Hôtel de l'École coloniale

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Architecte
Construction
1895
Pays
Hôtel de l'École coloniale
Hôtel de l'École coloniale, vue de la façade.
Présentation
Style
Architecte
Construction
1895
Localisation
Pays
Commune

L'hôtel de l'École coloniale est un bâtiment situé à Paris, au 2 avenue de l'Observatoire (6e arrondissement). Construit en par Maurice Yvon dans un style néomauresque, il a abrité l'École coloniale, puis l'École nationale de la France d'outre-mer, et enfin l'École nationale d'administration/Institut national du service public.

Genèse et construction (1888-1894)

Dès la fin du XIXe siècle, les conquêtes coloniales de la France mènent à des projets de création d'une école destinée à la formation des hauts fonctionnaires administrant les colonies. La création d'une École cambodgienne dans les années 1880 mène le ministère des Colonies à envisager la création d'une école coloniale[1]. L'École coloniale est créée par l'arrêté du [2].

Paul Dislère est, à la fin des années 1880, président de l'école. Alors qu'elle était logée au n°129 du boulevard du Montparnasse, le bâtiment devient trop petit. Il envisage plusieurs possibilités de déménagement, comme la possibilité de transformer un hôtel particulier possédé par la famille de Talleyrand, rue du Bac. Il plaide auprès de l'administration pour qu'un terrain public soit attribué à l'école, ce qui arrive en 1894, le dossier étant débloqué par la création du ministère des Colonies[3]. Il s'agit d'une partie de l'ancien enclos des Chartreux, entre le lycée Montaigne et la faculté de pharmacie de l'université de Paris[1]. Le bâtiment fait l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de la rue Auguste-Comte[4].

Le , un concours d'architecture est lancé pour un bâtiment devant pouvoir abriter 300 élèves en pension complète, pour un maximum de 450 000 francs[3]. Jules Bourdais et Victor Laloux font partie du comité chargé de la sélection du projet[3].

Plaque sur le bâtiment.

Le ministère choisit Maurice Yvon, architecte attitré du ministère, pour construire le bâtiment[1].

Construction (1894-1895)

Le bâtiment est construit entre 1894 et 1895[1]. Yvon propose une esthétique néomauresque plutôt qu'une esthétique asiatique, alors que l'école forme principalement des administrateurs des colonies asiatiques[5]. Le bâtiment fait ainsi d'emblée l'objet de critiques[1]. Le plan initial est un peu remanié, afin d'aboutir à une façade plus sobre[3]. Le coût estimé dépasse toutefois de 70 000 francs le coût initial[3]. Émile Boutmy, directeur de l'École libre des sciences politiques, qui voit d'un mauvais oeil cette nouvelle école, pèse de tout le poids de ses réseaux pour que l’École coloniale n'obtienne qu'un prêt minimal auprès de la Caisse des dépôts et consignations[3].

La construction du bâtiment prend plus de temps que prévu et déborde du calendrier initial. Des précautions sont prises lors de la construction car des carrières se trouvent sous le lycée Montaigne et la faculté de pharmacie[3]. De plus, Raymond Poincaré, alors ministre de l'Instruction publique, intervient pour exiger une modification du plan afin que l'hôtel en construction ne prive pas de lumière les classes du lycée Montaigne[3]. Un manque de moyens exige un ralentissement des travaux, aussi en 1895 il apparaît que l'établissement ne pourra accueillir ses élèves pour la rentrée, obligeant l'école à louer une salle de cours à l'École spéciale d'architecture[3].

Le , une mosaïque de style mauresque est installée sur la façade du bâtiment, pour 12 000 francs, par Charles Lameire[3]. Il participe également à la décoration des intérieurs, aux côtés notamment de Gabriel-Charles Deneux[1]. Ce dernier décore la façade sur cour[3].

Aménagements successifs et stabilisation (1896-1950)

L'hôtel est inauguré le par le ministre des Colonies André Lebon, tous les anciens ministres des Colonies étant invités à l'évènement[3]. Les élèves de l'école peuvent alors s'y installer pour leur pension, et y avoir cours[3]. L'hôtel est vite surnommé « la vieille mosquée » par les élèves qui y ont cours[2]. Le peintre Paul Merwart peint une toile au plafond du vestibule, financée par l'Association des anciens élèves de l’École coloniale[3]. Une bibliothèque est ouverte, dans ce qui est aujourd'hui le Centre de ressources et d’ingénierie documentaires de l'ENA, devenue Institut national du service public[3].

Maurice Yvon demeure aux commandes des modifications de l'architecture du bâtiment. En 1901, il fait aménager les combles[3].

La bibliothèque de l’École coloniale est aménagée en 1905[6]. Du chêne massif est utilisé pour la décorer[3]. Les travaux s'achèvent le , mais se déclenche alors un incendie dans l'école, du fait de l'utilisation du gaz[3]. Claude-Charles Bourgonnier peint la fresque au plafond de la bibliothèque en 1913, sous le titre de « la France entourée de ses colonies »[1]. Le bâtiment n'est que très peu réaménagé après cette date[3].

Mise à jour bâtimentaire (1950-2001)

La fin de l’École coloniale et sa transformation en École nationale de la France d'outre-mer exige des modifications du bâtiment d'origine. Le directeur de l'ENFOM, Paul Bouteille, propose la modification de certaines façades, et la suppression des noms des grands dirigeants coloniaux français. S'il démissionne avant de mener à bien ce projet, ce dernier est repris dans les années 1960 et approuvé en 1964[3]. Jacques Clipet, architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, met en œuvre la modernisation du bâtiment[3]. Le seul nom restant sur la grande frise est celui de Victor Schœlcher[3]. Le grand amphithéâtre, qui porte le nom de Paul Dislère, voit sa hauteur être abaissée afin qu'une salle de lecture soit créée au-dessus[3]. Une cafétéria est créée au sous-sol[3]. Cette cafétéria n'existe plus, mais il en existe une au rez-de-chaussée depuis le dernier trimestre 2025.

L'arrêté n°92-102 du a inscrit à l'Inventaire national les façades de l'hôtel, son grand escalier, la galerie des paysages et la bibliothèque[3].

Installation de l’École nationale d'administration-INSP (depuis 2002)

En 1934, l’École coloniale est remplacée par l’École nationale de la France d'outre-mer. En 1966, le bâtiment accueille l'Institut international d'administration publique. Lorsque l'Institut fusionne avec l'ENA en 2002, cette dernière s'installe dans le bâtiment[1]. Le Centre de ressources et d’ingénierie documentaires y est installé, dans la bibliothèque de l’École coloniale[6]. Son changement de nom en Institut national du service public, en 2022, ne conduit pas à un déménagement du bâtiment.

Apparence

Notes et références

Voir aussi

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