Henchir el Gousset est un site archéologiquetunisien connu dès le XIXesiècle mais qui a été peu fouillé si ce n'est un édifice cultuel chrétien à la fin du XXesiècle. Le site conserve les vestiges de deux églises et d'un complexe d'huileries, outre une chapelle dont les fouilles ont permis de découvrir une rare datation portant le nom du roi vandaleThrasamund.
Une partie de l'église, l'arc de tête de l'abside[C 1], s'effondre après 1971[B 1]. Fathi Béjaoui fouille l'église à partir de la fin des années 1980 lors de fouilles programmées[D 1] et dégage un dépôt d'un mètre de terre[C 1].
L'église, orientée nord-est, possède deux bas côtés et une nef. Le plan est conforme aux édifices présents dans la région[A 1] et mesure 33 m sur 13 m, le quadratum populi faisant 24,70 m sur 10,70 m[C 1]. Seul le chœur était dallé, le reste étant en terre battue[A 1]. L'édifice était en grand appareil. Les arcades sont hautes de 4,40 m[C 1]. Le quadratum populi possédait trois nefs larges d'environ 3,10 m et sept travées. Une largeur identique se retrouve sur d'autres édifices de la région, comme à Thala, Thélepte ou Haïdra[D 1]. Certains corbeaux sont sculptés dont un Aigle enlevant un lièvre[C 1]. Le chœur occupait trois travées[D 1]. L'abside est large de 3,10 m et profonde de 3 m. Deux grandes salles de 6,50 m sur 3 m encadraient l'abside; il y avait également une autre pièce[C 1]. L'abside était surélevée de trois marches[E 2]. La pierre pouvait être recouverte par des enduits[E 2].
Un baptistère et une chapelle en relation avec l'édifice ont été retrouvés[A 2].
Le baptistère situé au nord-ouest comportait une cuve en calcaire«circulaire sur plan carré» inscrite dans un carré de 1,50 m[C 2]. Des éléments d'une table d'autel subsistent[A 3]. Il y avait un ciborium au-dessus[C 2]. Si les bâtisseurs souhaitaient peut-être évoquer le salut lié au baptême[D 2], il est étonnant d'avoir un baptistère dans une église rurale[E 3].
L'église a été identifiée par une inscription, spes en deo et un chrisme[C 1]. L'inscription n'est plus lisible[E 4].
Les installations liturgiques sont conservées, dont un chancel, même si l'autel a disparu, l'emplacement de 1,40 m sur 0,95 m étant conservé[C 2]. Des éléments du chancel retrouvés lors des fouilles ont permis de retrouvé deux niches consacrées à la conservation de mobilier[C 2]. Ces éléments se trouvaient sur la séparation entre nef centrale et bas-côtés[D 3]. Les fouilles ont permis de dégager des fragments de colonnettes[C 2]. Une niche dans l'un des piliers, de 0,44 m sur 0,41 m, comportait un arc avec des croix grecques et un orant, peut-être un reliquaire[C 3]. Une installation liturgique a été retrouvée au sud-est avec quatre piliers[C 4].
Chapelle
Une pièce communiquant avec l'église au sud-est du porche[C 4] comportait une inscription en pierre de taille datée de la 26e année du règne de Thrasamund (521-522), conservée désormais au musée archéologique de Sbeïtla. L'inscription, anno bicesimo V I dom /ni regis Tasamundi, est gravée de façon grossière[E 5]. Elle était consacrée à des saints inconnus car des reliquaires ont été trouvés lors des fouilles[A 4]. Un caisson à reliques a été retrouvé, tout comme deux reliquaires présents dans le sol[C 5]. L'inscription avec une date très précise[D 2] concerne peut-être seulement l'aménagement d'une partie du bâtiment qui a possiblement connu de nombreux changements au cours de son histoire[C 4]. Les inscriptions vandales connues sont en contexte funéraire[D 2] et la datation par année de règne est rare à cette époque dans le royaume vandale[E 5]. Ce témoignage est une preuve d'une activité édilitaire[E 6].
Une autre église a été repérée avec des éléments de décor même si non fouillée[C 4].
Huilerie
Un grand édifice conserve six pressoirs à huile[A 5]. Les éléments liés à la production industrielle ont été conservés[A 5]. Le site possédait sans doute un «monument à auges» selon Noël Duval[E 6].
Vestiges divers
D'autres vestiges éparpillés sont conservés, des vestiges de portes de maisons ou autres édifices comportant parfois des motifs végétaux ou géométriques[A 5].
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
François Baratte, Fathi Béjaoui, Noël Duval, Sarah Berraho, Isabelle Gui et Hélène Jacquest, Basiliques chrétiennes d'Afrique du Nord, Bordeaux, Ausonius, coll.«Inventaire des monuments de la Tunisie» (noII), , 319p. (ISBN978-2-35613-118-8)..
Fathi Béjaoui, La Tunisie du centre-ouest: les hautes steppes, Tunis, Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, , 79p. (ISBN978-9973-954-45-9)..
Fathi Béjaoui, «Une église d'époque vandale à Henchir el Gousset (région de Thélepte - Tunisie)», Africa, noXIII, , p.101-122.
Noël Duval, «Les nouveautés de l'archéologie tunisienne: le site d'Hr el Gousset», Revue des études augustiniennes, vol.36, , p.315-327 (lire en ligne, consulté le )..