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Hélène Grimaud

pianiste française, également écrivaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Hélène Grimaud, née le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est une pianiste française, également écrivaine et passionnée d'éthologie[1].

Faits en bref Naissance, Nationalité ...
Hélène Grimaud
Helene Grimaud en 2007.
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En 2004, elle reçoit une « Victoire d'honneur » aux Victoires de la musique classique, et l'année suivante, le prix ECHO Klassik de l'instrumentiste de l'année. Elle est aussi connue pour avoir créé le Wolf Conservation Center dans l'État de New York.

Biographie

Enfance et formation

Hélène Grimaud naît le à Aix-en-Provence. Selon ses déclarations, du côté maternel, elle serait issue de Juifs berbères établis en Corse et, du côté paternel, serait descendante de Juifs algériens[2],[3]. D'autres sources[4] affirment que les ancêtres paternels d'Hélène Grimaud étaient originaires de Trets, en Provence[note 1].

Hélène Grimaud découvre la musique et le piano à l'âge de sept ans, avec les heures d'initiation à la musique de Marie-Françoise Tarrit. Celle-ci convainc ses parents de la confier à Jacqueline Courtin, qui la prépare au conservatoire d'Aix-en-Provence. À onze ans, elle est présentée à Pierre Barbizet, qui la prend comme élève et avec lequel elle poursuit ses études musicales au conservatoire de Marseille. Pierre Barbizet restera sa référence, son « maître ».

À treize ans, elle est reçue première à l'unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et entre dans la classe de Jacques Rouvier. Elle a pour condisciples, de deux ou trois ans plus âgés qu'elle : Marie-Josèphe Jude, Claire Désert, Éric Le Sage… À quatorze ans, elle donne son premier concert à Aix-en-Provence, avec l'orchestre du conservatoire, pour jouer le Deuxième concerto de Chopin[5].

À quinze ans, Hélène Grimaud obtient le premier prix de piano. La même année, elle enregistre la Sonate no 2 et les Études-tableaux de Rachmaninov, qui lui valent le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros. Elle poursuit durant deux années des études de troisième cycle, durant lesquelles elle bénéficie des masterclasses de György Sándor et Leon Fleisher.

En 1986, elle se présente au Concours international Tchaïkovski et termine en demi-finale[6].

En 1987, Hélène Grimaud joue ses premiers concerts en dehors du conservatoire[5]. Elle participe au Midem de Cannes, au festival de piano de La Roque-d'Anthéron près de Marseille, où elle est remarquée par Jorge Bolet. Celui-ci confiera au journaliste Alain Lompech, qui en rend compte dans Le Monde : « Hélène Grimaud ? Je n'ai pas rencontré un talent aussi extraordinaire depuis longtemps ». Suivent ses rencontres avec Jacques Thelen, qui devient son agent, René Martin, directeur du Festival de La Roque-d'Anthéron, et Pierre Vozlinsky, directeur artistique de l'Orchestre de Paris, puis son audition par Daniel Barenboim, chef de l'Orchestre de Paris, qui l'invite à donner des concerts avec son orchestre[5].

Carrière

Années 1980

Hélène Grimaud donne son premier récital en soliste à Tokyo, puis à Paris.

En 1987, elle joue pour la première fois avec l'Orchestre de Paris, sous la direction de Daniel Barenboïm dans le Concerto no 1 de Liszt[7].

Années 1990

En 1990, elle joue à Cleveland. Après quoi, elle entreprend une longue tournée aux États-Unis[6], de Washington à la Floride, où elle s'installe, en passant par Los Angeles, San Francisco, Seattle, Baltimore, New York où elle donne un premier récital au Metropolitan.

En , elle se produit à Berlin[8].

En 1999, elle crée un zoo scientifique, le Wolf Conservation Center à South Salem (en) (État de New York)[9].

Années 2000

En répétition au festival de La Roque-d'Anthéron, 2004.

Le , Grimaud est attendue au Royal Albert Hall de Londres pour jouer le Concerto no 4 de Beethoven avec l'Orchestre de Paris qui serait dirigé par Christoph Eschenbach. Ce concert, filmé par Rodney Greenberg, se métamorphose juste après l'annonce des attentats du 11 septembre 2001 en concert de commémoration, en hommage aux victimes des attaques[10].

En 2003, elle interprète à Londres le Lamentate d'Arvo Pärt[réf. souhaitée] et sort un album intitulé Credo[11]. La même année, Le Monde écrit qu'elle « consacre une bonne partie de son temps à élever des loups » à South Salem, où elle habite[12].

En 2004, elle reçoit une Victoire d'honneur lors des Victoires de la musique classique. L'année suivante, elle est lauréate du prestigieux ECHO Preis comme Soliste instrumental de l'année.[réf. souhaitée]

En 2005, elle sort un album consacré principalement à Chopin[13],[14].

En 2006, elle joue le Concerto no 4 de Beethoven avec l'Orchestre de la Suisse romande au Victoria Hall de Genève (Suisse romande)[15].

En 2008, elle sort un album consacré à Bach[16].

En , elle redonne en concert le Concerto no 4 de Beethoven à la salle Pleyel (Paris)[17]. En , elle joue le Concerto pour piano de Robert Schumann[18].

Années 2010

En 2010, elle subit « une grave opération »[9].

En , elle joue le Concerto en sol de Ravel avec l'Orchestre symphonique de Vienne[19] et en , elle revient à la salle Pleyel cette fois pour jouer le Concerto de Schumann[9].

En 2015, elle donne un récital, notamment à l'Auditorium de Bordeaux (en janvier)[20] puis à l'Institut Le Rosey (en mai)[21], où elle joue, entre autres, la Sonate no 2 en fa dièse mineur op. 2 de Brahms.

En 2019, Grimaud retourne à l'Opéra de Nice, où elle rejoue le Concerto en sol avec l'Orchestre philharmonique de Nice dirigé par Lionel Bringuier[22].

Années 2020

En 2023, elle sort un album autour de la figure aimée de Clara Schumann, que célébrèrent conjointement les compositions de Brahms, son « amant de cœur », et de Robert Schumann, son époux[23].

En 2024, aux Rencontres musicales d'Évian, avec la Camerata de Salzbourg, elle rejoue notamment le Concerto de Schumann[24].

Engagement pour la sauvegarde des loups

En 1991, à peine âgée de vingt-et-un ans, lorsqu'elle s'établit à Tallahassee en Floride, elle fait la rencontre d'un vétéran du Vietnam solitaire qui élève une louve dont elle hérite à la mort du vieil homme. Elle se passionne alors pour ces animaux, étudie leurs mœurs et leurs comportements et décide de créer une fondation et un parc consacrés à leur étude et à leur réhabilitation[6]. Elle décroche un diplôme d'éthologie, indispensable pour ouvrir un tel centre.

Au printemps 1997, elle cofonde avec le photographe J. Henry Fair le Wolf Conservation Center à South Salem (en), dans l'État de New York : une organisation privée, à but non lucratif, visant à étudier et promouvoir la sauvegarde du loup. Hélène Grimaud devient ainsi correspondante de plusieurs organisations scientifiques et œuvre pour la réintroduction du loup dans son milieu naturel. Cette même année, elle déménage pour s'installer dans le comté de Westchester, au nord de New York.

Vie privée

Compagne du photographe allemand Mat Hennek, elle a adopté ses deux enfants.

Hélène Grimaud est gauchère[25] et sujette à la synesthésie, phénomène neurologique par lequel deux sens physiques sont associés, dans son cas la musique et les couleurs[26].

Elle a survécu à un cancer de l'estomac[6].

Distinctions

Discographie

Hélène Grimaud a réalisé des enregistrements successivement pour les labels Denon (disques réédités par Brilliant Classics), Erato et Teldec (Warner), Sony Classical et Deutsche Grammophon depuis 2003.

Concerts filmés

  • Russian Night : Rachmaninov - concerto pour piano no 2, Tchaïkovski - La Tempête, Stravinsky - L'Oiseau de feu. Claudio Abbado, Lucerne festival orchestra, Hélène Grimaud. 1 DVD, 80 minutes, .
  • Vladimir Jurowski / Hélène Grimaud: Richard Strauss (Metamorphosen et Le Bourgeois Gentilhomme) et Maurice Ravel (Concerto pour piano en sol majeur), concert enregistré à la Cité de la Musique le . Ed. Idéale Audience.
  • « Hélène Grimaud Piano Recital » : Bach (Chacone transcrite par Busoni), Beethoven (Sonate no 31), Brahms (Sonate no 3), Rachmaninov (deux extraits des Etudes-Tableaux, donnés en bis). Enregistré en public à la Kammermusiksaal du Philharmonique de Berlin. Ed. KULTUR 2001.
  • Documentaire de Holger Preuße et Philipp Quiring (Allemagne 2022 - Arte) Les grands moments de la musique : le Hélène Grimaud à Londres: (concert au Royal Albert Hall) Hélène Grimaud débute au festival de musique documentaire BBC Proms. Elle joue avec l'Orchestre de Paris. Hélène, New Yorkaise, apprend, après la répétition du matin, les nouvelles des attentats à New York. Avec Christoph Eschenbach le chef d'orchestre et le directeur du festival, elle décide de maintenir le concert, interprétant en particulier le bouleversant Concerto n°4 de Beethoven.

Œuvres littéraires

Hélène Grimaud est l'autrice de quatre livres :

Variations sauvages

Robert Laffont, 2003 (ISBN 2266145487) : une œuvre largement autobiographique, où l'artiste se décrit enfant, puis adolescente et jeune adulte, insoumise, dans un monde où on ne cesse de vouloir lui imposer des règles dont elle rejette les finalités. Traduit dans une dizaine de langues, le livre est salué à sa sortie par Bernard Pivot dans le Journal du dimanche : « Une passionnante autobiographie, beaucoup plus romanesque que la plupart des romans de l'année » ;

Leçons particulières

Robert Laffont, 2005 (ISBN 2221103955) : l'ouvrage a une dimension plus philosophique et poétique. Hélène Grimaud s'interroge sur le sens de sa vie : l'enchaînement des concerts, la multiplication des déplacements, la recherche de la perfection, le temps qui lui échappe. Elle se pose des questions sur l'existence, la musique ou la quête du bonheur, à travers des apologues marqués par la rencontre d'êtres mystérieux. Dans Le Point, André Tubeuf évoque « Une vraie histoire et un beau livre avec, par endroits, des fulgurations d'écriture et d'images. » ;

Retour à Salem

Albin Michel, 2013 (ISBN 9782226252081).

Renaître

Albin Michel, 2023 (ISBN 9782226452580).

Préfaces

Hélène Grimaud a également préfacé plusieurs ouvrages :

Notes et références

Voir aussi

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