Henchir Ziane

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Henchir Ziane
Localisation
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Médenine
Région Zarzis
Coordonnées 33° 30′ 21″ nord, 11° 01′ 22″ est
Géolocalisation sur la carte : Tunisie
(Voir situation sur carte : Tunisie)
Henchir Ziane
Henchir Ziane

Henchir Ziane est un site archéologique tunisien situé dans le sud du pays, situé au milieu de la presqu'ile de Zarzis à environ 9 km, à l'ouest de cette ville.

La ville est attestée dans les sources sous plusieurs noms, avec des variantes d’écriture et des interprétations différentes selon les auteurs et les périodes: Ponte Zita Municipium dans l'Itinéraire d'Antonin [1], Ziza Municipium [2] dans la table de Peutinger [3], Zitha [4], Pons Zitha [2], Zian [5], Medinet Zian [6], Medinet ez-Zian [7], S'ian ou Enchir Medinet S'ian [8].

Zita signifie “lieu des olives”, ou plus exactement “ville des olives”, dans la langue punique, appartenant au groupe nord‑ouest sémitique [9] [10] [11]. Ce nom s’avère particulièrement approprié, comme en témoignent les dizaines de noyaux d’olives brûlés mis au jour lors des fouilles, auxquels s’ajoute le fait que le paysage semi‑aride environnant demeure encore aujourd’hui une zone de forte production oléicole [12].

Une tradition singulière répandue parmi les habitants de Zarziss, c’est qu’un canal allait de Zian à la mer, amenant là, près du port, des flots d’huile qu’on recueillait ensuite dans des jarres ou dans des barils pour les exporter ailleurs [5].

Les fouilles anciennes

Le premier voyageur qui explore les ruines de Zitha est Pellissier en 1846 [13] [14], qui lors de son passage découvre un amas d’au moins dix statues en marbre, dont une Diane sans tête et mutilée d'une partie de ses membres. Pellissier sollicite et obtient du Bey la concession des antiquités de Zian et la possibilité de les enlever quand il voudra [15] [14].

Lors de son voyage dans la région en 1849 [16], Heinrich Barth constate qu’un petit bâtiment quadrangulaire renferme huit ou neuf statues — dont cinq figures féminines, exécutées dans un bon style romain et entassées les unes sur les autres, tandis que d’autres gisent à demi enfouies aux alentours. Cet ensemble, ajouté à l’aspect des maçonneries, montre qu’il ne s’agit pas d’un simple poste isolé, mais bien d’une cité [17].

Dans une lettre adressée à Charles Tissot, le vice-consul de France à Sfax lui rappelle qu'en 1851 il a retiré douze statues prises dans l'ancienne ville de Zian pour les embarquer sur la Sentinelle. Dans une communication faite par Salomon Reinach a l'académie des inscriptions, il signale la disparaition de ses statues [13] [14].

en 1860 [16] Victor Guérin atteint Medinet‑Zian, où il observe des ruines disséminées sur de petites collines, les vestiges d'un temple boulversé, où gisent des statues de marbre mutilées [5].

S. Reinach et E. Babelon sont les premiers à pratiquer des fouilles [18] sur le terrain occupé par les ruines et acheté en 1881 par M. Tissot, ce qui a leur a permis d’y pratiquer des fouilles en toute liberté. Les fouilles sont réalisées entre le 25 janvier et le 2 février [19] 1884 [20] , le forum est déblayé avec levée du plan des édifices qui le bordaient. Cinq grandes statues de marbre, acéphales, deux têtes en marbre, une amulette en or et de nombreuses inscriptions dont l’une semble donner le nom antique de Ziân (Cibarea) [21] ou (Ciparea) [22].

Mobilier archéologique

Les fouilles de Pellissier

Les 12 sculptures retrouvées par Pellissier ont passées 36 ans a l'arsenal de Toulon avant d'etre transférée au louvre en 1887 [23] et répertoriées par Reinach [24]:

Description N° d’entrée
1 Femme vêtue d’un chiton et d’un himation, demi‑drapé formant voile, posée sur plinthe. (2e moitié Ie s.) Ma 1756 [25]
2 Empereur (ou prince ?) vêtu d’une tunique, d’une toge et de calcei ; appuyé sur un support en forme de capsa (1e quart Ie s.) Ma 1757 [26]
3 Femme en forme d’Aphrodite, vêtue d’un chiton à rabat et d’un himation en demi‑drapé (2e moitié Ie s.)1e moitié Ie s.) Ma 1758 [27]
4 Empereur (ou prince ?) demi‑nu, drapé d’un himation en demi‑drapé ; support latéral constitué des restes d’un tronc d’arbre (1e moitié Ie s.) Ma 1759 [28]
5 Empereur drapé d’un himation en demi‑drapé, assis sur un siège dont seuls les restes sont conservés (1e moitié Ie s.) Ma 1760 [29]
6 Empereur (ou prince ?) drapé d’un himation en demi‑drapé (1e moitié Ie s.) Ma 1761 [30]
7 Personnage masculin : restes du pied droit chaussé d’une sandale Ma 1762
8 Empereur (ou prince ?) debout, vêtu d’une tunique, d’une toge et de calcei ; support latéral en forme de capsa. Statue de type togatus grandeur nature. La plinthe à ressaut épouse les éléments au sol. L’umbo, formé par le drapé de la toge au‑dessus du balteus, présente un percement moderne (1e quart Ie s.) Ma 1763 [31]
9 Empereur (ou prince ?) demi‑nu, drapé d’un himation en demi‑drapé ; support latéral conservé (2e quart Ie s.) [?]) Ma 1764 [32]
10 Empereur (ou prince ?) cuirassé, portant une cuirasse à lambrequins et un paludamentum fixé par une fibule ; debout (1e moitié Ie s.) Ma 1765 [33]
11 Empereur (ou prince ?) demi‑nu, avec restes de draperie. (1e moitié Ie s.) Ma 1766
12 Empereur (ou prince ?) demi‑nu, drapé d’un himation en demi‑drapé, levant le bras droit. (2e quart Ie s.) Ma 1767 [34]

Les fouilles de Babelon et Reinach

Statues

Statues de Zian (Babelon et Reinach)

Cinq statues trouvées par Babelon et Reinach [35] dont quatre sont documentées sur une photographie prise sur le site [36] et dans la collection du musée Alaoui [37] dont: Tronc d'une statue de femme drapée en marbre blanc [38] [39]. Statue colossale de femme drapée, les épaules, les bras et la tête manquent, ainsi que la jambe droite [40][41]. Statue très mutilée en marbre blanc, la tête, les bras et les pieds manquent [42] [43]. Et une statue d'Homme en marbre blanc, le bas du corps drapé, beau travail de la bonne époque romaine. Il manque la tête, les bras et les pieds [44] [45]. Au moin deux de ces statues sont actuellement exposées au musée de Zarzis [46]

Amulette d’or

Amulette de Zian

Une amulette faite d'une feuille d'or très mince, large d'environ 6 cm sur 5 de hauteur et couverte de caractères dont la plupart n'offrent aucun sens. Quelques-uns sont grecs, mais juxtaposé sans former des mots. Un poignard est dessiné a la parte inferieure. Il s'agit très probablement d'une amulette gnostique analogue à celles que possèdent la bibliothèque nationale et le musée du Louvre. L'amulette est rapportée au cabinet des médailles [47].

Têtes Julio-claudiennes

Deux grandes têtes en marbre [35] aujourd’hui au Cabinet des médailles initialement identifiées par Reinach comme représentant l'empereur Claude voilé en pontife et Lucille, fille de Faustine.

Nero Julius Caesar
  • Nero Julius Cesar : tête trouvée à l'entrée de la chambre médiane qui domine le forum, au nord-ouest [35], haute de 38cm, en marbre blanc a grain fin. Une tête légèrement inclinée vers l’arrière et la gauche, avec une chevelure tombant bas sur le front et organisée autour d’une séparation en forme de fourche. Quelques mèches libres apportent du mouvement. Le visage, jeune et calme, présente une lèvre inférieure boudeuse et un menton affirmé. Les sourcils inclinés vers le nez donnent à l’expression une nuance sombre, évoquant la torvitas romaine(une sévérité ou dureté du regard) [48].
Vipsania Agrippina
  • Agrippine l’ancienne : tête trouvée à l'extrémité sud du forum [35], haute de 30 cm, fortement restaurée, où le visage très poli contraste avec une chevelure plus travaillée. La coiffure est organisée en deux bandeaux encadrant le front, complétée par une tresse à la nuque et des mèches parotides dont subsistent des traces. Le visage, froid et dominé par de grands yeux. La statue devait mesurer environ 210 cm de hauteur [49].
Sculptures de Zian

D'autres sculptures en marbre sont retrouvés sur place dont une main colossale tenant un globe, des bras, une jambe colossale, et six mains de différentes grandeurs [35].

Inscriptions

Les fouilles ont fait découvrir 35 inscriptions dont la plupart sont des fragments [35], parmi les plus lisibles :

Une inscription d'environ 6 mètres dont la moitié des lettres sont visibles a pu occuper la partie centrale de l'architrave sur le petit côté sud-est du forum citant : « [Ti. Claudio] Caesari [Aug. Germ]anico p[ontifici maximo tri]b. pot. cos. II imp. III. [Q. Marc]ius C. f. Bare[a cos. XV vi]r s(acris) f(aciundis) fetiali[s ...] procos. Dedicavit»: À Tibère Claude César Auguste Germanicus, grand pontife, détenteur de la puissance tribunicienne, consul pour la deuxième fois, acclamé imperator pour la troisième fois. Quintus Marcius Barea, fils de Caius, consul pour la quinzième fois, membre du collège des viri sacris faciundis, fétial, …, proconsul, a dédié (ce monument); s’agissant probablement d’une dédicace d’un Q. Marcius C. f. Barean qui parait avoir été consul suffecte en 18 après J.C. et proconsul d'Afrique en l'an 42 [50] [51].

Cippe en calcaire découverte à l'angle nord-est du forum citant : « Q. Plaut[io] Titian[o] mag(istratu) e[t] [c]eteris [ho]n[oribus inte]gre f[u]nctio curia [Fa]ustin[a] ob merit[a] (Quintus Plautius Titianus»: ayant exercé sa magistrature et les autres honneurs avec intégrité. La curie Faustina (lui a dédié ce monument) en raison de ses mérites » [52]

Une inscription découverte à l’angle nord du forum avec au-dessous un entablement sans ornements citant : «[M. Pompeius] Silvanus cos. prōc[os.] [xv]ir [sacris faciundis] de sua pecunia fac[i]endum cu[ravit]» : Marcus Pompeius Silvanus, consul, proconsul, membre du collège des quindecimviri sacris faciundis, a fait réaliser (ce monument) à ses frais [47], M. Pompeus Silvanus, consul en 45, proconsul d’Afrique en 57, il se designe dans cette inscription comme l’auteur d’un des portiques du forum [53].

Cippe en calcaire qui se trouve a Zarzis dans une citerne antique convertie en marabout, pres du Bordj, provenant probablement de Zian, citant : «C. Memmio C. [filio] C. n[epoti] Quir[ina tribu] Afric[ano] [ad]lecto in turmas eq[uestres] [a d]ivo Hadriano . . .» . : À Caius Memmius Africanus, fils de Caius, petit fils de Caius, de la tribu Quirina, adlecté dans les escadrons équestres par le divin Hadrien[54]

Tophet

Un lot de stèles d’époque punique est découvert fortuitement en février 1987. Elles présentent un répertoire iconographique particulièrement riche, comprenant le signe de Tanit, le signe de la bouteille, des motifs végétaux dominés par les palmes et les grenades, ainsi que des représentations du soleil et du croissant [55]. La zone du tophet a livré également livrent en plus des stèles, 24 urnes intactes, des bassins enduits et des fosses contenant des os brûlés, des unguentaria et des bols [56]

Autres fouilles

Une inscription trouvée par le Lieutenant du Breil de Pontbriand dans les débris de fouilles exécutées en 1903 par le capitaine Tribalet, dans un monument isolé paraissant etre un temple situé a 300 m à l'est du forum. L'inscription est interprété : "temple de Dagon" ou "maison du blé" (Dagan en phenicien) [57].

Le lieutenant Bouchard a dégagé un petit temple [58]. Une inscription latine consacrée a Caelestis est retrouvée sur le fut de la colonne d'angle gauche de la facade du temple [59].

Histoire

Les données céramiques indiquent que Zita est fondée à la fin du Ve siècle av. J.-C., dans le contexte de l’expansion carthaginoise vers l’intérieur africain. Le site est progressivement déserté à partir de 200 apr. J.-C. et totalement abandonné vers 450 apr. J.-C. [60]

Epoque néo-punique

Plusieurs inscriptions néo‑puniques soulignent le caractère phénicien du site : l’une mentionne la déesse Tanit sous sa forme latinisée Juno Caelestis, tandis qu’une autre évoque une “maison de Dagon”, témoignant de l’introduction de cette divinité mésopotamienne en Afrique du Nord [12].

Les fouilles montrent également que le tophet de Zitha reste actif entre la fin du Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C. ; les dépôts funéraires cessent vers 100 apr. J.-C., mais le lieu continue d’être fréquenté jusqu’à 200 apr. J.-C., probablement pour des dépôts votifs. Cette disparition progressive des pratiques cultuelles puniques accompagne l’intégration du site dans le cadre romain et la construction du forum, marquant l’abandon rapide des traditions religieuses phénico‑puniques [61].

Epoque romaine

Abandon de Zitha

L’abandon de Zitha correspond à une diminution presque totale de l’occupation humaine entre le IIIᵉ et le Vᵉ siècle apr. J.-C. Les données archéologiques indiquent que le tophet et la zone métallurgique sont désertés dès le début du IIIᵉ siècle, suivis par les fours et les secteurs périphériques du centre urbain vers le milieu du siècle. Une population résiduelle se maintient toutefois dans l’enceinte du forum, qui reste occupée jusqu’à son effondrement au début du Vᵉ siècle. Aucune preuve d’une présence vandale n’a été identifiée à ce jour, bien que la majeure partie du site demeure non fouillée. Les causes de la dépopulation restent incertaines — déplacement, crise démographique ou transformations socio‑économiques — mais les sources littéraires et archéologiques suggèrent que la communauté s’est transférée vers l’ancienne Gergis, l’actuelle Zarzis [62].

Éléments du site

Temple

Plan de Henchir Ziane

Situé à environ 300 m du forum, hors de l’enceinte urbaine, de type oriental et phénicien, rappellant le temple de Saturne de Dougga. Il repose sur une plate‑forme carrée surélevée d’environ 0,75 m sur trois côtés. Le sanctuaire comprend une vaste cour de 6,5 à 7 m de large, au fond de laquelle se trouvent trois pièces inégales. La façade du temple reste mal dégagée, ce qui empêche d’en déterminer précisément la forme. Le parvis devait se terminer par une terrasse dominant le terrain environnant, fermée par une balustrade, à l’image du sanctuaire de Caelestis à Dougga. Une grande citerne longeant tout le flanc nord‑est, alimentée par un remblai servant d’impluvium dirigeant l’eau vers un orifice encore visible [59].

Dans le cadre des travaux d’aménagement de la place du forum et du Capitole, une équipe de l’Institut national du patrimoine met au jour plusieurs éléments majeurs de l’entrée du Capitole ainsi que le dallage calcaire de la place. Les interventions révèlent également divers éléments architecturaux ayant orné le monument, notamment des colonnes et des chapiteaux de styles ionique et corinthien[63].

Forum

Forum de Zian [64]

L'emplacement du forum marqué par une dépression quadrangulaire dont les grands cotés dirigées Nord-ouest/Sud-est, le petit coté vers le nord s'appuie a une éminence qui porte le temple. Le pavage consiste en grandes dalles de pierres shisteuses. Autour du forum sont construits des portiques, avez neuf colonnes sur le petit coté et onze sur le grand. Les chapiteaux en pierre calcaire appartiennent aux ordres corithien et ionique [16]. Cinq grandes statues sont retrouvés sur place [35]. Le forum est daté de la période julio‑claudienne et reste en usage jusqu’à l’époque nervo‑antonine (42 à env. 180 apr. J.-C.) [65].

Souterrain

Dans l'angle sud-est du forum, les fouilles mettent au jour un puits qui donne accès à un souterrain de forme triangulaire dont le sol est à 3,4 m au dessous- du sol, une longueur moyenne de 15 m avec une largeur de 6 m [35].

Tophet

Suite à une découverte fortuite, des stèles ou fragments de stèles en calcaire local sont mis au jour à quelques centaines de mètres de l’ancienne cité romaine. Le nombre de stèles découvertes varie selon les sources — 128 [66], 170 [18] ou jusqu’à 600 [67],[68]. Les découvertes réalisées sur le site, complétées par un sondage archéologique, suggèrent la présence d’un tophet, c’est‑à‑dire un sanctuaire à ciel ouvert où les fidèles déposaient et ensevelissaient leurs offrandes, surmontées d’une stèle votive. Les stèles mises au jour témoignent de l’importance de l’influence punique dans la région de Zarzis [69].

Des fouilles ciblées dans la zone du tophet livrent en plus des stèles - dressées et orientées approximativement vers l’est - 24 urnes intactes dont 12 sont analysées, des bassins enduits et des fosses contenant des os brûlés, des unguentaria (petites bouteilles en céramique ou en verre) et des bols [56]. L’étude des urnes révèle douze individus, majoritairement des nourrissons et de jeunes enfants. La plupart présentent des signes de carences (scorbut, anémie), d’infections respiratoires ou de périostite. Les os portent les traces d’une crémation à haute température pour la quasi‑totalité des sujets, avant leur dépôt en urne ou en fosse, souvent sans ordre anatomique [70]. Bien que les données ostéologiques indiquent des conditions de vie difficiles et des problèmes de santé susceptibles d’avoir contribué aux décès, les pratiques funéraires observées témoignent d’un traitement soigneux des défunts, sans indication concrète de sacrifice [71].

Les datations établies à partir de l’assemblage céramique indiquent que les sépultures examinées sont déposées entre environ 50–30 av. J.-C. et c. 100 apr. J.-C. Des vases céramiques datant d’environ 200 apr. J.-C. témoignent que le tophet continue d’être fréquenté et entretenu après la fin des dépôts rituels [56].

Des fouilles ultérieures devraient permettre de mieux comprendre cette présence, tandis que plusieurs documents relatifs à ces découvertes sont déjà présentés au musée de Zarzis [69].

Fours de production céramique

La mise au jour, à la fin des années 1990, d’un vaste atelier de production céramique situé en contrebas du centre de la cité antique a renouvelé l’intérêt pour le site. Bien que les structures des fours aient disparu sous l’effet des labours, leur présence reste identifiable grâce à des traces cendreuses circulaires, à de fortes concentrations de céramiques et à de nombreux ratés de cuisson [72].

Les prospections ont permis de distinguer deux zones de fours:

  • Zone A (fours 1 à 5): proche de la route moderne, au sud de la cité.
  • Zone B (fours 6 à 9): plus au nord et à l’ouest de la cité. Les fours y sont plus dispersés, la densité de céramique au sol y est plus élevée, et certains éléments de four en argile y sont encore conservés, signe d’une moindre dégradation [73].

Au total, neuf fours sont désormais recensés à Zitha. La production dominante est celle des amphores de type tripolitain, représentant environ 90 % du matériel sur la plupart des fours [73].

Le four 7 constitue toutefois une exception notable: situé près du centre urbain, il livre une proportion très faible d’amphores (environ 20 %). La majorité du mobilier correspond à de la céramique commune et culinaire, indiquant une spécialisation différente. Les analyses pétrographiques confirment que ces productions ont bien été réalisées sur place [73].

Ce cas suggère que, dans un même atelier, certains fours pouvaient être spécialisés par type de production, combinant amphores, céramiques communes et céramiques culinaires selon les besoins [74].

Ateliers métallurgiques

Les fouilles ont mis en évidence une véritable zone métallurgique à Zita, où plusieurs secteurs étaient consacrés au travail du métal. Les niveaux supérieurs, constitués de sédiments cendreux noirs et orangés, correspondent à une aire de rejet située à proximité d’un four. Les analyses montrent que cette activité portait surtout sur la production de fer ou acier [75].

L’un des secteurs fouillés révèle même une reconversion progressive d’un espace auparavant lié à l’huile d’olive vers une activité métallurgique plus intensive. Cette production reposait largement sur l’utilisation du bois d’olivier comme combustible, ce qui a fini par épuiser les ressources locales. L’activité métallurgique connaît une forte croissance avant de décliner vers 200 apr. J.-C., en parallèle de l’abandon du site. L’ensemble des données suggère que la surexploitation du bois d’olivier pour alimenter les fours a fragilisé l’économie [76].

Références

Bibliographie

Voir aussi

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