Histoire du terrorisme palestinien

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L'histoire du terrorisme palestinien débute lorsque les groupes palestiniens locaux attaquent la population juive du Yichouv, en opposition aux aspirations du sionisme[1]. De 1949 à 1956, les fedayin commettent des attentats dans le cadre du conflit israélo-arabe. Depuis 1965, une nouvelle période de terrorisme voit le jour, avec des attentats organisés par des groupes palestiniens, au nom de la « libération de la Palestine » ainsi que pour créer un État palestinien. L'attaque de l'aqueduc national d'Israël le , marque le début du terrorisme palestinien contemporain[1]. Le terrorisme palestinien ne devient notoire dans les médias occidentaux qu'à la fin des années soixante, à l'occasion d'actes de piraterie et de prise d'otages[2],[3]. À partir de 1968, il se traduit par le détournement d'avions civils, des prises d'otages, des attaques contre différentes infrastructures et des attentats. Durant la seconde intifada, il prend la forme d'attentats, dont des attentats-suicides, contre des cibles civiles et militaires. Le Hamas et le Jihad islamique, sont les deux organisations islamistes palestiniennes les plus actives dans le terrorisme aujourd'hui.

Développement de l'hostilité antijuive sous l'Empire ottoman

Durant la période ottomane, des Juifs fuyant les persécutions et les expulsions chrétiennes continuent d'immigrer dans la région de la Palestine, malgré parfois des mauvais traitements par les dirigeants musulmans[4]. La tolérance aux Juifs, avec le statut de dhimmi, variait en fonctions des localités, et en fonction des périodes. Des taxes spéciales leur étaient appliquées, ceux-ci ne pouvaient pas porter d'armes pour l'autodéfense, les synagogues devaient être plus petites que les mosquées et des cas de massacres ainsi que de conversions forcées sont attestés[5]. Comme exemple notable, lors de la révolte paysanne en 1834, un massacre à Hébron et un massacre à Safed sont commis.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les Juifs forment une majorité de la population de la ville de Jérusalem. Face à la croissance de la population, ils construisent des agglomérations en dehors des murs de la vieille ville, non sans hostilité arabe. Dès la création de Méa Shéarim en 1874, les nouveaux habitants juifs sont immédiatement attaqués, un juif est tué et d'autres sont blessés, semant la panique parmi la population juive[6].

De 1880 à 1914, plus de 60 000 Juifs fuyant les persécutions de l'Europe de l'Est, immigrent et s'installent sur des terres en friche, des dunes et des marais qu'ils assèchent et transforment en terrains agricoles. Le mouvement sioniste achète également des terrains à des propriétaires ottomans, arabes, ou européens à des prix de plus en plus exorbitants[4]. Les Ottomans refusent cette immigration ne souhaitant pas un nouveau problème national (comme celui bulgare ou arménien) et l'arrivée de sujets européens (et les implications politiques que cela peut engendrer vis-à-vis de l'Europe)[7]. Notamment, les missions consulaires européennes jouaient un rôle dans l'assistance aux juifs de la région[8]. Gudrun Krämer (en) exclut des motivations antijuives dans cette décision[9]. Les Ottomans avancent officiellement que ces migrants étant pauvres ajoutent à la misère locale et posent un problème à l'ordre public alors que des fanatiques chrétiens s'en prennent déjà à eux à Jérusalem, dont certains sont tués durant Pâques, selon eux. Les ports seront ainsi interdits aux migrants juifs de l'Est et une mesure interdisant l'achat de terres par les Juifs est ensuite passée. Cependant en 1888, face à des pressions diplomatiques, ils permettent l'arrivée de migrants juifs qui ne viennent pas « en masse ». Les Arabes connaissant la politique ottomane de restriction, se joignent à cette attitude : certains dénoncent aux autorités des activités interdites de construction, et le nombre d'incidents de vols, d'intrusions sur les propriétés juives et d'agressions physiques augmentent[10]. En , seuls les immigrants musulmans sont permis dans le moutassarifat de Jérusalem, mais ces mesures sont difficilement appliquées par les Ottomans[7]. Le gouverneur de Tibériade permet par exemple aux Juifs de s'armer face à des attaques arabes[9]. Les villages de Juifs ashkénazes étaient confrontés à des « incidents » avec les villageois arabes avoisinants et à des actes de pillages récurrents[11],[12]. Dès les années 1880, les frictions entre Juifs et Arabes se focalisent sur des problématiques principalement agricoles. Alors que la plupart parviennent à coopérer, des disputes entre villages se terminent parfois violemment. À la suite d'un incident à Petah Tikva, des fellahin ratissent le village, et tuent une femme juive[13]. Haïm Hissin du mouvement Bilou, témoigne de « petites querelles » avec les voisins arabes à Hadera[14].

En 1901, la situation de la minorité juive se normalise : elle bénéficie des mêmes droits que les autres sujets de l'Empire et peut aussi acheter des terres[7].

C'est vers la fin du XIXe siècle que la condition des Juifs se détériore dans le monde musulman, avec l'antisémitisme importé d'Europe et avec l'opposition au nationalisme juif. L'un des faits marquants est l'apprentissage aux enfants arabes musulmans de jeter des pierres sur les Juifs[15]. De plus, la région connaît de nombreux conflits sectaires, et avec l'augmentation de la population juive, elle se retrouve également, une partie dans ces affrontements locaux et tensions sociales[16]. La période voit également, une augmentation des incursions bédouines violentes depuis le désert du Neguev jusqu'à la plaine côtière, en particulier alors que l'Empire est engagé dans la guerre avec la Russie en 1877[17].

Exemple de combattants bédouins, qui font des razzias sur les plaines côtières durant la période ottomane

Au début du XXe siècle, l'agitation antijuive prend de l'importance et des jeunes de Jaffa s'en prennent fréquemment aux Juifs de la ville[18]. Certains représentants arabes incitent leurs populations à commettre des actes de violence contre les Juifs[11]. En 1908, un premier affrontement éclate à Jaffa, que les Juifs décrivent alors comme un pogrom, 13 Juifs sont grièvement blessés. Arthur Ruppin considère quant à lui l'événement comme exceptionnel, alors que la relation avec les Arabes était « pacifique »[19]. Cet événement coïncide avec une augmentation des conflits générés par les nombreux immigrants musulmans de la plaine côtière. Ces derniers vivaient dans la pauvreté et certains mènent des violences ou s'organisent en bandes de brigands[16]. Dans le cas de Tibériade, six Juifs sont tués de 1909 à 1911, sans que les autorités ottomanes ne recherchent les meurtriers, témoignant d'une certaine impunité pour les tueurs arabes [12]. En réaction, l'organisation de défense Hashomer est formée en 1909[20]. Degania est victime de raids bédouins et le , un jeune homme de 18 ans est tué lors d'une attaque haineuse, alors qu'il transportait des médicaments. Lors de l'attaque il parvient à tuer l'un de ses assaillants, et en rétribution ceux-ci assassinent aléatoirement un habitant de Kinneret[21].

À la fin de l'Empire, alors que le pouvoir ottoman s'affaiblit, l'hostilité antijuive connaît une augmentation[19]. Des journaux arabes critiquent l'immigration juive dès 1908 et des groupes antisionistes sont formés en 1914. Des thèses complotistes et des commentaires antisémites sont également publiés dans certains journaux, comme dans le journal chrétien Filastin[4], ainsi que diverses piques antijuives[22]. Les villages juifs sont quant à eux, fréquemment la cible d'attaques et de pillages[4]. Les attaques font partie d'un manque général de l'application de la loi et de l'ordre sur l'ensemble du territoire, néanmoins les Juifs ayant immigré depuis l'Europe sont une cible particulière du fait qu'ils sont parfois perçus comme des étrangers, qui ne partagent pas la langue et la culture arabe[10].

Selon Neville Mandel, c'est en 1911, que la violence se généralise contre l'ensemble des Juifs du Yichouv. Deux Juifs sont tués en 1912 et trois l'année suivante. En 1914, les attaques deviennent fréquentes[12]. Mandel discerne trois causes aux réactions antisionistes chez les Arabes entre 1909 et 1914 : du fait de leur adhésion à l'Empire ottoman, du fait du développement d'un patriotisme local et du fait de l'idéologie panarabe[14].

Période du nationalisme arabe sous le mandat britannique

Territoire revendiqué par les nationalistes arabes en 1919 : refusant la séparation de la Palestine de la Syrie

Avec la victoire britannique sur l'Empire ottoman, plus de dix millions d'Arabes se retrouvent sous les autorités françaises et britanniques. L'Arabie saoudite est formée et signe des accords économiques avec les britanniques et le reste des territoires mandataires gagnent l'indépendance progressivement comme l'Irak en 1932, la Syrie en 1943, le Liban en 1944 ou la Jordanie en 1946. Les accords Sykes-Picot poussent un certain nombre de familles arabes a adopter une perspective pan-islamiste et nationaliste arabe. Certains nationalistes arabes rejettent la nouvelle administration britannique, avec un sentiment « anti-européen et anti-chrétien »[23]. Le territoire de la Palestine est quant à lui prévu par les occidentaux pour accueillir le « foyer national juif » (sans objections d'Hussein ben Ali lors des négociations avec les Britanniques [4]). La Déclaration Balfour de 1917 reconnaît de jure cette décision qui sera reconnue en 1920 par les grandes puissances de l'époque[24]. Les Arabes de Palestine ne sont pas consultés pour différentes raisons : ayant combattu contre les Alliés et n'étant pas une entité reconnue ou souveraine du territoire[23]. Après la guerre, de nouvelles organisations politiques sont créées par la nouvelle génération arabe, défendant le panarabisme (Grande Syrie) et rejetant les projets britanniques[24]. Les traités et arrangements conduisent à la radicalisation du monde arabe, ainsi que de la population arabe de la Palestine[25]. Dès 1920, des manifestations contre la séparation du mandat de la Syrie éclatent et des attaques se produisent contre les Britanniques. Néanmoins les réactions de violences ne se matérialisent pas en révolte, comme ce fut le cas en Irak. La population arabe est bien informée de la situation politique, et des inquiétudes se font savoir quant à la population juive grandissante. L'une des réactions est la formation de sociétés secrètes. Les annales arabes reprennent cette année comme l'« année de la catastrophe » (Am al-Nakba)[24].

Haj Amin al-Husseini, figure religieuse et dirigeant antisioniste encourage l'hostilité contre les Juifs. Il s'oppose également au progrès que les Juifs apportent, comme étant un danger pour la culture arabe[26] et s'oppose à la modernité chez les Juifs, par exemple il déplore « les filles juives qui courent en short démoralisent notre jeunesse par leur simple présence ». Influencé par son maître, Muhammad Rashid Rida, il souhaite tout comme Hassan el-Banna une « renaissance islamique »[27]. Il aurait déclaré déjà en 1918, que « les sionistes seront massacrés jusqu'au dernier homme »[28].

Le 4-, durant les révoltes à Jérusalem, des affiches sont placardées sur les murs de la vieille ville incitant à la violence : « Tuez les Juifs. Il n'y a pas de punition pour le meurtre de Juifs ». Après les massacres, al-Husseini est condamné à dix ans de prison, mais en 1921, le gouverneur britannique Herbert Samuel tente de l'amadouer et le nomme comme mufti de Jérusalem. al-Husseini à la tête du Conseil suprême musulman choisit des professeurs et des prêcheurs islamiques hostiles aux Juifs et il répand en particulier la rumeur selon laquelle les Juifs viseraient à « détruire la mosquée al-Aqsa pour reconstruire le temple »[29]. Avant la révolte de 1929, al-Husseini et d'autres prédicateurs islamiques incitent à nouveau aux violences : « celui qui tue un juif est assuré d'une place au paradis »[29].

En réaction Haïm Weizmann estime que l'hostilité arabe est par essence économique, plutôt que politique. Le Ahdut ha-Avodah, tente de consolider les relations arabo-juives à travers une « solidarité ouvrière » tout comme l'organisation socialiste ha-Po'el haTza'ir qui prône une coexistence[14]. À noter qu'en 1920, l'organisation Muslim National Associations est créée pour contrer l'antisionisme, considérant le peuple juif comme un peuple ami.

En , le « gang de la main verte » est formé et harcèle par des attaques armées les communautés juives de Galilée, jusqu'à son élimination par les forces britanniques en été 1930.

En outre, des migrants musulmans peuplent la région au début du mandat[30],[31], et se voient renforcés par 50 000 migrants supplémentaires depuis les régions avoisinantes durant la période mandataire[4]. Ceux-ci se concentraient dans des villes, comme Haïfa, et étaient des travailleurs salariés, vivant souvent dans des huttes. Dans les années 1930, le nombre trop important de migrants et une récession économique, mènent nombre d'entre eux à vivre dans la misère et provoquent de l'agitation parfois violente[32]. Izz al-Din al-Qassam, alors une importante figure religieuse à Haïfa, exploite la situation en tissant des liens avec ces derniers, et y recrute les combattants de son jihad[32].

Dès les années 1920, le cheikh al-Qassam instillait un sentiment de jihad contre l'autorité française en Syrie, avant de s'enfuir à Haïfa et y prêcher le jihad[28]. Des activités terroristes sont menées à Haïfa et en Galilée sous son commandement[14]. En 1930, il obtient une fatwa du mufti de Damas, contre les Britanniques et les Juifs. Il lance alors sa milice dans des attaques terroristes contre les villages juifs. Des activités terroristes sont menées à Haïfa et en Galilée sous son commandement[14]. En 1930, il obtient une fatwa du mufti de Damas, contre les Britanniques et les Juifs[28].

Haj Amin al-Husseini, principale figure du nationalisme arabe de Palestine, avec des volontaires SS musulmans en décembre 1942

Pour Bernard Lewis, al-Husseini cherche dès le à détruire le Yichouv, mais également à créer une alliance avec l'Allemagne nazie contre les Juifs[29]. Après la mort de al-Qassam, Haj Amin al-Husseini maintient le financement de la milice et par la suite incite également ses fidèles à mener un jihad contre les Juifs[28],[33]. Il forme ainsi sa propre milice jihadiste Jaych al-Jihad al-Mouqaddas. Durant la même période, la traduction en arabe du livre antisémite Les Protocoles des Sages de Sion et la publication de propagande antijuive dans des journaux arabes, renforcent l'hostilité anti-juive[28]. Haj Amin al-Husseini reprendra progressivement les thèses antisémites européennes dans son jihad[34]

En , durant une grève générale, des Arabes attaquent les Juifs à Haïfa, utilisant des armes à feu et de la dynamite à grande échelle. Face aux violences arabes, les autorités britanniques proposent notamment des plans de partage du territoire, tout comme les représentants sionistes, sans que ceux-ci ne soient jugés favorablement par les représentants des parties arabes concernées[4]. À noter que durant les événements de 1933, des Arabes en faveur d'une réconciliation avec les Juifs, sont les cibles d'assassinats, ainsi que des Arabes modérés ou des policiers arabes[4]. Fawzi Darwish al-Husseini et Fahmi Taha, qui entretiennent de bonnes relations avec les Juifs, sont assassinés par des adeptes d'al-Husseini[5].

Durant cette période, des perspectives radicales progressent au sein de la population arabe[14]. La période voit aussi la formation des premières structures politiques arabes, comme le Parti Istiqlal (panarabe) puis le Parti de la défense nationale (pro-britannique) qui sera sujet à une campagne d'assassinats. Pour Yosef Gorny : « Celles-ci étaient nouvelles, non pas dans leur antisionisme ou leur tendance à la violence, mais dans leur forte opposition à la domination britannique et leur vision du terrorisme comme une arme dans la lutte contre les Juifs et les Britanniques »[14].

Dans le Yichouv, Haïm Weizmann, perçoit les violences arabes de 1935-1936 comme étant « un phénomène artificiel suscité par les effendis corrompus, qui exploitaient le peuple à leurs propres fins ». La direction du Yichouv est partagée entre différentes approches sur le problème, et adopte des positions conciliatrices. Par exemple Haïm Arlosorov propose une approche bolchevique, Moshe Beilinson un fédéralisme pour rassurer les inquiétudes arabes tandis que Katzenelson qui perçoit la révolte comme « du fascisme, de l'impérialisme et de l'hitlérisme arabe soutenu par des gouvernements intéressés », opte pour un rapprochement direct entre paysans juifs et paysans arabes[14].

En , al-Husseini publie une fatwa, décrivant la Palestine mandataire comme « terre islamique », interdisant la vente de terres à des Juifs et condamnant les « comportements immoraux », engageant un processus d'islamisation de la société arabe.

Au sein de la confrérie des frères musulmans, est créée l'« organisation secrète », dirigée par Salah Achmaoui. Sous la couverture du scoutisme pour dissimuler aux autorités britanniques ses fonctions, elle devient rapidement une structure armée, qui participera à la Grande révolte arabe de 1936 sous Hajj Amin al-Husseini, puis à l'invasion des armées arabes de 1948. Les Frères musulmans acquièrent ainsi de l'expérience paramilitaire durant ces conflits[35]. Les militants d'Husseini étaient galvanisés au jihad et citaient Ibn Tamiya et Ibn Wahhab, tout en se référant au combat contre les croisés[35]. Durant la Grande révolte arabe, les Frères musulmans lancent une campagne de propagande en faveur des rebelles et « vantant le nazisme »[29],[36]. La propagande djihadiste accuse les Juifs d'être derrière tous les maux sociaux. Matthias Küntzel note qu'au début de la Grande révolte arabe, en 1936 : « les tracts et les signes arabes sur les murs étaient marqués du symbole nazi, bien en évidence »[29]. En 1937, il dirige un groupe de jeunesse (Le jihad sacré), inspiré de la jeunesse hitlérienne[37]. La révolte marque également la tentative d'al-Husseini d'en faire un conflit pan-islamique, demandant l'aide du monde musulman pour défendre les lieux saints islamiques et collectant des soutiens financiers[38].

En 1937, les autorités britanniques reconnaissent le Haut comité arabe et d'autres comités comme les responsables d'« une campagne organisée de terrorisme ». Le , al-Husseini s'enfuit du mandat et une vague de terreur s'ensuit. En 1941, il commande le jihad également contre les Britanniques[28], et ordonne que le combat soit mené jusqu'au dernier sioniste[39]. En 1941, Husseini qui avait ordonné la guerre au nom de l'islam jusqu'au dernier juif, est expulsé du mandat[35]. al-Husseini part en Irak et participe au coup d'État qui s'accompagne d'un massacre de Juifs[29]. Il obtient l'asile en Allemagne nazie auprès d'Hitler, qui le surnomme le « Grossmufti », et entretient des contacts avec les responsables de la « solution finale », dont Eichmann, Ribbentrop et en particulier Himmler. Selon Simon Wiesenthal, il aurait également été en contact avec le commandant d'Auschwitz Rudolf Hoess, de Mauthausen Franz Ziereis, Theresienstadt Siegfried Seidl et Belsen Josef Kramer[29]. Selon divers historiens, c'est durant cette période qu'il pense un plan d'extermination des Juifs, en particulier ceux de Palestine[40],[41]. Selon l'analyse de David Motadel, dans l'ensemble, l'influence du Mufti sur les dirigeants du régime nazi semble avoir été « limitée »[42].

Le , Haj Amin al-Husseini incite à la violence à la radio : « Massacrez les Juifs ! Leur sang versé plaît à Allah ! »[29]. Il s'implique dans la Shoah des Balkans en recrutant avec Himmler des musulmans en Bosnie pour former l'unité SS 13 Handschar et d'Albanie dans la division SS Skanderberg, qui avec l'Arabisches Freiheitskorps, est active en Macédoine. Se rangeant du côté de l'Axe, il soutient les troupes nazies en Afrique du Nord (qui sont accompagnées de einsatzgruppen) et participe également au génocide des Juifs de Croatie et de Hongrie (notamment en recrutent des volontaires SS[43])[28]. Husseini déclare : « Les Allemands savent se débarrasser des Juifs… Ils ont définitivement résolu le problème juif »[29]. Dans ses mémoires il affirmera avoir reçu l'approbation d'Hitler dans l'extermination des Juifs de Palestine et du monde arabe dans ce qu'il décrit comme « d'une manière conforme à nos aspirations nationales et raciales et selon les méthodes scientifiques innovées par l'Allemagne dans le traitement de ses Juifs »[29].

Dans un discours du , al-Husseini réitère ses thèses antisémites[44]. al-Husseini tente de mobiliser les musulmans en formulant une théorie du complot se réfèrant à des « documents sionistes secrets » qu'il ne cite pas, et selon laquelle le mouvement sioniste serait une menace pour les lieux saints du Hajj : « Ils avaient prouvé que le Royaume d'Israël engloberait l'espace entre la Méditerranée et le golfe Persique. En plus de la Palestine [un tel royaume comprendrait] le Liban, la Syrie, la Transjordanie, l'Irak, une partie du Royaume d'Arabie saoudite et une partie du Royaume égyptien. Les Juifs mettent les lieux saints du Hajj en grand danger et volent aux Arabes et à l'Islam les fruits de leur terre, qu'ils ont défendue pendant treize siècles avec le sang de leurs martyrs. »[44]. Husseini justifie ses thèses antisémites en affirmant que les Juifs « tourmentent le monde depuis des siècles et sont l'ennemi des Arabes et de l'Islam ». al-Husseini continue dans sa diabolisation : « Ils vivaient comme une éponge parmi les peuples, suçaient leur sang, s'emparaient de leurs biens, portaient atteinte à leur moralité tout en revendiquant les droits des habitants locaux »[44]. Il ajoute plusieurs stéréotypes sur les Juifs (« malveillant, mensonger et perfide», etc.) et justifie son rejet des plans de partitions de la Palestine qui mènent à la création d'un État juif, décrit comme « un grand danger pour toute l'humanité ». Pour al-Husseini : « C'est un coup de poignard sanglant au cœur de la patrie arabe ! L'établissement d'un Commonwealth juif en Palestine soumettrait les pays arabes et tous les pays du Moyen-Orient au danger de l'exploitation économique juive et à la conspiration juive mondiale »[44].

Ce dernier prêche de nombreuses fois au massacre des Juifs, dont à ses unités SS musulmanes dans une déclaration du  : « Tuez les Juifs tuez où que vous les trouviez… Cela plaît à Allah ». En , la Yougoslavie le place sur sa liste des criminels de guerre recherchés[29]. Husseini est par la suite nommé comme dirigeant des Frères musulmans en Palestine et s'exile[45].

Histoire

Notes et références

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