La Pointe de la Hève à marée basse

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Artiste
Date
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La Pointe de la Hève à marée basse
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
90,2 × 150,5 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
AP 1968.07Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Pointe de la Hève à marée basse est un tableau de Claude Monet réalisé en 1865 d'après une étude faite sur place l'année précédente. Monet travaille minutieusement la composition et la finition afin que son œuvre soit acceptée par le jury du Salon. Exposée, elle est remarquée par plusieurs critiques qui y voient notamment l'émergence d'un peintre prometteur. Le tableau fait partie des collections du musée d'Art Kimbell situé à Fort-Worth.

L'Homme à la pipe (Portrait présumé de Jongkind) par Monet, 1864

Monet séjourne longuement à Honfleur en 1864 et rencontre Jongkind avec lequel il se lie d'amitié. Le sens de la composition du peintre néerlandais influence fortement le jeune Monet comme celui-ci le dira plus tard. Il n'a que 23 ans, l'enseignement de Gleyre, qu'il suit jusqu'à présent, lui pèse, et ses aspirations vont plus sur la transcription de la perception de la lumière sur le motif que sur le travail des sujets en atelier. Gleyre est, de surcroît, gravement malade et Monet n'est pas pressé de reprendre les cours[1].

Mais, il est très loin de vivre de son art, et sa famille, qui jusqu'alors le soutient financièrement, commence à prendre ombrage de sa désinvolture. Il passe son temps à la ferme Saint-Siméon alors que ses proches sont au Havre, de l'autre côté de l'estuaire de le Seine. Soucieux de s'accorder les bonnes grâces de son père, il passe quelques jours dans la ville et saisit l'occasion de faire des croquis de sites à proximité. C'est ainsi qu'une ébauche ayant pour sujet la pointe de la Hève est réalisée[1].

Chevaux à la pointe de la Hève, 51 x 73 cm, 1864, collection particulière

Une rencontre entre Bazille et le père de Monet rassure ce dernier sur le sérieux de leur projet de s'installer dans leur propre atelier à Paris, afin de préparer des œuvres à présenter au Salon de 1865 et vivre de leurs productions. Ils prennent possession des lieux en [1]. Monet reprend ses travaux préparatoires, dont un, connu depuis sous le nom de Chevaux à la pointe de la Hève, conduira à La Pointe de la Hève à marée basse. Il suit scrupuleusement la composition initiale en l'adaptant aux dimensions classiquement attendues pour le jury du Salon. Il n'y apporte que quelques modifications. Elles portent essentiellement sur la disposition des chevaux et du personnage, l'ajout de barques échouées à droite et d'un bateau sur l'horizon, ainsi que sur la suppression d'une carriole. Ayant pris soin d'appréhender les teintes présentes sur place, il porte une attention particulière à leur représentation, notamment les bruns et les gris[2].

Style

Monet tient à conserver une facture sommaire, ce qui confère à l'œuvre une forme de spontanéité. Il utilise une composition très marquée, proche du style de Jongkind, qui frappe le regard par une oblique traversant le tableau tout en offrant une perspective accusée. La représentation du ciel se rapproche du style de Boudin, qui a influencé Monet dans ses tout débuts. L'ensemble révèle toutefois une hardiesse qui dépasse le style de ses mentors[2].

Réception critique

Alors que c'est une première participation pour le peintre, l'exposition au Salon de 1865 génère des compte-rendus élogieux sur son sujet dans la presse. Des critiques, comme Zacharie Astruc, voient une influence de Courbet tout en conférant au tableau une grande originalité. Astruc souligne aussi une volonté à la fois de simplification et de richesse de la part du peintre. Paul Mantz voit en Monet un artiste très prometteur, doué pour attirer l'attention du spectateur avec des « colorations harmonieuses »[2].

Parcours

Références

Liens externes

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