Jean-Pierre Armengaud
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Jean-Pierre Armengaud, né le , à Clermont-Ferrand, est un pianiste-concertiste international et musicologue français, qui s’est produit en récital, en concerto, en musique de chambre et en artiste de spectacle dans plus de 50 pays. Il a beaucoup enregistré, notamment des intégrales discographiques bien reçus par la critique[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7], de Erik Satie, Claude Debussy, Albert Roussel, Francis Poulenc, ainsi que du compositeur russe Edison Denisov, de Ludwig van Beethoven (lieder), de Clara Schumann (en cours) ainsi que des œuvres de compositeurs contemporains. Il a aussi exercé des postes de responsabilité culturelle comme conseiller culturel d’ambassade à l’étranger, directeur de la Création musicale à Radio France, professeur HDR, à l’Université d’Evry (Paris-Saclay).
Jean-Pierre Armengaud est né le à Clermont-Ferrand (Puy de Dôme). Il commence le piano à 4 ans et demi et gagne à 10 ans le Grand Prix du concours national Au royaume de la musique avec une oeuvre de Debussy. Formé à l’Ecole d’Yves Nat par Marcel Jacquinot puis par Pierre Sancan, il obtient en 1965 la Licence de concert à l’Ecole normale de musique avec notamment Geneviève Joy-Dutilleux. Il se perfectionne avec Reine Gianoli et à l’étranger avec Guido Agosti à l’Académie Chigiana de Sienne (1969) puis Stanislas Neuhaus au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou (1974). Lauréat en 1966 du concours international de Vercelli (Italie), il réussit le concours de soliste-concertiste de l’ORTF[8].
Il acquiert parallèlement en 1966 le diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et entreprend une thèse de musicologie avec le philosophe Vladimir Jankélévitch[9], avec qui il donne quelques conférences-récitals. De 1967 à 1974 il est l’adjoint de Germaine Arbeau-Bonnefoy pour les concerts pédagogiques des Musigrains au Théâtre des Champs Elysées[10], puis aux Jeunesses musicales de France.
Il donne des récitals en direct sur France Musique et France Culture, et se produit sur plusieurs chaines de TV. Il enregistre avec les différentes formations de la Radio, joue le 2ème concerto de Bartok avec l’Orchestre Philharmonique de l’ORTF , puis le concerto pour la main gauche de Ravel avec l’Orchestre Colonne, dir. Pierre Dervaux. Il fonde un Trio piano, violon, clarinette avec Jean-Pierre Sabouret et Michel Arrignon et enregistre un premier disque EMI[11], et un deuxième pour Le Chant du Monde avec Devy Erlih et Alain Meunier. Dans les années 70-80, ses programmes comprennent Beethoven, Schumann, Scriabine, Prokofiev, Ravel, Debussy puis après de grandes tournées en Union Soviétique, (Grande Salle de La Philharmonie à Saint-Petersbourg et Salle Tchaïkovski à Moscou), Ukraine, Europe, Moyen Orient, il élargit son répertoire à la musique française de Rameau à Dutilleux, et à la musique contemporaine. Il joue en avant-première du Festival de Royan puis créée le Festival des Fêtes musicales de La Sainte Baume[12] qu’il dirige de 1969 à 1975 et où il effectue des créations de plusieurs compositeurs (Ohana, Stockhausen, Lutoslawski, Denisov, Schnittke, Goubaidoulina…)[13]suivies par des enregistrements (dont une intégrale de Denisov enregistrée pour la Radio suisse romande). Il contribuera ensuite à la découverte des Musiques russes des Avant-gardes, en France et à l’étranger.
Dans les années 80-90, Armengaud se fait connaitre internationalement pour la musique de piano d’Erik Satie, qu’il joue dans plus de 50 pays, dont il enregistre l’intégrale pour piano solo et 4 mains (avec le pianiste Dominique Merlet), cinq fois re-éditées, et voix (avec Anne-Sophie Schmitt), qui marquera sa façon d’interpréter[14]. Il devient un spécialiste mondialement reconnu de Satie, écrit une biographie de 800 pages (Prix des Muses 2009) sur le compositeur, participe à de nombreux spectacles (Récital mis en scène par Jérôme Deschamps au Centre Georges Pompidou, Ballet Danse d’Ameublement avec Karine Saporta au Théâtre de l’Athénée[15], Performance salle Gaveau avec Michael Lonsdale, Intégrale-piano à Varsovie pour l’Union européenne de radio, Vexations jouées dans l’Eglise de Koenigsfeld (RFA), Hommage à Rolf Lieberman à la Musikfabrik de Hambourg).
Dans les Années 1990-2000, Armengaud réalise une série de plus de 50 enregistrements, dont l’intégrale de l’oeuvre pour piano de Debussy, suivie par la suite d’un double album de pièces rares pour Warner et Naxos. S’enchainera dans les années 2000-2010 l’enregistrement chez Naxos/Grand Piano d’une série de CD sur la musique française Roussel (intégrale), d’Indy[16], Louis Aubert, Franck (Les Eolides), Poulenc (intégrale), Dutilleux). Il joue la musique française dans des tournées de concerts au Japon (avec l’orchestre Philharmonique de Tokyo, dir V. Fedosseiev, à Taîwan, et à travers toute la Chine, en Russie de nouveau, en Argentine, en Italie (à La Fenice de Venise et au Palais Farnèse de Rome), à Vienne et en Allemagne (où il devient professeur-invité dans les Musikhochschulen de Mannheim et Weimar. Il donne des masterclasses pour pianistes, et aussi pour chanteurs. En France Armengaud a été parallèlement directeur de la Création musicale à Radio France et Délégué artistique du Festival Présences, puis Professeur-invité à La Sorbonne et Professer-HDR fondateur d’un Département et d’un Laboratoire de musique[9] à l’Université d’Evry-Paris Saclay. Il crée avec Henri Dutilleux et Yves Dauge le festival « Musiques d’automne de Chinon » où il joue en musique de chambre avec entre autres Michel Portal, Pierre Amoyal, Daniel Hope, Alexander Rudin, Gérard Caussé, le quatuor Paul Klee, Olivier Chauzu (à 4 mains).
Récemment, l’actualité musicale a ramené Armengaud vers sa prédilection pour Beethoven, grâce à la commande par Warner de 8 CD de l’ensemble des mélodies et Lieder de Beethoven pour l’intégrale du Bicentenaire. En 2025 il entreprend pour Naxos une intégrale en 5 CD de Clara Schumann[17],[18] et contribue aux manifestations du 100ème anniversaire de la mort d’Erik Satie, au sein d’un important documentaire pour la chaine ARTE[19] et d’un podcast pour Radio France;
Publications
- Histoire de la musique de Beethoven à nos jours, Petite Encyclopédie Larousse, Paris 1976, 150 p.
- Les plus que brèves d’Erik Satie, Editions Seguier Paris 1989
- Edison Denisov, Un compositeur à travers le régime soviétique Editions Plumes, 315 p., Paris 1986
- La Musique chauve de Jean Dubuffet, Editions Seguier, Paris, 1992
- Erik Satie, Biographie, Collection Les Grands Musiciens, Editions Fayard, 800 p. Paris, 2009 (Prix des Muses)
- Vers une Musicologie de l’Interprétation, en collaboration avec Damien Ehrhardt, Cahier des Sciences de l’Art n°3-Université Paris 1 Editions de L’Harmattan Paris 2010,192 p.
- Claude Debussy : La Trace et l’Ecart, L’Harmattan Paris 2010, en co-écriture avec Pierre-Albert Castanet, livre avec 2 cds d’oeuvres de Debussy, Scelsi, Messiaen, Dutilleux, Pecou…portant l’influence de Debussy
- Erik Satie, Cinq Nouvelles en forme de poire, roman graphique de Bastien Loukia, Préface de Jean-Pierre Armengaud Editions BVR 2016
- Disorder and Creativity in composers, the performer’s gesture as a pointer to traces of « Madness » : Schumann, Mahler, Scriabine, Brückner, Chausson, Satie Sibelius…in Mental Illnesses in Symbolism, book with CD, Cambridge Universitypress, 26 p., 2017
- Erik Satie « En notes et en mots » Ornella Volta, Les Presses du réel, Paris 2025, 623 p., Préface de Jean-Pierre Armengaud, 22 p.
- Erik Satie, gymnopédiste, Mysikrevue, Stockholm, 1983 (en suédois)
- La Réforme de l’Enseignement musical en France. Revue Musicologie, Athènes, 5-6 1987
- L’Amour des trois oranges dans l’oeuvre de Prokofiev, Avant-Scène Opéra, Paris,
- Un regard musical sur Camille Claudel, « Camille Claudel et Debussy » in Catalogue de l’exposition au Musée Rodin, Paris 1991, et Catalogue raisonné de Camille Claudel, 1995
- Lili Boulanger et son temps in Actes du Colloque Lili Boulanger, Université de Kassel (RFA), 1993, en allemand
- Satie et Milhaud, in Honegger-Milhaud, Musique et esthétique, Actes du Colloque international, Sorbonne, (dir. Manfred Kelkel), Librairie J. Vrin, Paris 1994
- De l’interprétation pianistique : acte restaurateur ou simulacre. Recherches poétiques n°3, CNRS/Université Paris 1,1996
- La sur-représentation chez Erik Satie. Actes du Colloque « Musique et Représentation », ENS, 1996, in Cahiers du Sirem, déc.1996
- Quelques aspects de l’oeuvre pour piano d’Alexandre Tasman. Identités et influences. in Actes du Colloque Tansman 26-11-1997 Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2000
- Temps brisé, espace unifié dans la musique contemporaine de piano. Actes du Colloque « l’espace-musique-philosophie, Université de Paris IV. Editions de L’Harmattan,1998
- The metaphoric theater of Erik Satie. Musical Performances. Harwood Academic Publishers GMBH, London, Paris 1998
- Les Expériences musicales de Jean Dubuffet, Le Visuel et le Sonore. librairie Honoré Champion, Paris, 1998
- L’intermezzo chez Brahms. Revue Ostinato Rigore, Editions Jean-Michel Place, Paris 1998
- La musique russe des Avant-gardes est-elle surréaliste ? Actes du Colloque « Les Surréalistes et les Avant-gardes ». GITIS, Moscou, 1999 (en russe)
- Le pianiste en récital : Rite ou Cérémonie ? in Les Cahiers du Sirem « Musique et Rites », 1999
- Techniques et esthétiques pianistiques entre 1820-1830 : leur influence polonaise sur Frédéric Chopin, in « Chopin et ses amis »V. Editions Neriton, Varsovie, 1999 (en polonais et en français)
- La Spécificité de l’orchestre de radio dans le paysage symphonique, in Politiques culturelles et orchestres de radio, Peter Lang Editions scientifiques européennes, p 113 à129, 1999
- Naissance d’un Laboratoire de Recherche, le RASM (Réception, Arts, Spectacles, musique) à L’Université d’Evry-Saclay. Méthode et Enjeux. Actes de la journée d’études du à L’Observatoire musical français, Université de Paris IV.
- La Musique, une thérapie de la Démocratie, Le Monde diplomatique, revue Manière de voir n°57 mai-
- Interprétation et Esthétique pianistique contemporaine en Europe dans les années 50, in « Wie die Zeit vergeht », Editions PFAU Saarbrücken, 2003
- Comment interpréter Aliénor d’Aquitaine, in Revue 303
- Etude « Pour un nouveau Projet culturel et patrimonial de l’Abbaye Royale de Fontevraud. Eléments pour un contrat d’objectif », 35 pages
- Henri Dutilleux : La résonance à lui-même, in Revue Finnegans, Padova (Italie), 2007
- Henri Dutilleux : une musique qui marche sur le temps, in « Henri Dutilleux, le crystal et la nuée ». Centre de documentation de la musique contemporaine ( CDMC), Cité de la Musique de la Villette, 2010
- Le toucher symboliste dans la musique de Debussy, Actes du Colloque « L’Ombre et la Lumière dans le Symbolisme », Université d’Illinois (USA), 2012
- Henri Dutilleux, « Les Chemins de l’intérieur », in Revue Euterpe, Paris, 2015
- Erik Satie, Les Gestes harmoniques, in Revue Analyse Harmonique n°79, 8 p., Paris, 2016
- Rapports de lecture in Revue OICRLM, Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique : L’interprétation vocale du Verfügbar aux Enfers, 15/2 2016, La parole radiophonique, André Boucourechliev, 15/10 2019
