Hakan Fidan
diplomate turc
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Hakan Fidan, né le à Ankara, est un diplomate, homme politique, ancien militaire et ancien professeur. Il dirige de 2010 à 2023 le Millî İstihbarat Teşkilatı (services secrets turcs), avant d'être nommé ministre des Affaires étrangères le .
| Hakan Fidan | ||
Hakan Fidan en 2024 | ||
| Fonctions | ||
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| Ministre turc des Affaires étrangères | ||
| En fonction depuis le (2 ans, 10 mois et 7 jours) |
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| Président | Recep Tayyip Erdoğan | |
| Gouvernement | Erdoğan V | |
| Prédécesseur | Mevlüt Çavuşoğlu | |
| Directeur de l'organisation nationale de renseignement | ||
| – (8 ans, 2 mois et 24 jours) |
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| Président | Recep Tayyip Erdoğan | |
| Premier ministre | Ahmet Davutoğlu Binali Yıldırım |
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| Prédécesseur | İsmail Hakkı Musa (tr) (intérim) Lui-même |
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| Successeur | İbrahim Kalın | |
| – (4 ans, 8 mois et 16 jours) |
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| Président | Abdullah Gül Recep Tayyip Erdoğan |
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| Premier ministre | Recep Tayyip Erdoğan Ahmet Davutoğlu |
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| Prédécesseur | Emre Taner (en) | |
| Successeur | İsmail Hakkı Musa (tr) (intérim) Lui-même |
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| Biographie | ||
| Surnom | Erdoğan'ın sır küpü (en français : « Le gardien des secrets d'Erdoğan ») | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Ankara (Turquie) | |
| Nationalité | Turque | |
| Parti politique | AKP | |
| Conjoint | Nuran Fidan | |
| Enfants | 3, dont Abdullah Halid Fidan | |
| Diplômé de | Université du Maryland Université Bilkent |
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| Profession | Militaire, professeur, haut fonctionnaire | |
| Religion | Islam | |
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| Chefs du Millî İstihbarat Teşkilat (tr) Ministres turcs des Affaires étrangères |
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Biographie
Fidan est né en à Ankara, la capitale turque. Selon certains médias, il est issu du clan kurde Seyitki d'Erciş dans la province de Van[1],[2]. La clan Seyitki fait partie du clan Hesenan[3]. L'un de ses neveux, Egîd Zilan, a mené des batailles contre la Turquie en tant que membre du PKK[4]. En , il sort diplômé de l'académie militaire et de l'école militaire des études linguistiques. Il sert ensuite dans la Force de réaction de l'OTAN en Allemagne. Il obtient un baccalauréat universitaire en études politiques et administratives dans l'université du Maryland aux États-Unis[5]. De retour en Turquie, il obtient un doctorat en relations internationales à l'université Bilkent. Entre et , il est successivement affecté à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à Vienne, puis à l'Institut des Nations unies pour la recherche et le développement à Genève, avant de rejoindre le Centre de recherches sur l'information et la vérification des technologies de Londres[5]. Enfin, il travaille dans l'agence publique de coopération internationale turque (TİKA), une organisation gouvernementale destinée à accroître l'influence nationale sur les pays en développement, en particulier les pays turciques. En , il entre dans le cabinet du Premier ministre — à l'époque, il s'agit de Recep Tayyip Erdoğan — en tant que sous-secrétaire d'État adjoint.
Par ailleurs, il travaille au sein de différentes organisations : l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement à Genève, encore l'Institut Yunus Emre à Ankara. Il enseigne par ailleurs les relations internationales aux universités Hacettepe et Bilkent[6].
Le , il est nommé sous-secrétaire, c'est-à-dire chef, du Millî İstihbarat Teşkilatı (services secrets turcs)[7]. Il démissionne le pour se lancer en politique et participer aux élections législatives turques de juin 2015 sous la bannière du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), mais il change d'avis sous la pression de Recep Tayyip Erdoğan ; il est renommé le [8],[9].
En 2012, Erdoğan déclare que Fidan est « un fonctionnaire très efficace », « il est gardien de mes secrets, le gardien des secrets de l’État »[10]. Fidan est considéré comme « l'un des hommes les plus puissants de Turquie ». Malgré les défaillances de son service, il échappe aux purges suivant la tentative de coup d'État de 2016[11].
Le , il quitte ses fonctions à la tête du MİT pour devenir ministre des Affaires étrangères et est remplacé à ce poste par İbrahim Kalın[12]. 101 ans après, il devient le deuxième homme politique issu d'une carrière militaire après İsmet İnönü à occuper le poste de ministre des Affaires étrangères.
Selon Intelligence Online, cette nomination aurait également pour objectif de contrôler son influence au sein de l'administration, dans l'optique de l'élection présidentielle turque de 2028 pour laquelle il est vu comme un homme d'État et successeur potentiel de Recep Tayyip Erdoğan, qui ne peut pas se représenter. Hakan Fidan continue toutefois à garder un contrôle sur les dossiers stratégiques du renseignement. En tant que ministre, il est considéré comme un interlocuteur de premier plan à l'étranger[12].
Controverses
Négociations avec le PKK
Entre et , il participe aux négociations secrètes entre la Turquie et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), notamment à Oslo. Des enregistrements fuitent sur Internet et créent un scandale dans le pays, puisque Recep Tayyip Erdoğan niait tout contact avec les terroristes mais sera finalement obligé d'avouer, ce qui a pour effet de les faire échouer[13]. La fuite viendrait de la confrérie de Fethullah Gülen, opposée à toute négociation avec les Kurdes, et le procureur Sadrettin Sarıkaya demande que Fidan et quatre autres agents témoignent de cette affaire. Erdoğan prend leur défense, renvoie le procureur et fait voter une loi qui empêche toute poursuite judiciaire contre les membres du renseignement[14].
Vente de renseignements à l'Iran
En , un journaliste du The Washington Post, David Ignatius, accuse Hakan Fidan d'avoir vendu des renseignements sur une dizaine d'agents du Mossad à l'Iran. Ankara nie ces accusations[15].
Manœuvres en Syrie
En , un enregistrement audio fuite, dans lequel on entend Fidan et Ahmet Davutoğlu parler d'une invasion en Syrie. En outre, on entend Fidan dire qu'il suffirait d'y envoyer « quatre hommes pour lancer huit missiles dans un terrain vague [en Turquie] » afin d'avoir un prétexte à l'invasion. Le gouvernement accuse encore une fois Fethullah Gülen d'être à l'origine de la fuite et bloque plusieurs sites dont Twitter et YouTube[16].
En , le journaliste Can Dündar de Cumhuriyet publie un article qui révèle que les agents de Fidan effectuent des livraisons d’armes à des groupes islamistes rebelles en Syrie. Il publie notamment des images tournées en à la frontière syrienne dans lesquelles on voit des camions remplis d'armes. Cette révélation, démentie par le gouvernement, provoque la colère d'Erdoğan qui menace ouvertement Dündar et l'accuse de trahison. Cumhuriyet est depuis régulièrement attaqué par le pouvoir et le journaliste en question, qui s'est exilé en Allemagne, a été condamné à cinq ans et dix mois d'emprisonnement pour divulgation de documents secrets d'État[17],[18].
Galerie
- Hakan Fidan en Russie pendant un entretien entre le président russe Vladimir Poutine et Hulusi Akar, Mevlüt Çavuşoğlu.
- Hakan Fidan durant la rencontre des délégations turque et ukrainienne à New York.
- Hakan Fidan avec son homologue algérien Ahmed Attaf en Azerbaïdjan lors de leur participation à la réunion du mouvement des non-alignés en 2023.