Influence d'Alain Delon

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Parmi les acteurs du cinéma européen les plus célèbres de son temps, Alain Delon est l’un des acteurs français les plus reconnus et influents du XXe siècle. Son image, ses rôles et interprétations inspirent de nombreux cinéastes et artistes contemporains.

Rocco Siffredi a choisi son nom de scène en référence aux personnages Roch Siffredi (Borsalino et Borsalino & Co) et Rocco Parondi (Rocco et ses frères), tous deux interprétés par Alain Delon[1]. L’acteur hongkongais Ti Lung a choisi son nom de scène d'une dérivation verbale proche du nom de son acteur préféré Alain Delon[2].

Influence dans le cinéma

Jean-Michel Frodon, critique et historien du cinéma, souligne que Delon est une figure unique du cinéma français d'après-guerre, dont l'énergie et l'intelligence à l'écran ont été superbement exploitées par des cinéastes comme Jean-Pierre Melville[3]. Ainsi, dans Le Samouraï, Delon (en tant que tueur à gages se nommant Jeff Costello) est en tête d'affiche d'un film cité comme l'un des plus influents de l'histoire[4],[5]. Référence incontournable pour de nombreux cinéastes, Martin Scorsese (Taxi Driver et Les Affranchis), Paul Schrader, Quentin Tarantino, Jim Jarmusch (Down by Law), Michael Mann (Le Solitaire, Heat et Collateral), Johnnie To, David Fincher, Bernardo Bertolucci, Aki Kaurismäki, Takeshi Kitano, Georges Lautner, Nicolas Winding Refn (Only God Forgives), Luc Besson, Joel Coen et Ethan Coen ou Alain Corneau ont tous repris les motifs de ce long-métrage, tout en l'adaptant à leur style de mise en scène respectif[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17],[18],[19],[20],[21],[22],[23],[24]. De nombreux films du Nouvel Hollywood et succès critiques tels que The French Connection (1971) de William Friedkin ou Conversation secrète (1974) de Francis Ford Coppola contiennent des références explicites au Samouraï et au personnage de Jeff Costello interprété par Delon[25],[26],[27],[28].

Sa carrière continue d'influencer de nombreux artistes du 7e art, issus de générations variées. Des comédiens établis comme Pierre Arditi[29], Daniel Auteuil[30], Jean-Pierre Bacri[31], Antoine de Caunes[32], Jean Dujardin[33], Gad Elmaleh[34], Mathieu Kassovitz[35], Gérard Lanvin[36], Vincent Lindon[37] ou Benoît Magimel[38] reconnaissent en lui une référence majeure du cinéma français. Des figures de la génération suivante, plus récentes, telles que Louis Garrel[39],[40], ou Pierre Niney[41],[42],[43], ont également exprimé leur respect pour son héritage cinématographique.

Ce qui suit concerne uniquement l’influence directe et intrinsèque d’Alain Delon à travers ses rôles ou son style d’acteur. Seuls quelques films s’inspirent davantage du style et de la personnalité distinctifs de Delon que de ses performances d’acteur.

Productions européennes

  • Le film allemand Liebe ist kälter als der Tod rend hommage à des maîtres du cinéma français comme Claude Chabrol et Éric Rohmer. Par ailleurs, le style de mise en scène s’inspire du Samouraï de Melville, tandis que l'artwork du poster est apparente à la silhouette d'Alain Delon dans le film[44]. Le personnage Bruno (Ulli Lommel) est aussi inspiré du personnage campé par Delon[45].
  • L'influence du cinéma français vis-à-vis du cinéma italien est notable, particulièrement dans le genre du néo-polar ou « poliziottesco ». Ce genre cinématographique a trouvé en Delon une figure représentative du tueur à gages froid et méthodique. Le personnage de Jeff Costello, interprété par Delon, a largement inspiré Fernando Di Leo et sa Trilogie du Milieu[46],[47],[48].
  • Dans La Boum de Claude Pinoteau, Vic (Sophie Marceau) et Lysia (Nathalie Riqué) éprouvent toutes deux des sentiments pour Mathieu. Jalouse de sa rivale, Vic la décrit comme « la fille d'Alain Delon et de la Joconde », supposant l'exceptionnalité de sa beauté[49].
  • Luc Besson, dans Léon, s'inspire de Jeff Costello (Delon dans Le Samouraï) pour créer Léon, le personnage principal incarné par Jean Reno[50],[51].
  • Dans Irma Vep (1996) d'Olivier Assayas, Delon n'apparaît pas à l'écran mais est mentionné dans un dialogue. Lors d'une interview, le personnage de Maggie Cheung (jouant son propre rôle) déclare : « En fait, on ne voit pas beaucoup de grands films français à Hong Kong. Et peut-être les plus gros films, on les voit avec des grandes stars comme Alain Delon, Catherine Deneuve »[52].
  • Le protagoniste du film La Mauvaise Éducation (La mala educación), joué par Gael García Bernal, est inspiré du personnage de Tom Ripley de Patricia Highsmith, comme présenté par René Clément dans Plein Soleil sous les traits d'Alain Delon[53]. Bernal a déclaré que la performance qu'il souhaitait le plus imiter était Delon dans le rôle de Ripley dans Plein Soleil[54].
  • Dans Dikkenek, une comédie belge réalisée par Olivier Van Hoofstadt, le personnage de Jean-Claude (Jean-Luc Couchard) utilise un paquet de cigarettes fictif de marque « Alain Delon » (détournant l’avertissement sanitaire en « Alain Delon tue ») pour laisser son numéro à Natacha (Marion Cotillard)[55].
  • Des images d’Alain Delon et de Roger Moore figurent sur le mur au‑dessus du lit de Stella (Stella de Sylvie Verheyde)[56].
  • Dans Les Nuits rouges du bourreau de jade de Laurent Courtiaud, le personnage principal féminin, interprété par Frédérique Bel, s'inspire directement de l'image de Delon dans Le Samouraï[57],[58].
  • Dans À bout portant de Fred Cavayé, Roschdy Zem incarne un personnage nommé Sartet, en hommage à Delon dans Le Clan des Siciliens[59]. Le style du tueur à gages, froid et élégant, fait aussi référence à Jeff Costello[60]. Delon est par ailleurs remercié au générique de fin.
  • Dans La piel que habito, Pedro Almodóvar demande à Antonio Banderas de s'inspirer de la prestation d'Alain Delon dans Le Cercle rouge pour devenir « glacial, calculateur, tout en retenue et en économie »[61],[62].
  • Richard Ayoade cite Le Samouraï comme une inspiration majeure de ses films. Dans Submarine, le personnage d'Oliver Tate porte le même costume que celui de Delon dans Le Samouraï et affiche un poster du film dans sa chambre, par admiration pour le personnage qu'il incarne[63],[64]. Certaines scènes du film sont directement inspirées du classique français[65].
  • Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, dans Salvo visant à recréer l'aura des films noirs français, s'inspirent notamment de Delon pour le personnage principal. Le choix de l'acteur Saleh Bakri par les réalisateurs pour incarner Salvo (un tueur à gages sicilien) découle de cette vision : « Ensuite, nous voulions un corps fort qui occuperait l'écran avec beaucoup de charisme, en pensant à Jean-Pierre Melville, aux films noirs français, à des acteurs comme Alain Delon[66] ». Ils ont aussi intégré des éléments stylistiques et thématiques du film français[67],[68].
  • Le film Final Cut de György Pàlfi combine des scènes issues de plus de 450 films internationaux dont l'une fait apparaître Alain Delon échangeant des regards avec Marilyn Monroe[69].
  • Pierre Niney dans Un homme idéal travaille à recréer une ressemblance avec le personnage joué par Delon dans Plein Soleil[70],[71].
  • Dans Une baleine de Pablo Hernando, le personnage principal interprété par Ingrid García-Jonsson (une tueuse à gages) est inspiré de Jef Costello[72],[73]. Le réalisateur confirme cette influence : « Je comprends les comparaisons, mais je n’ai pas mélangé les références. Le seul que j’ai utilisé était l’archétype du tueur à gages solitaire d’Alain Delon (...) »[74]. Aussi, le nom du principal antagoniste, Melville, est un hommage à Jean-Pierre Melville, le réalisateur du Samouraï[75].
  • Saul Nanni reprend dans la série Le Guépard le rôle de Tancredi Falconeri , précédemment joué par Alain Delon en 1963[76]. L'acteur se dit honoré de jouer un personnage aussi « emblématique » et de pouvoir suivre les traces d’un acteur aussi « incroyable » que Delon, sans avoir peur d'être confronté à cette « icône »[77],[78],[79]. Pour se préparer au rôle de Tancredi, il a relu le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa et revisionné le film de Visconti, en essayant de comprendre les méandres de la dynamique familiale et sociale de l’aristocratie sicilienne des années 1860[80].
  • Giovanni Aloi mentionne Le Samouraï et le personnage de Jef Costello comme des références visuelles essentielles pour son film Le Domaine[81]. Félix Lefebvre, interprète principal, a été invité à revoir Le Samouraï, et s’est inspiré de Delon pour sa prestation[82],[83].
  • Alain Delon inspire François Ozon dans le choix et la manière de façonner l'interprétation de Benjamin Voisin en Meursault, dans son adaptation de L'Étranger d'Albert Camus[84].
  • Pour incarner George Fahmy dans Les Aigles de la République, Fares Fares s'inspire d'Alain Delon, aux côtés de Marcello Mastroianni et Humphrey Bogart[85],[86].

Productions américaines

  • L'atmosphère générale, la caractérisation des personnages et le style narratif du film américain French Connection sont en majeure partie influencés par Le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville. William Friedkin s'est également inspiré du personnage incarné par Alain Delon, qui joue un tueur à gages solitaire et méthodique, pour façonner le personnage de Popeye Doyle (Gene Hackman)[87]. La scène de poursuite dans le métro de The French Connection est d'ailleurs reprise de Bullitt et du Samouraï[88].
  • Alain Delon, par son interprétation de Jeff Costello, élabore un archétype de « l'antihéros silencieux et stoïque ». Ryan O'Neal dans Driver incarne un personnage basé presque entièrement sur Jeff Costello[89],[90]. Driver est par ailleurs considéré comme une adaptation non officielle du Samouraï[91].
  • En découvrant à Paris une affiche de Delon en Zorro, Ilya Salkind eut l’idée de produire Superman (1978)[92]. Le héros masqué incarné par l’acteur français raviva en lui le souvenir du Superman qu’il regardait à la télévision américaine durant son enfance, et lui inspire l’idée d’un film similaire[93].
  • Rocco et ses frères influence un certain nombre de cinéastes, dont Martin Scorsese qui s'inspire pour son Raging Bull du personnage de Rocco (Delon) pour aider à façonner l’interprétation de Jake LaMotta par Robert De Niro[94],[95],[96]. Scorsese a également noté que le personnage de Jef Costello, incarné par Delon dans Le Samouraï, avait inspiré la création de Travis Bickle, le protagoniste de Taxi Driver (le rôle sera d'ailleurs proposé à Alain Delon[97])[98],[99].
  • Lors du tournage d'American Gigolo, le scénariste et réalisateur Paul Schrader a fait visionner à Richard Gere et John Travolta[100] plusieurs films avec Delon pour qu'il s'inspire de sa composition : « J’ai projeté Purple Noon pour Richard Gere avant American Gigolo. J’ai dit : « Regardez ce type [Alain Delon]. La façon dont il marche. Il sait que la salle est un meilleur endroit parce qu’il vient d’y entrer »[101]. Par ailleurs, Richard Gere cite l'acteur français comme source d'inspiration : « C’est en regardant les films d’Alain Delon que j’ai appris à jouer les séducteurs à l’écran. Alain Delon m’a vraiment inspiré pour jouer ce genre de personnages »[102],[103],[104].
  • Dans une interview de 1992, Tarantino affirme qu'il aime le titre de Reservoir Dogs parce que « ça sonne comme dans un film d’Alain Delon de Jean-Pierre Melville... Je pouvais voir Alain Delon en costume noir dire : « Je suis M. Blonde »[105]. Par ailleurs, Le Samouraï est l’un des films préférés de Quentin Tarantino et l’a influencé dans la création du monde de Reservoir Dogs et Pulp Fiction[106]. L'idée des costumes des films Reservoir Dogs et Pulp Fiction de Quentin Tarantino, vient d'une discussion entre Tarantino et la costumière Betsy Heimann, à propos de films noirs français avec Delon[107],[108].
  • Michael Mann, pour Heat (tout comme Collatéral), crée le personnage de Neil McCauley (Robert De Niro) en s'inspirant du style minimaliste et détaché de Delon dans Le Samouraï et des différents protagonistes que Melville met en scène dans Le Cercle rouge[109],[110]. La phrase « Je suis seul, pas solitaire » de McCauley (De Niro) fait par exemple directement écho à celle de Jeff Costello (Delon) « Je ne perds jamais, jamais vraiment »[111].
  • Alain Delon (Tom Ripley) dans Plein soleil (1960) est une référence importante pour la conception du film Le Talentueux Mr. Ripley (1999) d’Anthony Minghella[112]. William Horberg, producteur du film, apprécie le style visuel et la performance de Delon dans Plein soleil, mais critique les fondements psychologiques de cette adaptation, qu’il juge inversés par rapport au roman de Patricia Highsmith[112]. Pour corriger cela et rester plus fidèle à l’œuvre originale, Minghella conçoit un Ripley qui n’incarne pas la perfection comme Delon, mais un individu ordinaire et envieux qui aspire à cette perfection[112]. Horberg précise : « Ça ne marcherait pas pour un Alain Delon de jouer notre Ripley — il était trop parfait. Au lieu de cela, le concept de Minghella était que Ripley aspirait à être Alain Delon »[112]. Matt Damon évoque les efforts physiques exigés pour approcher cet idéal : « On m’a dit que je devais ressembler à Jude Law, ce qui est impossible au départ : c’est comme si on me disait que je devais ressembler à Alain Delon. J’ai au moins dû faire en sorte que mon corps ressemble au sien »[113].
  • Forest Whitaker s’inspire aussi du rôle de l'acteur français pour Ghost Dog : La voie du samouraï de Jim Jarmusch : « En guise de préparation, j'ai regardé ce chef-d'œuvre avec Alain Delon. Grâce à lui, j'ai compris la vertu du silence. »[114],[115],[116]. La fin fait également ouvertement un clin d’œil au samouraï, dans lequel Delon, comme Ghost Dog, porte une arme à feu non chargée dans une circonstance dont il sait qu’elle s’avérera fatale[117],[118]. Whitaker reprendra plus tard dans La Voie de l'ennemi le rôle de Gino Strabliggi (joué par Alain Delon dans Deux Hommes dans la ville)[119],[120],[121]. Si Whitaker a vu l’original de José Giovanni avec Jean Gabin et Alain Delon, il a composé entièrement son personnage pour l’adapter au monde contemporain[122].
  • Dans The Yards, James Gray s'inspire directement d’une scène de Rocco et ses frères avec Delon, qu’il reconnaît avoir reprise en la rendant plus réaliste[123]. Il a également demandé à son équipe de visionner ce film avant le tournage[124]. Dans La nuit nous appartient, toujours de Gray, l’esthétique sombre et les figures solitaires rappellent l’univers des polars avec Delon[125]. Découvert à Paris dans les films de Melville, l’acteur français incarne pour Gray une ambiguïté silencieuse qu’il cherche à retrouver chez ses interprètes, notamment Joaquin Phoenix[126].
  • Pour se préparer à jouer le rôle de Vincent dans Collatéral, Tom Cruise dit avoir « d’abord regardé quelques films sur des tueurs professionnels, dont « Le Samouraï » de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon. J’étais [Tom Cruise] très fasciné par son charisme solitaire et mélancolique dans l’exercice de ses cruelles affaires. »[127]. L'apparence et le caractère de Cruise dans le film américain rappellent par ailleurs le personnage de Jef Costello dans Le Samouraï[128],[109].
  • Dans Eldorado de Bouli Lanners, un clin d'œil humoristique et satirique est adressé à Alain Delon, à qui le réalisateur souhaitait rendre hommage : un naturiste âgé et excentrique, interprété par Didier Toupy, se présente comme « Alain Delon » et s'assoit nu sur une chaise de réalisateur portant son nom[129],[130].
  • L'influence de Delon se manifeste aussi dans les films comme Drive de Nicolas Winding Refn et Baby Driver d'Edgar Wright[131]. Tous deux inspirés par Le Samouraï de Melville, ceux-ci présentent les protagonistes – interprétés respectivement par Ryan Gosling et Ansel Elgort – en tant que chauffeurs de fuite taciturnes et charismatiques, rappelant le personnage de Jef Costello[132]. Ryan Gosling affirme s'est être inspiré pour son jeu d'acteur de la prestation de Delon dans le Samouraï[133].
  • Dans Le Samouraï, Delon joue le rôle de Jef Costello, un tueur à gages méthodique et solitaire, dont la vie est régie par un code strict et une routine implacable. Dans The Limits of Control, Jim Jarmusch rend hommage à cette iconographie en créant le personnage du Lone Man, interprété par Isaach de Bankolé[134],[135]. À bien des égards, le Lone Man est une réincarnation moderne de Jef Costello[136],[137],[138],[139],[140].
  • Le film d'Anton Corbijn, The American (inspiré du Samouraï de Melville[141]) met en vedette George Clooney dans le rôle d'un assassin, qui ressemble à Costello[142]. Clooney s’inspire également de Delon pour son rôle dans Hors d’atteinte[107].
  • Dans Un jour, la mère de Dexter (Patricia Clarkson) compare son mari à Alain Delon : « C'est Alain Delon ? Quoi ? Non. C'est ton père », démontrant à quel point elle est amoureuse de son mari[143],[144].
  • Richard Ayoade s’est inspiré du costume porté par Delon dans Le Samouraï pour le personnage principal de son film The Double (2013)[145],[146].
  • Keanu Reeves, dans John Wick : Chapitre 4, incarne un tueur à gages, imitant Alain Delon que Reeves a pour modèle d’acteur[147]. Chad Stahelski, réalisateur responsable de le franchise John Wick est également un admirateur de Delon et Jean-Pierre Melville[148],[149],[150],[151],[152]. Stahelski s'inspire pour John Wick du Cercle rouge ou encore du Samouraï[153],[154].
  • Dans la préparation de The Two Faces of January, Hossein Amini s’est inspiré de Plein Soleil de René Clément, en empruntant plusieurs détails d’époque afin de restituer son atmosphère[155],[156]. Viggo Mortensen a lui aussi revu Plein Soleil avec Delon pour préparer son rôle[157]. Steven Noble cite Delon et Jean Seberg comme sources d'inspiration pour les costumes du film[158].
  • Dans l'élaboration de la franchise cinématographique The Equalizer, le réalisateur Antoine Fuqua affirme que Delon a influencé le développement du personnage principal de Robert McCall, un homme solitaire aux motivations morales fortes, agissant en justicier pour ceux qui ne peuvent se défendre seuls, joué par Denzel Washington : « Mes plus grandes inspirations ont été les films étrangers des années 1970, vraiment […]. Et bien sûr, tous ces films d’Alain Delon, les films français en particulier, comme Le Samouraï (1967), avec ce genre de rythme lent et de développement des personnages au fur et à mesure qu’il se déroule. C’est le genre de films qui m’inspirent »[159],[160].
  • Le film A Bigger Splash, réalisé par Luca Guadagnino, est une adaptation moderne du thriller français La Piscine de Jacques Deray. Adaptation libre du film français, Guadagnino s'est impiré de l'atmosphère et de la tension érotique que Delon et Romy Schneider représentaient en 1969[161],[162]. Matthias Schoenaerts reprend le rôle tenu par Delon.
  • Benicio Del Toro évoque explicitement Delon dans Le Samouraï comme une source d’inspiration pour son personnage Alejandro dans Sicario[163]. Roger Deakins, directeur de la photographie du film, s’inspire lui aussi directement de ce polar français : pour lui, l’image de Delon mettant son chapeau dans Le Samouraï constitue un sommet du cinéma visuel et une référence majeure[164].
  • Dans The Killer de David Fincher, Michael Fassbender s’inspire du personnage campé par Alain Delon dans Le Samouraï[165],[166],[167].
  • Sean Penn cite les films de Jean-Pierre Melville, notamment Le Samouraï et Le Cercle rouge, parmi les références françaises qui ont influencé sa manière de jouer[168].
  • Jon Watts (réalisateur de la trilogie Spider-Man) cite Alain Delon parmi ses influences, avec Le Samouraï qu'il considère comme un modèle des « films de loups solitaires », inspirant la création des personnages de George Clooney et Brad Pitt dans Wolfs[169]. De plus, le film commence dans une suite de luxe fictivement nommée Delon Hotel, un clin d'œil manifeste à l'acteur français[170].
  • Dans le remake de The Killer sorti en 2024, Woo rend un nouvel hommage explicite à Delon en situant l'action à Paris[171].
  • Quarante ans après American Gigolo, Paul Schrader sollicite une nouvelle fois Richard Gere, en lui demandant de s’inspirer d’Alain Delon pour incarner son rôle dans Oh, Canada[172].

Productions asiatiques

De la Corée du Sud à la Chine, de nombreux cinéastes se sont inspirés du parcours d'Alain Delon et particulièrement de son interprétation de Jeff Costello dans Le Samouraï (1967)[173].

  • Dans le film d'animation japonais Les Mille et Une Nuits, le personnage d’Aslan est modelé sur le visage de Delon[174].
  • Monkey Punch s'inspire de plusieurs films et acteurs français pour créer les relations entre ses personnages dans son manga Lupin III. Au-delà du manga, les créateurs de la franchise animée ont intégré cette référence dans Edgar de la Cambriole : Le Secret de Mamo, premier long métrage animé de la franchise. Dans une scène où Fujiko (alias Margo) séduit Lupin avant de le droguer et de l’abandonner, celui-ci, frustré, exprime son échec et désigne Delon comme l’idéal masculin qu’il ne peut atteindre, en se comparant directement à l’acteur : « C’est bien dommage que je ne sois pas Alain Delon ! » ou encore « Je sais bien que je ne peux pas être Alain Delon »[175].
  • Coolie Killer (1982), avec Charlie Chin, dépeint un assassin froid et implacable, largement inspiré d'Alain Delon dans Le Samouraï. Son protagoniste, passant de simple ouvrier à tueur célèbre, anticipe les héros froids de John Woo[176].
  • Dans le film hongkongais The Flying Mr. B (1985), réalisé par Wong Jing, Alain Delon est mentionné dans les dialogues, aux côtés de Robert Redford et Charles Bronson[177].
  • John Woo choisit Chow Yun-fat pour le rôle de Mark Lee dans A Better Tomorrow (1986), en raison de sa ressemblance avec Alain Delon[178],[179]. Chow portait par ailleurs des lunettes de soleil commercialisée au nom de l'acteur dans le film et ses suites[180]. La marque de lunettes de soleil est devenue particulièrement populaire à Hong Kong : Chow Yun-fat sera remercié par Delon[181],[180].
  • Dans Tiger on the Beat, Francis (Chow Yun-fat) lit une liste de noms en remplissant son verre d'œufs crus, faisant un jeu de mots avec le mot « long » (dragon oriental)[182]. Chaque nom cité contient « Lung » : Bruce Lee (Lei Siu-Lung), Jackie Chan (Sing Lung), Alain Delon (Ah Lan Daai Lung), Sylvester Stallone (Si Taai Lung) et Ti Lung[183].
  • Hommage plus prononcé à l'acteur français, Chow Yun-Fat, dans le film The Killer de John Woo, ne se contente pas de reprendre le rôle d’Alain Delon dans le film Le Samouraï ; il incarne un personnage qui rêve qu’il est Alain Delon[184]. Woo a spécifiquement demandé à Chow de s'inspirer du jeu de Delon, considérant ce dernier comme l'archétype du charme français : « beau, ténébreux et dangereux »[185].
  • Tony Leung, dans son rôle de l'inspecteur infiltré dans Hard Boiled reprend des traits similaires à ceux de Delon dans Le Samouraï. Le personnage cité est d'ailleurs nommé d'après Alain Delon (Alan)[186].
  • À travers Le Samouraï, Delon inspire également Takeshi Kitano pour son film Sonatine, mélodie mortelle[187]. Melville et Delon sont des références majeures pour Kitano, qui a déjà exprimé son admiration pour le cinéma français[188],[189].
  • Dans Flying Dagger (1993), le personnage de l'aubergiste Pang Ting-hong (joué par Ng Man-tat) révèle être un ancien champion d'arts martiaux et se présente comme Alain Delon, tandis que sa femme (jouée par Anita Mui) est appelée Catherine Deneuve.
  • Delon a déjà inspiré l’esthétique des héros du cinéma hongkongais, notamment à travers le travail de John Woo ou Johnny To. Dans Les Dieux du jeu 3 : Les Débuts, le personnage de Ko Chun (Leon Lai) arbore une coupe de cheveux directement inspirée d’Alain Delon dans Borsalino[190].
  • Dans Fulltime Killer (2001), Johnny To et Wai Ka-Fai rendent un hommage explicite au Samouraï et à ses créateurs[191]. Delon est par ailleurs intégré et cité dans la production : le personnage O (Takashi Sorimachi) reprend fidèlement les codes de Jeff Costello, tandis que Tok (Andy Lau), tueur cinéphile, collectionne les VHS de Delon et cite Le Samouraï parmi ses références[192],[193]. Johnny To lui-même a évoqué dans plusieurs interviews son admiration pour Delon et Melville, et son désir de transposer ce style épuré dans ses propres productions[194],[195].

Des films qui influencent de nombreux cinéastes

Aussi, la Cinématek, Konbini (video club), The Criterion Collection dévoilent des listes où divers professionnels du milieu recommandent ou précisent leurs films préférés. Plusieurs des productions où Delon tient le premier rôle sont citées.

Mode

Ilaria Urbinati, styliste de renom auprès de Ryan Reynolds, Rami Malek ou Dwayne Johnson entre autres, cite Alain Delon parmi ses icônes de style qui l'inspirent : « Pour les hommes, je m’inspire des grandes icônes comme Paul Newman, James Dean, Alain Delon, Steve McQueen, Brando – tous des classiques dont les tenues sont encore cool aujourd’hui »[245],[246],[247].

Delon incarné par ses pairs

Guillaume Delorme a incarné Alain Delon en 2009 dans un téléfilm allemand, Romy, réalisé par Torsten C. Fisher et retraçant son histoire d'amour avec Romy Schneider[248]. Fabian Wolfrom incarne également l'acteur français dans la série consacrée au boxeur Carlos Monzon (grand ami de Delon)[249].

Alain Delon est le sujet principal d'une pièce de théâtre inspirée par sa carrière et l'univers de Jean-Pierre Melville, Alain Delon ou presque, de Stéphane Dolivet. La pièce est créée en au festival d’Avignon. Elle est reprise dans une nouvelle version en 2010, « Alain Delon… et moi »[250].

Influence musicale

Le musicien et compositeur Jimmy Smith a écrit et interprété sur son album The Cat (1964) un morceau intitulé Delon's Blues en hommage à l'acteur. En 1977, la chanteuse japonaise Ikue Sakakibara a sorti son quatrième single intitulé « Al Pacino Tasu Alain Delon Yori Anata » (アル・パシーノ+アラン・ドロン<あなた), ce qui se traduit par « Tu es mieux qu'Al Pacino et Alain Delon réunis »[251]. On continue à exploiter le physique de Delon jeune et il apparaît sur la pochette de l'album The Queen Is Dead des Smiths, paru en 1986, qui reprend une image du film L'Insoumis d'Alain Cavalier[252]. La même année, le groupe russe Nautilus Pompilius publie l'album Séparation (en russe : Разлука) dans lequel Alain Delon est plusieurs fois cité dans le refrain de la chanson Le Regard de l'écran (en russe : Взгляд с экрана)[253]. En 1991, le groupe britannique White Town sort Alain Delon EP avec la star en pochette, qui comprend le morceau Hair Like Alain Delon. En 2010, Emma Daumas rend hommage à Alain Delon dans la chanson Dans les yeux d'Alain Delon, sur son E.P. Acoustic. Loin de ce concert de louanges, Marianne Faithfull, amie de Nico, partenaire de Delon au cinéma dans les années 1960, mentionne l'acteur sur son album Kissin' Time[254]. En 2012, Madonna confirme dans un entretien accordé au Los Angeles Times que la chanson Beautiful Killer de l'album MDNA est un hommage à Alain Delon : « J’ai vu tous les films d’Alain Delon. Il est tellement charismatique »[255]. François Valéry considère Delon comme son idole et a composé une chanson intitulée Tu m'as donné l'envie d'être un artiste (Delon), dédiée à l'acteur[256].

Le groupe de musique italien Baustelle (La canzione di Alain Delon), le groupe de musique bulgare Chtourtsité (Alen Delon), Christoff de Bolle (Ich hab Alain Delon gesehn), Erlend Krauser (ro) (Deneuve Meets Alain Delon in The Train), Davide Van De Sfroos (L'Alain Delon de Lenn), Dann Stuyven (Dîner Delon), Sıla Gençoğlu et Ozan Doğulu (en) (Alain Delon) et Femme Schmidt (en) (Alain Delon), Fred Poulet (A. Delon), Pascal Obispo (Notre Dame et la France) ont tous cité et/ou rendu hommage à Alain Delon dans leurs productions musicales[257],[258]. Julien Baer, dans son album Drôle De Situation 1997-2011, écrit une chanson (Delon) en hommage à l’acteur[259],[260].

Rap

De nombreux rappeurs francophones ont intégré l'image d'Alain Delon dans leurs textes[117]. Damso s’inspire de l’atmosphère du film Plein Soleil pour le clip de sa chanson Macarena, posant sur un voilier à la manière de Delon en 1960[261]. Dans une autre de ses compositions (B. #QuedusaalVie), Damso cite l'acteur en référence à la chanson Paroles… Paroles…[262]. Booba se dit « viril comme Alain Delon » dans Mr.Koop tandis que Da Uzi (La vraie vie) veut devenir « une star comme Alain Delon ». L'enflure de Heuss l'Enfoiré s'achève sur un personnage qui « n’a confiance en plus personne comme Alain Delon » et « parle de lui à la troisième personne »[263],[264]. MC Solaar (Da Vinci Claude), Luv Resval (Flash), Gradur (Freestyle EnLéger #1), Alpha Wann (Freestyle Couvre Feu), El Matador (Génération Wesh Wesh), Meryl (Comme à la maison), Dontcha (Ghetto Street), Mister V (Nightcall), Rap Contenders (Wojtek vs Maadou), le groupe Sniper (Panam Hall Starz), Caballero et JeanJass (Grünt #49), Sexion d’Assaut (Welcome To The Wa - Part. 3), Marracash (A Volte Esagero), Mobb Deep (YL) Cesare Cremonini (La Isla) font entre autres référence à Alain Delon dans leurs œuvres, évoquant ses travers et ses représentations dans la culture populaire[117],[265],[266],[267],[268],[269],[270],[271],[272],[273].

Alain Delon dans la culture populaire

Notoriété internationale

Notes et références

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