Graben (Vienne)

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Graben
Image illustrative de l’article Graben (Vienne)
Le Graben actuel à Vienne.
Situation
Coordonnées 48° 12′ 31″ nord, 16° 22′ 12″ est
Pays

Le Graben est une des rues les plus célèbres du centre-ville de Vienne en Autriche.

Le Graben commence au Stock-im-Eisen-Platz près du Palais Equitable et se termine à l'embranchement entre Kohlmarkt et Tuchlauben. Au Graben se trouvent certains des restaurants et magasins les plus réputés du pays.

Ce site est desservi par la station de métro Stephansplatz.

Origine du nom

Le terme Graben, signifiant littéralement fossé en allemand, tire son origine de l'histoire ancienne de Vienne.

Historique du Graben

L'histoire du Graben remonte à l'époque romaine lorsque se trouve à l'emplacement actuel le camp romain de Vindobona. L'enceinte du castellum se situe au sud le long de la Naglergasse actuelle et est entouré d'un fossé. Au Moyen Âge, ce fossé existe toujours entourant les grands murs massifs du château fort. À la fin du XIIe siècle, les Babenbergs font agrandir la ville grâce à la rançon payée pour la libération de Richard Cœur de Lion[1]. Lors de ces transformations, le fossé disparaît et cède la place à une rue planifiée. Ainsi le Graben devient une des premières rues de la ville agrandie. Dans cette zone nouvellement urbanisée, il existe encore de nombreux territoires vides, ce qui a forcément contribué à l'appellation continue de la rue en tant que Graben.

Le Graben au Moyen Âge

L'expansion de la ville de Vienne se manifeste également dans l'urbanisation inégale des deux côtés du Graben. Côté nord, les constructions sont encore de nos jours irrégulières et il n'y existe qu'un petit passage vers l'église Saint-Pierre, le Jungferngässchen. Côté sud, cinq rues sont construites de façon régulière au XIIIe siècle : l'Obere Bräunerstrasse (aujourd'hui Habsburgergasse), l'Untere Bräunerstrasse (Bräunerstrasse), la Färberstrasse (Dorotheergasse), la Laderstrasse (Spiegelgasse) et la Reifstrasse (Seilergasse). La partie majeure du côté sud est à cette époque encore un territoire vide, ceci va rapidement changer.

Selon l'historien Karl Oettinger, le Graben remplace l'axe Hoher Markt/Wipplingerstrasse en tant que rue principale. La nouvelle voie de circulation principale aurait alors commencé Am Hof à travers la Bognergasse et serait allée jusqu'au Stock-im-Eisen-Platz pour ensuite arriver à la Wollzeile par la Rotenturmstrasse. Le trafic n'aurait alors pas eu besoin de passer par le Hoher Markt. Cependant, toutes les rues à cette époque finissent à Vienne et il n'y avait guère de raisons pour continuer son chemin en direction du Schottentor, cette théorie fait en conséquence l'objet de maintes discussions.

Les maisons le long du Graben sont surtout des constructions en bois et vont conduire à une catastrophe le . Un incendie se propage depuis la maison du prêtre Henri de Lucerne dans la Wallnerstrasse, le Kohlmarkt tombe sous les flammes et le feu se répand dans tout le quartier. Le roi Frédéric le Bel est présent parmi l'équipe de sauvetage. Le Graben n'est pas encore l'endroit privilégié de la noblesse, cependant des lignées souabes de la famille de Rodolphe Ier y habitaient.

Le seul grand bâtiment connu de cette époque est le Freisingerhof.

Au tournant du XIIIe au XIVe siècle le Graben est « fermé » par des constructions de maisons à chaque bout. Ainsi, le Paternostergässchen apparaît au nord-ouest, une prolongation de la Naglergasse, au sud-est on voit apparaître la Grabengasse et le petit Schlossergässchen très étroit, la ruelle des serruriers. D'autres artisans de métiers liés, comme les forgerons, s'y établissent également. Le Schlossergässchen est tellement étroit qu'il est souvent critiqué d'être une entrave à la circulation. À partir de ces nouvelles constructions, le Graben fait plutôt figure d'une place et non d'une rue. Cependant, ce n'est pas encore une adresse exclusive, le petit ruisseau Mörung fait circuler les eaux-vannes et l'on peut donc imaginer la puanteur émanant de la rivière. Les notables commencent cependant à s'installer au fur et à mesure, surtout des riches bourgeois.

Le Graben baroque

Le Graben vers 1609.

La structure du Graben ne change guère, mais il n'en est pas de même pour son caractère. L'Arkadenhof Cour des arcades »), un bâtiment de la Renaissance, domine la rue jusqu'en 1873 lorsqu'on procède à la construction du Grabenhof. Le Graben devient le lieu de plusieurs festivités, notamment pour rendre hommage. Les propriétaires des maisons commencent alors transformer leurs maisons et à appliquer de riches décors aux façades. L'ancienne église Saint-Pierre est détruite en 1701 et reconstruite en 1708 dans un style baroque.

Au cours du XVIIIe siècle, le Graben perd son importance en tant que place de marché, les marchands de légumes partent en 1753, le marché de Noël s'établit ailleurs dès 1772. Le Graben devient la scène principale de la vie urbaine et une promenade privilégiée qui n'est pas limitée aux nobles, l'essor des entrepreneurs est à son apogée lors de la construction du Trattnerhof par l'imprimeur Thomas von Trattner. Y surgissent également des prostitués, les célèbres Grabennymphen nymphes du Graben »).

La régulation du Graben

Le Graben après la régulation vers 1890.

Le Graben connaît une époque prospère au début du XIXe siècle. Des magasins de luxe s'établissent de plus en plus, ayant des enseignes richement décorées et artistiques.

La circulation augmente et les bâtiments fermant le Graben des deux côtés sont de plus en plus perçus comme un obstacle. La Première caisse d'épargne d'Autriche fait démolir les maisons au coin des Tuchlauben en 1835 pour y construire son bâtiment principal qui existe encore de nos jours. En 1840, les bâtiments au bout nord-ouest sont démolis à leur tour. Entre 1860 et 1866, les maisons entre Grabengasse et Schlossergassl sont détruites, et le Graben donne ainsi directement sur le Stock-im-Eisen-Platz et le Stephansplatz. D'autres maisons le long du Graben disparaissent à l'exception du Palais Bartolotti-Partenfeld. Le Jungferngässchen est agrandi pour permettre un meilleur accès à l'église Saint-Pierre. Le Trattnerhof disparaît également et sera remplacé par une nouvelle construction en 1911.

Le Graben au XXe siècle

Avec l'essor du transport automobile, le Graben devient une rue de forte circulation. Néanmoins, cette circulation est restreinte à la partie sud du Graben. Le , le Graben est la première rue à Vienne disposant d'un éclairage néon.

Plusieurs propositions pour l'organisation du Graben ont été faites, dont deux s'attachant particulièrement à la surveillance. Le , le Graben est l'objet d'un essai de la première zone piétonne de Vienne. Lors de la construction du métro, plusieurs changements consécutifs ont été faits, et la zone piétonne est agrandie au fur et à mesure. Dans ce contexte, cinq architectes ou groupes d'architectes sont appelés pour proposer des modifications. Une proposition particulièrement contestée est celle du groupe « Gruppe M » qui projettent une toiture.

Aujourd'hui, le Graben demeure une des promenades et rues marchandes les plus importantes de Vienne.

Transports

La mesure dans laquelle le Graben est une voie principale au Moyen Âge reste un sujet très discuté. À cause des nombreuses constructions, surtout aux extrémités, la rue s'y prête pourtant très mal. Depuis le XIXe siècle, bien avant l'arrivée de l'automobile, le Graben compte parmi les rues à forte circulation de Vienne, cependant uniquement le côté sud-ouest est utilisé. C'est également au XIXe siècle que l'on aménage des places spéciales pour les fiacres.

La première ligne de bus à accumulateur électrique circule dès le depuis le Stephansplatz à travers le Graben jusqu'à la Volksoper. D'autres lignes de bus s'y ajoutent au fur et à mesure. Dans le cadre de la construction du métro, le Graben est transformé en zone piétonne. Cette première zone piétonne de Vienne est un essai du . Le projet final est établi par l'architecte Wilhelm Holzbauer et son équipe, terminé en 1978. La dernière partie rajoutée à la zone piétonne se situe entre l'église Saint-Pierre et le Kohlmarkt où circule cependant toujours la ligne de bus 1A.

Sous la partie basse du Graben, à la hauteur de la Jungferngasse et du Stock-im-Eisen-Platz circule depuis 1991 la ligne de métro U3. La station de métro Stephansplatz a déjà été érigée lors de la construction de ligne de métro U1, un tracet en dessous du Graben devient donc obligatoire. Une des sorties de cette station mène directement au Graben, elle ne possède pas de toit pour ne pas trop déranger l'image de la rue. Une autre construction était impossible, les propriétaires des maisons exigeants des sommes énormes d'argent.

Une place de marché

La vente du pain au XIVe siècle par Tacuinum sanitatis.

Le Graben est utilisé très tôt comme place de marché. Dès 1295, alors que le Graben vient à peine d'être mentionné dans les documents, on cite la vente de fruits. Vers 1350 commence le commerce des herbes, cent années plus tard, d'autres légumes sont rajoutés à l'offre du marché. À cause de ces marchands, le Graben est souvent surnommé « Grüner Markt » et « Kräutermarkt »[2].

À partir du XIVe siècle, des marchands de farine et de pain s'établissent également au Graben. Ce n'est qu'en 1442 que les boulangers reçoivent à nouveau le droit de cuire les grands pains eux-mêmes. C'est ainsi que les « Brotpanckh »[3] apparaissent au Graben, que les boulangers doivent louer pour offrir leurs marchandises.

Au Paternostergässchen s'établissent les fabricants de rosaires. Dans les documents du Kammeramt, des marchands de viande sont mentionnés dès 1424 qui ont alors des règles strictes quant à leurs heures d'ouverture. À cause des odeurs, Ferdinand Ier promulgue un édit en 1564 ordonnant les marchands de viande de s'installer ailleurs, mais cet édit n'est pas strictement appliqué.

Au XVIIIe siècle, la plupart des marchands s'installe dans les maisons le long du Graben et en 1753 le dernier marché - celui des légumes - disparaît.

Une place de fête

À cause de son emplacement central, le Graben se prête bien à des cortèges et manifestations.

Des processions à l'occasion de la Fête-Dieu sont connues depuis 1438, il est cependant probable qu'elles existaient bien avant d'être mentionnées dans les documents officiels. Avec la naissance du protestantisme, ces processions jouent un rôle important pour la démonstration de la foi catholique.

À l'époque de Charles VI existe une messe journalière près de la colonne de peste. Au XVIIIe siècle a lieu une procession par semaine. Cependant, Marie-Thérèse essaie déjà de limiter les processions, et sous Joseph II il ne reste plus que la procession à l'occasion de la Fête-Dieu.

Le Graben est également la scène de marches triomphales, en particulier pour les entrées des archiducs et empereurs. Depuis 1620, les hommages se font au Graben, Ferdinand II en est le premier exemple connu.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Sources

Voir aussi

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