Rebelote

album de Matmatah, sorti en 2001 From Wikipedia, the free encyclopedia

Rebelote est le deuxième album studio du groupe de rock breton Matmatah, sorti en 2001.

Sortie
Enregistré Fin octobre-fin novembre 2000
Great Linford Manor, Great Linford, Royaume-Uni
Durée 45 min et 55 s
Faits en bref Sortie, Enregistré ...
Rebelote
Album de Matmatah
Sortie
Enregistré Fin octobre-fin novembre 2000
Great Linford Manor, Great Linford, Royaume-Uni
Durée 45 min et 55 s
Genre Rock français
Producteur Daniel "Jesus" Presley
Label La Ouache
Critique

Spirit of Rock 3/4 étoiles[1]
Forces Parallèles 5/5 étoiles[2]

Albums de Matmatah

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Très attendu après le succès de La Ouache, cet album est marqué par un virage artistique où le groupe délaisse ses influences celtiques pour un son rock plus marqué et moins commercial. Bien que le succès soit moindre pour cette raison, l'album contribue à confirmer la notoriété nationale de Matmatah.

Historique

Contexte

Formé en 1995, Matmatah recontre très rapidement le succès fulgurant, d'abord avec ses prestations scéniques locales, puis avec l'album La Ouache, enregistré en Angleterre, qui sort en 1998. Plus de 800 000 exemplaires sont vendus[3],[4], notamment grâce aux tubes Lambé An Dro, Emma et L'Apologie.

Dans un contexte musical où le rock retrouve une place de choix dans le cœur du jeune public, Matmatah contribue à renforcer la popularité de la musique celtique en France à la fin des années 1990, à l'instar du groupe de rap celtique Manau. Bien que cette musique, longtemps cantonnée au rang de folklore, se marie avec les musiques actuelles[5], cette étiquette leur devient pesante. Matmatah est avant tout un groupe urbain brestois qui puise ses influences aux sources du rock'n roll, avec l'état d'esprit et le son seventies des guitares vintage. Ils ne veulent pas entrer dans une catégorie mais avoir une place à part dans le rock français[6].

En , Matmatah est nommé dans la catégorie « groupe de l’année » à la première édition des NRJ Music Awards, qui a lieu pendant le MIDEM, à Cannes. Le , il est nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie « Groupe de l’année », il chante L'Apologie. Cela se passe quelques mois avant le début d'un procès qui leur est intenté pour apologie de substances psychotropes.

En effet, en juin 2000, les quatre membres du groupe comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nantes, pour « provocation à l'usage de stupéfiants » et « présentation sous un jour favorable de l’usage du cannabis ». Ce procès fait suite à un concert à Nantes en 1998, où un policier de la brigade des stupéfiants constate que le public fume du cannabis et surtout que le groupe qui s'y produit interprète deux chansons dont les paroles prônaient des pratiques illicites : L'Apologie (« Un pétard ou un Ricard, si t'as vraiment le cafard, à choisir y'a pas photo, moi je choisis le marocco. Les alcools ont leurs soûlards, le canna c'est le panard. Y'en a qui le mystifient, moi je fais son apologie. ») et Lambé An Dro (« Si t'as d'la beuh à partager, viens donc faire un tour à Lambé »)[7]. L'affaire est jugée malgré les protestations et une pétition de 10 000 signatures[8]. Les membres du groupe, qui risquent jusqu'à 5 ans de prison et 500 000 francs d'amende[7], sont condamnés à 15 000 francs d'amende chacun. Cet épisode leur inspire la chanson Quelques sourires présente sur leur deuxième album.

Ecriture

En 2000, après quatre ans de concerts et tournées, le groupe fait une pause nécessaire pour se ressourcer et écrire les nouvelles chansons pour le prochain album[9]. La phase d'écriture commence d'abord où les membres travaillent séparément. Puis le groupe se retrouve dans leur studio personnel dans le quartier Saint-Martin à Brest en compagnie de leur manager Julien Banes pour les finaliser ensemble, de retravailler leur structure et les répéter[9]. Pour Sammy, ces chansons sont faites pour être jouées sur scène : « J'ai l'impression que ce sont des chansons qui sont faites pour le live [...]. On s'est attaché à ne pas trop surproduire pour garder cet aspect, mais c'est vrai qu'en bossant certains morceaux, je sais très bien qu'il y a des parties de guitare que j'imaginais en concert, et je me disais qu'elles seraient efficaces. »[9] Parmi les nouvelles chansons, on retrouve deux chansons datant des débuts du groupe et écartées de La Ouache : The Grave Digger de Stan et Out de Sammy[10]. Seule une chanson de l'album ne sera pas travaillée durant la séance d'écriture mais directement à l'enregistrement[9].

Le groupe explique dans une interview que le travail se déroule différement par rapport à La Ouache : « Ce qui était bien, c'est qu'on a pu prendre une peu plus de temps que pour le premier mais on n'a pas voulu non plus en prendre trop parce que il y a des chansons sur lesquelles tu pourrais rester un an et ne jamais la finir. A un moment, il faut s'arrêter. Il fallait une date butoir pour arrêter les morceaux. [...] Ça crée une urgence qui est bénéfique. On a découvert cette situation qu'on n'avait pas vécue auparavant. On a expérimenté. »[9]

En effet, le groupe a acquis trois années d'expériences depuis le premier album et cherche désormais à se défaire de l'étiquette "Rock celtique" qui leur colle à la peau pour le nouvel album, comme explique Eric Digaire dans une interview[10] : « Le rock celtique, c'est déjà une aberration. De toutes façons, nous ne refusons aucune influence et nous disons souvent à ceux qui veulent nous coller ce genre d'étiquette: « Attendez donc, vous allez voir dans quelques années ce que nous sommes capables de faire!». [...] On a fait avant tout des chansons qui nous plaisaient à nous sans avoir le souci de plaire aux autres. Alors ce disque est juste plus débridé, aussi proche de nous que l'était le premier, mais il y a 3 ans de différence [...]. Et je pense que ceux qui nous ont vus en concerts ne seront pas surpris. ». Stan s'accorde avec son compère dans une autre interview[9] : « De toute façon, quand tu es de Brest ou simplement breton, tout ce que tu fais est celtique et on nous a déjà dit que certaines nouvelles chansons étaient celtiques. Il y a toujours beaucoup d'influences qui persistent sur ce nouveau disque. C'est vrai qu'il est plus rock et peut-être moins festif. A l'époque de La Ouache, on était étudiant. Maintenant, on ne l'est plus, on a un peu grandi et on espère que les gens auront évolué avec nous. »

Enregistrement

Le producteur Daniel "Jesus" Presley qui a mixé leur EP En concert sorti en 1999, est engagé pour superviser les sessions d'enregistrements. Celles-ci se déroulent à partir de fin octobre 2000 en Angleterre au manoir de Great Lindor et durent cinq semaines[11] Le groupe apprécie beaucoup le changement d'environnement considérant comme propice à l'album comme explique Stan dans une interview[9] :

« Les gens qui nous recevaient ne nous connaissaient pas spécialement, donc n'avaient pas d'idées préconçues sur notre musique. Et c'était pratique parce qu'au moins, on était dans un endroit pour ne plus en bouger. Pas de potes qui puissent venir nous inciter à sortir. [...] Changer de pays, partir dans une aventure et n'en ressortir que quand c'est fini. [...] Pendant l'enregistrement, il y a une certaine tension. On était dans un cocon, dans un vieux manoir du XVIIè siècle, perdu dans la campagne au Nord de Londres. Un manoir très british, avec de la moquette partout, et évidemment hanté. Quand tu veux faire du rock dans une ambiance anglaise comme celle-là, ça aide, ça inspire. »

Le producteur Presley et l'ingénieur du son Douglas Cook, qui avait enregistré La Ouache, utilisent une vieille table de mixage notoirement utilisée par Pink Floyd pour l'album Wish You Were Here[11] empruntée aux studios Abbey Road, comme l'explique Stan dans une inteview[9] :

« Dans les studios anglais, il y a toujours du matos mythique qui traîne en général. Cette fois-ci, c'était la console des Pink Floyd pourWish You Were Here qui avait été rapportée d'Abbey Road et qu'on a utilisée. Ça fait quarante ans qu'ils enregistrent des groupes de rock et il y a un savoir-faire qui n'est pas le même qu'en France. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. On a de très bons producteurs et de très bons studios ici, mais là bas il y a un truc. »

Après les séances d'enregistrement, le groupe et "Jesus" se rendent au studio du Manoir dans les Landes, là où Noir Désir a enregistré 666.667 Club (1996), pour le mixage, avant de confier le mastering à Jean-Pierre Chalbos dans son studio La Source Mastering (celui-ci se charge du mastering de toutes les chansons du groupe entre 1998 et 2008, à l'exception de l'album Archie Kramer).

Parution et reception

Il s'est classé à la 8e place du classement des meilleures ventes d'albums en France, à la 46e place en Belgique francophone et à la 83e en Suisse[12]. L'album s'est vendu à 200 000 exemplaires[13]

L'album déçoit le grand public en s'éloignant du rock celtique, mais gagne en cédibilité auprès des amateurs de rock, comme décrit dans un article de RFI[14] : « Tourné vers un rock plus pur, moins potache d'après l'avis même de ses auteurs, il correspond à l'état d'esprit qui anime Matmatah alors. Les étudiants fêtards sont devenus des musiciens aguerris, prêts à repartir sur la route pour défendre leurs nouvelles chansons. »

Quatre chansons de l'album connaissent une publication en singles réservés à la promotion : Quelques sourires, Y'a de la place !, Archimède dans une nouvelle version augmentée des cordes enregistrées ultérieuement et la version live de Crève les yeux issue de Lust for a Live qui sort l'année suivante.

Le groupe se lance dans une nouvelle tournée d'une cinquantaine de dates à partir du 10 mars 2001 jusqu'au 9 juin suivant à l'Olympia à Paris, puis entament la tournée des festivals d'été tels que Solidays, les Eurockéennes ou les Vieilles Charrues qu'ils fréquentent régulièrement (au point qu'ils en ont fait la chanson Y'a de la place !). En 2002, le groupe publie un album live Lust For a Live et un DVD intitulé Piste off.

Contenu

Le titre de l'album, Rebelote, évoque un prétexte pour le groupe de sortir un nouvel album pour repartir en tournée et s'amuser à nouveau en retrouvant son fidèle public[10].

Dans cet album, le groupe choisit de faire une rupture musicale délaissant le rock celtique et les références brestoises pour du rock plus traditionnel, faisant notamment référence à Led Zeppelin dans Out. Condamné à une amende pour avoir chanté l'Apologie, Matmatah s'excuse avec humour dans Quelques sourires. Alors que l'enregistrement de Crève les yeux semble inachevé et brut, et que le groupe chante en anglais dans Boeing Down et The Grave Digger, l'exception de l'album est intitulé Abonné absent, morceau hip-hop de Rebelote avec la participation de DJ Pone. Sushi bar aborde le parlé d'une personne ivre dans l'ambiance festive des soirées (les « pistes » à Brest).

  1. Boeing Down introduit l'album où les paroles en anglais sans aucun sens et répétitifs (boucles de "Say to me what the hell I’m tryin’ to say (to you)" et " Boeing up as I am boeing down")[15] servent de prétexte pour le déchainement hard rock.
  2. Quelques sourires, première chanson sortie en single avant l'album, est la réponse musicale du groupe après sa condamnation pour avoir chanté L'Apologie. Dans les paroles, Matmatah s'excuse, mais sans se renier, tout en réflechissant sur le statut de l’artiste face à la justice, à la morale et à la censure et clamant la liberté d'expression[16]. La présence de DJ Pone à cette chanson apporte une couleur urbaine et hip-hop aux sonorités rock du groupe. Dans une interview, Stan évoque l'origine du titre "Quelques sourires"[9] :

« J'ai eu cette idée en regardant sur Arte une émission sur le Festival des Vieilles Charrues. On nous voit chanter L'Apologie et tu vois quarante mille personnes avec la banane, alors tu te dis : "Qu'est-ce qu'on a fait de mal à part leur voler quelques sourires." Il faut remettre les choses à leur place, il y a des sujets plus graves que celui-là. »

  1. La composition d'Archimède commence calmement avant de monter en crescendo, influencé par Stairway to Heaven de Led Zeppelin. Les paroles qui semblent parler de la découverte d'Archimède ("J'ai trouvé... enfin je crois") évoquent la recherche d'un refuge humain contre la fatigue intérieure[17]. La chanson est retravaillée avec l'ajout des cordes du Quartet Raseyen Dellip pour la version single promo[18] que l'on retrouve sur l'Antaology.
  1. Petite Mort est un titre sombre et industriel dont les paroles macabres ("Je pleure ce qu’il reste de ma petite mort / J’aimerais sourire quand je m’endors") évoquent la mort du désir dans le couple[19].
  1. Sushi Bar aborde le parlé d'une personne ivre dans l'ambiance festive des soirées (les « pistes » à Brest). Le narrateur ivre cherche à passer la soirée au Sushi Bar tenu par Jackie où il a ses habitudes[20].
  1. The Grave Digger est une chanson datant des débuts du groupe et non gardée pour La Ouache (la musique étant similaire à Dernière journée en mer). Ecrite en anglais par Stan, cette chanson aux influences celtiques racontent l'histoire d'un homme qui devient fossoyeur pour surmonter la perte de sa femme[21].
  1. Y'a de la place ! est une chanson festive qui évoque le festival des Vieilles Charrues, comme l'explique Stan dans une interview :

« C'est vraiment une chanson sur les festoches. Il y a toujours des jaloux, mais le plus important, c'est de savoir qu'avant d'être sur la scène des Vieilles Charrues, on était dans le public l'année précédente. Et c'est vrai dans les deux sens. En 1999, Sammy était sur la grosse scène devant 40.000 personnes, en 2000, il était au camping en train de jouer de la guitare. Il y a de la place pour tout le monde partout. Tout le monde est acteur d'un festival comme celui-là, tout le monde "fait" le festival[22]. »

  1. Tricards Twins est une chanson écrite et composée par Stan et Sammy, dont le titre fait référence à leur premier groupe avant de former Matmatah. Influencée par les Beatles, dont les crédits Tristan Nihouarn-Cédric Floc'h font écho à la signature Lennon/McCartney, la chanson raconte avec humour les dissensions du tandem de musiciens prêts à se bagarrer[23].
  1. Crève les yeux est un morceau de rock à l'instrumentation brut avec uniquement les deux guitares de Stan et Sammy, auteurs-compositeurs, et un tambourin. Les paroles sont très imagées et très chargées de références culturelles, où s'opposent la société moderne agressive et vide (« fausse lumière qui sent le renfermé ») et l'émotion partagée, bouleversante et sincère (« J’ai peine à croire que l’une d’entre elles / N’ait pas pleuré de joie »).
  1. Abonné absent, écrite par Eric, est un titre atypique du répertoire de Matmatah qui explore le hip-hop avec la participation de DJ Pone. C'est une chanson sur l'incapacité à communiquer dans un couple[24].
  1. Out est un titre datant des débuts du groupe avant La Ouache. Ce morceau de Sammy est un titre épique influencé par Led Zeppelin long de neuf minutes (le second morceau le plus long de la discographie du groupe après Erlenmeyer en 2023) dont les paroles courts et sans signification[25] servent de prétexte pour laisser la place aux guitares.

Fiche technique

Liste des chansons

Davantage d’informations No, Titre ...
NoTitreAuteurDurée
1.Boeing DownMatmatah2:36
2.Quelques SouriresTristan Nihouarn/Matmatah3:30
3.ArchimèdeTristan Nihouarn/Matmatah4:25
4.Petite MortMatmatah4:28
5.Sushi BarMatmatah2:30
6.The Grave DiggerTristan Nihouarn3:43
7.Y'a de la place !Matmatah3:06
8.Tricards TwinsTristan Nihouarn-Cédric Floc'h3:57
9.Crève les yeuxTristan Nihouarn/Cédric Floc'h4:05
10.Abonné absentEric Digaire3:55
11.OutCédric Floc'h9:09
Fermer

Crédits

Sources[26],[27],[28] :

Musiciens

Équipe technique

  • Produit par Daniel "Jesus" Presley
  • Enregistré à Great Linford Manor (Great Linford, Angleterre) par Daniel "Jesus" Presley (assisté par Douglas Cook)
  • Mixé au studio du Manoir (Léon, Landes) par Daniel "Jesus" Presley (assisté par Karim Benzerzour)
  • Mastering : Jean-Pierre Chalbos (La Source Mastering)
  • Manager : Julien Banes (Upton Park Publishing)
  • Pochette et livret : Tristan Nihouarn
  • Photographie de la pochette : Pascal Curtil
  • Distribué par La Ouache Production

Références

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