Le Boucher

film franco-italien de Claude Chabrol, sorti en 1970 From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Boucher est un film franco-italien réalisé par Claude Chabrol en 1969 et sorti en salles en 1970 en France.

Réalisation Claude Chabrol
Scénario Claude Chabrol
Sociétés de production Les Films de la Boétie
Euro International Film
Faits en bref Réalisation, Scénario ...
Le Boucher
Réalisation Claude Chabrol
Scénario Claude Chabrol
Acteurs principaux Stéphane Audran
Jean Yanne
Roger Rudel
Sociétés de production Les Films de la Boétie
Euro International Film
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Thriller
Durée 93 minutes
Sortie 1970

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

À Trémolat, dans le Périgord, on célèbre le mariage de l'instituteur Léon Hamel avec une jeune femme du village. Parmi les invités de la cérémonie, la jeune collègue de l'enseignant, Hélène Davile, qui est également la directrice de l'établissement scolaire et Paul Thomas, surnommé « Popaul », le boucher du village.

Hélène et Paul font connaissance durant le repas de mariage et sympathisent. Sous le charme de la jeune femme, le commerçant lui confie qu'il a fui son père violent en s'engageant dans l'armée et a participé aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Hélène, quant à elle, d'origine parisienne, a vécu une histoire d'amour qui s'est mal terminée. La jeune institutrice, qui considère Popaul comme un ami meublant sa solitude, fait participer le boucher aux activités des élèves et l'invite chez elle pour discuter.

La quiétude du village se dissipe quand on découvre le cadavre d'une jeune fille du village, assassinée à coups de couteau. Lors d'une sortie scolaire avec ses élèves, Hélène découvre au bord d'une falaise un autre corps ensanglanté de jeune femme, qui s'avère être l'épouse de Léon, assassinée de la même manière. Sur les lieux du crime, elle découvre un briquet semblable à celui qu'elle a offert à Popaul pour son anniversaire, le ramasse et se tait. Le commissaire Grumbach, chargé de l'affaire, interroge Hélène sur les circonstances du meurtre. Quand Popaul rend visite, un soir, à Hélène, elle lui tend une cigarette pour qu'il la lui allume. Il la rassure sans le savoir, car il se sert du briquet qu'elle lui a offert, toujours en sa possession. Leur amitié se poursuit.

Popaul se propose de repeindre le plafond de l'appartement de la jeune femme ; alors qu'il cherchait un torchon pour nettoyer une tache de peinture, il découvre dans un tiroir le briquet qu'Hélène a récupéré. Il le met dans sa poche. À son retour de course, elle annonce un troisième meurtre semblable aux deux premiers.

Hélène découvre que Popaul a subtilisé le briquet, ce qui lui confirme qu'il est bel et bien le tueur en série. À la nuit tombée, il l'appelle à sa fenêtre depuis la cour pour lui parler, mais elle refuse de le laisser entrer dans l'école. Apeurée, elle court fermer toutes les portes à clef. Il parvient tout de même à s'introduire dans la classe. Il apparaît un couteau à la main, pointé vers Hélène qui recule dans entre les pupitres avant d'être plaquée au mur. Il lui explique les raisons de ses meurtres. Puis il se plante le couteau dans le ventre. Hélène lui vient en aide et l'emmène à l'hôpital : pendant le voyage, Popaul lui avoue ses sentiments et son amour... Après avoir été embrassé par Hélène, Popaul allongé sur un brancard, est conduit aux urgences. Hélène reste dans le hall d'entrée de l'établissement hospitalier. Quelques instants plus tard, un médecin vient lui annoncer la mort de Popaul, dont les dernières paroles ont été « mademoiselle Hélène ».

Hélène quitte l'hôpital et gagnée par l'émotion, s'arrête au bord d'une rivière : la nuit est brumeuse, la jeune femme reste là jusqu'au lever du jour, le regard perdu.

Fiche technique

Distribution

Production

Lieux de tournage

Sortie et accueil

Accueil critique

Lors de sa sortie en salles, Le Boucher rencontre un accueil enthousiaste de la part de la critique de presse[2].

Henry Chapier de Combat note qu'il s'agit de « l'une des plus belles histoires d'amour du cinéma contemporain » et qu'il faut voir « sans tarder […] le chef-d'œuvre d'un cinéaste parvenu à la maturité et à la perfection de son art[2]. » Il salue également Jean Yanne comme « une bête de cinéma qu'on désespérait de trouver en France[2]. »

Jean-Louis Bory du Nouvel Observateur écrit : « Jolie performance : Chabrol et Yanne réussissent à nous faire aimer un assassin sadique[2]. »

Le site Indiewire le designe comme « [le] chef-d'œuvre de Chabrol, une construction élégante d'ambiance, de ton et d'atmosphère qui est d'une efficacité désarmante et extrêmement inquiétante[3]. »

Box-office

Le Boucher sort le dans les salles françaises. Le film démarre à la troisième place du box-office parisien[4] avec 26 985 entrées dans trois salles[2]. La semaine suivante, il enregistre 30 991 entrées en deuxième semaine[2]. Le film signe le meilleur score du réalisateur depuis La Ligne de démarcation en 1966 avec 219 001 entrées sur quatorze semaines d'exclusivité parisienne[2].

Sur l'ensemble de la France, Le Boucher enregistre 1 148 554 entrées[4].

Distinctions

Autour du film

  • Le Boucher marque la troisième collaboration entre Claude Chabrol et Jean Yanne après La Ligne de démarcation (1966) et Que la bête meure (1969). Ils se retrouveront une quatrième et dernière fois pour Madame Bovary (1991).
  • Chabrol fait explicitement une référence à Balzac[5] en faisant lire à Mlle Hélène, l'institutrice, un extrait du chapitre V de La Femme de trente ans sous forme de dictée[6] : « En entendant ouvrir la porte de la chambre avec brusquerie, Hélène s'était levée du divan sur lequel elle reposait ; mais elle vit le marquis et jeta un cri de surprise. Elle était si changée qu'il fallait les yeux d'un père pour la reconnaître. Le soleil des tropiques avait embelli sa blanche figure d'une teinte brune, d'un coloris merveilleux qui lui donnaient une expression de poésie ; et il y respirait un air de grandeur, une fermeté majestueuse, un sentiment profond par lequel l'âme la plus grossière devait être impressionnée. »
  • Lors d'une fête, Popaul, déguisé en marquis, entame un pas de danse avec Mlle Hélène sur la musique de Jean-Baptiste Lully pour Le Bourgeois gentilhomme[7].

Commentaire

« Chabrol se présentait comme un entomologiste, il y avait quelque chose dans son art de la mise en scène, une manière d’observer l’être humain comme un insecte. Une question traverse toute l’œuvre de Chabrol, et qui en fait pour moi le Fritz Lang français : non pas “qui a tué ?” mais “qui est celui qui a tué ?”. Chabrol a toujours dit que l’écran de cinéma était un miroir et que ce que le spectateur y voyait, c’était lui-même. Toute l’œuvre de Chabrol nous renvoie à cette question : qui suis-je, moi, être humain, qui regarde ce meurtrier sur l’écran ? Ce serait trop simple de rejeter le meurtrier dans le camp des monstres, et s’en détacher comme si l’écran nous en coupait alors qu’il nous en rapproche… »

 Hélène Frappat[5]

Notes et références

Voir aussi

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