Guillaume Bautru

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Naissance
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Guillaume de Bautru, Seigneur de Matras (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Guillaume Bautru
Fonctions
Fauteuil 15 de l'Académie française
-
Introducteur des ambassadeurs
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Père
Guillaume de Bautru, Seigneur de Matras (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Gabrielle Louet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Guillaume de Bautru, Comte de Serrant (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Membre de

Guillaume Bautru II, comte de Serrant, né à Angers en 1588 et mort à Paris le , est un poète satirique français, favori et agent diplomatique de Richelieu[1].

Il est fils de Guillaume Bautru Ier, seigneur de Percher, de Louvaines et de Matras, conseiller au Grand Conseil et grand rapporteur en la chancellerie de France, et de Gabrielle Loüet, dame de Bel Air. Son frère puîné est Nicolas Bautru (mort en 1661), comte de Nogent, marquis du Tremblay-le-Vicomte[2] (voir à la fin de l'article).

Guillaume Bautru II est seigneur de Louvaines, baron de Segré en 1635, conseiller d'État sous Louis XIII et sous Louis XIV, introducteur des ambassadeurs chez le roi, conseiller d'État, chancelier de Gaston d'Orléans, ministre plénipotentiaire et ambassadeur auprès de l'archiduchesse de Flandre, envoyé du roi en Espagne, en Angleterre et en Savoie. Il est l'un des membres fondateurs de l'Académie française, à laquelle il est nommé en 1634 (au 15e fauteuil).

Protégé de Richelieu, il se fait construire cette année-là un hôtel par l'architecte Louis Le Vau et le maître maçon Michel Villedo, au moment où le cardinal fait aménager à Paris la rue Croix-des-Petits-Champs. Ce bâtiment deviendra plus tard l'hôtel Colbert et abrite actuellement l'Institut national du patrimoine et l’Institut national d'histoire de l'art. Deux ans plus tard, Guillaume Bautru achète le château de Serrant, en Anjou, qu'il achève de faire bâtir en suivant les plans de Hercule de Rohan et dont les terres lui sont données en baronnie par Richelieu.

C'est un personnage haut en couleur, connu pour son libertinage et sa verve bouffonne. Il reste de lui quelques satires, telles que L'Ambigu, paru en 1616, et L'Onozandre ou la croyance du grossier, paru en 1620 :

Je veux quitter Parnasse et l’onde Pégasine
Pour aller faire un tour jusques à Terrassine,
Désireux de chanter les bufles au col torts
Ou siffler dans un jong le Prince des Butors,
Buses, Buses et Ducs, tenez-moi lieu de Muses...

Pierre Bayle a dit de lui : « Il a été un des beaux Esprits du XVIIe siècle. Il se faisoit sur-tout admirer par ses bons mots, & par ses fines réparties ; & l'on trouve dans les Écrivains de son tems mille marques de la belle réputation où il étoit. C'est un homme, disoit l'un d'eux, qui met une partie de sa Philosophie à n'admirer que très-peu de choses, & qui depuis 50 ans a été les délices de tous les Ministres, de tous les Favoris, & généralement de tous les Grands du Royaume, & n'a jamais été leur Flateur[3]. » A l'appui de son estime pour l'esprit de Bautru, Bayle cite également Saint-Amant, qui se moquait de ceux qui confondaient « les turlupinades et les pointes » avec les bons mots de Bautru :

Si vous oyez une équivoque,
Vous jetez d'aise vostre toque,
Et prenez son sens malautru
Pour un des beaux mots de Bautru.[4]

Tallemant des Réaux, dans ses Historiettes, parle d'un bon courtisan, ou bon bouffon, si vous voulez ; de mœurs et de religion fort libertin... ; toute la race des Bautru est naturellement bouffonne (qui aime à faire rire par des bons mots et des traits d'esprit)[5].

Postérité

Notes et références

Liens externes

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