Robert Forgan s’implique dans la sphère politique municipale en accédant au conseil de la ville de Glasgow, à la suite d’une expérience militaire acquise durant la Première Guerre mondiale. Initialement rattaché au Parti Travailliste Indépendant, il obtient un mandat de député pour la circonscription de West Renfrewshire à l’issue des élections générales de 1929. Son intervention parlementaire inaugurale se traduit par l’instauration d’un dispositif de ventilation au sein de la Chambre des communes ; cet accomplissement ponctuel ne prévient toutefois pas son progressif déclassement au sein de l’institution. Il figure parmi les souscripteurs du mémorandum Mosley, texte programmatique exposant les linéaments d’une doctrine politique inédite, puis s’associe à Oswald Mosley lors de la fondation du New Party. Ayant formellement renoncé à son affiliation travailliste le 24 février 1931, il cosigne la même année, avec Adam Marshall Diston, une brochure intitulée The New Party and the ILP, visant à susciter l’adhésion des membres du Parti Travailliste Indépendant y à cette nouvelle organisation. Au sein de cette formation de brève durée, Forgan siège dans un conseil chargé de l’élaboration doctrinale et stratégique, organe dévolu à la définition de ses orientations. Il exerce en outre, de manière transitoire, les fonctions de whip en chef, assurant la discipline parlementaire des rares représentants du parti. Son ascendant demeure néanmoins limité, et son rôle s’atténue à mesure que s’opère le dépérissement rapide du New Party.
Lors des élections générales de 1931, Robert Forgan recueille 1 304 suffrages au sein de la circonscription de West Renfrewshire, score qui compte parmi les performances les plus significatives enregistrées par le New Party dans le cadre d’un scrutin par ailleurs marqué par son insuccès global. Entretenant avec Oswald Mosley des relations d’une grande proximité, Forgan assume, à l’égard de son fils Michael, une fonction de parrainage.
Mosley, désormais acquis au fascisme, entraîne dans son orbite Forgan, lequel agit en qualité de mandataire et mène, sans succès, des négociations avec les British Fascists en vue de placer le New Party à la tête de cette formation. Forgan rallie ensuite la British Union of Fascists (BUF) fondée par Mosley, où il assume d’abord les fonctions de directeur de l’organisation. Peu enclin à se satisfaire de telles attributions administratives, il se replie rapidement vers un rôle officieux d’inspirateur discret, opérant en retrait de la scène publique. À ce titre, il met sur pied des réunions confidentielles réunissant de grands industriels, afin de solliciter leur appui financier au profit de Mosley, et institue dans cette perspective le January Club. Forgan s’emploie par ailleurs à affirmer avec constance que la BUF n’adopte aucune politique d’exclusion à l’égard des Juifs, en dépit des agissements d’Adolf Hitler. Il entreprend même de rallier à sa cause certaines personnalités juives influentes, notamment le parlementaire libéral Harry Nathan ainsi que Philip Magnus-Allcroft, deuxième baronnet, en recourant au truchement du January Club, et engage des échanges avec les représentants du Board of Deputies of British Jews. Parallèlement, il s’attache avec rigueur à maintenir la BUF à l’écart des groupuscules concurrents de l’extrême droite, tels que la Imperial Fascist League, considérant qu’il importe d’éviter toute apparence d’hétérogénéité doctrinale susceptible d’altérer la respectabilité du mouvement.
L’accession de Forgan au rang de délégué national adjoint constitue l’aboutissement de son activité au sein de l’organisation. Il exerce ce magistère jusqu'en 1934, date à laquelle il signifie sa démission de la BUF. Cette rupture procède d'une réprobation formelle du tournant antisémite emprunté par la ligue. Selon l'analyse du biographe Robert Skidelsky, l'adhésion de Forgan au fascisme demeure, par essence, velléitaire ; elle repose sur une allégeance interpersonnelle envers Oswald Mosley, laquelle subit alors une érosion rédhibitoire. Sa défection est précipitée par l'ascendant croissant de William Joyce, prosélyte d'un antisémitisme radical, qui évince Wilfred Risdon de la direction de la propagande. Ce dernier, ancien coreligionnaire de Forgan au sein du Parti Travailliste Indépendant puis du New Party, incarne une ligne que Forgan juge désormais dévoyée. Consécutivement à son retrait, Forgan s'astreint à une neutralité absolue et s'abîme dans un retrait définitif de la sphère publique.