Alexander Raven Thomson

personnalité politique britannique From Wikipedia, the free encyclopedia

Alexander Raven Thomson, né le à Édimbourg et mort le à Londres, communément désigné sous le nom de Raven, est un homme politique et philosophe écossais.

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Alexander Raven Thomson
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Après une brève appartenance au Parti communiste de Grande-Bretagne, il intègre en 1933 la British Union of Fascists et se maintient jusqu’à son décès dans une loyauté constante envers Oswald Mosley. Reputé comme l’architecte doctrinal principal de ce mouvement, Thomson est fréquemment assimilé au rôle qu’Alfred Rosenberg exerce au sein du nazisme, en tant que théoricien et inspirateur idéologique.

Biographie

Né à Édimbourg, Thomson s’inscrit au sein d’une lignée jouissant d’une position éminente dans les affaires publiques écossaises, descendant de l’architecte Alexander Thomson. Il complète son instruction supérieure dans des établissements universitaires de sa patrie et des États-Unis, avant de séjourner brièvement à l’Université de Heidelberg, en Allemagne, où il se consacre aux disciplines de la mécanique, des sciences exactes et de la philosophie. En 1926, il intègre une société d’ingénierie londonienne spécialisée dans la production de papier photographique à base d’argent, procédé qu’il a assimilé lors de son passage en Allemagne. Au cours de ce séjour, il entre en relation avec Lisbeth, fille du précurseur des rayons X Wilhelm Röntgen, qu’il épouse ultérieurement. Cette union engendre trois enfants, tandis que Lisbeth apporte une fille issue d’une précédente union et que Thomson maintient parallèlement une liaison amicale prolongée avec Olive Burdett[1].

Thomson entame sa trajectoire politique par une brève affiliation au Parti communiste de Grande-Bretagne, dont il se désengage promptement, renonçant aux postulats du matérialisme historique pour adopter les principes du corporatisme. Il s’impose par la suite comme une référence érudite dans l’étude de l’œuvre d’Oswald Spengler, à laquelle il consacre de multiples analyses. En 1932, il publie La civilisation comme surhomme divin : une philosophie superorganique de l’histoire, traité dans lequel il conteste les assertions spenglériennes relatives à l’inéluctabilité du déclin des civilisations. Face à cette contingence, Thomson avance que l’issue fatale peut être évitée par le rejet du capitalisme et son remplacement par un ordre collectiviste[2].

Animé par cette certitude, il subit l’influence de Maurice Maeterlinck, auteur ayant étudié les « républiques d’insectes », où une conscience commune anime chacun des membres de l’essaim. Cette œuvre consolide parallèlement son inclination pour une conception autoritaire et hiérarchisée de l’ordre social.

British Union of Fascists

Adhérant à la British Union of Fascists dès 1933, Alexander Thomson se voit promptement investi de la direction politique du mouvement. À ce titre, il s'impose comme l'un des principaux théoriciens de l'organisation, œuvrant de concert avec Oswald Mosley et Neil Francis Hawkins. Son influence doctrinale cristallise en mars 1935 lors de la parution de son opuscule séminal, The Corporate State — réédité en janvier 1937 sous l'intitulé The Coming Corporate State —, au sein duquel il consigne les prolégomènes d'un ordonnancement fasciste du Royaume-Uni. Thomson y préconise l'institution de vingt corporations, chacune investie de la régulation d'un segment distinct de l'activité économique. Ces entités se démultiplient en subdivisions afférentes à chaque branche industrielle pour converger vers une instance faîtière, la corporation nationale, laquelle assume l'exercice effectif de la puissance publique. Ce modèle supplante le suffrage universel traditionnel par une représentation paritaire des forces productrices — employeurs, ouvriers et consommateurs —, structurée par des scrutins internes aux corps de métier. En 1935, il entreprend une mission de prosélytisme dans sa terre natale d'Écosse. Ses harangues se heurtent toutefois à l'obstruction systématique de militants communistes. À Aberdeen, notamment, le tumulte provoqué par la foule, entonnant à l'unisson le chant de L'Internationale, réduit au silence les orateurs de la ligue, précipitant l'échec de la manifestation.

Thomson se distingue comme personnalité prééminente du BUF s et, en 1937, défend les intérêts du mouvement lors des élections municipales dans la localité de Bethnal Green, située au sud-ouest de Londres. Il obtient 23,17% des suffrages, surpassant ainsi les candidats affiliés au parti libéral. Bien que sa candidature n’aboutisse pas à une investiture, ce résultat représente une performance remarquable pour le BUF, consolidant sa position au sein de la hiérarchie interne de l’organisation. En 1939, son autorité étant désormais établie de manière incontestée, Thomson reçoit la charge de la direction éditoriale de l’hebdomadaire du mouvement, Action, qu’il dirige en qualité de rédacteur en chef.

Membre influent de la BUF, Thomson assume la fonction d’émissaire de Oswald Mosley auprès du Troisième Reich, mission durant laquelle les services du MI5 assujettissent ses agissements à une surveillance constante. Partisan d'un antisémitisme radical, il s'illustre par une apologie manifeste du national-socialisme. Sa présence est attestée au sein de la délégation de la BUF lors du congrès de Nuremberg en 1933, marquant le premier de ses cinq séjours de longue durée en Allemagne. Nonobstant cette identité politique publique, il accorde en 1934 un entretien au Jewish Chronicle, au cours duquel il récuse toute hostilité de son mouvement envers la communauté juive. Il entretient parallèlement des rapports sporadiques avec le sioniste révisionniste Wolfgang von Weisl ; toutefois, ces contacts cessent par l’injonction de Vladimir Jabotinsky, qui exige de son subordonné une rupture immédiate de toute relation.

Mosley manifeste à l’égard de Thomson une considération manifeste pour la pénétration de son esprit et le décrit ultérieurement comme un homme irréprochable et un patriote assidu ; cependant, dans des échanges privés, il lui arrive de le réprimander comme un flagorneur opportuniste. En 1937, Thomson soutient que la gauche britannique impose à l’Irlande des procédures démocratiques spécifiquement anglo-saxonnes de gouvernement parlementaire, dont il juge l’esprit totalement étranger et incommodant. Il considère en outre que l’unification de l’île pourrait se réaliser sous l’égide du fascisme, doctrine qu’il estime moins dissonante avec la culture celtique autochtone[3].

À l’éclatement des hostilités, Thomson élabore un projet visant à attaquer la Ligue nordique, qu’il stigmatise en la qualifiant de « suppôts nazis », nourrissant l’ambition d’octroyer au BUF une légitimité patriotique. Cette opération demeure néanmoins infructueuse et se déroule parallèlement aux initiatives stériles de Francis Hawkins tendant à consolider l’influence du BUF sur la même organisation. À l’instar de la majorité des cadres du mouvement, Thomson est appréhendé en application du Defence Regulation 18B en mai 1940 et subit une détention qui s’étend sur l’essentiel de la Seconde Guerre mondiale. Il accomplit l’intégralité de sa privation de liberté dans l’établissement pénitentiaire de Brixton, dérogation notable par rapport à l’île de Man où les conditions de captivité se révèlent plus indulgentes, et ne recouvre son autonomie qu’en 1944. Cette incarcération exerce sur lui une pression psychique considérable, le conduisant à un effondrement nerveux au cours de sa détention. La libération définitive survient après son transfert dans un camp de l’île de Man en septembre 1944.

Union Movement

À l’issue de sa libération, Thomson s’emploie à instituer, sur l’ensemble du territoire britannique, divers cénacles de lecture destinés à assurer la pérennisation et la propagation des thèses mosléyennes. Ces réunions, qui excèdent le simple cadre d’une activité littéraire, constituent en réalité des lieux de délibération informelle où se conçoivent les orientations politiques du mouvement pour la période d’après-guerre. Simultanément, il assume la direction de l’Union des hommes libres britanniques, groupement qu’il a contribué à fonder en 1944 aux côtés de Victor Burgess, ancien membre de la British Union of Fascists, avec pour dessein de fédérer les anciens partisans de cette organisation dissoute. Dans le contexte immédiat de l’après-guerre, Thomson effectue de multiples déplacements en Irlande afin de s’entretenir avec Mosley, élaborant conjointement les prémices d’une recomposition doctrinale. Animé par la volonté d’élargir le socle idéologique du fascisme britannique, il s’efforce, sans aboutir, d’établir des convergences avec la Rural Reconstruction Association — cercle à caractère proto-écologiste au sein duquel intervient Jorian Jenks, autre ancien militant de la BUF — ainsi qu’avec certains courants périphériques du nationalisme gallois.

Dès la fondation de l’Union Movement en 1948, il s’y affilie et s’impose rapidement comme l’une des figures représentatives de cette formation politique émergente. Il y exerce conjointement les fonctions de secrétaire général et de directeur de la publication de l’organe officiel du mouvement, Union. Il contribue de manière déterminante à la formalisation doctrinale de l’organisation : il souscrit d’abord avec conviction à l’idée d’une Europe unifiée conçue comme une entité nationale, avant de se départir promptement de cette construction idéologique jugée spéculative. En 1950, il initie ainsi une tentative brève et infructueuse de réactivation des doctrines antérieures à la Seconde Guerre mondiale. Dans cette perspective, il en vient à promouvoir une orientation qualifiée de « fascisme de gauche », soutenant que l’Union Movement doit rechercher l’adhésion des classes laborieuses au moyen d’une rhétorique vigoureuse dirigée contre le capitalisme.

Thomson, parallèlement à la fonction de premier plan qu’il assume au sein de l’Union Movement à l’échelle nationale, se distingue par un rôle déterminant dans la conduite des rapports extérieurs de cette formation. En 1949, il est envoyé en Espagne dans le dessein de consolider les appuis en faveur de Mosley ; toutefois, cette mission diplomatique se révèle largement infructueuse, les milieux phalangistes se montrant réfractaires à ses tentatives de rapprochement. En outre, il subit les invectives d’Angus Macnab, ancien affilié à la BUF, lequel en vient à nourrir une hostilité marquée à l’égard de Mosley.

Ultérieurement, Thomson assume une fonction d’intermédiation déterminante dans l’établissement de rapports avec le Nouvel Ordre Européen, entité avec laquelle Mosley ne maintient aucun lien institutionnel formel, en raison de son affiliation au Mouvement social européen. Sa notoriété à l’échelle supranationale s’amplifie en 1952, lorsqu’il accède au comité éditorial du périodique de référence Nation Europa. Il acquiert en outre une visibilité particulière en assurant la publication de Advance to Barbarism de Frederick J. Veale, ouvrage précoce relevant du courant révisionniste appliqué à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, il apporte sa collaboration à The European, revue dirigée par Diana Mitford, à laquelle il contribue de manière régulière.

Jusqu’à sa disparition, intervenue en 1955 à la suite d’une affection cancéreuse, Thomson incarne de manière constante la figure représentative de l’UM. Ayant résidé durant la majeure partie de son existence dans le quartier populaire de l’East End londonien, il est d’abord inhumé dans l’église St Columba de Shoreditch, avant que sa dépouille ne soit ultérieurement incinérée.

Références

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