La Cerise

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Sortie
Enregistré Août à novembre 2006
au Studio Vega (Carpentras) et à La Datcha (Brest)
Durée CD1 39:19
CD2 59:17
La Cerise
Album de Matmatah
Sortie
Enregistré Août à novembre 2006
au Studio Vega (Carpentras) et à La Datcha (Brest)
Durée CD1 39:19
CD2 59:17
Genre Rock français
Producteur Thierry Garacino & Matmatah
Label La Ouache Production

Albums de Matmatah

La Cerise est le quatrième album studio du groupe breton Matmatah, sorti en mars 2007. Une édition limitée a été éditée avec en bonus un CD intitulé 28, Capucines, enregistré en live à l'Olympia le . L'album s'est classé à la 24e place des charts français[1].

C'est le dernier album du groupe avant la première séparation l'année suivante et le dernier avec Cédric Floc'h.

Après la tournée Archie Kramer, le groupe commence à travailler à partir du printemps 2006 sur de nouvelles chansons pour le prochain album, puis se rendent au studio Vega à Carpentras dans le Vaucluse au mois d'août avec le producteur Thierry Garacino et l'ingénieur du son Scott Greiner. Le producteur souhaite retrouver l'énergie de la scène et mettre en avant la personnalité des musiciens et incite le groupe à enregistrer dans des conditions live sans ajouts[2].

Si le groupe accepte ce retour au rock simple avec la formation deux guitares-une basse-une batterie, l'objectif initial ne sera pas respecté. En effet, une fois les sessions rythmiques enregistrées, le groupe retourne à Brest dans son studio La Datcha pour des nouvelles sessions studios jusqu'au mois de novembre. Là-bas, ils font de nombreux ajouts d'instruments sur leurs chansons et font intervenir d'autres musiciens dont le trompettiste Philippe Champion et le clarinettiste Manfred Kovacic pour La fleur de l'âge ou encore le pianiste Jacky Bouillol des Goristes qui avait participé à l'album précédent pour le piano sur La Serpeta del Barrio[2].

A la fin de l'enregistrement, le mixage de l'album et celui de l'album live 28, Capucines (enregistré à l'Olympia en 2005 intégré) dans l'édition deluxe de La Cerise sont réalisés par Scott Greiner dans les studios Apollo à Courbevoie et Capitol à Paris[3].

Après la sortie de l'album, le groupe se lance dans une nouvelle tournée, au cours de laquelle Matmatah connaitra une première séparation en raison de divergences artistiques importantes. En , le lendemain des derniers concerts de la tournée, le groupe enregistre l'EP Bande à part, puis donnera une dernière série de concerts l'été 2008 dans l'ouest de la France et se dissout. La formation se reformera durant la seconde moitié de la décennie suivante à l'occasion de la compilation anniversaire Antaology et l'album suivant sera Plates coutures en 2017.

Caractéristiques artistiques

À l'origine conçu pour être un album de retour aux sources à un rock brut. Les guitares s'y font plus présentes et beaucoup plus agressives ; certains titres sont du hard rock pur, quelquefois mâtinés de touches très punky. Des ballades contrebalancent l'agressivité par la douceur des voix (chœurs aériens) et des arrangements (cordes, claviers)[4]. L'album se retrouve hétérogène et varié, allant de la pop (Entrez dans ce lit) au punk rock (Now We Have a Pen) en passant par le blues (Pony the Pra) et le mambo (La Serpeta del Barrio), rendu possible grâce à la présence de musiciens supplémentaires comme le trompettiste Philippe Champion ou encore le pianiste Jacky Bouilliol. Leurs apports ne sont pas négligeables, en particulier le piano cubain de Jacky sur l'enregistrement de La Serpeta del Barrio.

Le groupe apporte également à l'album une couleur "vintage" proche des années 1970 en ajoutant les claps de mains ce qui ajoute plus de profondeur et de légèreté au son, comme l'expliquent Tristan Nihouarn et Eric Digaire en interview[2] :

« - Les claps de mains apportent une fraîcheur, un côté organique. Ça réhumanise un peu. Les Stooges faisaient beaucoup ça : ils étaient très électriques et ajoutaient quelques touches pour rendre ça plus ludique. On aime bien s'amuser avec ça : apporter aux textes un peu sombres un contre-pied musical plus léger, plus frais. Même si ça semble anachronique, ça colle bien. (Stan)
- Ça nous a toujours plu, la musique qui arrive en contre-pied du texte. Il y a des groupes français qui estiment que si le texte est sombre, la musique doit l'être aussi. Mais si on ne fait que ça, c'est à se tirer une balle à la fin. A l'inverse, nous on préfère dédramatiser le texte avec une musique totalement décalée. C'est rigolo. Ça donne une profondeur, un second degré. (Eric) »

Une partie des thèmes des paroles sont dans la continuité de ceux présents sur Archie Kramer.

La chanson La cerise est une critique sur la religion et une réflexion sur les incertitudes, comme explique Tristan Nihouarn en interview[2] :

« Ça faisait longtemps que je voulais écrire sur la religion. Mais cette chanson a été composée bien avant les polémiques sur les caricatures. De toute façon, des polémiques, il y en a toujours eu. Mais « La cerise », c'est plus une réflexion sur les incertitudes. On ne peut savoir s'il y a ou pas quelque chose après la mort. Donc on interroge notre conscience. Plus que la religion en elle-même, on évoque les doutes sur l'existence de quelque chose après la mort. »

Crépuscule dandy parle de l'arrogance et du narcissisme du narrateur au cours d'une soirée de beuverie qui parle tout le temps jusqu'à s'enfoncer, au point que ses amis ne l'écoutent pas ("On n'avait même pas remarqué/Blah blah"...).

Les paroles de Le Festin de Bianca raconte un accomplement de mantes religieuse qui se termine par la femelle dévorant le mâle qui en meurt.

La chanson Entrez dans ce lit propose dans les paroles une relation uniquement sexuel sans suite et sans sentiments.

La Serpeta del Barrio, chanson influencée par le mambo, comporte une série de messages vocaux laissés par les membres de Matmatah au batteur Scholl qui est aux abonnés absents (il a en tout 14 nouveaux messages à la fin de la chanson selon son répondeur).

Now We Have a Pen est une chanson punk rock pacifique aux paroles simples minimalistes et répétitives en anglais : "Maintenant qu'on a un stylo/Faisons laisser tomber les armes/Et maman va revoir son fils". C'est la suite de la chanson Alzheimer, comme l'explique Tristan Nihouarn en interview[2] :

« C'est sûrement lié au contexte international. On a eu beau faire « Alzheimer » sur le précédent disque, il y a toujours la guerre. Et c'est même pire aujourd'hui. Alors on remet une couche. Ça peut paraître facile ou démago, mais en même temps, c'est une évidence. Et on avait envie de le dire. »

La chanson Pony the Pra est un blues que le groupe n'a jamais joué auparavant, dont le texte est une adaptation du poème éponyme de Jack Kerouac, connu pour avoir influencé la contre-culture des années 1960[2] :

« Je suis tombé sur Book of blues de Jack Kerouac, un recueil de « chorus » (comme il les appelle) qui sont en quelque sorte des poèmes. En lisant le poème Pony the Pra, l'idée m'est venue de le mettre en musique. Et je trouvais que ça sonnait vraiment blues. Le texte de Kerouac est en intégralité dans le dernier couplet de la chanson. J'ai écrit les deux premiers couplets. Je les ai montrés aux Américains et ils ont donné leur accord. Alors on l'a fait. Ce qui est marrant dans cette histoire, c'est que le poème a été écrit en anglais par Jack Kerouac, auteur américain aux origines bretonnes. Et aujourd'hui, son texte est repris en anglais et montré aux Américains par des Bretons. Le parallèle est amusant. Pour la musique, on a choisi de faire un blues parce qu'on aime ça depuis toujours. Or c'est vrai qu'on en a rarement fait. Mais maintenant, on est assez adultes pour faire du blues (sourire). »

Réception

Dans l'émission On a tout essayé, Jean-Bernard Hebey critique vivement l'album.

Pistes de l'album

Personnel

Références

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