Institut dentaire George-Eastman (Paris)

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Fondation
Créateurs
Carlo Sarrabezolles (sculpture), Édouard Crevel (architecture)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
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Institut dentaire George-Eastman
L'institut vu depuis le parc de Choisy.
Présentation
Type
Fondation
Créateurs
Carlo Sarrabezolles (sculpture), Édouard Crevel (architecture)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
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Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées
L'institut vu depuis la rue George-Eastman.

L'institut dentaire George-Eastman est un centre médical de soins dentaires situé au 11 rue George-Eastman dans le 13e arrondissement de Paris, le long du parc de Choisy. Construit sur les plans d'Édouard Crevel dans les années grâce à une donation de l'industriel américain George Eastman, il se caractérise par ses murs en briques rouges ornés de sculptures monumentales de Carlo Sarrabezolles.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est réquisitionné par la Wehrmacht comme hôpital militaire, avant de servir de centre de répression contre les collaborateurs lors de l'épuration qui fait suite à la Libération de Paris. Il revient ensuite à sa destination initiale de centre bucco-dentaire puis, en , est inscrit aux monuments historiques et réaménagé.

Fondation

L'établissement est créé au milieu des années sous le nom de Fondation George-Eastman en vue de surveiller l'hygiène dentaire des enfants parisiens, à partir d'une donation de l'industriel américain George Eastman, inventeur de la pellicule photographique et fondateur de Kodak. Le bâtiment est conçu par Édouard Crevel, architecte en chef de la Ville de Paris et de la préfecture de la Seine.

La construction de l'institut est d'abord envisagée en dans le quartier des Épinettes, dans le 17e arrondissement[1]. Néanmoins, la destruction en de l'usine à gaz d'Ivry libère un terrain pour l'aménagement du parc de Choisy, demandé depuis par le conseiller municipal communiste Louis Gélis[1]. Le projet de l'institut vient donc se greffer sur celui du parc et sera bâti sur son emprise[1]. Le parc est dessiné par un autre architecte de la Ville de Paris, Roger Lardat[1].

La première pierre de l'institut est posée le , et il est inauguré le [2]. Carlo Sarrabezolles en conçoit en les décorations intérieures et extérieures, et Raymond Subes réalise certaines ferronneries[3].

La rue George-Eastman est ouverte à la même époque, en , et prendra son nom en [2].

Seconde Guerre mondiale et occupation

Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de Paris, il sert d'hôpital militaire pour les soldats allemands. Il est réquisitionné le sous le nom Wehrmacht Zahnklinik Eastmann [sic] der Kriegslazarett, Abteilung 680 (littéralement « Clinique dentaire de l'hôpital militaire, département 680 »)[4],[5].

Libération et épuration

Lors de la Libération de Paris en , ce bâtiment est tenu par des FTP, souvent des résistants de la dernière heure (baptisé ironiquement FFS pour « Forces françaises de septembre »[6]) avec à leur tête le capitaine Bernard (René Sentuc) nommé par le colonel Fabien. Le bâtiment sert officiellement, lors de l'Épuration, de centre de répression contre les collaborateurs, mais devient officieusement un centre clandestin de séquestration et d'exécution, où plus de deux cents personnes sont incarcérées et torturées, souvent sur simple dénonciation, entre le et le [6].

Le collaborateur Jean-Pierre Abel, arrêté le , y passe 76 jours et publie en L'Âge de Caïn[7] dans lequel il raconte sa détention.

Arrêtée par erreur, Madeleine Goa est fusillée dans l'enceinte de l'institut et son corps criblé de balles sera retrouvé abandonné dans la rue par la police ; son mari est jeté sous un char de la division Leclerc. Après enquête, il s'avère qu'ils avaient protégé des résistants et caché des Juifs et des parachutistes. Trente-huit personnes détenues dans l'institut sont exécutées sur les bords de la Seine et leurs cadavres sont par la suite repêchés[2],[8].

René Sentuc ne sera arrêté pour ces faits qu'en , mais bénéficiera de la loi d'amnistie de pour les infractions commises pendant la guerre[9].

En , le polar J'étais le collabo Sadorski[10] de Romain Slocombe prend pour scène l'Institut dentaire pendant l'épuration[11].

Après guerre

Après la guerre, le bâtiment retrouve sa vocation et abrite un centre bucco-dentaire de la mairie de Paris.

Dans les années , les chirurgiens-dentistes exerçant en libéral sur la place de Paris voient dans ce dispensaire une concurrence déloyale, compte tenu de ses prix réduits à destination des populations défavorisées, et exercent donc une forte pression auprès de Jacques Chirac, alors maire de Paris, pour obtenir sa fermeture[12]. À défaut de le fermer complètement, Chirac cède à certaines de leur demandes, faisant passer le nombre annuel de consultations de 100 000 au début des années à 13 00014 000 en [12].

En , deux laboratoires de la mairie de Paris s'y installent, dans l'espace laissé vide par la baisse d'activité[12] : le laboratoire d'hygiène de la ville de Paris (LHVP) et le laboratoire d'étude des particules inhalées (LEPI).

Le bâtiment est inscrit dans sa totalité aux monuments historiques par arrêté du [13]. En , dans le cadre du projet « Réinventer Paris 2 », son réaménagement est confié à la Compagnie de Phalsbourg[14].

Description

Notes et références

Annexes

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