Homogenic

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Enregistré août 1996 - août 1997, Studio El Cortijo (montagnes de Ronda, province de Malaga, Espagne)
Durée 43:35
Homogenic
Description de l'image Björk - Homogenic Logo.png.
Album de Björk
Sortie

1997
18 septembre[1]
Drapeau du Royaume-Uni

22 septembre[2],[Note 1],[3]
23 septembre

26 septembre[4]
Enregistré août 1996 - août 1997, Studio El Cortijo (montagnes de Ronda, province de Malaga, Espagne)
Durée 43:35
Genre Electronica, trip hop, art pop, ethereal wave
Producteur Björk
Mark Bell
Guy Sigsworth
Howie B
Label One Little Indian
Critique

Albums de Björk

Homogenic est le quatrième album studio de la chanteuse islandaise Björk, sorti en 1997.

Homogenic a été co-produit par Mark Bell, fondateur du groupe de musique électronique LFO.

NoTitreAuteurProductionDurée
1.HunterBjörkBjörk, Mark Bell04:15
2.JógaBjörk, SjónBjörk, Mark Bell05:05
3.UnravelBjörk, Guy SigworthBjörk, Guy Sigworth03:21
4.BacheloretteBjörk, SjónBjörk05:12
5.All Neon LikeBjörkBjörk, Mark Bell05:53
6.5 YearsBjörkBjörk, Mark Bell04:29
7.ImmatureBjörkMark Bell03:06
8.Alarm CallBjörkBjörk, Mark Bell04:19
9.PlutoBjörk, Mark BellBjörk, Mark Bell03:19
10.All Is Full of LoveBjörkHowie Bernstein04:33
43:35

Instruments et musiciens

  • Claviers : Björk, Mark Bell, Guy Sigsworth
  • Programmation Machines : Mark Bell, Markus Dravs, Richard Brown, Marius De Vries, Howie B.
  • Programmation des rythmes : Mark Bell, Markus Dravs
  • Batterie électronique : Trevor Morais
  • Clavecin, Orgue : Guy Sigsworth
  • Accordéon : 小林靖宏 (Kobayashi Yasuhiro), dit こば (Coba)
  • Glassharmonica : Alasdair Malloy
  • Cordes (1, 2, 6 et 9) : Icelandic String Octet (Octuor à cordes islandais), dirigé par Eumir Deodato
    • Violon : Sigrún Eðvaldsdóttir, Sigurbjörn Bernharðsson, Sif Tulinius, Una Sveinbjarnardóttir
    • Alto : Guðrún Hrund Harðardóttir, Móeiður Anna Sigurðardóttir
    • Violoncelle : Sigurður Bjarki Gunnarsson, Jón Ragnar Örnólfsson
  • Orchestre de chambre (4) : (Contracteur Musical: Isobel Griffiths)
    • Violon : Gavyn Wright, Wilf Gibson, Peter Oxer, Roger Garland, Jim McLeod, Ben Cruft, Perry Montague-Mason, Vaughan Armon, Maciej Rakowski, Mark Berrow
    • Alto : George Robertson, Peter Lale, Roger Chase, Bill Hawkes
    • Violoncelle : Martin Loveday, Helen Liebmann, Paul Kegg, John Tunnell
    • Contrebasse : Chris Laurence, Mike Brittain, Paul Gardham, Paul Pritchard
    • Cor d'harmonie : Jeff Bryant, Mike Thompson
    • Timbales : Steve Henderson
    • Caisse claire (Tambour Militaire) : Frank Ricotti
    • Harpe : Helen Tunstall

Contributions

Transcription, orchestration et arrangements

Transcription et orchestration :

Arrangements :

Ingénieur du son

  • Markus Dravs
  • Steve Price (4)

Mixage

  • Mark <Spike> Stent (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15)
  • Howie Bernstein (2, 10, 11)

Pochette

  • Photo : Nick Knight
  • Graphisme : Me Company
  • Stylisme : Alexander McQueen, Katy England

« La chanteuse, photographiée par Nick Knight dans un kimono griffé Alexander McQueen, arbore un maquillage de geisha mutante, un collier de femme-girafe du nord de la Thaïlande et une coiffure inspirée de la tradition coréenne[6] ».

Formats de support, packaging et parutions annexes

L'ensemble des formats et dates de parution ci-dessous concernent la Grande-Bretagne[7].

No  Format Date de parution
1 CD, boîtier plastique traditionnel (Jewel Case)
2 Digipack (CD sur support plastique fixé sur packaging carton[8], 2 volets)
3 Cassette audio
4 Disque vinyle, 30 cm
5 MiniDisc
6 Disque vinyle, 30 cm, 180 g
7 Live in Cambridge (DVD, vidéo enregistrée le )
8 Coffret Live (4 CD Live, Debut, Post, Homogenic, Vespertine, + 1 DVD, pochettes carton dans boîte carton)
9 CD Live (CD “Homogenic” du no 8 dans boîtier “Jewel Case”)
10 Coffret Surrounded (Coffret de 7 DualDisc : 7 albums + vidéo-clips correspondants)
11 DualDisc (Homogenic + vidéo-clips correspondants, du no 10)

Singles

Cinq singles ont été extraits de l'album[Note 2],[Note 3],[9].

No  Titre Date de parution Éditions commerciales
1 Jóga Drapeau du Royaume-Uni
2 Bachelorette ( ) Drapeau du Royaume-Uni
3 Hunter ( ) Drapeau du Royaume-Uni
4 Alarm Call Drapeau du Royaume-Uni
5 All Is Full of Love Drapeau du Royaume-Uni

L'enregistrement

Le projet

Les premiers enregistrements pour l'album Homogenic sont réalisés pendant la tournée de Post, dès la fin de l'année 1995. Entraînée, avec Debut et Post, dans une série de collaborations au hasard de rencontres cosmopolites, Björk désire alors affirmer son identité islandaise, s'impliquer davantage dans l'ensemble du processus de création de ses disques et revenir sur la formation classique qu'elle a reçue dans son enfance. Consciente qu'il n'existe pas de tradition musicale islandaise en tant que telle, elle cherche à concevoir ce qui pourrait être les caractéristiques principales de son identité. Elle perçoit son pays natal en termes d'oppositions : conformiste / moderniste, hospitalier / hostile, pragmatique / spiritualiste, et décide de traduire musicalement ces multiples dualités par une discordance fondamentale entre une rythmique "sale" et distordue et des arrangements de cordes épiques et mélodramatiques.

Le travail sur la collection des sons et des rythmes, qui doivent évoquer les éruptions des volcans et des geysers islandais, est confié à l'ingénieur du son Markus Dravs qui s'installe dans la demeure de la chanteuse dans le quartier de Maida Vale, à Londres, dans le petit studio qu'il a aménagé, pendant que celle-ci assure sa tournée. Markus Dravs crée une centaine de sections rythmiques à partir desquelles Björk compose les mélodies pour une première série de chansons, comme Jóga, Bachelorette ou 5 Years[10]. Les sessions d'enregistrement se poursuivent ainsi par intermittence, entre les concerts de la tournée de Post, jusqu'à « l'affaire Ricardo Lopez », du nom d'un fan déséquilibré de la chanteuse qui se donne la mort le . Journalistes et paparazzi assiègent littéralement, à partir de là, le domicile de Björk.

L'installation en Espagne

Déjà fragilisée par une année difficile au niveau personnel et éprouvante professionnellement, la chanteuse envisage alors de quitter l'Angleterre afin de poursuivre l'élaboration de son album plus sereinement. L'enregistrement d'un morceau qu'elle compose en réaction à ces évènements, So Broken, lui en donne la possibilité. Elle désire en effet s'accompagner pour l'occasion d'un guitariste flamenco dans un style qu'elle veut d'abord parodique, afin de mieux traduire ce qu'elle considère comme l'absurdité de sa situation depuis quelques années déjà. Le batteur qui l'accompagne pour la tournée de Post, Trevor Morais, lui recommande le guitariste Raimundo Amador qui réside à Malaga, et lui propose de passer une semaine ou deux dans la résidence secondaire qu'il possède non loin de là, près de Ronda, et dans laquelle il a fait installer un petit studio d'enregistrement, El Cortijo. Elle s'y rend en .

"Je suis arrivée un vendredi. Je suis entrée dans la maison, j'ai observé la vue qu'on avait depuis là et je me suis dit : je reste[11]". Séduite par le site sur lequel est construite la villa, isolée parmi les massifs montagneux de Ronda, Björk décide en effet d'y enregistrer la totalité de son album. Avant cela, elle retourne en Islande pour les fêtes de fin d'année. Son père lui a loué une maison près du site de Geysir où elle prend du recul et réfléchit aux quatre années qu'elle vient de traverser et à leurs conséquences[12]. Elle finalise Jóga et compose quelques morceaux dans un état d'esprit de flottement et de doute quant à son avenir professionnel et personnel. Par ailleurs, entre et , la promotion pour la sortie de Telegram la fait passer par New York, Chicago, Toronto et Londres où elle annonce dès , lors d'une conférence de presse à Soho, qu'elle a pris la décision de quitter l'Angleterre définitivement[13],[14]. Puis elle retourne à Malaga en Espagne et fait rapidement venir Markus Dravs, Guy Sigsworth, Howie B., qui l'a déjà accompagnée sur Post, et Mark Bell, avec qui elle souhaitait collaborer depuis qu'elle avait fait sa connaissance, en 1991. Ce dernier, initialement venu pour quelques jours, participera à la production d'Homogenic et sera présent tout au long de l'enregistrement, jusqu'au mixage, confié à Mark Stent.

Durant quatre mois, de février à , les sessions d'enregistrement se déroulent dans une ambiance familiale. Björk trouve l'inspiration en parcourant chaque jour les sentiers montagneux environnants. Selon l'interview qu'elle accorde au magazine New Yorkais Smug en février, une quinzaine de démos ont alors déjà été gravés, avec l'aide de Mark Bell et Markus Dravs[15]. Certains sont invités à partager le quotidien de l'équipe durant quelques jours, comme l'accordéoniste japonais présent dans la tournée de Post, Coba, qui exécute quelques passages d'accordéon qui ne seront toutefois pas incorporés tels quels dans l'album mais samplés, découpés et retravaillés par Mark Bell, par exemple pour Hunter[16]. Les arrangements et transcriptions pour cordes sont réalisés avec l'aide du brésilien Eumir Deodato qui rejoint l'équipe vers la fin de la période[17], de même que les musiciens de l'Icelandic String Octet qui sont appelés aux quatre coins du monde (New York, Berlin, Australie) où ils officient au sein de différents orchestres. Après plusieurs essais pour déterminer les meilleures options de production, de nombreux morceaux sont ensuite enregistrés live, en une seule prise[16]. En juin l'album est mixé par Mark Stent, en présence de Björk et Mark Bell. Mark Stent n'ajoute aucun effet à l'ensemble, ceux-ci étant déjà présents avant le mixage, et œuvre principalement afin d'obtenir les bons niveaux.

La version définitive

Prévue initialement au mois d'août, la sortie de l'album doit être retardée d'un mois pour permettre à Björk de fixer son choix définitif des chansons et des versions qui y seront présentes. Après hésitation, elle écarte par exemple So Broken, qu'elle ne parvient pas à faire coller avec le reste de l'album, et choisit la version d'Howie B. du morceau clôturant le disque, All Is Full of Love. Le titre de l'album est également sujet à tergiversations. Consciente de son identité islandaise mais rétive à toute tentation identitaire, la chanteuse opte généralement pour des titres comprenant un seul terme, à consonance plus internationale ou latine qu'anglo-saxonne, alors qu'elle utilise l'anglais dans ses textes pour se faire comprendre[Note 4]. Pour son quatrième album, le mot "Homogenic", pour traduire l'idée de cohérence qu'elle se fait de l'album, lui vient très tôt à l'esprit, ignorant que le terme exact auquel elle veut faire référence est « homogeneous ». On lui fait remarquer son erreur mais, après une période d'atermoiement, elle opte néanmoins finalement pour « homogenic ».

Description

Il s'agit, selon de nombreux critiques musicaux et beaucoup de ses fans, du plus beau et du plus abouti des albums de Björk. Dans le hit (fait par les fans) de préférence des albums de Björk, il arrive en première place.

Homogenic porte bien son nom car les chansons se complètent parfaitement. On pourrait presque dire que cet album est « compact ». Les chansons sont basées sur les mêmes sons électroniques, et sont pourtant toutes différentes à leur manière. Cet album est doté d'une ambiance assez « lourde », qui donne l'impression d'évoluer dans un petit monde clos de résonances. Les sons électroniques prédominent, ainsi que les cordes (violons et violoncelles).

Les textes

En , le magazine musical britannique Vox publie les commentaires de Björk sur chaque titre de l'album[18]. En voici ci-dessous une traduction :

Hunter : « Beaucoup de mes amies sont taraudées par la question de savoir si elles doivent se poser ou continuer de vivre en adolescentes. Le morceau, c’est moi en train de spéculer quand est-ce que cela arrive. »

Jóga : « Jóga est ma meilleure amie. Si on peut parler de mariage spirituel, cela s’applique à nous. »

Unravel : « Quand vous vivez avec une personne, chacun se retrouve assujetti à l’autre. Puis, tout à coup, vous voyagez et vous êtes seul(e). Quand vous retrouvez la personne, vous êtes devenu autonome. »

Bachelorette : « Bachelorette est cette femme qui est devenue adulte et retourne à la ville pour se confronter aux autres grâce à l’amour. »

All Neon Like : « Le morceau était d’abord intitulé « Techno Prayer ». Une prière moderne. Vous fermez les yeux et imaginez une sorte de faisceau laser Internet tout le long du chemin qui vous sépare de la personne que vous aimez. Et puis vous lui souhaitez tout le bien possible. »

5 Years : « Je pense que comme je suis plutôt hardcore, les gens commencent à m’éviter quand ce sont des lâches émotionnellement. Donc, souvent, ça devient mon rôle de prêcher. »

Immature : « Je n’arrive jamais à décider qu’est-ce qui est le plus courageux ; être seule ou avec quelqu’un. »

Alarm Call : « L’année dernière j’écoutais Michael Jackson, avant qu’il fasse Off the Wall. Il y a tant de joie dans sa voix. Le morceau s’intitulait d’abord « Jacko », en total respect. »

Pluto : « Mark Bell peut faire avec une machine ce qu’Hendrix faisait avec une guitare. »

All Is Full Of Love : « J’avais voyagé pendant quatre ans comme une malade. J’étais comme Bruce Willis dans Die Hard. Puis je me suis arrêtée en Espagne. C’est comme un jour ensoleillé après que les nuages ont déversé toute leur flotte. »

La tournée

Premières présentations

Durant le mois de , Björk fait partie de l'affiche du 2e Tibetan Freedom Concert. Accompagnée de Mark Bell et d'un ensemble de cordes[16], elle y interprète les morceaux All Neon Like, Jóga, Hunter et Pluto devant le public du Downing Stadium de New York[14]. Au mois de juillet elle accorde une conférence de presse dans la brasserie londonienne "Truman's Brewery", à environ 300 invités de la presse musicale internationale afin de présenter son nouvel album en avant-première; présentation durant laquelle elle joue avec Mark Bell et un quatuor à cordes l'intégralité du disque, ainsi que la chanson Isobel. Suivent trois jours d'interviews exclusives données à l'hôtel Metropolitan de Londres[19],[20]. La chanteuse se rend ensuite en Islande où elle retrouve le réalisateur Michel Gondry avec qui elle tourne le clip accompagnant le morceau Jóga, premier single extrait de l'album à venir. Désormais plus soucieuse que par le passé de pouvoir organiser et limiter ses rapports avec la presse, elle n'accorde durant ce mois d'août qu'une seule interview, aux Inrockuptibles.

Une mini-tournée promotionnelle

La sortie de l'album étant retardée pour les raisons évoquées plus haut et également afin de permettre à Björk de réenregistrer certaines parties vocales, One Little Indian décide néanmoins de faire paraître le single Jóga comme prévu initialement, début septembre, et de demander à la chanteuse de se produire, dans le même temps, sur une petite tournée de sept représentations uniquement, pour en assurer la promotion: l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Belgique, l'Espagne et l'Angleterre accueillent la chanteuse accompagnée uniquement de Mark Bell. À chaque fois, durant une petite demi-heure, quelques titres de l'album sont interprétés à l'issue desquels un petit nombre d'interviews sont accordées. Le , par exemple, elle se produit dans la salle The Movie Disco de Barcelone, puis donne deux entrevues pour les magazines Ajoblanco et Rock de Lux[14].

Une tournée interrompue

Le , Björk entame la tournée d'Homogenic proprement dite par un concert aux Halles de Shaerbeek de Bruxelles. Durant à peu près une heure elle se produit sur une scène dont l'atmosphère obscure, le décor et les jeux de lumière évoquent tour à tour l'intérieur du corps humain, le fond des océans, l'espace ou "ce qui se rattache à l'avenir et peut-être à la science[21]". La salle, dont la capacité maximale d'environ 2 000 personnes est atteinte, accueille un public conquis de jeunes trentenaires, pour la majorité d'entre eux. La tournée se poursuit dans des conditions similaires, passant par des salles accueillant entre 1 500 et 3 000 personnes, à Amsterdam (le 3), Rotterdam (le 5, pour la cérémonie des "MTV European Music Awards"), Florence (le 7), Lausanne (le 9), Paris, Oxford (le 11), Londres (les 12 et 13), Édimbourg (le 15), Dublin (le 17), Francfort (le 19), Copenhague (le 20) et Stockholm (le 22). À Paris, la Mutualité reçoit la chanteuse, le , pour un concert dont la totalité des billets est écoulée en deux heures seulement après la mise en vente[22]. Sur scène Björk est accompagnée par un octuor à cordes islandais: l'Icelandic String Octet[Note 5], et par Mark Bell et Richard Brown aux machines, ce dernier ayant participé aux programmations lors de l'enregistrement d'Homogenic et n'étant présent qu'aux premières dates de la tournée. Mais c'est en tout une équipe permanente de 25 personnes qui escorte la chanteuse sur l'ensemble de cette tournée, prévue pour durer les 4 semaines de novembre en Europe et une dizaine de jours de décembre aux États-Unis. Aux musiciens, techniciens et autres personnes qui accompagnent habituellement la chanteuse, s'ajoutent cette fois un "coach", chargé de prendre soin de sa voix, et un professeur de gymnastique pour veiller en particulier à la bonne santé de son dos. Des problèmes récurrents de voix sur la précédente tournée de Post lui font en effet redouter de devoir de nouveau annuler des représentations.

C'est toutefois une affection d'un autre genre qui vient interrompre prématurément cette tournée. Alors que l'ensemble des contrats prévus en Europe ont été honorés et qu'elle prend deux semaines de repos à Reykjavik avant de redémarrer sa tournée aux États-Unis le , la chanteuse est subitement atteinte d'une forte fièvre. Une infection rénale est diagnostiquée et Björk est admise à l'hôpital le jeudi pour une intervention bénigne, puis gardée en observation jusqu'au lundi. Les concerts prévus en décembre à Los Angeles (les 5 et 8), San Francisco (le 7), Seattle, Chicago (le 11), Boston et New York (le 14 et le 16, pour une émission télévisée), sont alors annulés et la suite de la tournée reportée jusqu'au printemps 1998[23].

C'est en effet le que Björk reprend sa tournée là où elle l'avait laissée : le concert de Los Angeles marque le début d'une série d'une dizaine de représentations en Amérique du Nord. Puis l'Europe est à nouveau traversée, en commençant par la France où le Zénith de Paris accueille la chanteuse les 6 et pour deux concerts « sold-out et surchauffés », « la quasi-totalité de son dernier album [y étant] interprétée dans un somptueux décor évoquant les fonds marins[24] ». À la fin du mois d'août, la tournée passe en Amérique du Sud, en particulier en Argentine où la chanteuse ne s'était pas encore produite en solo, un concert prévu en 1996 ayant du être annulé pour des problèmes de voix. Après une pause de près de trois mois, une série de cinq concerts en Angleterre clôture une tournée généralement saluée par la critique, bien plus modeste toutefois que la précédente en termes de pays visités et du nombre de représentations données.

Vers une nouvelle expérience

C'est au début de cette tournée que Björk décide de se lancer dans une aventure qui entraînera l'apparition de l'album suivant, Selmasongs, et marquera un tournant important dans sa carrière. Selon l'interview qu'elle accorde au magazine Studio, elle explique : « Les gens du bureau [de Lars von Trier] n'arrêtaient pas de me relancer, jusqu'au jour où, alors que j'étais en tournée, je ne sais plus où, peut-être bien en Italie, ils m'ont fait passer la vidéo de Breaking the Waves. J'ai eu alors un tel choc[25]... ». Elle accepte alors de rencontrer le réalisateur, puis de composer la musique du film. Pour le magazine Premiere, elle déclare par ailleurs : « Après un an de travail, il [Lars von Trier] finit par me dire que si je ne jouais pas Selma, il ne ferait pas le film[26]! ». Après hésitation, elle se résout à accepter la proposition. Lorsqu'elle est interviewée par Job de Wit, pour le magazine néerlandais OOR (en)[27], à la fin de 1998, elle a déjà pris sa décision d'interpréter le rôle principal du film Dancer in the Dark. Selon toute vraisemblance, c'est donc à la suite de son passage à Florence, en début , que la décision de rencontrer Lars von Trier a été prise.

Clips

Répliques des robots du clip de All Is Full of Love exposées au MoMA de New York en 2015.

Les 5 singles issus de cet album ont été accompagnés d'un clip vidéo:

Accueil critique et public

Notes et références

Annexes

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