Littérature luxembourgeoise
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La littérature du Luxembourg est peu connue au-delà des frontières du Grand-Duché, en partie parce que les auteurs luxembourgeois écrivent dans une ou plusieurs des trois langues officielles (français, allemand et luxembourgeois), mais aussi dans la mesure où de nombreux ouvrages s'adressent spécifiquement à un lectorat local. Enfin, ce n'est qu'au XIXe siècle que la littérature luxembourgeoise commence à se développer, parallèlement à l'essor de l'identité nationale, à la suite du traité de Paris (1815) et du traité de Londres (1867)[1].

Découvert à Ansembourg en , le Codex Mariendalensis, manuscrit du début du XIVe siècle, qui raconte l'histoire de la princesse Yolande de Vianden. L'œuvre historique a récemment gagné une place importante dans la littérature luxembourgeoise ; le long poème serait l'œuvre du frère Hermann von Veldenz, et narre la vie de Yolande, après sa mort en 1283 : abandonnant le confort de sa maison du château de Vianden, la princesse rejoint le couvent de Marienthal, dont elle devient plus tard la prieure. Le codex se compose de 5 963 lignes de distiques rimés dans le dialecte francique de Moselle, lequel présente de grandes similitudes avec le luxembourgeois d'aujourd'hui.
Au XIXe siècle
Malgré l'usage du français et de l'allemand à des fins administratives, c'est le Lëtzebuerger Däitsch, aujourd'hui connu sous le nom de luxembourgeois, qui fut à l'origine du développement de la littérature luxembourgeoise au XIXe siècle, contribuant ainsi beaucoup à la consolidation de l'identité nationale.
En 1829, Antoine Meyer publie le tout premier livre en luxembourgeois, un recueil de poèmes intitulé E' Schrek op de' Lezeburger Parnassus (Une ascension du Parnasse luxembourgeois)[2]. Le livre contient six poèmes : un poème d'amour, Uen d'Christine (Sans Christine) ; une méditation sur le thème romantique de la nuit, D'Nuecht " (La Nuit) ; une représentation réelle, Een Abléck an engem Wiertshaus zu Lëtzebuerg (Un Moment dans une auberge luxembourgeoise) ; ainsi que trois fables, D'porzelains et d' ierde Schierbel (L'éclat de porcelaine et le pot de terre), D'Spéngel an d'Nol (L'épingle et l'aiguille) et D'Flou an de Pierdskrécher (La mouche et l'auge du cheval). Alors qu'Ésope et La Fontaine construisent leurs fables autour de figures animalières, Meyer personnifie plutôt des objets inanimés. Par exemple, dans D'Spéngel an d'Nol, la riche Madame Aiguille essaie de contourner l'Épingle sans y parvenir, reflétant l'échec de l'aristocratie française à empêcher la Révolution. Meyer écrit par la suite plusieurs autres livres de poésie luxembourgeoise, tout en enseignant les mathématiques à l'Université de Liège.
La génération suivante a vu émerger trois poètes qui sont désormais considérés comme des auteurs classiques du Luxembourg. Edmond de la Fontaine (1823-1891), plus connu sous son pseudonyme Dicks[3], est surtout connu pour son œuvre de théâtre. Sa comédie De Scholtschäin (1855), première pièce jouée en luxembourgeois, fut suivie par D'Mumm Sèiss (1855), l'opérette D'Kirmesgäscht (1856) et De Ramplassang (1863). Il a également écrit plusieurs poèmes et plusieurs ouvrages en prose sur le Luxembourg et ses habitants. Son contemporain, Michel Lentz (1820-1893), un autre poète, est surtout connu pour avoir écrit Ons Hémécht, l'hymne national du Luxembourg[3], qui a beaucoup contribué à promouvoir la langue luxembourgeoise auprès de ses habitants. Cependant, c'est Michel Rodange (1827-1876) qui a écrit l'épopée nationale luxembourgeoise, Renert odder de Fuuss am Frack an a Maansgréisst, issue du Roman de Renart (« Rénert »)[2]. Publiée en 1872, l'œuvre satirique est une adaptation de l'épopée traditionnelle du goupil en bas allemand, dans un décor luxembourgeois, avec un aperçu pertinent des caractéristiques de la population locale[1].
Alors que peu de textes remarquables ont été écrits en allemand au cours de cette période, Félix Thyes (1830-1855) a écrit le premier roman luxembourgeois en français, Marc Bruno, profil d'artiste, qui a été publié peu de temps après sa mort prématurée en 1855.
Début du XXe siècle

Batty Weber (1860-1940) travaille à la fois comme journaliste et comme auteur de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre et de poèmes, contribuant ainsi grandement au développement de la culture écrite du Grand-Duché. L'une de ses contributions les plus importantes à l'identité luxembourgeoise est son Abreisskalender (« Calendrier détachable »), une chronique quotidienne qu'il publie de 1913 à 1940 au Luxembuger Zeitung, commentant des sujets d'intérêt culturel local.
Une figure littéraire importante du début du XXe siècle est Nikolaus Welter (1871-1951), qui aborde les questions luxembourgeoises dans ses pièces en langue allemande, notamment Die Söhne des Öslings (1904) et en tant que poète dans Hochofen (1913). Welter est également considéré comme le premier historien littéraire luxembourgeois.
