Global Sumud Flotilla

flottille de bateaux d'ONG vers Gaza From Wikipedia, the free encyclopedia

Global Sumud Flotilla (Flottille mondiale du Sumud ; GSF ; en arabe : أسطول الصمود العالمي, Usṭūl aṣ-Ṣumūd al-ʿĀlamī) est une initiative maritime internationale, menée par des organisations non gouvernementales (ONG) et lancée mi-, visant à forcer le blocus israélien de la bande de Gaza considéré comme illégal par de très nombreux observateurs internationaux neutres ainsi que de nombreux juristes. Son nom vient de l'arabe ṣumūd « persévérance, constance », mot employé pour désigner l'attitude des Palestiniens face à l'offensive israélienne.

Création
TypeCoalition humanitaire de la société civile
MembresActivistes de 44 pays
Faits en bref Situation, Région ...
Global Sumud Flotilla
Logo de l'organisation
Logo officiel.
Carte de l'organisation
Différentes villes de départ, ainsi que la destination, Gaza.
Situation
Région Bande de Gaza
Bassin méditerranéen
Création
Type Coalition humanitaire de la société civile
Organisation
Membres Activistes de 44 pays
Effectifs Plus de 6 000 participants inscrits ()
Organisations affiliées Flottille de la liberté
Marche mondiale vers Gaza
Maghreb Sumud Flotilla
Sumud Nusantara

Site web globalsumudflotilla.org
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Origine de l'initiative

Le GSF est né en , au cours du génocide de Gaza, grâce à la coopération de multiples mouvements militants et humanitaires, dont la Coalition de la flottille de la Liberté, la Marche mondiale vers Gaza, la Maghreb Sumud Flotilla et Sumud Nusantara[1],[2],[3],[4].

Les organisateurs se proposent de constituer le plus grand convoi maritime civil de l'histoire, composé de dizaines de navires de différents gabarits, au départ de plusieurs ports, notamment autour de la Méditerranée, et qui convergeront vers Gaza. Début , les organisateurs font état de la participation de militants issus de 44 pays[1],[2],[4],[5],[6].

Préparatifs

Pays d'origine des différents membres d'équipage :
  • Pays ayant un participant, selon la liste officielle du GSF
  • Pays n'étant pas sur la liste officielle des participants mais dont certains citoyens ont pris part à l'initiative
  • Pays dont le participant s'est rétracté

La flottille devrait prendre la mer entre et , certains convois partant de l'Italie le , d'autres d'Espagne le , et d'autres encore de Tunisie et d'Italie le [7]. Les actions préparatoires comprennent l'enregistrement des plus de 6 000 participants, ainsi que des sessions de formation, des événements de solidarité et des camps à proximité des points de départ[7],[8]. De à , 15 000 personnes ont participé aux préparatifs[9].

Soutiens

De nombreux états, organisations et personnalités ont exprimé leur soutien à cette initiative.

Soutiens internationaux

  • L'ONG Climate Action Network a publié un communiqué de presse en soutien à la flottille[10].
  • Dans un communiqué de presse daté du , un collectif d'experts des Nations unies, parmi lesquels Francesca Albanese, a exprimé sa solidarité avec la flottille et exigé la protection de tous les passagers[11].

Colombie

Le président colombien Gustavo Petro a envoyé un message de soutien à la flottille[12].

Espagne

Le gouvernement espagnol, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré le soutenir officiellement la flottille[13].

États-Unis

  • L'organisation Artists4Ceasefire a exprimé son soutien à la flottille.
  • L'acteur Mark Ruffalo a manifesté son soutien à la flottille.

France

Italie

  • Le Collectif autonome des travailleurs des ports (Calp), affilié à l'Unione Sindacale di Base (USB), a annoncé soutenir la flottille et vouloir « bloquer toute l'Europe » et « bloquer toutes les cargaisons vers Israël » si la communication avec la flottille était interrompue.
  • L'acteur Alessandro Gassmann a publiquement exprimé son soutien à la flottille[18].
  • Le dessinateur de bandes dessinées Zerocalcare a également publiquement soutenu la flottille[18].

Palestine

  • L'ambassade palestinienne en Suède a émis un communiqué de presse de soutien à la flottille[19].
  • Dans un communiqué de presse, le Centre Al Mezan pour les droits de l'homme, basé à Gaza, a déclaré sa solidarité avec la flottille et a appelé à sa protection internationale[20].

Personnalités participantes

Navire de la Global Sumud Flotilla à Barcelone le .

Les personnalités suivantes prennent part ou ont indiqué prendre part à cette initiative (dans l'ordre alphabétique) :

Aide humanitaire

Les navires transportent de l'eau potable, de la nourriture[36] et des médicaments[37]. En particulier, ils transportent du substitut du lait maternel[38], ainsi que de la farine[18].

De plus, de nombreux médecins et professionnels de santé se trouvent parmi les passagers des différents bateaux de la flottille. Leur but est d'apporter une aide médicale d'urgence à la population de la bande de Gaza, dont les infrastructures médicales ont été dévastées[39].

Incidents liés aux navires

Familia Madeira

Dans la nuit du 8 au , Yasemin Acar, membre du GSF, a signalé qu'un drone a percuté le navire principal du convoi, le Familia Madeira portugais (connu parmi les participants sous le nom de Family Boat)[40],[41] avant son départ de Tunis, y mettant brièvement le feu. Le navire aurait transporté les membres qui avaient participé à la mission de juin, dont Yasemin Acar elle-même, Greta Thunberg et Thiago Ávila. Peu après, des membres de la flottille publient une vidéo provenant de caméras de sécurité montrant un navire en feu après avoir été touché par un objet tombé du ciel. CNN décrit la vidéo comme montrant « un objet incendiaire tombant du ciel » qui explose à l'impact. El País rapporte que, selon une enquête, « le drone a lancé un projectile, déclenchant les flammes, qui ont été éteintes quelques minutes plus tard ». France24 rapporte qu'« un incendiaire improvisé largué depuis un drone commercial ou de vente au détail » est le résultat probable d'après l'analyse des experts et de la vidéo. Bellingcat déclare que l'objet « devait avoir été déployé à partir d'une plate-forme aérienne » et que l'analyse du bruit de fond semble « correspondre à celui d'un drone ». Le directeur d'Armament Research Services décrit le bruit entendu dans les vidéos comme provenant d'un « objet volant tel qu'un drone ou un avion léger », mais ajoute que cela restait peu concluant[42].

Alma

La nuit suivant l'incendie du Familia Madeira, l'équipage signale une attaque par drone contre un autre navire de la GSF à Sidi Bou Saïd, l'Alma, battant pavillon britannique. Personne n'est blessé[43],[44]. Les organisateurs décrivent un engin incendiaire largué sur le navire, similaire à celui utilisé lors de l'attaque précédente[45]. Une vidéo de l'incident a de nouveau été authentifiée par BBC Verify[46] ; un expert en armement décrit l'engin récupéré comme « clairement une sorte de grenade... très probablement larguée par un drone » et comme « courant, mais pas exclusif à certains modèles de grenades à main israéliennes »[47],[48]. Bellingcat signale la probabilité que des « munitions incendiaires improvisées » aient été utilisées dans les deux attaques, sur la base de l'avis d'experts ayant analysé des vidéos et des images, les engins récupérés semblant identiques[42].

Autres navires frappés

Dans la nuit du 23 au , le navire Zefiro, qui approche de la Crète, est frappé par des drones et endommagé[49],[50]. Cela se produit après que les participants aient entendu d'importantes explosions pendant la nuit[51]. Peu après, une militante allemande à bord, Yasemin Acar, signale qu'au moins cinq navires ont été touchés en très peu de temps. Il est déclaré par la suite que jusqu'à onze navires ont été touchés[52] notamment ceux transportant des politiciens italiens du Mouvement 5 étoiles (M5S) et des membres de l'Alliance des Verts et de la gauche (AVS)[53]. L'équipage du GSF a aperçu 15 à 16 drones[54], soit le même nombre que celui aperçu la veille au matin. Outre les navires italiens, des navires polonais et anglais ont également été touchés[55]. Contrairement aux incidents précédents, celui du n'est pas seulement incendiaire, mais il comprend également l'emploi de bombes sonores et de substances irritantes[55].

Aspects juridiques

Droit international

Concernant la navigation dans les eaux internationales, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de reconnait le droit pour les civils de naviguer en haute mer en sécurité, en étant protégés des conflits comme celui de Gaza. Selon cette convention, la liberté de naviguer dans les eaux internationales doit être respectée. Toute intervention dans les eaux internationales contre la flottille serait donc une violation de cette convention.

Concernant l'entrée dans les eaux de la bande de Gaza, Israël, en tant que puissance occupante, a le devoir de laisser entrer l'aide humanitaire, conformément à la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre[56].

La situation concernant l'assistance consulaire en cas d'arrestation est variable selon les pays. Les traités européens, toutefois, demandent à tous les pays membres de l'Union européenne d'assister tous les ressortissants de l'Union de la même manière que leurs propres ressortissants si leur pays d'origine n'assure pas d'assistance[57].

Mesures de protection juridique

Afin d'essayer d'assurer le bon déroulement du voyage jusqu'à Gaza, la Global Sumud Flotilla a mis en place des mesures pour assurer la protection juridique de ses participants.

  • L'organisation Global Sumud Flotilla a émis un communiqué de presse le rappelant les points juridiques essentiels[58].
  • Un navire d'avocats et de juristes internationaux, le Shireen est parti de Tunis et fait partie de la flottille[59].
  • À bord des différents navires de la flottille, les nationalités des équipages ont été délibérément mélangées afin d'assurer une meilleure protection consulaire.
  • Les différents navires sont équipés de caméras pour documenter d'éventuels événements.
  • Les membres d'équipage ont suivi des formations pour savoir quelle attitude avoir envers d'éventuels attaquants sans se mettre dans l'illégalité et pour améliorer leur sécurité[60].
  • Les membres d'équipage ont demandé par avance la protection consulaire de leurs pays respectifs. L'Espagne a ainsi annoncé à l'avance qu'elle assurerait l'assistance consulaire de ses ressortissants en cas de besoin[13].

Déroulement

Port de Barcelone le .

Le , 25 navires embarquant 300 personnes ont appareillé de Barcelone. Ils ont dû rebrousser chemin pour revenir au port à cause de vents violents et sont finalement repartis le lendemain.

Le , ils arrivent aux Baléares d'où partent alors quatre autres navires.

Le , la flottille rejoint deux autres navires au large de la Sardaigne.

Le , les premiers navires de la flottille atteignent Tunis.

Dans la nuit du lundi au mardi , au large du port de Sidi Bou Saïd, près de Tunis, un incendie s'est déclaré à bord du Family Boat, un navire battant pavillon portugais et ayant six occupants, dont Greta Thunberg[61]. Une vidéo[62] prise depuis une embarcation à proximité montre un objet incandescent s'abattant sur l'embarcation, alors que les caméras de surveillance du bateau laissent entendre un bourdonnement juste avant une explosion, puis un début d'incendie dont on peut voir la fumée. Ces vidéos montrent un membre d'équipage lever les yeux puis reculer alarmé avant l'explosion. Des membres de l'équipage affirment avoir vu un drone au moment de l'attaque. L'équipage et les organisateurs de la flottille disent qu'il s'agit d'une attaque de drone, possiblement israélienne. Toutefois, les autorités tunisiennes affirment n'avoir détecté aucun engin et évoquent la possibilité d'un début d'incendie causé par un mégot de cigarette. Sollicités par l'AFP, les dirigeants militaires israéliens n'ont pas répondu[63]. La rapporteuse spéciale de l'ONU sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, qui vit en Tunisie, s'est rendue sur place. Elle a déclaré « S'il est confirmé qu'il s'agit d'une attaque de drone, ce serait […] une agression contre la Tunisie et la souveraineté tunisienne ». Elle a également publié un tweet[64] contenant une vidéo de l'événement et appelant à « tirer ses conclusions » de son visionnage. La flottille a indiqué que les six occupants du bateau étaient sains et saufs, mais qu'il y avait des dégâts matériels. L'incendie se serait déclaré dans un lot de gilets de sauvetage[65].

Plage de Sidi Bou Saïd le .

Une nouvelle attaque de drone a lieu dans la nuit du au sur l’Alma, navire battant pavillon britannique, toujours au large du port de Sidi Bou Saïd ; là encore, une vidéo montre un objet tombant du ciel, suivi d'une explosion. Une vidéo montre l'un des passagers de l'Alma manquant de peu d'être touché par une boule de feu s'abattant sur le navire. L'organisation de la flottille a toutefois indiqué que tous les occupants étaient sains et saufs[66],[67],[68].

Le , 18 nouveaux navires partent de Catane, en Sicile, pour rejoindre la flottille.

Lors de l’escale de la flottille Al-Soumoud à Bizerte le , une controverse a éclaté autour de la participation d’activistes LGBTQ tunisiens, dont Saif Ayadi, présenté comme « activiste queer ». Khaled Boujemâa, un coordinateur de la Maghreb Sumud Flotilla, a annoncé sa démission, accusant les organisateurs de manque de transparence. Plusieurs figures publiques, parmi lesquelles la militante Mariem Meftah et le présentateur Samir Elwafi, ont exprimé une forte hostilité au militantisme LGBTQ, estimant qu’il contrevenait aux valeurs sociales et religieuses et risquait de diviser le mouvement de solidarité avec Gaza[69].

Le , 6 bateaux en provenance de Syros se sont regroupés au large d'Adámandas, sur l'île de Milos en Grèce, avant de rejoindre la flottille.

Dans la nuit du 23 au , la flottille a été la cible d'une nouvelle attaque. Un total de 13 explosions ont été entendues par les passagers et membres d'équipage, qui ont aussi rapporté avoir été aspergés de produits chimiques. Les communications ont également été brouillées. L'attaque s'est produite au large de la Crète. Environ 15 drones ont été repérés et ont participé à cette attaque. Les responsables de la flottille ont indiqué qu'il n'y a pas de blessé, mais qu'il y a eu des dégâts matériels, et ont annoncé « Nous ne nous laisserons pas intimider »[70]. À la suite de cette agression, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a demandé que cessent ces attaques contre la flottille et que soit diligentée une enquête indépendante pour en déterminer l'origine. L'Italie a annoncé avoir envoyé la frégate Virginio Fasan pour d'éventuelles opérations de sauvetage, navire ensuite remplacé par l’Alpino[71]. Le ministre de la défense italien a dit "condamner avec la plus grande fermeté l’attaque"[72]. Au soir du mercredi , le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé la même initiative : « Un navire d'intervention maritime entièrement équipé partira demain de Carthagène au cas où il serait nécessaire d'assister la flottille et de procéder à des sauvetages »[73].

Dans la nuit du au , à partir de 20 h 30, des communications en provenance de la flottille font état de l'encerclement et de l'interception de plusieurs navires par des navires de guerre israéliens. Les navires de guerre accompagnateurs espagnol, italien et turcs n'ont pas franchi la limite de la « zone rouge », une limite arbitraire fixée par Israël dans les eaux internationales et dont le franchissement était annoncé comme devant déclencher une interception[74]. Arrivés à moins de 100 milles marins de Gaza, une partie des navires ont été interceptés[Quand ?][75]. Ils sont ensuite détenu plusieurs jours, pour la plupart à la prison de Ketziot[76] ; certains membres d'équipage dont Greta Thunberg affirment avoir été violentés, avoir subi de fortes restriction en eau et en nourriture, et que certains traitements essentiels comme de l'insuline ont été confisqués par les gardiens israéliens[77].

D'autres navires doivent partir de Marseille et de Gênes dans les prochains jours[Quand ?]. Le nombre total de bateaux a dépassé cinquante. Le voyage jusqu'à Gaza est prévu pour durer une quinzaine de jours au total.

Renvoi d'un porte-parole français

Mediapart et Streetpress révèlent que Mustafa Cakici est exclu de son porte-parolat après la découverte de propos antisémites et homophobes tenus par le passé. Le journal L'Humanité révèle que le porte-parole s'est fait le relais de la propagande pro-Erdogan et de ses positions anti-kurdes. Les journaux révèlent que Mustapha Cakici, originaire de Besançon, a vu son comportement révélé depuis par le média indépendant le Ch'ni[78],[79],[80] sans réaction de la part de responsables de la flottille de Gaza[81],[82],[83].

Références

Voir aussi

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