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Ligne jaune (Gaza)

ligne de cessez-le-feu qui divise la bande de Gaza en deux depuis octobre 2025 From Wikipedia, the free encyclopedia

La ligne jaune est une ligne de cessez-le-feu qui divise la bande de Gaza en deux depuis et la mise en place du plan de paix pour Gaza, censé mettre fin à la guerre de Gaza[1]. Dans sa version initiale, la ligne délimite deux zones, une à l’ouest représentant 47 % du territoire de la bande de Gaza sous contrôle palestinien (dite aussi « Ancienne Gaza »[2]) et l’une à l’est et au sud, représentant 53 % de la bande de Gaza, sous contrôle israélien (dite aussi « Nouvelle Gaza »[2]). Dans la pratique, l’armée israélienne a réduit la zone palestinienne à moins de 40 % en déplaçant la ligne de plusieurs centaines de mètres[3]. La plupart des Gazaouis ont été déplacés à l’ouest de la ligne.

Ligne jaune de la bande de Gaza (ces cartes ne représentent plus fidèlement la réalité.)
Le concept de ligne jaune est apparu dans le projet de plan de paix pour Gaza : la ligne bleue représente les conditions sur le terrain à la date de l’accord, la ligne jaune est la première ligne de retrait prévue, la ligne rouge la deuxième et la ligne bleue fine la troisième. La ligne noire représente la limite de la bande de Gaza avant la guerre.
Redéfinition de la ligne jaune entre une zone contrôlée par Israël au nord, au sud et à l’est et une zone contrôlée par les Palestiniens à l’ouest.

Le 28 mai, une nouvelle ligne « orange », mise en place unilatéralement par Israël et pour laquelle le gouvernement israélien n'a fourni aucun carte, vise à l'occupation de 70 % de la bande de Gaza[4].

Contexte

Au cours du conflit israélo-palestinien, la bande de Gaza est occupée une première fois par Israël lors de la guerre de Suez (1956) puis de façon prolongée après la guerre des Six-Jours (1967). Selon Israël, cette occupation prend fin en 2005 avec le retrait des colonies, mais selon le droit international, Israël est toujours puissance occupante de Gaza, considérée comme un territoire occupé illégalement[5],[6]. Plusieurs guerres opposent Israël et les organisations militaires gazaouies, dont le Hamas, culminant après les attaques du 7 octobre 2023 en une guerre et un génocide. Le plan de paix pour Gaza vise à mettre fin à la guerre, avec un cessez-le-feu suivi d’un retrait progressif de l’armée israélienne.

Le tracé de la ligne jaune est publié par Donald Trump, président des États-Unis d'Amérique, sur sa plateforme internet Truth Social[7]. Le plan de paix pour Gaza est mis en application le [8]. La première des trois phases de ce plan prévoit le retrait de l’armée israélienne derrière la ligne jaune. La deuxième étape prévoit le retrait de cette armée derrière une ligne rouge[9]. Les deuxièmes et troisièmes phases sont encore à négocier entre Israël et le Hamas, et ne sont pas encore appliquées[10].

Mise en place et évolution

Arrivée des blocs de béton jaune utilisés par l’armée israélienne pour délimiter la ligne jaune (octobre 2025).

La zone à l’est et au sud de la ligne, qui couvre initialement 53% des 365 km2 de la bande de Gaza, est sous contrôle militaire israélien. La zone à l’ouest de la ligne, qui couvre les 47 % restants, est sous contrôle du Hamas[11]. Les États-Unis appellent la zone sous contrôle palestinien la « zone rouge », la zone sous contrôle israélien la « zone verte »[12]. Sur la carte publiée par le COGAT israélien, le tracé de la ligne jaune est différent de celui présent dans l’accord de cessez-le-feu (plutôt en retrait)[13].

Israël empêche les Palestiniens de traverser la ligne, qu’ils aient habité à l’est de la ligne avant la guerre ou non. L’armée israélienne abat les Palestiniens qui s’approchent de la ligne[11],[14]. Israël considère toutes les zones de Gaza proches de la ligne jaune comme une zone de tir libre, que la présence de la ligne jaune soit indiquée ou non[14]. L’armée israélienne a aussi construit des avant-postes fortifiés en béton tout le long de la ligne[15],[16]. Le , seulement 10 à 20 % du tracé de la ligne était matérialisé par des plots en béton jaune[17], placés tous les 200 mètres environ[18]. D’après Rami Abou Jamous, la ligne jaune n’était pas indiquée, et le seul indice de la ligne à ne pas franchir était la présence de morts, précédemment abattus par l’armée israélienne pour avoir franchi la ligne invisible[2].

Des photographies satellite montrent que certains de ces plots sont placés à distance de la ligne jaune, parfois plusieurs centaines de mètres à l’intérieur de la zone palestinienne[15],[18]. Mi-décembre, Haaretz indique que les plots jaunes matérialisant la ligne de cessez-le-feu ont été déplacés vers l’ouest subrepticement[19]. Différentes enquêtes journalistiques confirment que ces déplacements continuent jusqu’en au moins, d’une moyenne de 295 mètres[20],[21],[22]. De plus, trois mois après la signature de l’accord de cessez-le-feu, la zone sud de la ligne jaune, au nord de Rafah, n’était pas encore délimitée, sur une dizaine de kilomètres. La zone dangereuse (kill zone ou zone à tuer) n’est donc pas connaissable par les Gazaouis[20]. Il est arrivé que les déplacements de blocs « piègent » des Gazaouis[20],[21]. Toutes les constructions sont nivelées par l’armée israélienne à l’intérieur de la ligne jaune[20], notamment de nuit[23].

L’armée israélienne a établi treize bases militaires dans l’enclave de Gaza[21].

Effets de la ligne jaune

La plus grande partie des Gazaouis a été déplacée de force pendant la guerre de Gaza. En , leurs possibilités de retour étaient limitées par la destruction de leur habitation et par l’interdiction israélienne de franchir la ligne jaune, pour ceux qui habitaient à l’est de la ligne[11],[24].

Fin 2025, la quasi-totalité des deux millions de Gazaouis se trouve à l’ouest de la ligne jaune, dans le secteur palestinien de Gaza. Les estimations de la population palestinienne vivant à l’est de la ligne jaune varient ; en , quelques centaines de Gazaouis, dont ceux s’étant déclarés opposés au Hamas, vivaient à l’est[17]. En novembre, cette population était estimée à moins de 2 % des Gazaouis (soit moins de 40 à 50 000 habitants[25]. Selon Rami Abou Jamous, les Palestiniens admis à rester à l’est de la ligne jaune sont sans affiliation à une structure politique, font partie de clans parfois mafieux comme Yasser Abou Chabab ou collaborant avec Israël, et sont pris en charge par Israël[2]. La plus grande partie des terres agricoles sont situées à l’est de la ligne jaune, ainsi que le point de passage de Rafah (vers l’Égypte)[15],[13].

Avant la guerre, des centaines de milliers de Gazaouis vivaient à l’est ou au sud de la ligne. Par exemple, en 2017, Rafah comptait 200 000 habitants (en comptant le camp de Rafah), et Beit Hanoun plus de 50 000[26]. Les autres villes concernées sont Beit Lahia et certains quartiers de Gaza, Khan Younès[13]. Toute cette zone a été dépeuplée par les ordres d’évacuation israéliens qui ont forcé les habitants à fuir[27]. À 69 occasions au moins en trois mois, des Gazaouis ont été abattus à proximité de la ligne jaune. Le , le corps de Zaher Nasser Shamiya est écrasé par un char après avoir abattu, à l’intérieur de la zone « sûre »[20].

L’armée israélienne ne se prive pas d’intervenir au-delà de la ligne jaune[20]. Le , l’armée israélienne a détruit des habitations à l’est de la ligne jaune[28].

Quelques Palestiniens de Gaza ont exprimé leurs préoccupations vis-à-vis de la possibilité que la ligne jaune devienne une frontière permanente[14]. En , le chef d'état-major israélien, Eyal Zamir, fait référence à la ligne jaune comme une nouvelle frontière israélienne[15], comme l’avait déjà annoncé le journal Yediot Aharonot en octobre et comme le souhaite les colons et la coalition d’extrême-droite au pouvoir en Israël[29].

Notes et références

Voir aussi

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