L'Intérêt de la psychanalyse
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| L'Intérêt de la psychanalyse | |
| Auteur | Sigmund Freud |
|---|---|
| Genre | Psychanalyse |
| Version originale | |
| Langue | Allemand, français |
| Titre | Das Interesse an der Psychoanalyse, L'intérêt de la psycho-analyse |
| Lieu de parution | Bologne |
| Date de parution | 1913 |
| Version française | |
| Traducteur | W. Horn (Première traduction) |
| Éditeur | Scientia |
| Lieu de parution | Bologne |
| Date de parution | 1913 |
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L'Intérêt de la psychanalyse ou L'intérêt que présente la psychanalyse (en allemand : Das Interesse an der Psychoanalyse) est un écrit de Sigmund Freud, paru simultanément en allemand et en français en 1913 dans la revue italienne Scientia. C'est la première traduction en français d'un texte de Freud.
Tout en faisant connaître plus largement la psychanalyse, l'article vise à montrer l'intérêt qu'elle présente notamment pour les chercheurs de nombreuses autres disciplines (sciences du langage, philosophie, biologie, sociologie etc.), ainsi que dans la culture en général.
Demande de la revue Scientia à Freud


Das Interesse an der Psychoanalyse , publié en 1913 à Bologne dans la revue italienne Scientia[2],[3],[note 1], est « le premier texte de Freud traduit en langue française par un certain M.W. Horn »[4]. Le texte y est « présenté simultanément en allemand, dans le corps de la revue, et en français dans un fascicule joint qui contient d'autres traductions »[4]. Alain de Mijolla relève que « pour des raisons inconnues, encore que la première Guerre mondiale y ait sans doute joué un grand rôle, son existence restera ignorée des psychanalystes français jusqu'en 1976 »[4].
Selon Jean Florence, Freud y exprime « son désir de voir la psychanalyse s’insérer dans le champ du savoir »[5]. Il souhaite démontrer en quoi la psychanalyse peut « intéresser non seulement la psychologie mais également les sciences non psychologiques, à savoir, la science du langage, la philosophie, la biologie, l’histoire de l’évolution, l’histoire de la civilisation, l’esthétique, la sociologie et la pédagogie »[5],[3],[note 2].
Scientia paraît tous les deux mois avec pour sous-titre « revue internationale de synthèse scientifique »[2],[4]. Selon Alain de Mijolla, la revue est co-éditée à Londres, Leipzig et Paris par Felix Alcan[4]. Dans les années 1912-1914, on trouve parmi les collaborateurs de la revue des personnalités comme Alfred Adler, Émile Durkheim, Albert Einstein, Henri Piéron, Henri Poincaré et Bertrand Russell[4].
Scientia avait demandé à Sigmund Freud « un exposé d'ensemble sur la psychanalyse »[2]. Le , Freud écrit à Oskar Pfister : « J'avais à exécuter ces jours-ci un travail que je n'avais pas souhaité, une sorte de programme de la psychanalyse rédigé pour Scientia, ce que, par égard pour le caractère distingué de cette revue internationale, je n'ai pas osé refuser »[2],[4]. Dans une lettre à Ferenczi, il apparaît que la rédaction du texte est terminée le , et Freud corrige les épreuves en septembre durant son séjour à Rome[2],[1]. L'article est publié dans les deux numéros de fin d'année de Scientia : tandis que l'exposé de Freud est présenté en allemand dans le corps de la revue[4], la traduction française figure simultanément dans un supplément de la revue et se trouve ainsi « être la toute première traduction française d'un texte de Freud »[2]. Dans le fascicule joint, se trouvent également d'autres traductions figurant dans le recueil, la revue étant « résolument éclectique »[4]. La première partie de l'article de Freud, « Son intérêt pour la psychologie » est donc publiée dans le supplément du volume XIV du ; la seconde, « Son intérêt pour les sciences non psychologiques », est publiée dans le supplément du numéro suivant du [4].
Ce texte de Freud est resté très longtemps « peu connu, voire méconnu » ; la première traduction anglaise publiée paraîtra en 1953 dans la Standard Edition[2]. Dans son ouvrage sur La vie et l'œuvre de Sigmund Freud, Ernest Jones, qui n'en pas encore connaissance, s'étonne : « chose curieuse, ce travail n'a encore jamais été traduit en anglais »[3]. Après la première traduction française par W. Horn, parue en 1913 dans Scientia, L'intérêt de la psychanalyse, retraduit par Jacques Sédat, paraîtra seulement en 1976 dans L'Énergumène[2] (1973-1979), revue française aujourd'hui disparue[6].

Contexte dans la vie et l'œuvre de Freud
La revue Imago, sous titrée « Revue de psychanalyse appliquée aux sciences de l'esprit » (en allemand Imago: Zeitschrift für die Anwendung der Psychoanalyse auf die Geisteswissenschaften), créée l'année précédente, en 1912, exploite un nouveau concept de publication dont l'objectif est résolument interdisciplinaire[7]. Lydia Marinelli se réfère à l'essai de l'année suivante L'intérêt de la psychanalyse en montrant que la tâche de ce troisième périodique de psychanalyse sous la direction de Sigmund Freud que représente Imago est avant tout d' « ouvrir un dialogue expérimental avec les sciences voisines comme l'anthropologie, la philosophie, la littérature, les sciences de la religion et du langage »[7].
L'année 1913 est riche en événements pour Freud, même si l'événement capital est « sa rupture définitive avec Jung », en septembre au Congrès de Munich[1]. Il y a aussi « un grand événement » familial, le mariage de la deuxième fille de Freud, Sophie, avec Max Halberstadt de Hambourg, un gendre, note Jones, « aussi bien vu que l'avait été le mari de Mathilde »[3]. Freud écrit Totem et tabou, et sinon, se déplace beaucoup, soit avec sa famille, soit pour des congrès. Après le Congrès de Munich du , il part immédiatement pour Rome en compagnie de sa belle-sœur Minna Bernays qui l'a rejoint à Bologne[3]. C'est à Rome qu'il corrige les épreuves du long essai destiné à Scientia, tout en dressant le plan complet de Pour introduire le narcissisme qui paraîtra en 1914[1].
Alain de Mijolla considère que la rupture avec les jungiens vient renforcer la nécessité de faire largement connaître « l'intérêt » d'une psychanalyse qui, écrit Freud, « établit des rapports inattendus » pour les chercheurs entre leurs sujets et « la pathologie de la vie psychique »[4]. Par ailleurs, il s'avère, d'après une lettre à Karl Abraham du , que la parution de l'article L'intérêt de la psychanalyse dans Scientia « vise à faire mieux connaître d'un large public les avantages et les ouvertures qu'offre la psychanalyse à la culture contemporaine »[4].
Éditions
(D'après la notice des OCF.P[2])
Première publication :
- 1913 : Das Interesse an der Psychoanalyse, Scientia, 14 (31), p. 240-250 et (32), p. 369-384.
Autres éditions allemandes :
- 1924 : Gesammelte Schriften, t. IV, p. 313-343.
- 1943 : Gesammelte Werke, t. VIII, p. 390-440.
Traduction anglaise :
- 1953 : Standard Edition, t. XIII, p. 165-190 : The Claims of Psycho-Analysis to scientific Interest.
Traductions françaises :
- 1913 : « L'intérêt de la psycho-analyse », traduit par W. Horn, Scientia, 14, Supplément, p. 157-167 et p. 236-251.
- 1976 : « L'intérêt de la psychanalyse », traduit par Jacques Sédat, dans L'Énergumène, 10-11, p. 111-137.
- 1980 : « L'intérêt de la psychanalyse », traduit par Paul-Laurent Assoun, dans S. Freud, L'intérêt de la psychanalyse, Paris, Retz-CEPL, (ISBN 2-7256-0261-0) p. 53-96.
- 1985 : « L'intérêt de la psychanalyse », même traduction, dans S. Freud, Résultats, idées, problèmes I, Paris, Presses universitaires de France, p. 187-213.
- 2005 : « L'intérêt que présente la psychanalyse », traduit par François Robert, dans Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse — OCF.P vol. XII : 1913-1914, Paris, PUF, (ISBN 2 13 052517 2), p. 95-125.