Incendie du bar Le Constellation
incendie meurtrier le 1ᵉʳ janvier 2026 à Crans-Montana (Valais, Suisse)
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L'incendie du bar Le Constellation survient le à 1 h 26 du matin à Crans-Montana dans le canton du Valais en Suisse, lors des festivités du nouvel an organisées dans l'établissement. L'utilisation de fontaines pyrotechniques fixées à des bouteilles de champagne enflamme la mousse acoustique, fixée au plafond et hautement inflammable, entraînant un embrasement généralisé éclair et une explosion de fumées.
| Incendie du bar Le Constellation | |
Le bâtiment du bar Le Constellation entouré des tentes des équipes de secours, le , lendemain de l'incendie. | |
| Type | Incendie puis déflagration |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Crans-Montana, canton du Valais |
| Coordonnées | 46° 18′ 28,44″ nord, 7° 28′ 06,78″ est |
| Cause | Fontaine pyrotechnique et isolant phonique en polyuréthane |
| Date | |
| Participant(s) | Plusieurs centaines |
| Bilan | |
| Blessés | 115 |
| Morts | 41 |
| modifier |
|
Le bilan humain au est de 41 morts, dont une moitié de mineurs, et de 115 blessés graves. Il s'agit de l'un des accidents les plus meurtriers de l'histoire contemporaine de la Suisse.
L'émotion est internationale et des questions autour de la sécurité et de l'application des normes anti-incendie émergent rapidement.
Le Constellation
Histoire


- 1 : Accès à une zone de sièges supplémentaire
- 2 : Début approximatif de l'incendie
- 3 : Zone du bar au sous-sol
- 4 : Escalier vers le niveau du sol
- 5 : Zone du bar au niveau du sol
- 6 : Terrasse
- 7 : Sortie
Le Constellation est un bar-club et lounge bar connu à Crans-Montana, une station de ski huppée[2] surplombant la haute vallée du Rhône. Le quotidien Tages-Anzeiger le présente comme incontournable et particulièrement prisé par une clientèle jeune et internationale[3],[4].
Les origines du bar remontent à 1967[5]. En 2015, un couple de restaurateurs français originaires de Corse, Jessica et Jacques Moretti, en reprend la gérance[6]. Ils commencent par entièrement rénover et moderniser le lieu en adaptant ses installations et son offre à une clientèle internationale, notamment jeune et touristique[7],[8]. En 2022, ils deviennent propriétaires des murs qu'ils avaient loués jusqu'alors[9].
Sur le plan judiciaire, Jacques Moretti a déjà été condamné en France dans deux affaires remontant à la fin des années 1990 pour l’une et à 2005 pour l’autre[10],[11].[pertinence contestée]
Le couple gère deux autres établissements à Crans-Montana et dans les environs : le bar-restaurant Le Senso (spécialisé dans les hamburgers) depuis 2020, fermé depuis le drame[12], et le Vieux Chalet à Lens depuis 2023, un établissement qui se présente comme « auberge corse »[13].
Configuration des lieux
L'établissement peut accueillir 300 personnes à l'intérieur et 40 en terrasse selon son site web consulté juste après l'incendie ; il dispose d'un sous-sol où sont organisés des soirées et événements[14]. Toutefois, selon les rapports rendus publics par la commune le , les limites de capacité sont de 100 personnes pour le sous-sol et 100 personnes pour le rez-de-chaussée[15].
Incendie
Déroulement
Le sinistre s’est produit le à 1 h 26 du matin dans le sous-sol du bar-club[16],[17]. L'incendie semble avoir été provoqué par deux fontaines pyrotechniques allumées et projetant des étincelles verticalement, disposées sur deux grandes bouteilles de champagne apportées, selon la coutume de l'endroit, par une serveuse coiffée d'un casque ; elle était juchée sur les épaules d'un barman portant un masque de Guy Fawkes[18]. Les étincelles de l'engin pyrotechnique auraient enflammé le plafond recouvert de mousse de correction acoustique en polyuréthane non ignifugé avant que ne survienne un embrasement généralisé appelé flashover en anglais et une explosion occasionnée par l'accumulation de fumées[19],[20],[21].
Selon un article de Blick rapportant les informations parues dans le Corriere della Sera, le casque porté par la serveuse décédée dans l'incendie limitait fortement son champ de vision[22]. Elle n’aurait quasiment pas perçu que les cierges magiques entraient en contact avec le plafond.[pertinence contestée]
Opérations de secours, plan KATAMED

Les premiers secouristes arrivés sur les lieux décrivent la situation comme «une zone de guerre[23],[24],[25] ». Une zone d'exclusion aérienne est décrétée au-dessus de Crans-Montana[26], l'État du Valais décrète la situation particulière. Le plan KATAMED, réseau national de médecine de catastrophe, est activé de même que le mécanisme de protection civile de l’Union européenne afin de faire «face au nombre de grands brûlés à traiter[27] ».
Répartition des grands brûlés
Les nombreux blessés sont répartis dans différents hôpitaux de Suisse, notamment ceux de Sion et Riviera-Chablais, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), les hôpitaux universitaires de Genève, l'hôpital de l'Île de Berne, l'hôpital universitaire de Zurich[28]. Quinze hélicoptères (treize de compagnies de secours suisses, un français et un italien)[29], une quarantaine d'ambulances, trois camions lourds de médecine de catastrophe et plus de 150 spécialistes de la santé sont mobilisés dès le déclenchement de l'alerte[30],[31].
Afin de faire face à l'afflux exceptionnel de patients souffrant de brûlures graves et à la durée de leur prise en charge, la Confédération suisse active le mécanisme européen de protection civile[32], en lien avec le soutien offert par le Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC). Cette aide comprend des places de traitement spécialisé et des capacités de transport médical aérien. Venues de France et d'Italie, des équipes médicales spécialisées (Burns Assessment Teams) renforcent les effectifs des hôpitaux du Valais et de Lausanne et participent à la coordination des transports vers ces pays[33].
France, Italie, Allemagne et Belgique
Une soixantaine de patients sont admis à l'hôpital du Valais sur les sites de Sion, Sierre, Viège et Martigny. Environ 60 autres sont répartis dans les hôpitaux suisses, dont les deux centres suisses de prise en charge des grands brûlés (le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne et l'hôpital universitaire de Zurich)[34]. Les hôpitaux suisses identifient les patients devant être transférés, puis les répartissent en fonction des places disponibles dans les hôpitaux spécialisés dans l'Union européenne.
Des vols médicalisés sont organisés avec la Garde aérienne suisse de sauvetage et des partenaires nationaux et européens. Les évacuations médicalement urgentes interviennent en l'intervalle de quarante-huit heures maximum, unique période où l'état des patients est suffisamment stable pour permettre un transport[33].
La France, l'Italie et l'Allemagne accueillent une partie des grands brûlés[35]. Les transferts ont lieu vers le centre des grands brûlés de l'hôpital Édouard-Herriot à Lyon[36], le centre de traitement des brûlés de l’hôpital de Mercy à Metz[4] et celui de Nantes, au centre des grands brûlés de Niguarda (un quartier de Milan en Italie ) et en Allemagne. Quatre victimes sont admises dans des centres de traitement des grands brûlés en Belgique[37]. Au total, trente-huit grands brûlés seront transférés dans les centres spécialisés des hôpitaux européens : seize en France, huit en Italie, sept en Belgique et sept en Allemagne[38]. Au , 46 grands brûlés sont soignés dans des hôpitaux européens[39].(voir paragraphe victimes pour le détail de la répartition des blessés par pays)
Incendies du même type
Cet incendie rappelle, par sa gravité et ses circonstances, ceux d'autres établissements festifs : le 5-7 en France en 1970[40], le Volendam aux Pays-Bas en 2001[41], The Station à West Warwick (États-Unis) en 2003[42], le República Cromañón en Argentine en 2004, Lame Horse en Russie en 2009, le Kiss au Brésil en 2013[43], le Colectiv en Roumanie en 2015[44], le Cuba Libre en France en 2016[41], ou celui du Pulse en Macédoine du Nord en 2025[45]. Ces drames semblent mettre en évidence[46]
« mécanique tragiquement récurrente. Un établissement bondé, des matériaux hautement inflammables et des normes de sécurité mal appliquées ou insuffisamment contrôlées »
Selon une étude recensant les incendies majeurs depuis l'an 2000, l'usage de divers feux d’artifice dans un environnement contenant des mousses isolantes semble jouer un rôle prépondérant dans ces incendies, beaucoup de victimes décédant à cause de l'inhalation des fumées toxiques[47].
Victimes
| Pays | Morts | Blessés[38] | Total |
|---|---|---|---|
| 23[a] | 67[b] | 90 | |
| 8[c] | 23[d],[48] | 31 | |
| 6[e] | 12[f],[49] | 18 | |
| 1 | 1 | 2 | |
| 1 | 1 | 2 | |
| 1 | 1 | ||
| 1 | 1 | ||
| 4 | 4 | ||
| 2 | 2 | ||
| 1 | 1 | ||
| 1 | 1 | ||
| 1 | 1 | ||
| 1 | 1 | ||
| 1[50] | 1 | ||
| Total | 41 | 115 | 156 |
| Les bi-nationaux n'apparaissent qu’une seule fois dans ce décompte. | |||
Le , quelques heures après l'événement, les autorités valaisannes font état d'une quarantaine de morts et d'une centaine de blessés[51]. Très vite, on comprend qu'il s'agit pour la plupart de jeunes gens et les parents ou proches affluent sur les lieux du drame, dans l'attente de nouvelles. Les autorités valaisannes précisent que leur priorité absolue est les soins et l'identification des blessés et victimes. L'Institut médico-légal de Zurich (FOR) arrive en renfort quelques heures après le drame[52]. Le , tous les morts ont été identifiés et leurs familles averties, le tous les blessés le sont également[53],[54]
Le , la première victime identifiée dans les médias est un jeune italien[55] bien connu dans le monde du golf. Huit victimes sont formellement identifiées par la police le (des Suisses âgés de 16 à 24 ans), seize autres le sont le lendemain[56],[57].
Le , un communiqué établit le nombre des blessés à 116 personnes, dont 83 hospitalisées. Le , soit exactement un mois après le drame, la procureure générale du canton du Valais annonce qu’un ressortissant suisse âgé de 18 ans est décédé à l'hôpital de Zürich le , portant le bilan à 41 personnes décédées[58]. Les pays de nationalité des morts[59],[60],[61],[62] sont : la Suisse (avec 23 morts*), la France (9*), l'Italie (6*), la Belgique (1)[63], les Émirats arabes unis (1*), Israël (1*), le Portugal (1), la Roumanie (1), le Royaume-Uni (1*) et la Turquie (1) (où «*» indique les pays des trois individus bi- et tri-nationaux).
Les victimes avaient en moyenne un peu plus de 19 ans. Vingt d'entre elles avaient entre 14 et 17 ans ; dix-huit avaient entre 18 et 26 ans ; trois avaient entre 31 et 39 ans. Au total 21 personnes de sexe masculin et 19 de sexe féminin[64]. Trois personnes décédées étaient employées du bar, dont deux Français et un Suisse[réf. souhaitée] (une serveuse, le DJ et un videur), les 38 autres étaient des clients[65].
Hospitalisations
Au , parmi les 73 grands brûlés hospitalisés, 34 le sont en Suisse et 39 en Europe : France (16), Italie (9), Allemagne (7) et Belgique (7). En Suisse, 11 victimes sont soignées à Zurich (cinq adultes et six à l'hôpital des enfants), dix au Valais, neuf à Lausanne et deux à Genève[66]. Les capacités de soins des grands brûlés du pays sont atteintes et dix neuf jeunes Suisses sont transférés vers les pays voisins pour y affronter une hospitalisation de longue durée (7 en France, 5 en Belgique, 6 en Allemagne)[67],[68]
Au , 64 blessés sont encore hospitalisés, dont 23 en Suisse et 41 à l’étranger[69].
Réactions
Réactions politiques nationales et internationales

Le , le président du Conseil d'État valaisan, Mathias Reynard, se rend sur les lieux, exprime publiquement ses condoléances, salue le travail des secours et la solidarité de l'ensemble des intervenants. Le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, estime sur X qu'il s'agit de « l'une des pires tragédies que [son] pays ait connues »[70], reporte son discours de nouvel an[71] et se rend sur les lieux. Le conseiller d’État valaisan chargé de la sécurité, des institutions et du sport Stéphane Ganzer est également présent, aux côtés de Frédéric Gisler, commandant de la police valaisanne entré en fonction le jour même. Le Conseil fédéral ordonne que les drapeaux des bâtiments fédéraux soient mis en berne, tout comme le gouvernement vaudois[72]. Le Conseil de l'Europe met également ses drapeaux en berne, ainsi que le Comité international olympique (CIO).
Plusieurs événements sont annulés ou ajournés dont les feux d'artifice de la nouvelle année de Gstaad, Lucerne et Ascona et le report de la cérémonie des Sports Awards 2025[73],[74].[pertinence contestée]
Des chefs d'État et de gouvernement étrangers s'expriment à la suite de la catastrophe, notamment le pape Léon XIV[75], le président de la République française Emmanuel Macron[76], le roi Charles III du Royaume-Uni[77], la présidente du Conseil des ministres d'Italie Giorgia Meloni[78], le grand-duc Guillaume V de Luxembourg[79], le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky[80] et le président fédéral autrichien Alexander Van der Bellen et le président chinois Xi Jinping[54]. Le ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antonio Tajani, s’est rendu sur les lieux du drame[34]. Les diplomates de la Mission permanente de la Russie auprès du Bureau des Nations unies à Genève présentent, sur leur chaîne Telegram, leurs condoléances aux familles et amis des victimes[81].
Le , le conseiller fédéral responsable du département justice et police, Beat Jans se rend sur les lieux du drame[82],[83].
Lors de la cérémonie du à Martigny, le président du Conseil d'État valaisan, Mathias Reynard, présente des excuses officielles au nom du canton : « Nous avons tous une responsabilité morale : la moindre des choses que l'on puisse faire, c'est présenter les excuses de toute la communauté »[84].
Réactions de la presse

La couverture médiatique du drame est internationale et intense[85]. Les pays dont certains grands brûlés et victimes sont originaires semblent plus actifs[86]."Or, des documents d'enquête obtenus par le quotidien italien «Corriere della Sera» révèlent que, dans ses déclarations aux enquêteurs, Jessica Moretti a laissé entendre que Cyane P. était à l'origine de l'incident. «Elle l'a fait de son propre chef. Elle n'aurait pas dû monter sur ses épaules», aurait déclaré sa patronne. Cette version est aujourd'hui contestée par plusieurs témoins.
Dès le , la presse s'interroge sur les responsabilités du drame, les normes anti-incendie et leurs modalités d'application[87],[88]. La manière de traiter l'information, sa couverture médiatique et la déontologie des journalistes diffère selon les pays et leurs médias respectifs.
En Suisse
La radio télévision suisse (RTS) consacre plusieurs émissions spéciales dès la survenance du drame[89],[90],[91], donnant la parole autant aux témoins qu'aux autorités, sollicitant l'avis d'experts de divers horizons, s'inquiétant du sort des blessés[92]et informant la population sur la très vaste solidarité européenne à l'œuvre afin de prodiguer des soins aux grands brûlés. Elle retransmet en direct la cérémonie en hommage aux victimes du . L'émission hebdomadaire de débat Infrarouge revient le sur les réactions provoquées par le drame[93] tandis que l'émission de radio Le point J informe le sur comment travaillent les journalistes à Crans-Montana[85], le processus de deuil chez les adolescents[94] ou encore quels sont les soins que nécessitent les grands brûlés[95]
Le Conseil suisse de la Presse publie un communiqué le visant à rappeler la déontologie suivie par la Presse suisse lors de catastrophes : «Les victimes de l’incendie ne sont pas des personnes d’intérêt public. Il n’est pas nécessaire de publier leurs noms ou leurs photos. Le code de déontologie journalistique proscrit toute présentation de caractère sensationnel, dans laquelle la personne humaine est dégradée au rang d’objet, que ce soit en image, en texte ou en son. Les journalistes doivent également respecter la souffrance des personnes concernées et les sentiments de leurs proches dans leurs reportages, car ceux-ci se trouvent dans une situation tout à fait exceptionnelle ». Il rappelle que chacun réagit différemment lorsqu'il est affecté par une tragédie de ce type, ne demandant qu'à «être laissés en paix avec leur deuil, (alors que) d’autres aspirent à partager et communiquer leur douleur et à permettre à d’autres de prendre part à leur deuil ». Il souligne l'absolue nécessité de ne pas préjuger du consentement d'une personne alors qu'elle est encore sous le choc[96].
En France
Dès le , de nombreux médias multiplient les portraits individuels des victimes françaises, détaillant âges, parcours, projets de vie, ce qui personnalise le drame mais peut aussi nourrir un registre émotionnel[97]. Les modalités de cette couverture médiatique sont critiquées par le magazine français Marianne[98].
Une caricature d'Éric Salch intitulée Les Brûlés font du ski[N 1] est publiée par Charlie Hebdo le jour des obsèques nationales le . Elle provoque d'assez vives réactions en Suisse Romande[99]. Un couple de Sédunois dépose une dénonciation pénale pour « atteinte à la dignité des victimes »[100],[101],[102]. Le journal satirique publie en réponse une nouvelle caricature[103] intitulée « A-t-on le droit de blasphémer avec les Suisses ? La rédaction décimée par deux arbalétriers »[N 2].
En Italie
Selon le journal Le Temps du , l'Italie exercerait une pression médiatique et politique plus forte que les autres pays concernés par le drame. Cela serait dû au nombre et à l'âge des victimes italiennes mais aussi selon le professeur de sociologie Sandro Cattacin de l'Université de Genève au facteur de, selon ses propres termes, « peoplelisation » des médias transalpins : « Le gouvernement contrôle une bonne partie des médias publics et de la presse privée. L'accent est mis sur les faits divers. Le reste de la presse indépendante ne peut l'ignorer. Les parcours personnels des jeunes victimes remplissent des pages à l'image du jeune joueur de golf qui résidait à Dubaï. Et les gens lisent[104]. » Il dénonce une probable récupération politique de l'émotion publique.
Hommages

Le , une messe de suffrage pour les victimes est célébrée en la chapelle Saint-Christophe de Crans-Montana par Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. Plusieurs personnalités ecclésiastiques sont présentes[105] , des membres du Conseil d'État valaisan, le commandant de la police cantonale Frédéric Gisler, la procureure générale du Valais Beatrice Pilloud[106], et l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado[105]. Après la messe, une « procession[107] » ou « marche blanche[105] » se rend en silence jusqu'au lieu de la catastrophe pour rendre hommage aux victimes[105].
Une journée de deuil national a lieu le , avec une minute de silence. La cérémonie du souvenir en hommage aux victimes[108] a lieu à Martigny le même jour et est retransmise en direct par le Département des Affaires Étrangères(DFAE)[109]. Les cloches des églises sonnent pendant plusieurs minutes dans toute la Suisse, en signe de solidarité nationale[110]. Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) autorisent leurs conducteurs, deux minutes avant la minute de silence, à actionner les sifflets de leur train en signe d'hommage[111].
Le mémorial en hommage aux victimes, installé à Crans-Montana le , est partiellement endommagé par un incendie le . Ce lieu de recueillement, composé notamment de bougies, de fleurs et de messages laissés par les proches et les habitants, avait été érigé spontanément après le drame. Le feu, rapidement maîtrisé par les services de secours, n’a pas fait de blessés. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes exactes de l’incendie qui serait lié selon les premières informations à une bougie, tandis que les autorités locales ont annoncé la remise en état du mémorial[112].
Conséquences
En Suisse
Renforcement des contrôles de sécurité et interdiction de la pyrotechnie
La commune de Crans-Montana mandate une société privée pour seconder son service Sécurité publique et effectuer tous les contrôles périodiques des établissements publics sur le territoire communal[113]
Dans d'autres cantons, des mesures préventives sont prises : par exemple, la ville de Lausanne a demandé à environ 600 établissements (bars, clubs, restaurants) de vérifier leurs protocoles de sécurité incendie et la formation de leur personnel[114].
Dans un premier temps au mois de janvier, plusieurs cantons suisses dont le Valais, Genève et Vaud interdisent l'usage des engins pyrotechniques à l'intérieur des établissements publics. Cette mesure est également préconisée dans toute la Suisse dans le cadre de la révision totale des prescriptions suisses de protection incendie (OFI 2026)[115]. Le , l'Autorité intercantonale des entraves techniques au commerce (AIET), qui est le concordat des directrices et directeurs des travaux publics (DTAP) des 26 cantons, prend la décision d'interdire partout en Suisse l’utilisation d’articles pyrotechniques dans les lieux accueillant du public lorsqu'il s'agit d'établissements fermés, à partir du [116],[117].
Suspension du projet d'assouplissement des règles de protection incendie
Depuis 2018, l'Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI) travaillait, sur mandat de l'Accord intercantonal sur l'élimination des entraves techniques au commerce[N 3] (AIET), à une refonte des prescriptions suisses de protection incendie, dite projet « PPI 2026 » ou « BSV 2026 »[118]. Cette révision visait, en matière de risques, une plus grande responsabilité individuelle des exploitants, la possibilité de recourir à des expertises privées au lieu d'inspections par les autorités et, dans certains cas, des exigences plus souples pour les issues de secours, ce que des critiques ont interprété comme une libéralisation et un allègement du contrôle étatique[119]. Ce projet de réforme est critiqué pour le risque de « démantèlement rampant » de la surveillance, alors même que le nombre des décès liés aux incendies en Suisse est passé de 17 par an en 2020 et en 2021 à 33 en 2024[120].
Le , les autorités suisses mettent en pause le projet de réforme afin de le réexaminer à la lumière de la catastrophe de Crans‑Montana[121]. Le texte en consultation est suspendu dans l'attente des résultats des enquêtes[120],[118]. La réforme n’est désormais plus considérée comme un dossier technique d'experts mais comme un sujet hautement politique, avec une attention accrue à l'acceptabilité sociale de tout assouplissement des normes de sécurité incendie[119].
Création de fonds destinés aux victimes et à leurs proches
Le Canton du Valais crée un fonds qui octroie dix mille francs suisses à chaque victime de l'incendie et à leurs proches. Il explique son geste par le désir d'alléger les familles des tracasseries administratives et par les coûts induits pour les traitements des grands brûlés, dont l'hospitalisation est souvent éloignée du domicile des familles. La fondation chargée des allocations est baptisée Beloved[réf. souhaitée].
La Confédération Suisse annonce le elle aussi sa volonté de créer un fonds pour les victimes de Crans Montana, initiative approuvée par le Parlement et les Chambres le au nom de la clause d'urgence. Il se monte à cinquante mille francs suisses par victime[122] et est régit par la loi fédérale du . Le vote au Parlement n'a pas fait l'unanimité[123].
En France
Renforcement des contrôles de sécurité
Le préfet de police de Paris annonce des contrôles renforcés dans les établissements de nuit (bars, clubs, lieux festifs) pour vérifier le respect de la réglementation incendie : jauge, issues dégagées, interdiction des flammes nues, fonctionnement des dispositifs de sécurité[124],[125]. Des préfets de département (par exemple dans le Val-d'Oise) adressent également des courriers aux maires pour demander une vigilance accrue sur les établissements recevant du public (ERP), notamment les petits établissements de 5e catégorie, avec des modèles de lettres de mise en demeure et d'arrêtés de fermeture en cas de manquements[126].
À la suite de l'incendie, plusieurs bars et discothèques en France annoncent cesser l'utilisation d'engins pyrotechniques[127].
Débat sur l'harmonisation des règles entre établissements
Les organisations professionnelles de l'hôtellerie‑restauration (GHR, UMIH) appellent à réexaminer et harmoniser les exigences de sécurité entre bars, restaurants festifs et discothèques, en soulignant que les discothèques sont déjà soumises à un cadre plus strict que certains bars de nuit, car il y a une multiplication des établissements de catégorie N (restaurants et débits de boissons) qui ont une activité de discothèque de façon plus ou moins occasionnelle sans être pour autant officiellement catégorisés comme établissements de type P (salles de danses et salles de jeux) »[128].
Causes de l'incendie


Selon la procureure générale valaisanne, Beatrice Pilloud, « on ne peut pas avoir autant de personnes décédées et blessées et dire que tout a fonctionné »[59]. Il semblerait qu'une chaîne de responsabilités et causalités ait été à l’œuvre, incluant matériaux, négligences humaines et responsabilités des administrations[129].
Les premiers témoignages et éléments de l'enquête recueillis par la presse[130],[131],[132] posent la question de la conformité aux normes anti-incendie du Constellation : présence de mousses phoniques en polyuréthane non ignifugées aux plafonds[133],[88], posées en 2015 lors de la rénovation du bar[134] et cependant interdites[135] en Suisse et en Europe car, en cas d'incendie, dégageant des fumées hautement toxiques menant en quelques secondes à l'asphyxie, voire, après une dizaine de minutes, à la mort[136], obstruction ou suppression d'une voie d'issue de secours existante selon un architecte vivant dans le même immeuble et dont le témoignage a été recueilli par The New York Times[88], conformité de la seule issue de secours signalée[137],[88], soit l'escalier d'accès au sous-sol ayant perdu en largeur à la suite des travaux de rénovation[138],[139]. Par ailleurs, l'enquête montre l'absence d'une alarme anti-incendie, ce qui, selon Patrick Clivaz, conseiller communal de sécurité publique de la commune de Crans-Montana, ne serait pas anormal au regard de la taille de l'établissement[140] ; il précise que les normes suisses seraient fondées sur l'appréciation du danger plutôt que sur la superficie de l'établissement concerné, et signale que, si le rapport communal indiquait une capacité maximale d'accueil du bar était de 200 personnes, la direction du bar elle mentionnait sur certains sites Internet et sur les réseaux sociaux, la possibilité d'accueillir 400 personnes . Toutefois, un seul extincteur aurait été disponible[140].
Pyrotechnie et rituel de la parade
Erich Frey, expert en feux d'artifice interrogé par le journal suisse Blick le , émet plusieurs critiques : il indique que dans un sous-sol avec une seule issue d'évacuation, selon la loi suisse, ne sont autorisées que[109]50 personnes et que selon lui « l'utilisation de fontaines pyrotechniques et de matériaux inflammables était d'une négligence absolue »[139]. Il souligne que ce type d'engins pyrotechniques doivent se trouver à au moins un mètre des surfaces car ils peuvent entraîner rapidement un incendie en présence d'un matériau inflammable[139]. Un employé du bar avait pressenti le danger et demandé aux serveuses portant les bouteilles munies des bougies-fontaines ou cierges magiques[139] de ne pas s'approcher des mousses du plafond, comme le montre une vidéo publiée par la Radio télévision suisse (RTS)[130].
La présence et l'usage d'autres engins pyrotechniques que ceux incriminés sur les photos a été révélée par les premiers résultats de l'enquête de la police scientifique zurichoise (FOR) : le local aurait contenu un stock de bougies fontaine et des traces d'engins pyrotechniques interdits en Suisse et en provenance d'Italie, notamment des pétards au sol ont été découverts[141].
Contrôles anti-incendies
La question des contrôles qui auraient dû être effectués chaque année par les autorités communales selon la législation en vigueur[142],[88] est soulevée à la suite du témoignage du gérant du bar, Jacques Moretti, qui affirme le avoir eu trois contrôles en dix ans (2016, 2018 et 2019)[143],[144]. Lors du contrôle de 2018, des manquements avaient été constatés et une mise en conformité ordonnée dans un délai de trois mois. En 2019, aucune mesure n'ayant été prise par les gérants du bar, un nouveau délai de trois mois est accordé par le chargé de sécurité de la Commune[145].
La loi valaisanne relative à la prévention des incendies[146] précise qu'il incombe aux propriétaires de prendre les mesures qui s'imposent[147] tandis que les visites périodiques des établissements publics sont de la responsabilité de la commune qui doit les réaliser annuellement. Lors de la conférence de Presse tenue le , Nicolas Féraud, le président de la commune dit regretter amèrement que le bar n'ait plus été contrôlé depuis 2019 et ne pas connaître les causes de cette carence[148]. Il précise que les services de sécurité de Crans-Montana n'ont reçu, depuis 2019, aucune alerte concernant la sécurité de l'établissement[149].
Responsabilités de la commune de Crans-Montana
Les responsabilités politiques de la commune de Crans-Montana sont mises en cause à maintes reprises dès le mois de janvier[réf. souhaitée]. Les employés chargés de la sécurité incendie entendus par le Ministère public valaisan affirment que la Municipalité était au courant et tolérait les lacunes dans les contrôles[150].
Micheline Calmy Rey, ancienne conseillère fédérale déclare le : « Il faut en finir avec les petits arrangements entre la politique et les intérêts personnels. Ce copinage doit cesser, même si l'on se connaît. La vérité doit être révélée »[151],[152]. Elle estime qu'il « en va de la réputation de Crans-Montana, du canton du Valais, mais aussi de la Suisse. Nous sommes observés [par le monde entier]. Il est crucial de comprendre pourquoi ce drame a eu lieu ». Elle ajoute que la Suisse « ne peut pas se permettre » de compromettre sa réputation d'État de droit et appelle à la fin des « combines » et des protections entre clans politiques[151].
Dans une émission de la RTS du [153], on apprend l'existence d'un audit confirmant les dysfonctionnements au sein de la commune. Daté du et intitulé « Synthèse d’un audit succinct sur le mode de fonctionnement de la commune de Crans-Montana en termes de management, d’organisation et de communication », il a été ignoré par la Municipalité, malgré la bonne situation financière de la commune[154],[155].
Issues de secours
La présence d'une issue de secours au sous-sol est confirmée en conférence de presse par Nicolas Féraud le . Selon le témoignage des parents de Cyane, serveuse décédée devant l'issue de secours, celle-ci était fermée à clé car les propriétaires avaient peur que les clients ne paient pas[156]. Des employés déclarent qu'ils avaient interdiction de l'ouvrir et que cette issue aurait été fermée le soir de l'incendie[157].
Une deuxième issue de secours, utilisée comme porte de service aurait permis d'accéder à l'établissement en contournant la sécurité avec un digicode. Selon d'autres allégations, les mineurs de 16 ans entrés légalement non accompagnés n'étaient généralement pas sommés de quitter les lieux après 22 heures, ce qui constitue une infraction[158]. Un employé aurait fermé le loquet d'une issue de secours et un tabouret aurait également bloqué une issue de secours[159],[160].
Enquête et suites judiciaires
Au , 263 parties civiles représentées par 74 avocats ont été constituées[161].
Instruction pénale
Ouverture de l'instruction en Suisse
Le soir du , une instruction pénale est ouverte contre les deux gérants français du bar. Ils sont mis en prévention pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence[144]. Pris isolément, chacun de ces chefs d'accusation est passible d'une peine maximale de trois ans d'emprisonnement[162].
Les autorités valaisannes précisent que, en cas de concours d'infractions — c'est-à-dire si plusieurs infractions sont retenues simultanément — la peine maximale encourue pourrait atteindre quatre ans et demi de privation de liberté[163],[164].
Le Code pénal suisse distingue l'homicide par négligence de l'infraction intentionnelle (dol). Le dol est direct lorsque l'auteur veut provoquer le dommage (par exemple un décès). Il est éventuel lorsque l'auteur n'a pas pour but de provoquer ce dommage, mais qu'il sait qu'il pourrait se produire et accepte ce risque. L'enquête doit notamment déterminer si les prévenus ont accepté le risque qu'ils faisaient courir à autrui[165],[166].
Par ailleurs, la commune de Crans-Montana a décidé de se porter partie plaignante dans la procédure pénale, déclarant qu'elle souhaite « apporter activement sa contribution à l'établissement complet des faits ». Devant les manquements de la commune reconnus en conférence de presse dans ses propres contrôles, des avocats demandent le rejet de cette demande de constitution partie civile[167],[168]. Le Parquet valaisan dénie le statut de victime et donc de partie plaignante à la commune de Crans-Montana le et la commune retire sa demande initiale[169].
Le , la procureure générale, Beatrice Pilloud, annonce qu'un pool[N 4] de quatre procureures est chargé de l'enquête avec notamment la procureure générale adjointe Catherine Seppey à sa tête[170]. Elle confirme en outre sa volonté d'exclure des auditions menées par la police sur délégation du Ministère public les différents avocats des victimes et leurs familles, pour des raisons de célérité de la procédure et éviter des divulgations ; seuls les avocats des prévenus pourront y prendre part[171]. Cette décision sera révoquée suite aux pressions exercées par les familles et leurs avocats[réf. souhaitée].
Premières auditions des gérants du bar et mise en détention provisoire
Les conjoints Moretti sont entendus séparément une première fois le une dizaine d'heures après le drame. Jessica Moretti déclare être arrivée au bar vers 22 h 30, qu’il y avait peu de monde au début, et qu’elle encourage à faire « rentrer du monde pour que l'ambiance prenne ». Vers 1 h 15, des clients commandent des bouteilles qui seront, comme à l'habitude du Constellation, ornées de « scintillants ». Toujours selon Jessica Moretti, ces fontaines scintillantes auraient été éteintes avant de parvenir aux tables. Elle déclare avoir vu un mouvement de foule et des flammes et hurlé « Tout le monde sort ! », s'être dirigée vers l’entrée principale et avoir demandé à l’agent de sécurité de faire évacuer. Une fois à l’extérieur du bar, elle appelle le 118 à 1 h 28 puis Jacques Moretti qui est au Senso, l’autre établissement géré par le couple. Arrivé sur les lieux, le gérant essaie d’entrer par l’entrée principale, puis par une entrée de service latérale, qui est verrouillée de l’intérieur. Avec l’aide de deux personnes, il force la porte et découvre cinq corps inanimés derrière, dont celui de la serveuse Cyane[172],[173],[174].
Le couple est entendu une deuxième fois le notamment sur les engins pyrotechniques, sur la mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement qu'il déclare avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même en 2015, sur l'accès des personnes de moins de 16 ans à l'établissement et sur différents autres aspects. À l'issue de cette audition, Jacques Moretti est placé en détention préventive, tandis que Jessica Moretti reste libre sous contrôle judiciaire[175],[176]. Le Tribunal des mesures de contrainte, qui avait 48 heures pour statuer sur le bien-fondé de cette détention sur la base des éléments de l’enquête (risque de fuite, d’obstruction, de destruction de preuves, etc.)[177], décide le du maintien en détention pour une durée de trois mois[178]. Le , le copropriétaire du bar est libéré après le paiement d’une caution de 200 000 francs suisses. Des critiques émergent à ce sujet[179], notamment de la part de Giorgia Meloni[180]qui critique vivement la non-ingérence du gouvernement helvétique dans les décisions judiciaires et remet en question le principe d'innocence dévolu aux accusés.
Auditions d'autres prévenus
Le , l'ancien responsable du Service de la sécurité publique de la commune de Crans-Montana, Ken Jacquemoud est auditionné[181],[182] en qualité de prévenu. Le , l'actuel responsable, Christophe Balet. Tous deux reportent la responsabilité aux politiques de la commune[150].
Dépôt d'une plainte pénale contre le Président de Commune
Nicolas Féraud est accusé le par la famille d'un blessé de vingt neuf ans de lésions corporelles par négligence, mise en danger de la vie d’autrui par dol direct, d’incendie par négligence et d'une série de violations de la responsabilité et des devoirs imposés par la loi sur les communes[183].
Ouverture de l'instruction à l'étranger
En France, le parquet de Paris ouvre le une enquête dite « miroir » afin de « permettre aux victimes françaises et à leurs familles de bénéficier d'un interlocuteur commun en France et de faciliter si nécessaire leurs échanges avec les autorités suisses ». Cette procédure est confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de la direction nationale de la Police judiciaire. Les autorités suisses demeurent compétentes pour l'enquête de fond sur le déroulement des faits et la recherche des responsabilités[184],[185]. France Victimes joue un rôle d’accompagnement psychologique et juridique pour les victimes françaises et leurs familles dans le cadre de cette enquête « miroir »[184].
En Italie, le bureau du procureur de Rome, compétent pour les infractions impliquant des italiens à l'étranger, ouvre le une enquête pour homicide involontaire, à la demande de son ministère des Affaires étrangères[186]. Le Parlement vote une résolution autorisant le gouvernement à «évaluer la possibilité de participer aux procès éventuellement engagés au pénal et au civil»[187].
L'entraide judiciaire est accordée à l'Italie par le Ministère public valaisan le . Selon Ingrid Ryser, responsable de l'information à l'Office Fédéral de la Justice (OFJ), « Il pourrait être judicieux que les deux autorités judiciaires unissent leurs forces, mettent leurs ressources en commun et travaillent ensemble sur cette procédure pénale[188],[189]». Suite aux pressions exercées par l'Italie, le Président de la Confédération Suisse Guy Parmelin rappelle les principes de l'État de droit (séparation des pouvoirs) et le fonctionnement de la Confédération suisse (compétences des Cantons)[190],[191]. Georgia Meloni maintient sa décision de rappel de son ambassadeur et l'ambassade d'Italie à Berne n'a plus d'ambassadeur depuis le [192].
Actions en responsabilité civile
Le non-respect des normes de sécurité pour un établissement public peut engager la responsabilité civile des propriétaires ou des exploitants (selon le code des obligations). Dans ce cadre, les victimes ou leurs familles peuvent demander une indemnité pour le dommage subi[162]. Si des manquements de la part des autorités sont établis, celles-ci peuvent aussi être tenues de verser des indemnités aux victimes.
Commentaires de la presse
Compte tenu du nombre élevé de victimes décédées ou grièvement blessées, qui pourraient rester handicapées et nécessiter des soins et de l'assistance pour le reste de leur vie, l'incendie pourrait donner lieu à un nombre considérable de demandes d'indemnisation[193]. Un avocat suisse spécialisé dans les questions de responsabilité civile estime que les frais de traitement à vie[pas clair] pourraient à eux seuls s'élever à environ un million de francs suisses par blessé, et que le montant total des demandes d'indemnisation pourrait atteindre des centaines de millions[194]. Le volume des demandes d'indemnisation risquerait dès lors de dépasser de loin les capacités pécuniaires des mis en cause, ainsi que la somme généralement allouée par les compagnies d'assurance en responsabilité civile, qui peuvent également refuser la couverture en fonction de la police[pas clair][193].
Les lacunes apparentes en matière d'inspection incendie de la part de la commune de Crans-Montana pourraient donner également lieu à des demandes d'indemnisation au titre de la responsabilité de l'État[193],[194], ce qui pourrait menacer gravement les finances de la commune[195]. Selon la loi valaisanne, les autorités publiques sont responsables, sans limitation, des dommages qu'elles causent aux tiers, s'il y a eu manquement grave aux devoirs officiels[réf. nécessaire]. Selon Felix Uhlmann, professeur suisse de droit administratif, cela serait probablement le cas en présence d'omission ou d'irrégularité des inspections incendie[193]. Ces actions en responsabilité de l'État seront principalement dirigées contre la commune de Crans-Montana en tant qu'autorité responsable des inspections incendie, mais des actions contre le canton du Valais en tant qu'autorité de surveillance de la commune pourraient également être intentées[193].
Images de l'incendie
Le , des images de l'intérieur du bar, capturées par les enquêteurs juste après l'incendie, sont publiées par plusieurs journaux. Elles démontrent l'ampleur des dégâts causés par l'incendie ainsi que la provenance de la chaleur qui était due principalement à la combustion des mousses acoustiques. On y voit les verres du bar fondus, ce qui indique que la température du feu a atteint selon les endroits plus de 1 000 °C[196],[197],[198].
