Mont-Terrible

ancien département français (1793-1800) From Wikipedia, the free encyclopedia

Le département du Mont-Terrible est un ancien département français, dont le chef-lieu était Porrentruy.

Chef-lieu Porrentruy
Création du Département
Incorporation au département du Haut-Rhin
Faits en bref Statut, Chef-lieu ...
Mont-Terrible

  

Description de cette image, également commentée ci-après
Carte du département.
Informations générales
Statut Département de la Révolution française
Chef-lieu Porrentruy
Histoire et événements
Création du Département
Incorporation au département du Haut-Rhin

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Le « mont Terrible » qui lui a donné son nom s'appelle aujourd'hui le « mont Terri » (canton du Jura, Suisse).

Il est constitué en par l'annexion française de la République rauracienne, constituée en par la partie impériale de l'évêché de Bâle. Il est intégré au Haut-Rhin en 1800.

Création

Le 5 germinal an I (), la Convention nationale prit un décret « qui réunit à la France le pays de Porrentruy, sous le nom de département du Mont-Terrible ».
Il est rédigé comme suit :

« Article premier. — Le pays de Porrentruy formera un département particulier, sous le nom de département du Mont-Terrible ».
« Art. 2. — Les commissaires de la Convention nationale, envoyés dans ce pays par décret du dernier, sont chargés de prendre toutes les mesures nécessaires pour y assurer l'exécution des lois de la République [française], ainsi que de faire parvenir à la Convention [nationale] tous les renseignements propres à déterminer l'organisation et la division de ce département ».
« Art. 3. — Le conseil exécutif provisoire [de la République française] est chargé de faire procéder au reculement des barrières [douanières], en prenant toutes les précautions nécessaires pour prévenir les exportations en contravention aux lois de la République [française] ».

Territoire

Mont-Terrible Carte du département gravée par P.F. Tardieu pour l'Atlas des quatre-vingt-huit Départements de la République Française de François-Simon Mentelle, publié à Paris vers 1794 (Musée jurassien d'art et d'histoire, Delémont ; photographie Pierre Montavon).

Territoire initial

Le territoire du « pays de Porrentruy » correspondait à la partie de l'ancienne principauté épiscopale de Bâle sur laquelle le prince-évêque de Bâle avait conservé l'intégralité de son autorité temporelle, à l'exception de la seigneurie de Schliengen.

Il s'agissait des territoires suivants :

Extensions successives

Incorporation de l'ancienne principauté de Montbéliard

Le , le commissaire Bernard de Saintes avait fait occuper la principauté de Montbéliard.

Par un arrêté du , il l'avait déclarée provisoirement réunie à la France.

L'annexion de facto de la principauté de Montbéliard ne fut acceptée par le duc de Wurtemberg, Frédéric-Eugène, que le 5 fructidor an IV (), date à laquelle il ratifia le traité de paix conclu à Paris, le 20 thermidor précédent (), entre Charles-François Delacroix, fondé de pouvoir du Directoire exécutif, d'une part, et le baron Charles de Woellvarth et Conrad d'Abel, fondés de pouvoirs du duc de Wurtemberg et Teck, d'autre part.

Ce traité, arrêté et signé par le Directoire exécutif le 21 thermidor an IV (), et ratifié par le Corps législatif le 28 thermidor suivant (), contenait un article 4 rédigé comme suit :

« S. A. S. le duc de Wurtemberg et Teck renonce, en faveur de la République française, pour lui, ses successeurs et ayant-cause, à tous ses droits sur la principauté de Montbéliard, les seigneuries d'Héricourt, de Passavant et autres en dépendant, le comté de Horbourg, ainsi que les seigneuries de Riquewick et Ostheim, et lui cède généralement toutes les propriétés, droits et revenus fonciers qu'il possède sur la rive gauche du Rhin, et les arrérages qu'il pourrait réclamer. Il renonce à toute répétition qu'il pourrait faire contre la République [française] pour non-jouissance desdits droits et revenus, et pour toute autre cause, de quelque espèce qu'elle soit, antérieure au présent traité. »

Dès la fin du mois d', les quarante municipalités de la principauté de Montbéliard furent distribuées en trois cantons, savoir :

Ces trois cantons formèrent, avec le canton de Clairegoutte, le district de Montbéliard.

Le canton de Clairegoutte[be], comprenait les cinq municipalités suivantes : Belverne[bf], Clairegoutte[bg], Étobon[bh], Frédéric-Fontaine[bi], Magny-Danigon[bj]. Le district de Montbéliard fut rattaché au département de la Haute-Saône.

Le 11 ventôse an V (), une loi en détacha les cantons d'Audincourt, Désandans et Montbéliard, correspondant au territoire de l'ancienne principauté de Montbéliard, pour les incorporer au département du Mont-Terrible.

Incorporation du reste de l'ancienne principauté épiscopale de Bâle

Après le traité de paix signé à Campo-Formio, le 26 vendémiaire an VI (), le reste de l'ancienne principauté épiscopale de Bâle, à l'exception de l'ancienne seigneurie de Schliengen, fut incorporé au département du Mont-Terrible.

Le 29 brumaire an VI (), le Directoire exécutif donna à Charles Pierre François Augereau, général en chef de l'armée d'Allemagne, l'« ordre de prendre possession des pays, terres et droits d'Erguël, Bellelay, Grandval et Moutier, dépendant de l'évêque de Bâle sur la rive gauche du Rhin, et de faire évacuer l'abbaye de Bellelay »[1].

Le 19 pluviôse an VI (), la Ville et République de Bienne émirent le vœu d'être réunies à la République française.

Ces territoires, sur lesquels le prince-évêque de Bâle n'avait conservé, jusqu'en , qu'une autorité nominale, étaient les suivants :

Territoires non annexés

Enclaves soleuroises

Les actuelles communes suisses suivantes ne relevèrent jamais du département français du Mont-Terrible ni de celui du Haut-Rhin :

Elles constituaient deux enclaves du canton suisse de Soleure (en allemand : Kanton Solothurn), situées entre les départements français du Mont-Terrible et du Haut-Rhin.

La première enclave correspondait à l'actuelle commune de Petit-Lucelle ; la seconde, aux actuelles communes de Bättwil, Hofstetten-Flüh, Metzerlen-Mariastein, Rodersdorf et Witterswil, composant le Leimental soleurois.

Seigneurie de Schliengen

La seigneurie de Schliengen ne fut jamais annexée au département du Mont-Terrible. Située sur la rive droite du Rhin, elle comprenait : Istein, Huttingen, Mauchen, Schliengen et Steinenstadt.

Par le recès du , la députation extraordinaire de la Diète impériale de Ratisbonne en décida la sécularisation ainsi que la médiatisation, par son incorporation au margraviat de Bade.

Administrateurs

Liste des administrateurs du département du Mont-Terrible.
Lettre des administrateurs du département du Mont-Terrible du 1er prairial an V.

Le document ci-joint daté du 1er prairial an V donne la liste des administrateurs à cette date, accompagnée de leurs signatures.

  • Tripone, président ;
  • Noirjean ;
  • Pallain ;
  • Parrot ;
  • Bennot ;
  • Roussel, commissaire du Directoire exécutif ;
  • Arnold, secrétaire en chef.

Suppression

Le département du Mont-Terrible fut supprimé, sous le Consulat, par la loi du 28 pluviôse an VIII (), « concernant la division du territoire français et l'administration ».
Son territoire fut incorporé au département du Haut-Rhin, dont il forma deux des cinq arrondissements, à savoir :

  • Le quatrième arrondissement (chef-lieu : Porrentruy), comprenant les onze cantons suivants : Porrentruy, Chevenez, Damphreux, Cornol, Épauvillers, Saint-Brais, Saignelégier, Saint-Ursanne, Audincourt, Desandans et Montbéliard
  • Le troisième arrondissement (chef-lieu : Delémont), comprenant les onze cantons suivants : Delémont, Glovelier, Vicques, Reinach, Laufon, Moutier, Malleray, Courtelary, Bienne, La Neuveville

En 1815 à la suite du congrès de Vienne, le territoire qui avait constitué ce département fut attribué en grande partie au canton suisse de Berne, l'actuel canton du Jura et le Jura bernois. Le reste fut partagé entre le département français du Doubs (Montbéliard) et le canton de Bâle-Campagne.

Subdivisions

Le département du Mont-Terrible était divisé jusqu'à loi du , en deux districts :

Références

Articles connexes

Bibliographie

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