sa famille, dont elle est violemment rejetée[1],[3].
À 20 ans, elle découvre sa séropositivité[4]. Un médecin lui donne trois ans à vivre[8]. Elle raconte qu’un homme lui a dit « tu dois continuer à aimer et à te laisser aimer » et qu’à cette époque où il n’existait encore aucun médicament contre le VIH, « ces mots ont été un vaccin »[9]. Elle vend son salon de coiffure et en elle part pour l'Italie, à Rome, où elle subit racisme, transphobie, sérophobie, et violences policières[2],[10]. Elle s'y prostitue et commence à militer auprès des femmes trans prostituées[1],[3],[4],[2]. En 1998, les premiers traitements contre le VIH sont découverts mais ils ne sont pas accessibles aux personnes sans-papiers[3]. Elle rejoint une association pour les droits des personnes prostituées au nord de l’Italie[1],[4]; elle explique: « Ce qui a animé mon militantisme, c’est le manque : le manque d’amour, d’argent et d’un toit »[2].
En , elle amène à Paris une amie d'enfance en phase terminale du SIDA, la fait soigner à l'hôpital de la Salpêtrière[3],[4],[8], et rencontre les militantes de l'association PASTT, qu'elle rejoint. Victime du durcissement de la législation italienne à l’encontre des migrants, elle s'installe définitivement à Paris[11]. Elle passe un entretien d’embauche pour un travail de vendeuse, mais le patron enchaîne les propos transphobes et lui dit qu'elle peut « rester dans la prostitution »[12]. Pôle emploi lui annonce que cela va « être très difficile » parce qu'elle est trans[12]. Vingt ans plus tard, elle constate encore que « la transphobie est partout »[12].

En , Giovanna Rincón prend ses distances avec le PASTT[3], et avec d'autres militantes de cette association, elle crée Acceptess-T[7], une association d'accompagnement des personnes trans, migrantes, travailleuses du sexe, et séropositives[13]. Le but de l'association est de favoriser l'émancipation des femmes trans en difficulté, en les aidant à apprendre le français[11] (« la langue française, autant que le langage administratif »[3]), à trouver des ressources financières et à faire respecter leurs droits fondamentaux tels que l'accès aux soins[14], au travail, à l'asile[12], à participer à des activités sportives[15],[16],[17], etc. Un an plus tard, l'association compte 180 adhérentes dont 90% de personnes trans[3]. Giovanna Rincon devient[Quand ?] salariée à mi-temps de l'association comme directrice.
Hélène Hazera dit de Giovanna Rincón que « ce qui la résume c’est le courage, la ténacité et le sens de l’égalité »[1].
Prises de position


Giovanna Rincón s'implique contre la loi de pénalisation des clients de prostituées, entrée en vigueur en 2016[18], dont elle pense qu'elle mène les travailleuses du sexe vers plus de précarité, plus de risque d’infection au VIH[11], et plus de violences subies[14],[19] (voir l'article Propositions françaises de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution pour plus de détails). Ces violences ont été mortelles pour Vanesa Campos en 2018[20],[10], et Jessyca Sarmiento en 2020[21]; Giovanna Rincón considère que la loi « est à 100% responsable » de ces morts[22] mais ni Marlène Schiappa ni le gouvernement ne réagissent aux interpellations sur ce sujet[23],[24].
Elle est souvent interrogée pour commenter l'actualité liée aux droits des personnes trans, qu'il s'agisse de la dépathologisation des transidentités par l'OMS[25], des agressions ou meurtres de personnes trans[26],[27] et plus généralement de la transphobie dans l'espace public[6],[28], des revendications portées à l'occasion de la manifestation Existrans[29],[30],[31], de la lutte contre le VIH[32],[11],[33], etc.
Elle insiste pour que sur toutes ces questions, la parole des personnes directement concernées soit écoutée[12],[34].
Distinctions
- Prix du Jury des initiatives contre l'homophobie et la transphobie pour son association Acceptess-T, donné par Christiane Taubira, ministre de la Justice et Garde des Sceaux et présidente du Jury 2015[35],[36],[37].
- Out d’or du « coup de gueule » en 2018[38], pour sa vidéo dénonçant l'insécurité des femmes transgenres dans l'espace public, sur le Huff Post[6], remis lors d'une cérémonie organisée par l'Association des journalistes lesbiennes, gays, bis et trans (AJLGBT)[39].
Tribunes remarquées
- Giovanna Rincon, « À l'école, dans la rue, dans ma famille, tout a basculé pour moi quand je suis devenue une femme transgenre », sur Le Huffington Post, (consulté le )
- Giovanna Rincon, « Pouvoir sortir dans la rue en sécurité, est-ce trop demander pour les femmes trans? », sur Le Huffington Post, (consulté le )[38]
Ouvrage
- Giovanna Rincon Murillo et Stéphanie Malphettes, Moi, Giovanna : une enfance trans à Bogota, Grasset, (ISBN 978-2-246-82061-1)[40],[41]
Bibliographie, documentaires
- Florent Manelli, 40 LGBT+ qui ont changé le monde, Lapin Éditions, (ISBN 978-2-37754-036-5, OCLC 1117747488, BNF 45755632), « Giovanna Rincon », p. 188-191.[42]
- Michael McCaughley, Nino S. Dufour et Didier Lestrade, C'est ça, notre liberté : 50 ans de lutte LGBTQ+ de Paris à New York, dl 2021 (ISBN 979-10-339-0451-9, OCLC 1262125523, lire en ligne)[43]
- Muriel Douru, Putain de vies !, (ISBN 978-2-84953-324-6 et 2-84953-324-6, OCLC 1127565947, lire en ligne)
- Océan, « Intime & Politique : La Politique des putes (7/10) » [audio], sur Nouvelles Écoutes, (consulté le )[44],[45]