Insurrection du Katanga

From Wikipedia, the free encyclopedia

L’insurrection du Katanga est une rébellion persistante animée par divers groupes armés opérant en République démocratique du Congo, parmi lesquels certains revendiquent l’établissement d’un État autonome au sein de la province du Katanga. Bien que ce soulèvement se manifeste sous différentes formes depuis 1963, les factions insurgées ont accru leurs activités à la suite de l’évasion carcérale de 2011, laquelle permit la libération de Gédéon Kyungu Mutanga. Ce dernier dirigeait alors la majeure partie des mouvements séparatistes katangais avant de se rendre aux autorités congolaises en [1].

Depuis l’an 2000, les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) s’adonnent à un conflit armé d’intensité modérée opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que plusieurs factions séparatistes katangaises. Leurs activités insurrectionnelles se concentrent principalement dans les contrées septentrionales-orientales du Katanga, jouxtant la frontière sud-kivutienne. Ces hostilités prolongées ont engendré un exode massif, évalué à près de six cent mille personnes, fuyant vers d’autres provinces congolaises. Le bilan humain, demeuré indéterminé, inclut une multitude de civils décédés en raison des affrontements.

Une carte du Katanga

L’insurrection et l’instabilité politique émergèrent au Katanga dès les lendemains de l’accession à l’indépendance de la République Démocratique du Congo en 1960. Soutenue par la Belgique, qui y voyait le moyen d’établir un État vassal afin de préserver ses intérêts dans cette contrée riche en ressources minières, la province tenta de faire sécession. Proclamé président de cet éphémère État katangais, Moïse Tshombé ne parvint toutefois pas à assurer la pérennité de son autorité face aux forces centrales durant la crise congolaise. L’opération Grandslam en 1963 mit un terme à cette entreprise sécessionniste[2].

Début de l'insurrection

À la suite de l’opération Grandslam, les forces combattantes de la gendarmerie katangaise, composante militaire de l’État sécessionniste du Katanga, furent sommées de déposer les armes ou de s’incorporer à l’Armée nationale congolaise. Toutefois, une multitude de gendarmes choisirent de se soustraire à cette injonction, se réfugiant dans la clandestinité, voire opposant une résistance armée aux troupes gouvernementales[3]. Près de huit mille de ces combattants demeurèrent introuvables, leur sort restant indéterminé[4]. Un contingent non négligeable de ces gendarmes se replia vers des territoires limitrophes, notamment la Rhodésie du Nord et l’Angola portugais[5]. Les autorités coloniales lusitaniennes, percevant en ces hommes une ressource stratégique, les regroupèrent dans des camps dits « de réfugiés », lesquels fonctionnaient en réalité comme des centres d’instruction militaire pour insurgés[6]. En 1964, lorsque Moïse Tshombé accéda au poste de Premier ministre de la République démocratique du Congo, il mobilisa sans délai ces gendarmes exilés pour réprimer la rébellion Simba. Leur engagement contribua significativement au rétablissement de l’autorité du gouvernement central[7]. Néanmoins, la disgrâce politique de Tshombé en 1965, suivie de la prise de pouvoir par Mobutu Sese Seko – qui renommera ultérieurement le pays « Zaïre » –, modifia leur statut. Considérés avec méfiance par le nouveau régime, les gendarmes katangais conservèrent une distance politique à son égard. Cette défiance culmina en une vaine mutinerie en , rapidement réprimée par les forces loyalistes[8].

Les gendarmes katangais se retirèrent ultérieurement en Angola[9], mais le dessein de Tshombé de les employer pour une reconquête s’évanouit lorsqu’il fut incarcéré en Algérie en 1967[10]. En exil angolais, ces forces se réorganisèrent sous la bannière du Front de libération nationale du Congo (FLNC)[11]. Le FLNC entreprit deux expéditions militaires visant à reconquérir le Katanga en 1977 et 1978, respectivement dénommées Shaba I et Shaba II, lancées depuis leurs bases angolaises[12]. Lors de la première incursion, le FLNC obtint quelques succès initiaux, parvenant à rassembler une cohorte de six à sept mille hommes sur le sol katangais. Toutefois, les insurgés furent refoulés après que le gouvernement zaïrois eut bénéficié d’un concours militaire étranger. La seconde tentative, Shaba II, permit aux rebelles de s’emparer provisoirement de Kolwezi, cité stratégique. Le FLNC leva alors une milice indigène et tenta d’étendre son emprise, mais son entreprise échoua une nouvelle fois en raison d’une intervention extérieure. Une force aéroportée franco-belge, déployée lors de l’opération Léopard, reprit la ville, contraignant in fine le FLNC à se retrancher en Angola[12],[13].

Malgré l’insuccès des incursions au Shaba, la mouvance sécessionniste perdura sous forme d’une agitation insurrectionnelle endémique[10]. Au cours de la décennie 1990, les anciens gendarmes katangais et leurs affidés se fractionnèrent en une pluralité de factions antagonistes. Une fraction de ces miliciens opta pour un ralliement à Mobutu, tandis que d’autres, surnommés les « Tigres katangais », persistèrent dans une opposition irréductible. Ainsi, durant le premier conflit congolais (1996-1997), qui scella la déchéance de Mobutu, les factions katangaises combattirent en des camps opposés[14].

Insurrection ultérieure

Voir aussi

Références

Related Articles

Wikiwand AI