Jura bernois

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Jura bernois
Image illustrative de l’article Jura bernois
Le village de Court, dans le Jura bernois.

Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Berne Berne
Arrondissement administratif Jura bernois
Villes principales La Neuveville
Tramelan
Saint-Imier
Valbirse
Coordonnées 47° 12′ 00″ nord, 7° 11′ 00″ est
Superficie approximative 522,11 km2
Cours d'eau Birse
Suze
Trame
Communes 39
Population totale 47 037 hab. (2024)
Régions naturelles
voisines
Ajoie
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Jura bernois
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Jura bernois

Le Jura bernois est la région francophone du canton de Berne, en Suisse. Il est d'un point de vue administratif regroupé en une seule entité, l'arrondissement administratif du Jura bernois. Depuis 2022, il est également appelé Grand Chasseral[1].

De 1815 à 1979, respectivement 1994, le nom Jura bernois correspondait à l'ensemble des régions francophones du canton de Berne, incluant les districts de Delémont, de Porrentruy, des Franches-Montagnes et de Laufon (germanophone) ; ce dernier, qui s'était retrouvé à l'écart du reste du canton de Berne en 1979, a été rattaché au canton de Bâle-Campagne en 1994.

Son nom en franc-comtois, aussi appelé patois jurassien, est biernois Jura[2][source insuffisante][3], tandis qu'il est appelé Jura bèrnês en arpitan (ou francoprovençal)[réf. nécessaire].

En novembre 2022, la région adopte une nouvelle marque, Grand Chasseral, en référence à la montagne du même nom, pour sa communication et dans le but de rester neutre sur la Question jurassienne[4].

Le bâtiment de La Couronne, à Sonceboz-Sombeval, devient le siège de la marque et de la Fondation pour le rayonnement du Jura bernois. Ce hub abrite aussi les bureaux de la Chambre d’économie publique du Grand Chasseral (CEP), de Grand Chasseral tourisme et de l’association de communes Jura bernois.Bienne (Jb.B)[5].

Géographie

Généralités

Le territoire du Jura bernois est celui de l'actuel arrondissement administratif du Jura bernois. Il est situé dans le nord du canton de Berne et partage ses frontières avec les cantons de Neuchâtel, du Jura et de Soleure. Au nord-ouest, le territoire de la commune de La Ferrière prend fin à 250 mètres de la frontière française. Il s'étend au sud jusqu'au lac de Bienne, dans le Seeland. La commune de La Scheulte (allemand : Schelten) est celle située le plus au nord du canton de Berne.

La topographie du Jura bernois, au cœur du Jura plissé[6] est très variée. On y retrouve des paysages de vallées et bassins, mais aussi de collines. On y trouve également des paysages aux caractéristiques plus montagnardes, à l'instar du massif du Chasseral, ou de plateau, telle la bordure sud du plateau des Franches-Montagnes. Monts, cluses[7] et réseaux karstiques[8] participent aux côtés des forêts et pâturages boisés[9] à la typicité des paysages du Jura bernois. La circulation souterraine de l’eau alimente de nombreuses sources vauclusiennes, dont la Source Merlin en est une spectaculaire illustration.

Parmi les lieux emblématiques de la région, les gorges de Court[10] ou de Moutier[11], entre autres, mettent en lumière le caractère monumental des cluses. Tantôt obstacles et jugées dangereuses, tantôt ouvertes et jugées plus directes que le passage par les monts, les cluses ont grandement influencé l'organisation géographique de la région. Plus discrètes mais non moins remarquable, les dolines (ou emposieux[12]), grottes et gouffres[13], formations karstiques[14] typiques du Jura plissé, sont aussi des marqueurs paysagers importants du Jura bernois.

Au sud, le Jura bernois est bordé par le lac de Bienne et son vignoble, souvent aménagé en terrasses et comportant d'anciens murs de soutènement en pierres sèches[15].

Le Chasseral, qui culmine à 1 607 m d'altitude, fait office de repère régional avec l'imposante antenne de sa station de télécommunication[16]. Il est, par ailleurs, le point le plus élevé du massif du Jura sur sol bernois, et le quatrième de tout le Jura suisse.

Plusieurs cours d'eau irriguent le Jura bernois. La Birse prend sa source[17] à Tavannes. La Suze, qui coule dans le vallon de Saint-Imier, surgit (sans source véritable, elle naît de l'écoulement de marais[18]) dans la région des Convers, sur le territoire du canton de Neuchâtel. La Sorne traverse Petit-Val et la Raus parcourt le Cornet.

Environnement naturel

Sites marécageux d’importance nationale

Cinq sites figurent dans l’inventaire fédéral des sites marécageux d’une beauté particulière et d’importance nationale[19]: La Gruère, La Chaux-des-Breuleux, Bellelay[20], Les Pontins et La Chaux-d’Abel[21].

Les forêts et les pâturages boisés

Près de la moitié de la superficie du Jura bernois (46%) est couverte de forêts, alors que cette proportion n’est que d’un tiers pour l’ensemble du pays[22]. Les propriétaires publics possèdent 80% de cette surface[23]. On y dénombre quatre réserves forestières : Raimeux, Chasseral Nord[24], Chasseral Sud et Houbel[25]. Quelques autres petites réserves sont dues aux initiatives du WWF et de Pro Natura Jura bernois[26].

Désignant un type de paysage semi-forestier traditionnel et culturellement important dans le Jura bernois, le pâturage boisé[27] est caractérisé par des arbres dispersés dans des prairies utilisées pour la pâture, formant une mosaïque agro-forestière précieuse pour la biodiversité et l'économie locale[28]. Dans le région du Grand Chasseral on recense 17'000 hectares de pâturages boisés[23].

Des murs de pierres sèches délimitent les zones des élevages depuis le XVIIe siècle et offrent des espaces propices à différentes espèces de plantes, d’insectes et de reptiles, contribuant à enrichir la biodiversité de la région[29].

Climat

Le climat du Jura bernois est relativement peu ensoleillé et humide[30], à l'image de celui du massif jurassien. Le différentiel de températures entre été et hiver est important. Alors que les précipitations hivernales dans la région étaient marquées par la neige durant le 20e siècle, l'augmentation des températures moyennes provoque la remontée de la limite pluie-neige[31].

Parc naturel régional Chasseral

La majorité des communes du Jura bernois (28 sur 40) sont membres du Parc naturel régional Chasseral, qui est un territoire et une organisation de développement durable reconnue par la Confédération suisse depuis 2012. Labélisé parc naturel régional en tant que parc d'importance nationale, il se situe à cheval sur les cantons de Berne et de Neuchâtel (3 communes, mais 27 % du territoire du Parc).

La genèse du Parc remonte à 1997 avec la création d'un groupe de pilotage. L’association Parc régional Chasseral est fondée en 2001. La première charte liant les communes membres à l’institution est entrée en force en 2012, la seconde court de 2023 à 2031.

Avec ses 549 km2, le Parc Chasseral est le 4e plus grand parc naturel régional suisse. Il couvre 1,33% de la superficie du pays et compte quelque 61 000 habitantes et habitants.

Histoire

Paléolithique

Les premières traces de présence humaine sur la chaîne de Chasseral remontent au paléolithique. Elles sont attestées par le gisement de silex de Pierrefeu, à proximité de la métairie éponyme. Il s’agit d’un gisement remarquable dans le Jura suisse. Très recherché, ce silex servait à allumer le feu et à fabriquer des outils et des pointes de javelots. Des silex travaillés provenant de Pierrefeu ont été retrouvés sur le site de Bois Noir à Alle (JU), sur celui de Löwenburg à Pleigne (JU) et celui de Cotencher à Rochefort (NE)[32].

Âge du bronze

La plus ancienne représentation d’une partie du corps humain connue à ce jour en Europe est la "main de Prêles"[33]. Découverte sur la montagne de Diesse en 2017, cette main droite en bronze entourée d'une applique en or était accompagnée, dans un contexte funéraire, d'un poignard en bronze, d'une épingle à tête et d'un anneau de cheveux. La "main de Prêles" date du XVe s. av. J.-C., soit de l'âge du bronze moyen. D'autres objets archéologiques actuellement connus, dont une hache trouvée sur le versant sud du Chasseral et deux couteaux mis à jour sur le mont Sujet, révèlent que le périmètre du Plateau de Diesse a été fréquenté à l'âge du bronze[34].

Époque romaine

Une inscription latine gravée dans la pierre du col de Pierre Pertuis atteste que la voie vicinale empruntant ce passage naturel a été aménagée au IIIe siècle ap. J.-C. par Marcus Dunius Paternus, duumvir de la Colonie des Helvètes. Ce passage marque la limite entre le pays des Helvètes et celui des Rauraques[35].

Prévôté de Moutier-Grandval

Abbaye, puis chapitre collégial[36], seigneurie et bailliage de l'évêché de Bâle[37], la prévôté de Moutier-Grandval[38] façonne la région du milieu du VIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Elle est entourée au nord par la seigneurie de Delémont, à l'est et au sud-est par des fiefs du futur canton de Soleure, au sud par l’avouerie d’Erguël[39] et à l'ouest par la Courtine de Bellelay[40]. La dénomination de ces territoires limitrophes varie toutefois au cours des siècles. La Prévôté dénombre 5539 habitants en 1629 et 5915 habitants en 1771[41]. Rattachée aux départements français du Mont-Terrible (1797), puis du Haut-Rhin (1800), elle est intégrée au canton de Berne en 1815.

Fondation

Alors que le duché d'Alsace s'étend jusqu'au col de Pierre-Pertuis, le duc Gondoin d'Alsace offre, vers 640, des terres à défricher dans la vallée de la Birse[42] à Valbert de Luxeuil, abbé du monastère colombanien de Luxeuil-les-Bains. Ce dernier y fait fonder une abbaye qu'il place sous l'autorité de Germain de Grandval, un moine d'origine noble, de mœurs austères et fin lettré. Elle devient une abbaye royale après la disparition du duché d'Alsace.

Après les règnes de Charlemagne et de Louis le Pieux, l’abbaye de Moutier-Grandval fait partie du royaume de Lotharingie. En 999, le roi Rodolphe III de Bourgogne la donne à l'évêque de Bâle, avec toutes ses dépendances, dispersées de l’Ajoie au lac de Bienne (Nugerol)[43]. En 1032, l’évêché de Bâle est incorporé au Saint-Empire romain germanique. Il le reste jusqu’en 1792.

Rayonnement intellectuel

Certains auteurs comparent le rayonnement intellectuel de Moutier-Grandval à celui de l’Abbaye de Saint-Gall. A la recherche d’un maître susceptible d’enseigner à Moutier, l'abbé Grimoald, de Saint-Gall, lui délègue Ison[44]. L’école, rattachée à l’abbaye bénédictine, attire alors des élèves de toute l’Europe venus écouter ce maître singulier qui sait aiguiser tous les esprits[45]. La Bible de Moutier-Grandval, conservée à la British Library, témoigne de la prospérité de ce foyer culturel et spirituel au IXe siècle[46]. Ison de Saint-Gall y prodigue sa science, entre autres celle de l’écriture, et y pratique la médecine. Ses onguents et ses soins sont particulièrement efficaces lors d’affections oculaires dues à la fumée des foyers. Ison soigne aussi les maladies mentales.

Combourgeoisies

Un traité de combourgeoisie permet à une petite entité (nobles, communes, villes) de se mettre sous la protection d’une plus grande (généralement une ville)[47]. La Prévôté signe des traités de combourgeoise avec Soleure (1404), Bâle (1407) et Berne (1486). La raison véritable est à rechercher dans la politique d'expansion poursuivie par ces trois villes, pour lesquelles l'Évêché représente la dernière chance d'étendre leurs territoires[48].

En 1404, le chapitre demande à la ville de Soleure le droit de combourgeoisie, moyennant le paiement de trois livres par année. Les chanoines mettent ainsi leurs biens en sûreté. En 1486, le traité de combourgeoisie avec Berne permet à cette ville de prendre pied dans l'évêché. En bénéficiant de la protection de Berne, la Prévôté protège ses anciennes coutumes contre les empiétements d'une administration épiscopale plus centralisée et plus désireuse d'efficacité[48]. Elle saura habilement jouer de la protection bernoise pour revendiquer des avantages auprès du prince-évêque. Ainsi liée à la Confédération helvétique, la Prévôté échappe aux dévastations de la Guerre de Trente Ans, contrairement à d’autres parties de l’Évêché, en particulier l’Ajoie ou l’Erguël[49]. L’intégration dans la neutralité helvétique la dispense également de certains impôts d’Empire[50]. Ces privilèges de la Prévôté provoquent une amertume dans les bailliages du nord de l’évêché. Elle se manifeste tout au long des siècles, jusqu’à l’occupation française[51].

La bataille de Malleray

Le bataille de Malleray[52], a opposé, le 25 novembre 1367, des soldats bernois et un contingent soleurois aux troupes de la Prévôté, emmenées par le prince Jean III de Vienne[53]. Au début de novembre 1367, le prince-évêque fait incendier la ville de Bienne à laquelle il reproche d’avoir, sans son accord, signé un traité de combourgeoisie avec Berne[54]. Pour venger les Biennois, les Bernois envahissent la Prévôté par le Pierre-Pertuis et les Soleurois les rejoignent à Malleray par la Hasenmatt et le Chaluet. La bataille se solde par la défaite des troupes de l’évêque de Bâle. La Prévôté subit des pillages[55]. La collégiale de Moutier, comme le couvent de Bellelay, sont incendiés.

Le Traité d’Aarberg

Des différends opposent Berne au prince-évêque au sujet de la limite entre les paroisses réformées et catholiques[56]. Deux conférences sont organisées en 1706 à Nidau et en 1711 à Aarberg pour régler ce contentieux. Le Traité d'Aarberg[57] consacre une ligne de démarcation géographique : la Prévôté sous les Roches (mairies de Courrendlin et de Corban, ainsi que le village d’Elay) reste catholique, et la Prévôté sur les Roches (mairies de Moutier, de Tavannes et de Sornetan) devient exclusivement protestante. Ceux qui pratiquent une autre confession que celle de la majorité doivent se convertir ou s’établir chez leurs coreligionnaires. A la fin du XVIIIe siècle, les termes du Traité d’Aarberg ne sont plus respectés[58].

La République autonome de Moutier-Grandval

En 1792, l'armée française envahit la partie catholique de l'évêché. Le prince François Joseph Sigismond de Roggenbach[59] abandonne son château de Porrentruy pour Bienne, puis Perles, où il installe un conseil de régence, et enfin Constance. Les notables de la Prévôté se tiennent à l'écart de la République rauracienne[60], proclamée le 17 décembre 1792 à Porrentruy. Ils s'estiment protégés par leur traité de combourgeoisie avec Berne qui les met au bénéfice de la neutralité suisse. Le 16 janvier 1793, une assemblée des députés des communes de la Prévôté se tient à Moutier, sous la présidence d’Etienne Grosjean[61]. Elle débouche sur l’élection d’un gouvernement provisoire, ainsi que sur la nomination d’une commission chargée d'élaborer un projet de Constitution[62]. La Constitution est approuvée les 29 et 30 avril 1793[63]. Ces démarches obtiennent l'assentiment du prince qui les autorise ainsi à s'administrer eux-mêmes. L'invasion française en décembre 1797 met un terme à cette république éphémère.

L’Erguël

Châtellenie, seigneurie, avouerie ou encore bailliage, l’Erguël[64] comprend la vallée de la Suze (appelée Suzingau au moins jusqu’au XIe siècle), ainsi que les villages de Tramelan, de La Ferrière et de Perles. Les Romains laissent les empreintes d’une voie traversant le Bas-Erguël pour franchir le Pierre-Pertuis[65]. La toise de Saint-Martin[66], au-dessus de Frinvillier, en témoigne[67]. Au début du Ve siècle, à l’époque de la Sapaudia, des Burgondes s’établissent dans le Bas-Erguël. Les anciens noms alémaniques de localités romandes qui se terminent en -ingen, comme Tramlingen (Tramelan), Wölfingen (Vauffelin) ou Ilfingen (Orvin) ont typiquement pour origine la langue burgonde[68]. Selon une Vita relatant son existence, l’ermite Imier[69] s’établit au tournant des VIe et VIIe siècles dans le Haut-Erguël, en un lieu qui deviendra Saint-Imier. L’authenticité de cette Vita est toutefois discutée. La première mention de Saint-Imier figure dans une charte datant de 884. Le chapitre de Saint-Imier[70] relève du diocèse de Lausanne. La cella de Saint-Imier (qui désigne probablement un lieu de culte et une exploitation rurale) appartient à l'Abbaye de Moutier-Grandval, et à ce titre, revient à l'évêque de Bâle en 999 lors de la donation de Rodolphe III de Bourgogne. Au XIe siècle, les seigneurs d'Arguel obtiennent l'avouerie et s'installent dans le château situé au sud-est de Sonvilier. En 1264, Otton d'Arguel cède sa charge d'avoué à l'évêque. Celle-ci est ensuite confiée au maire épiscopal de Bienne.

En 1335, la ville de Bienne signe un traité de combourgeoisie avec le chapitre de Saint-Imier. Dès le XIIIe siècle, la ville exerce le droit de bannière (droit de lever des troupes) dans le Bas-Erguël, puis dans le Haut-Erguël. Des contingents erguéliens participent, aux côtés des Biennois, aux batailles de Morat, de Grandson et de Nancy. Le traité de combourgeoisie de 1335 est reconduit en 1479. Dès 1493, l'Erguël est administré par la ville de Bienne, les maires de la vingtaine de villages ou hameaux groupés en huit paroisses ou mairies ne sont que ses exécutants. C’est notamment sous cette influence que la Réforme s’implante dans la vallée. En 1792, alors qu'une Régence (assumée par un triumvirat formé de Samuel Imer[71], Alexander Wildermeth[72] et Nicolas Heilmann[73]) est désignée par le prince-évêque, la Société patriotique d'Erguël[74] tente vainement d’en faire, avec la ville de Bienne, une république libre et indépendante, intégrée à la Confédération suisse. Occupé dès décembre 1797, incorporé au département du Mont-Terrible, puis à celui du Haut-Rhin (1800-1814), l'Erguël constitue le canton de Courtelary au sein de l'arrondissement de Delémont. En 1815, il est intégré au canton de Berne, où il devient bailliage, puis district de Courtelary.

Le château d’Erguël

La date de la construction du château d'Erguël n’est pas connue[75]. Il est toutefois vraisemblable qu'au Xle siècle, la famille d'Erguël (ou d'Arguel) s'y installe. De cet édifice, autrefois constitué d'un double bâtiment principal, d'un petit bâtiment avec une cour et d'une tour carrée adossée à un donjon, ne subsistent aujourd'hui que la partie inférieure du donjon ainsi qu'un pan de la tour le touchant[76]. A partir du début du XVIIIe siècle, l'entretien du château est abandonné. Les bâtiments tombent peu à peu en ruine. Des travaux de restauration sont effectués en 1964, 1997 et 1998.

La Franchise d’Erguël

La Franchise d'Erguël de 1556[77] est un acte juridique majeur accordé par le prince-évêque Melchior de Lichtenfels[78], aux habitants de la vallée de l'Erguël. Il confirme et définit les droits, libertés et obligations des habitants de la région. Il vise ainsi à mettre fin au désordre administratif qui règne alors, à limiter l’arbitraire du prince et à réfréner les ambitions de Bienne. L’emprise de cette dernière est limitée au droit de bannière, au droit d’appel et au contrôle religieux des paroisses. Le document est confirmé par l’avoyer et le Conseil de Soleure[79].

L’échange de Bienne

Jacques-Christophe Blarer de Wartensee[80] cherche à renforcer son pouvoir et à imposer la Contre Réforme[81], mais rencontre une forte résistance dans la partie méridionale et protestante de l’évêché. Des négociations aboutissent au traité d’échange[82] du 27 septembre 1599. Ce dernier envisage un troc : Berne renonce à sa combourgeoisie avec Moutier-Grandval et obtient la ville de Bienne ainsi que les terres qui l’entourent en contrepartie. Les bourgeois de Bienne, unis contre la souveraineté bernoise, se rallient à l’évêque en 1606, et font capoter le projet. Le 28 mai 1610, le Traité de Baden met un terme à l’affaire en réglant les relations conflictuelles entre la ville de Bienne et le prince-évêque de Bâle. Le prince est reconnu comme seul souverain de l'Erguël. Bienne n’y conserve que le droit de lever des troupes. La ville garde une large autonomie et son statut de pays allié de la Confédération[83]. Le prince garantit la religion réformée dans ceux de ses Etats qui l’ont adoptée.

Le château de Courtelary

Le prince-évêque Jacques Christophe Blarer de Wartensee fait construire un nouveau château à Courtelary en 1606. Il nomme, avec résidence à Courtelary, un bailli[84] qui devient son représentant et porte le titre de seigneur ou châtelain d'Erguël[85]. Le bâtiment subit diverses modifications au fil des siècles, la dernière remontant à 1982. Ce bâtiment est aujourd’hui le siège de la préfecture du Jura bernois.

Troubles dans l’Erguël

En 1726, le prince Jean-Conrad de Reinach-Hirzbach[86] promulgue, pour l’ensemble de l’Evêché, une Ordonnance visant à supprimer un certain nombre de franchises et à renforcer la centralisation. Des troubles éclatent un peu partout. André Jaquet[87], aubergiste, notaire et justicier, s’illustre en prenant la tête des citoyens mécontents. Il est arrêté pour avoir rédigé un cahier de doléances[88]. Il est emprisonné à la maison du châtelain de Courtelary. Il s’évade, puis se réfugie en Bourgogne. De retour à Saint-Imier, il est à nouveau arrêté, puis condamné à mort. Le prince commue cette peine et l’expédie aux galères. En 1732, il est libéré sur l’intervention des autorités bernoises.

La République d’Erguël

En 1792, la Révolution germe dans l’Evêché de Bâle. Après la fuite du prince-évêque, qui quitte furtivement Porrentruy dans la nuit du 27 au 28 avril, une Société patriotique d’Erguël, inspirée par les idées révolutionnaires, voit le jour à Villeret. Elle invite les Erguéliens à se constituer en Assemblée nationale. Le mouvement est dirigé par Louis Liomin[89], maire de Saint-Imier. La séance inaugurale se tient le 17 décembre au Temple de Courtelary[90]. Le maire Liomin évoque les usurpations successives du Prince et des baillis, également coupables, stigmatise l'établissement de la monstrueuse Régence, illégale et nulle part la même et estime qu'il ne peut y avoir en Erguël d'autre autorité que celle du peuple entier[91]. L’assemblée demande la déchéance du prince. Après de multiples démarches diplomatiques à Berne, Zurich et Baden, les divergences divisant les localités du Bas-Vallon et celles du Haut-Vallon subsistent. Les travaux de l’Assemblée nationale se soldent par un échec. Il s’ensuit quelques violents heurts entre partisans et adversaires de l’assemblée.

Ami Girard et la Révolution neuchâteloise

Le 1er mars 1848, le premier-lieutenant Ami Girard[92], à la tête d’un corps de 200 volontaires (essentiellement formé d’exilés), prête main-forte aux républicains neuchâtelois pour renverser le régime royaliste. Son père tient l’hôtel du Cheval-Blanc à Renan[93], qui est le lieu de rassemblement des réfugiés neuchâtelois établis dans le Vallon depuis 1831. Parvenus au château de Neuchâtel, les chefs républicains et leurs troupes prennent possession du château et permettent la formation d’un nouveau gouvernement provisoire. Deux jours plus tard, toujours emmenés par Ami Girard, les hommes en armes du bataillon des volontaires retournent chez eux en emportant deux pièces d’artillerie. Ils passent par le bord du lac de Bienne. Le préfet de La Neuveville et les autorités biennoises autorisent l’incursion armée sur leurs territoires[94]. Après une brève carrière politique dans le canton de Neuchâtel, Ami Girard retourne en terres bernoises où il est élu au Grand Conseil. Il termine son parcours militaire avec le grade de colonel.

Occupation militaire

Lors du renouvellement du Grand Conseil bernois, en mai 1850, l’arrivée au pouvoir des conservateurs entraîne une période d’agitation. Dans l’Erguël, les libéraux sont largement majoritaires. La campagne précédant le scrutin est animée et des rixes sont signalées dans quelques localités[95]. En janvier 1851, le Conseil d’Etat lance un décret d’expulsion contre Hermann Basswitz[96], médecin juif, réfugié politique et libéral établi à Saint-Imier. Un arbre de la liberté est planté sur la place du Marché. Un jeune homme venu en curieux est tué par la chute de l’arbre. Après l’expulsion de Basswitz, la situation s’envenime et le Gouvernement bernois fait occuper le Vallon par un bataillon d’infanterie de 1200 hommes. Lors d’une manifestation, civils et militaires fraternisent et l’occupation militaire prend fin en février.

Les anarchistes

Un enfant de Saint-Imier, Hermann Jung, d’obédience marxiste, fait partie des figures dirigeantes de l'Association internationale des travailleurs dès sa fondation en 1864. La Fédération jurassienne[97] (1871-1878) de l’Association internationale des travailleurs est la branche libertaire de la Première Internationale en Suisse, née de la scission avec les marxistes. Fondée dans le Haut-Erguël, elle devient le berceau de l'anarchisme suisse, prônant le fédéralisme, l'autogestion ouvrière et le communisme libertaire. Après un activisme politique qui l’a mené dans plusieurs pays et dans plusieurs cantons suisses, Michel Bakounine[98] séjourne à Sonvilier. Ses idées rencontrent un certain écho après la crise des années 1866-1867. Bakounine réunit ses fidèles au restaurant de la Clef, entre Sonvilier et Saint-Imier. Des ténors de l’anarchisme international s’y retrouvent, comme le Français Jules Guesde ou le prince russe Pierre Kropotkine[99]. A Sonvilier, le mouvement compte d’ardents militants, comme les frères Léon et Adhémar Schwitzguébel[100]. Le courant anarchiste marque durablement l’organisation ouvrière dans la région en posant les bases du syndicalisme.

La Réforme

La Réforme s’impose dans le canton de Berne et à Bienne (en particulier sous l’impulsion de Thomas Wyttenbach[101]) en 1528. La partie sud de la principauté épiscopale de Bâle est à son tour travaillée par la foi réformée. Celle-ci est adoptée par l’Erguël entre novembre 1529 et mars 1530[102]. La Montagne de Diesse passe également à la Réforme en 1530. Guillaume Farel prêche dans la prévôté de Moutier-Grandval et à La Neuveville en décembre 1530 , où les pressions de Berne et de Bienne contribuent au succès des idées nouvelles. Farel parvient à imposer ses thèses à Tavannes (Berne), mais il échoue à Bellelay où il affronte la puissante abbaye.

La prévôté de Moutier-Grandval reste encore catholique durant quelques mois, mais les Bernois sont pressés. Dès janvier 1531, ils font procéder à des votations : Court (Berne), Malleray et Sornetan choisissent la Réforme, alors que Moutier reste catholique. Berne y organise un second vote, le 12 mars 1531 ; la suppression de la messe est décidée à l’unanimité[103]. Au sein des paroisses, on relève parfois une opposition entre les prêtres et les fidèles. Alors que le prêtre adopte le protestantisme, les habitants restent catholiques.

La Montagne de Diesse et la Prévôté suivent la liturgie bernoise – celle que Guillaume Farel a traduite en français –, alors que l’Erguël et La Neuveville préfèrent la liturgie genevoise, publiée par Jean Calvin en 1542[104]. Aux XVIe et XVIIe siècles, les paroisses réformées sont organisées en quatre Eglises ou classes : l’Eglise de Bienne, celle de La Neuveville, celle formée par les huit paroisses de l’Erguël[105],[106], alors que les paroisses de la Montagne de Diesse et celles de la prévôté de Moutier-Grandval sont rattachées à la classe de Nidau[107].

Les Anabaptistes

Persécutés dans le canton de Berne (et notamment dans l’Emmental) de nombreux anabaptistes-mennonites se réfugient dans l’Evêché de Bâle dès 1530[108]. Une fois installés, ils mettent en valeur le potentiel agricole des montagnes en défrichant des terres inhospitalières pour les rendre cultivables[109]. Ils sont pacifistes. Leurs familles ont un style de vie simple. Organisées en réseau solidaire, elles entretiennent peu de contacts avec les habitants des vallées. La langue les en sépare, mais aussi la pratique religieuse. La tradition orale assure que les anabaptistes s’installent obligatoirement au-dessus de l’altitude de 1000 mètres. Cette affirmation est fausse[110], car, à leur arrivée, le mètre n’est pas en usage. Vers 1900, les anabaptistes édifient des chapelles et commencent à s’établir dans les vallées en apprenant le français. Durant la seconde partie du 20e siècle, leur intégration sociale s’accentue pour se normaliser. Les collaborations avec les autres Eglises s’intensifient et un processus de réconciliation entre réformés et mennonites se met en place[111].

Question jurassienne

Après le rattachement de l’ancien Evêché de Bâle au canton de Berne, des tensions surgissent à plusieurs reprises (1839[112],[113], 1874[114], 1918[115]) dans les relations entre ce qui était désormais le Jura bernois (formé de sept districts) et les autorités bernoises.

En septembre 1947, le conseiller d’Etat jurassien Georges Moeckli[116] se voit refuser le Département des travaux publics par une majorité du Grand Conseil, qui affirme ainsi sa volonté de conserver ce Département en mains alémaniques [117]. Dans la foulée des réactions suscitées par cette décision et dans le but de dresser un programme de revendications et d'action, un Comité de Moutier[118] voit le jour en octobre. En novembre est fondé le Mouvement séparatiste jurassien[119]. En 1948, la non-élection de Pierre Ceppi[120] au Conseil-exécutif bernois ne permet pas d'intégrer le parti conservateur catholique (futur PDC[121]) dans la vie politique du canton.

En 1950, un vote cantonal reconnaît l’existence d’un peuple jurassien et admet le français comme langue officielle dans les six districts francophones du Jura[122]. En 1951, le Conseil-exécutif du canton de Berne homologue le drapeau jurassien[123]. En 1951, le Mouvement séparatiste jurassien devient le Rassemblement jurassien (RJ)[124]. Il réclame aussitôt l’indépendance du Jura. En 1952 naît un mouvement opposé à la séparation, l’Union des patriotes jurassiens (UPJ)[125], qui prend plus tard le nom de Force démocratique[126].

En 1959, le corps électoral du canton de Berne rejette une initiative du Rassemblement jurassien tendant à la promulgation d’une loi concernant l’organisation d’un vote consultatif en vue de connaître les aspirations du peuple jurassien[127].

Durant les années soixante, la Question jurassienne prend de l’ampleur. Elle embarrasse de plus en plus les autorités cantonales et fédérales. En 1967, le canton de Berne charge une Commission des vingt-quatre de rechercher une solution[128]. La Confédération emprunte le même chemin en nommant une commission dite des Bons offices en 1969[129].

En 1970, le corps électoral du canton de Berne adopte un additif constitutionnel reconnaissant un droit d’autodétermination, d’abord à l’entier du Jura, ensuite aux districts et enfin aux communes[130]. Le 23 juin 1974, lors d’un plébiscite, le peuple se prononce pour la création d’un nouveau canton du Jura[131]. Le 16 mars 1975, les districts de Courtelary, de Moutier et de La Neuveville statuent sur leur maintien dans le canton de Berne[132]. En septembre 1975, huit communes riveraines de la future frontière cantonale tranchent pour rejoindre le canton du Jura[133],[134]. Une commune, Rebévelier, se décide pour demeurer dans le canton de Berne et une autre, Roggenburg, se prononce pour rejoindre le district de Laufon. En 1983, ce district décide de rester dans le canton de Berne[135]. En 1989, après l’annulation du vote précédent, il décide de se rattacher au canton de Bâle-Campagne[136].

Durant les années 1980, la mouvance séparatiste s’accentue à Moutier. En 1992, une commission tripartite (appelée commission Widmer) voit le jour[137]. Elle aboutit, en 1994, à la signature d’un accord entre le conseiller fédéral Arnold Koller, le Conseil-exécutif du canton de Berne et le Gouvernement jurassien. Cet acte donne naissance à l’Assemblée interjurassienne[138], désignée comme le nouveau lieu institutionnel du dialogue entre le Jura bernois et le canton du Jura[139]. Un processus politique d’une durée de près de vingt ans aboutit au scrutin populaire lors duquel, en 2013, le Jura bernois confirme son choix de voir son avenir dans le canton de Berne[140]. En 2017[141], puis en 2021 (à la suite de l’annulation du premier vote[142]), la ville de Moutier opte pour le canton du Jura.

En septembre 2024, le corps électoral du canton de Berne et celui du canton du Jura avalisent le transfert de la commune de Moutier[143]. En mars 2025, les Chambres fédérales en font de même. La ville de Moutier devient jurassienne au 1er janvier 2026[144].

Politique

Le terme « Jura bernois » est inscrit à l'article 5 de la Constitution du canton de Berne[145]. Les premières élections cantonales opérées dans le nouveau périmètre du Jura bernois interviennent en 1982[146].

Partis politiques

Partis structurés à l’échelon de la région :

  • PS Grand Chasseral, Fédération régionale du Parti Socialiste dans le Jura bernois[147]
  • PLR Grand Chasseral, Parti libéral-radical
  • UDC Jura bernois, Union démocratique du centre[148]
  • Le Centre Jura bernois[149]
  • Les VERT-E-S Grand Chasseral[150]
  • PEV, Parti Evangélique Jura bernois[151]
  • UDF Jura bernois, Union démocratique fédérale[152]
  • Vert’libéraux Jura bernois[153]

Partis et mouvements citoyens structurés à l’échelon d’une commune :

  • Forum neuvevillois (La Neuveville)[154]
  • Groupe débat (Tramelan)
  • ARC, Alliance régionale et communale (Saint-Imier)[155]
  • Tavannes Avenir[156]

Grand Conseil bernois

Depuis les élections cantonales du , le Grand Conseil bernois (Parlement cantonal) est composé de 160 membres, avec 12 sièges garantis au Jura bernois et 3 sièges pour les francophones de la région de Bienne. Ces derniers disposent d'un statut particulier visant à promouvoir leur culture francophone et renforcer leur participation politique dans le canton de Berne[157].

Répartition des sièges du Jura bernois au Grand Conseil bernois depuis 1982
Partis politiques198219861990199419982002200620102014201820222026
UDC234433234444
PRD/PLR443333221222
PS322233222223
PDC/PLJ221111100000
PSA112222333210
UDF000000100001
Les Verts000000111112
PEV000000011110
Ens. Soc.000000000010

Conseil-exécutif du canton de Berne

Le pouvoir exécutif du canton de Berne est détenu par le Conseil-exécutif, équivalent du Conseil d'État. Il est composé de 7 membres (les conseillers d'État) élus au suffrage majoritaire par le corps électoral, dont un siège est garanti au Jura bernois (art. 84 al. 2 de la Constitution bernoise[145]). Les suffrages recueillis par les candidats du Jura bernois sont comptés séparément à l'échelle du canton (nombre A) et à celle du Jura bernois (nombre B). Pour attribuer le siège garanti au Jura bernois, on multiplie le nombre A par le nombre B, puis on prend la racine carrée de ce produit (Moyenne géométrique). Le candidat qui obtient la moyenne géométrique la plus élevée est élu.

Élus du Jura bernois au Conseil-exécutif du canton de Berne depuis 1982
AnnéeElus
1982Henri-Louis Favre, Henri Sommer
1986Benjamin Hofstetter
1990Mario Annoni
1994Mario Annoni
1998Mario Annoni
2002Mario Annoni
2006Philippe Perrenoud
2010Philippe Perrenoud
2014Philippe Perrenoud
2016*Pierre Alain Schnegg
2018Pierre Alain Schnegg
2022Pierre Alain Schnegg
2026Pierre Alain Schnegg
  • Élection complémentaire

Conseil du Jura bernois

Le Conseil du Jura bernois (CJB), institution unique en Suisse, est composé de 24 membres élus par le peuple. Il est régi par la Loi sur le statut particulier[Site 1], adoptée en 2004 par le Grand Conseil bernois. Ses objectifs sont de permettre à la population du Jura bernois de préserver son identité, de renforcer ses particularités linguistique et culturelle au sein du canton de Berne et de participer activement à la politique cantonale. Il dispose de compétences en matière scolaire et culturelle. Il octroie des subventions à la place de la Direction de l’instruction publique et de la culture ou d’un service qui lui est subordonné. Il traite avec les administrations des cantons voisins d'affaires qui relèvent de la culture ou de la langue. L’élection de ses membres a lieu en même temps que le renouvellement général du Grand Conseil (première élection le 9 avril 2006). Son secrétariat est à La Neuveville[158].

Association Jura bernois.Bienne

Jura bernois.Bienne (Jb.B) est l’association des 40 communes du Jura bernois et de celles de Bienne et d’Evilard[159]. Créée en 2019, elle reprend les tâches de trois anciennes organisations : l'Association régionale Jura-Bienne (ARJB), la Conférence des maires du Jura bernois (CMJB) et l’Association Centre-Jura (ACJ)[160]. Cette dernière était concernée par les neuf communes de l’ancien district de Courtelary qui en faisaient partie. Jb.B assure le lien entre les communes et le Conseil du Jura bernois, le Conseil des affaires francophones de l’arrondissement de Bienne et la Députation du Jura bernois et de Bienne romande.

Elle s’occupe de la nouvelle politique régionale (NPR), d’aménagement du territoire et de toutes les compétences déléguées par les communes : énergie, transports, problèmes sociétaux (jeunesse, 3e âge) et collaborations intercommunales.

Son secrétariat est hébergé par la Couronne à Sonceboz-Sombeval.

Lors des élections au Conseil-exécutif du canton de Berne du , l'autonomiste Maxime Zuber obtient la majorité des voix dans le Jura bernois. Le candidat francophone des socialistes bernois[réf. nécessaire], Philippe Perrenoud, est quant à lui élu au Conseil-exécutif puisqu'il obtient la majorité des voix pour un candidat francophone dans le reste du canton. Philippe Perrenoud préside la Conférence des Gouvernements de Suisse occidentale (CGSO)[Note 1] de 2010 à 2011. Le , lors du second tour de l'élection complémentaire au Conseil-exécutif qui a fait suite au départ anticipé de Philippe Perrenoud, le candidat UDC Pierre Alain Schnegg a été élu en tant que représentant du Jura bernois au Conseil-exécutif.

Démographie

Répartition du français comme langue principale en 2000 dans le Jura et Jura bernois

Le nombre d'habitants du Jura bernois est de 53 927 personnes (2023). Ceux-ci sont protestants à 67 % et catholiques à 16 %.

En 2014-2016, les francophones étaient majoritaires, avec 85,8 % des habitants, devant les germanophones, à 12,8 %[161]. Il y a également près de 25 000 Bernois francophones dans le district bilingue de Bienne, soit 40 % de la population de ce district, et aux alentours.

Langues et germanisation

Avec 86,5 % d'habitants[162] dont le français est la langue principale, le Jura bernois fait partie de la Suisse romande. Il est la seule des cinq régions administratives du canton de Berne à laquelle la Constitution du canton de Berne[163] reconnaît le français comme langue officielle. Le Jura bernois est présent dans des institutions intercantonales de formation (HEP-BEJUNE et HE-Arc), de santé (réseau de soins palliatifs BEJUNE) ainsi que dans des projets transfrontaliers comme Interreg ou l'espace transfrontalier de l'Arc jurassien. Il permet aussi au canton de Berne, officiellement bilingue et comptant plus de 100 000 francophones, de jouer un rôle de pont entre la Suisse alémanique et la Suisse romande.

La germanisation du Jura bernois[164] a été thématisée[pas clair] dans le contexte de la Question jurassienne. En 2021, 11,5 % des habitants pratiquent l’allemand. Cette proportion a connu des pics avec les besoins en main-d’œuvre de l’industrie naissante (1870-1900)[165] et florissante (1930-1960).

Proportion de la population de langue allemande[166] :

District19901980197019601950194119301920191019001888188018701860
Courtelary13.7817.0117.5220.6622.0921.4521.9619.9618.3720.3528.4136.1425.9425.80
Moutier8.8912.7013.3518.5121.1723.4126.1028.2529.0231.8838.0937.1129.0725.47
La Neuveville19.1522.7522.8525.1725.6826.0723.9622.7220.7220.4325.7328.6221.0620.14

Comme ailleurs dans l’Arc jurassien, la langue allemande est en recul[167]. Cette évolution s’explique par l’assimilation des germanophones en terre francophone (re-francisation) qui a des causes multiples (école, territorialité des langues, milieu professionnel, contacts sociaux, lieux-moments de la vie quotidienne). En 2024, la germanisation du Jura bernois n’est plus d’actualité.

Quatre petites communes (Elay, La Scheulte, Mont-Tramelan et Rebévelier)[168] demeurent toutefois rangées dans la région linguistique allemande. Cependant, leurs enfants fréquentent des écoles publiques francophones.

Économie

Région principalement agricole (élevage, économie laitière) au début du 19e siècle, le Jura bernois s’industrialise progressivement avec le développement de l'horlogerie[169] et l’apparition d’entreprises emblématiques comme Longines et Tavannes Watch Co[170].

Aujourd'hui, le Jura bernois est un pôle technologique orienté vers l'exportation (en 2018, le Grand Chasseral exportait pour 1,621 milliard de francs[171]), caractérisé par un écosystème de PME (48 % des emplois et 737 entreprises en 2022)[172] œuvrant pour des secteurs tels que l’horlogerie, l’électronique, l’automobile, l’avionique, la mécatronique et la technique médicale. Le décolletage est né à Moutier avec des fabricants de machines-outils comme Tornos. Cette branche a contribué au façonnement de pièces précises et à l’essor de l’entreprise métallurgique Swissmetal. Parmi les activités qui ne sont pas liées à la transformation du métal, il faut mentionner la cimenterie Vigier (qui appartient au groupe Vicat), la fabrique de chocolat Camille Bloch et la société de chronométrage Swiss Timing.

Le domaine des services (46 % des emplois en 2022) est orienté vers le soutien aux collectivités, aux entreprises et aux particuliers. Il opère fréquemment dans un cadre plus large, englobant l’agglomération bilingue de Bienne et l’Arc jurassien dans son ensemble[173].

L’agriculture (6 % des emplois en 2022) reste présente avec une économie laitière débouchant notamment sur la production de la Tête de moine et avec la mise en valeur des produits du terroir[174].

Monuments

Énergie

Un parc éolien situé sur le Mont-Crosin et le Mont Soleil compte 16 turbines, qui totalisent une puissance de 29,2 MW[réf. nécessaire]. En 2023, la production des éoliennes a atteint le record de 91,1 GWh[175].

Transports

Réseau routier

L’ossature est constituée par l’A16 (Bienne-Boncourt), l’A5 (Soleure-Yverdon) et la N30 Balsthal-La Ferrière.

Le Col de Pierre Pertuis relie Tavannes à Sonceboz, celui de Mont-Crosin raccorde Tramelan/Les Breuleux à Saint-Imier. Le col des Pontins connecte Saint-Imier à la frontière neuchâteloise. La route de Chasseral (fermée en hiver) assure la liaison Les Pontins-Nods.

Réseau des transports publics

Les CFF exploitent les lignes Bienne-Neuchâtel, Bienne-La Chaux-de-Fonds et Sonceboz-Moutier[176]. Les infrastructures et le matériel roulant posent des problèmes récurrents (pannes fréquentes, retards engendrant des pertes de correspondance) que le Conseil du Jura bernois a porté à la connaissance des CFF[177].

La ligne Soleure-Moutier appartient au BLS. Les Chemins de fer du Jura (CJ) gèrent la ligne à voie étroite Tavannes-Tramelan-Le Noirmont.

Un funiculaire permet d’atteindre Mont Soleil à partir de Saint-Imier. Le funiculaire vinifuni (inauguré en 1912)[178] transporte ses passagers de Gléresse à Prêles. Il est exploité par la compagnie Aare Seeland mobil.

Patrimoine culinaire

Les produits

La fabrication de fromages est l’élément le plus caractéristique du patrimoine culinaire du Jura bernois. La Tête de moine (longtemps appelée fromage de Bellelay[179]) en est le laitage le plus emblématique. La région élabore également du Gruyère AOP[180], ainsi que d’autres appellations locales : Chaux d'Abel[181], Erguël, Villeret, Cortébert, Moron, Mont-Soleil. Ces fromages ont une pâte jaune clair à dorée, une croûte lavée, peu ou pas de trous.

Avec sa superficie d’environ 80 hectares, le vignoble de La Neuveville est le plus grand du canton de Berne[182]. On y cultive le chardonnay, le chasselas et divers cépages de la famille des pinots. La ville de Berne possède environ 20 hectares de vignes entre La Neuveville et Chavannes.

La saucisse au marc est une spécialité vigneronne de la rive nord du lac de Bienne[183]. Les saucisses sont cuites lentement dans un alambic sur les vapeurs du marc de raisin, leur conférant un goût unique et un fumet distinctif. Servies durant la saison froide, elles sont souvent accompagnées de salade de pommes de terre.

L’eau de vie de gentiane[184], issue de plantes qui poussent sur les pâturages des montagnes, est un alcool typique du Grand Chasseral. Il est obtenu par distillation ou macération des racines de la gentiane jaune et il offre une saveur amère, terreuse et boisée.

Parmi de nombreux artisans des métiers de bouche, Olivier Hofmann[185], boulanger à Reconvilier, a relancé la culture de la plus ancienne céréale du monde, le petit épeautre[186].

La Fondation rurale interjurassienne (FRI)[187] valorise les produits du terroir en remettant un prix destiné à soutenir les entreprises alimentaires de la région. Le label Grand Chasseral regio garantie[188] s’applique aux fromages d’alpage, viandes fumées, liqueurs, confitures et autres sirops.

Les tables

Dans son ouvrage Le Jura à table[189] (paru en 1976), Jacques Montandon[190] retient notamment les croûtes aux morilles, les truites, les perches ou encore la choucroute, comme plats propres aux restaurants des vallées du Jura bernois et de La Neuveville. Aujourd’hui, aucun de ces mets n’est une exclusivité du Grand Chasseral.

Les cartes les plus originales sont celles proposées dans les métairies[191] où l’on déguste des plats rustiques basés sur les produits régionaux : jambon de campagne, röstis, fondue, croûtes au fromage, bouchoyade, assiettes froides, déclinaisons de chasse et desserts maison[192].

Au-delà de cette offre campagnarde, la région dénombre également quelques tables étoilées : l'Hôtel du Cerf à Sonceboz-Sombeval, Le Grillon aux Prés-d’Orvin et L'Étoile à Perrefitte.

Médias

Trois quotidiens de proximité, mais localisés à l’extérieur de la région, informent le Jura bernois : Le Journal du Jura (édité à Bienne), Le Quotidien jurassien (édité à Delémont) et ArcInfo (édité à Neuchâtel). Deux quotidiens n’ont pas franchi le cap du XXIe siècle. Il s’agit du Jura bernois (1863-1998)[193] à Saint-Imier, dont l’un des rédacteurs fut Werner Renfer, et du Petit Jurassien (1891-1956)[194] à Moutier, où officia Max Robert[195].

Trois hebdomadaires fournissent des informations locales et institutionnelles : La Semaine (publiée à Bévilard)[196], La Feuille d’avis du district de Courtelary (publiée à Courtelary)[197] et Le Courrier (publié à La Neuveville)[198]. L’hebdomadaire gratuit Biel-Bienne est distribué à Péry-La Heutte et à Orvin.

Trois médias audio-visuels couvrent le Jura bernois : RJB (dont les studios sont situés à Tavannes), TeleBielingue (basée à Bienne) et Canal Alpha (localisé à Cortaillod).

Le Journal du Jura[199] est détenu conjointement par Jura Media SA[200], à Delémont, et BNJ Media Holding[201], à Rossemaison.

Biel Bienne et TeleBielingue appartiennent au groupe Gassmann Media, dont le siège est à Bienne[202].

Formation et écoles dans le Jura bernois

Scolarité obligatoire

Les onze années de formation de l’école obligatoire se répartissent en trois cycles successifs[203].

La scolarité obligatoire dans le Jura bernois s’inscrit dans le cadre scolaire romand[204],[205],[206][réf. à confirmer]. Le plan d’études romand (PER), qui est un des objectifs de la Convention scolaire romande de 2007[207] (CSR, dont le canton de Berne est signataire en tant que membre de la Conférence intercantonale de l’instruction publique et de la culture de la Suisse romande et du Tessin[208]), est le document de référence de la scolarité obligatoire dans le Jura bernois.

Formation post-obligatoire (Secondaire 2)

Au sortir de la scolarité obligatoire, 56 % des jeunes Bernois francophones optent pour une formation professionnelle initiale, 13,5 % sont dans une école de commerce, 23 % en formation gymnasiale et 5,2 % en école de culture générale[209].

Gymnase de Bienne et du Jura bernois

Le Gymnase français a ouvert ses portes à Bienne en avril 1955[210]. En 2022, il a pris le nom de Gymnase de Bienne et du Jura bernois (GBJB)[211]. Cette institution cantonale comprend quatre filières : la filière gymnasiale, l’école supérieure de commerce, l’école de culture générale et la filière Passerelle[212].

CEFF

Le CEFF (Centre de formation professionnelle Berne francophone) a vu le jour le 1er août 2010, en regroupant l’enseignement professionnel du Jura bernois dans les domaines artisanat (à Moutier), industrie (à Moutier et Saint-Imier) commerce (à Saint-Imier et Tramelan) et santé-social (à Saint-Imier)[213]. Son siège est à Saint-Imier. Il emploie environ 250 personnes et accueille près de 1800 élèves en système plein temps ou dual, ainsi qu’annuellement entre 600 et 800 adultes en formation continue[214].

Ecole de musique du Jura bernois

L'École de Musique du Jura Bernois (EMJB)[215] est une institution décentralisée créée en 1974. Elle est installée dans l’ancienne villa Savoye à Saint-Imier. Elle compte environ un millier d'élèves et une soixantaine d'enseignants[216]. Les cours sont dispensés dans une trentaine de communes. L’école privilégie un enseignement individuel et collectif, mettant l'accent sur le plaisir, la découverte et la créativité, tout en intégrant les musiques actuelles[217]. Le Conseil du Jura bernois a décerné le 19 septembre 2024[218] à l’EMJB son Prix de la culture pour la législature 2022-2026.

HEP BEJUNE

La Haute école pédagogique HEP BEJUNE, qui réunit les centres de formation des enseignants du Jura bernois, du Jura et de Neuchâtel, s’est ouverte en 2001[219]. Son siège est à Delémont. Ses sites de formation sont à Bienne, La Chaux-de-Fonds et Delémont[220]. Elle forme aux professions de l’enseignement à tous les degrés de la scolarité obligatoire et postobligatoire. Le cursus alterne les périodes de cours et de stages[221].

HE-Arc - Site de formation et de recherche de Saint-Imier

La Haute Ecole Arc Ingénierie (HE-Arc) dispose d’un site de formation et de recherche au Parc technologique de Saint-Imier (PTSI)[222]. Elle y a implanté sept centres de compétences[223]. La HE-Arc Ingénierie (dont le siège est à Neuchâtel) est issue de la fusion[224] de l’Ecole d’ingénieurs de Saint-Imier (EISI)[225] et de l’Ecole d’ingénieurs du canton de Neuchâtel au Locle (EICN).

Centre interrégional de perfectionnement (CIP)

Le Centre interrégional de perfectionnement (CIP)[226] a ouvert ses portes en 1991 à Tramelan[227]. Il propose des formations continues pour adultes en lien avec les besoins du tissu économique régional (secteurs secondaire et tertiaire) et des intérêts de la population du Jura bernois et des régions avoisinantes[228]. Le complexe abrite aussi la Conférence de coordination francophone (COFRA)[229], qui coordonne les dossiers francophones au sein de la Direction de l'instruction publique et de la culture, ainsi que le Centre technique de formation pour l’industrie du décolletage et du taillage (CIP Technologie)[230]. Il accueille également des expositions, des concerts et des conférences. Sa médiathèque offre des ressources pour des recherches documentaires.

Autres établissements

Évènements et culture

Une grande partie des projets et institutions culturelles du Jura bernois bénéficient de subventions du Conseil du Jura bernois (CJB) selon le cadre de la Loi sur l’Encouragement des Activités Culturelles[231] (LEAC) du canton de Berne. Grâce à la Loi sur le statut particulier du Jura bernois et sur la minorité francophone de l'arrondissement administratif de Biel/Bienne[232] (LStP), le CJB bénéficie d’une enveloppe financière propre pour l’encouragement des activités culturelles ainsi que différentes prérogatives qui lui permettent de définir une politique culturelle propre à sa région[233].

Sept ans avant l’entrée en vigueur de la LEAC, un premier événement d’envergure se déroule à Moutier[234] : la Quinzaine culturelle. Elle recouvre un ensemble d’activités : conférences, expositions, spectacles, concerts, etc[235]. Le professeur Alfred Sauvy s’y exprime devant un auditoire de 600 personnes[236]. Les quinzaines culturelles de Moutier se poursuivent jusqu’en 2002. En 1968, la réussite de la première édition éveille les faiseurs de culture aux réalités et aux besoins d’un territoire situé à l’écart des grandes villes et géographiquement morcelé. Elle contribue à dynamiser les initiatives régionales et à décentraliser les animations culturelles[237].

Arts de la scène et centres culturels

Le Jura bernois compte dans sa région plusieurs centres culturels. Régis par des associations, ces lieux proposent une programmation culturelle régulière dans les domaines artistiques du théâtre, musique, danse, humour, cirque, spectacle à destination du jeune public.

  • Le Centre de Culture & de Loisirs[238], établi dans la commune de Saint-Imier.
  • Le Centre Culturel de la Prévôté[239], établi dans la ville de Moutier.
  • Le Centre Culturel Le Royal[240], établi dans la commune de Tavannes.
  • Le Café-théâtre de la Tour de Rive[241], établi dans la commune de La Neuveville.
  • La coopérative Espace noir[242] de Saint-Imier.
  • Le Théâtre de l'Atelier[243], établi à Reconvilier.

Dans le domaine des arts de la scène, Evidanse[244] propose chaque année une programmation consacrée à la danse dans les centres culturels et théâtres du Jura bernois, du Jura et de Bienne, en collaboration avec ces institutions.

La compagnie de théâtre Utopik Family[245], en plus de ses propres spectacles, propose des cours de théâtre dans différentes communes du Jura bernois.

La pratique du théâtre amateur est très forte dans le Jura bernois. Une dizaine de compagnies amateures sont regroupées au sein de la Fédération du Jura bernois des Sociétés de Théâtre Amateur (FJBSTA)[246]. Des années 1970 aux années 1990, les comédiens amateurs bénéficient du travail d’animation et de formation du Théâtre populaire romand.

Fondé en 2016, le fOrum culture[247] est une association active dans le Jura bernois, à Bienne et dans le canton du Jura. En tant que réseau, le fOrum culture œuvre à la mise en commun des compétences de ses membres ainsi qu’à stimuler une dynamique régionale dépassant les frontières cantonales. Il soutient, par le biais de ses commissions, des projets de création dans le domaine des arts de la scène, tout comme il développe des actions de médiation culturelle. Son action est pensée de manière complémentaire aux autres partenaires culturels de Bienne et du Canton du Jura[248].

Bibliothèques

Le Jura bernois compte quatre bibliothèques régionales[249] : la Bibliothèque régionale de Moutier, la Bibliothèque régionale de la Neuveville, la Bibliothèque régionale de Saint-Imier et la Bibliothèque régionale de Tavannes. Elles assurent à la population du Jura bernois un accès à la lecture avec un vaste choix d’ouvrages pour adultes et jeunes publics. Elles proposent également un accès important aux écoles de la région et proposent de nombreuses offres d’animations pour les différents publics.

Le Bibliobus Jura & Grand Chasseral[250] est une bibliothèque ambulante publique de libre accès. Trois véhicules circulent et proposent les services du Bibliobus dans un vaste réseau de communes du Jura et Jura bernois.

Ecoles et médiation culturelle

La Coordination Jeune Public[251] (CJP) est une association à but non lucratif qui s’engage à favoriser l’accès à la culture et à l’expression artistique pour les jeunes du Jura et du Jura bernois. L’association propose annuellement au jeune public des camps artistiques dans le domaine du théâtre, de la musique et de la danse, ainsi que dans les arts visuels. L’association propose également le festival Espacestand, un festival d’arts également à destination du jeune public.

Fondation de l’Abbatiale de Bellelay

La Fondation de l’Abbatiale de Bellelay[252] a pour but de mettre en valeur le site historique de l'Abbaye de Bellelay. Depuis 1960, elle abrite des expositions de peinture[253]. Cette démarche a évolué et l’abbatiale accueille désormais chaque été des installations dues à des artistes contemporains. A partir de 2020, les Battements de l’Abbatiale[254] proposent également des concerts réunissant des musiciens et des ensembles de renom. Chaque année, le lieu, riche de trois orgues[255], affiche encore un cycle de concerts d’orgue.

Musées et autres lieux d’expositions

Le Jura bernois compte plusieurs lieux d’exposition consacrés aux beaux-arts, à l’histoire, au patrimoine et à diverses activités économiques[256].

Le Musée d'Art et d'Histoire de La Neuveville[257] présente des objets de l’histoire de la cité, du néolithique à nos jours. Parmi ceux-ci figurent des canons pris aux troupes de Charles le Téméraire après la bataille de Morat[258], ainsi que des poêles Landolt du XVIIIe siècle. Chaque année, le musée propose une ou deux expositions temporaires à thèmes.

Le Musée de Saint-Imier[259] est installé depuis 2002 dans de nouveaux locaux. Il propose un parcours thématique sur l’histoire du vallon de Saint-Imier. Il accueille ponctuellement des expositions temporaires. Il abrite également l’Espace des Troupes jurassiennes[260] qui met en perspective l’histoire militaire de l’époque de l’ancien Évêché de Bâle à nos jours.

Le Musée du Tour Automatique et d’Histoire de Moutier[261] possède une collection constituée d’une centaine de tours automatiques, machines indispensables à l’industrie du décolletage[262]. Il rassemble aussi de nombreux objets et documents témoignant de l’histoire industrielle de Moutier et de la région.

Le Musée jurassien des Arts à Moutier[263] se consacre aux arts visuels contemporains régionaux et suisses[264].

La Maison de la Tête de Moine à Bellelay[265] présente l’histoire du fromage ainsi que son procédé de fabrication.

Le Musée Longines à Saint-Imier[266] a été inauguré en 1992. Il présente près de 400 montres, instruments de navigation et appareils de chronométrage sportif issus des ateliers de la manufacture[267]. Il expose également des photographies et des affiches en rapport avec l’activité séculaire de l’entreprise.

Le Martinet de Corcelles[268] a été rénové en 1993[269]. Il se situe dans le Grand Val où le travail du métal remonte au 12e siècle[270]. Aujourd’hui, le martinet n’est pas qu’une forge, mais également un musée sur l'histoire du fer de toute la région.

L’Electro Expo[271] occupe l’ancienne station de réserve de la Société des forces électriques de la Goule à Saint-Imier (immeuble inscrit au Patrimoine historique). Elle présente près de 500 objets en rapport avec l’histoire de l’électricité, cédés par le collectionneur Georges Cattin[272],[273].

L’usine Langel à Courtelary a été construite en 1917. Cette entreprise de mécanique s’était spécialisée dans la fabrication d’étampes et de blocs à colonnes[274]. Son activité s’est achevée en 1997. Les locaux et les équipements sont dans le même état que lors de sa fermeture. Les visiteurs peuvent admirer les anciennes machines, les grandes fenêtres typiques des ateliers d’horlogerie de la région et le bureau du patron[275].

L’Expo Digger est située à Tavannes au sein du site de production de la Fondation qui conçoit des machines de déminage[276]. Elle sensibilise le public à la problématique des mines antipersonnel.

La maison du Banneret Wisard, située à Grandval, est un bâtiment historique notable pour son architecture traditionnelle et son importance culturelle[277]. Construite en 1535, elle est typique des maisons de la région du Jura bernois.

L'ancienne résidence des barons de Gléresse, située sur le territoire communal de La Neuveville, abrite Le Fornel, musée de la vigne du Lac de Bienne[278].

Arts visuels

La Dépendance[279] est un gîte situé dans la périphérie rurale de Saint-Imier. Le chalet sert d’espace pour les projets d’artistes et accueille un programme de résidence[280].

Format[281] est une exposition de photographies contemporaines en plein air à Mont-Soleil.

Musique

Les Estivales musicales[282] se déploient dans la vallée de Tavannes, à Tramelan et dans le Petit-Val. Il s’agit d’un festival de musique de chambre[283]. La première édition s’est déroulée en 2006[284].

Toxoplasmose[285] est un festival de musiques actuelles, en particulier les genres associés au metal. Il se déroule au pied des ruines du Château d'Erguël[286], dans la commune de Sonvilier.

Le Festival ArtDialog[287] est un festival pluridisciplinaire de danse, performances artistiques, musique contemporaine et classique[288]. Il a lieu alternativement à La Neuveville et à Bienne.

Stand'été[289] est un festival pluridisciplinaire. Depuis 2005, il se déroule tous les deux ans dans l’ancien stand de tir de Moutier. Le point fort de la première édition fut La Flûte enchantée[290]

Usinesonore[291] est un festival de musique contemporaine et interdisciplinaire de l’association Usinesonore à La Neuveville. En plus des concerts, il propose des spectacles, des installations et des conférences[292].

Agora Tramelan[293] est une association active depuis 1996. Son but est d'organiser des événements (concerts, théâtres, contes) tout au long de l'année en différents lieux de la commune de Tramelan[294].

Le Festival Boogie Woogie de La Neuveville[295] a pour cadre le Café-Théâtre de la Tour de Rive[296]. Sa première édition remonte à 2019.

Le Sounds’Boz[297] est un festival de musique et arts de la scène qui se passe à Sonceboz-Sombeval.

Festivall Saint-Imier[298] est une manifestation créée en 2024.

De nombreuses sociétés de musique sont actives dans la région du Grand Chasseral. La Fédération Jurassienne de Musique[299], fondée en 1885, est l’organisation qui fédère les fanfares, harmonies et ensembles de cuivres du canton du Jura, du Jura bernois et de Bienne. L’Union des chanteurs jurassiens[300] regroupe les chorales actives dans le même périmètre.

Le Festival de Mont-Soleil fut, de 1995 à 2006, l’une des manifestations musicales les plus importantes de la région. Sa scène a accueilli des vedettes internationales comme Indochine, Patricia Kaas ou Hugues Aufray.

Le Country Music Festival Courtelary a connu des éditions annuelles entre 2001 et 2018. Michael Jones s’est notamment produit sur sa scène en 2013[301].

Patrimoine culturel

La Fondation Mémoires d'Ici, établie à Saint-Imier, a pour mission de collecter, conserver et mettre en valeur le patrimoine historique et culturel du Jura bernois, dans le domaine des archives privées.

Le Centre jurassien d’archives et de recherches économiques (CEJARE)[302], établi à Saint-Imier, a pour vocation de préserver et de valoriser le patrimoine et le savoir-faire économiques et industriels de l’Arc jurassien.

La Société jurassienne d'Emulation (SJE)[303], active depuis 1847, ayant pour objectif de mettre en valeur et de promouvoir le patrimoine de l’ancienne principauté et évêché de Bâle, soutenir la création, encourager la recherche dans les domaines les plus variés de la culture. Avec le Dictionnaire du Jura, la SJE met à disposition un ensemble de notices relatives au Jura et au Jura bernois.

La Revue Intervalles[304], fondée en 1982, propose des publications trisannuelles mettant en lumière la vie culturelle, associative et patrimoniale du Jura bernois et de Bienne.

L’Institut Jurassien des Sciences, des Lettres et des Arts (IJSL+A)[305] a pour objectif de mettre en valeur les scientifiques, les écrivains et écrivaines, les artistes d’origine jurassienne ou vivant dans le canton du Jura et le Jura bernois.

Autres manifestations

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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