Louis de Gallois
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de Gallois-Lachapelle
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Louis-Georges-Gabriel de Gallois-Lachapelle |
| Nationalité |
française |
| Formation | |
| Activité |
Louis-Georges-Gabriel de Gallois-Lachapelle (né le à Bœrsch (paroisse Saint-Léonard) dans le Bas-Rhin[1] - décédé le à Clermont-Ferrand[2]), fait partie de la première promotion de l’École polytechnique (X 1794). Il est ingénieur des mines en 1799.
Origine et études
Louis-Georges-Gabriel de Gallois-Lachapelle descend d'une famille irlandaise, émigrée en France avec le roi Jacques II[3].
Son père, capitaine au corps de Royal-Bavière a servi sous le règne de Louis XV.
Destiné à entrer dans le Corps du Génie militaire, Louis-Georges-Gabriel fait ses études à Strasbourg et est reçu élève de l'École du génie, le . Le , il est nommé adjoint aux officiers de cette arme.
Voulant se perfectionner dans les sciences mathématiques, il entre, deux mois après, à l'École polytechnique. Souffrant, il interrompt ses études mais est admis à l'École des mines compte tenu des premiers examens de sortie de l’École polytechnique.
Il est nommé ingénieur des mines le .
Famille
Son fils Victor épouse en premières noces le , à Saint-Paul-en-Jarez, la fille de James Jackson maître de forges, Ellen Jackson.
Parcours professionnel
En 1801, en compagnie de Beaunier, il fait un voyage d’étude aux mines de Poullaouen et de Huelgoët[3].
À nouveau malade, il reprend son service en 1803. Par la suite, son état de santé l’obligera à interrompre périodiquement ses travaux.
En 1804, il est envoyé à l'île d'Elbe pour être chargé du service des mines de fer qui s’y trouvent et faisant partie de la dotation de la Légion d’Honneur[note 1].
En 1807, il est affecté en Ligurie, avec le projet d’une affectation en Toscane, à l'effet d'introduire des perfectionnements dans les forges de ce pays. Il préfère, au préalable, aller étudier la métallurgie à l'école pratique de Geislautern et dans les usines des environs de Sarrebruck.
De retour de Geislautern, de Gallois est affecté à Gênes puis à Savone, sur la demande de Chabrol, comme chargé du service des mines des départements de Montenotte et de Marengo. Il y réalise, pendant deux ans, divers travaux relatifs à l'amélioration des procédés des forges, l'exploitation des houillères des Apennins, l'introduction de l'emploi de la houille dans un grand nombre de procédés d'usines et d'usages domestiques, enfin l'étude du sol de la contrée et sa description minéralogique.
Il est nommé ingénieur en chef en 1810. La même année de Gallois est envoyé en mission extraordinaire en Illyrie, chargé de la surveillance des mines en Carinthie et dans les provinces Illyriennes particulièrement sur les mines de plomb du Bleyberg. À cette occasion, il fait de longues tournées en Croatie avec le maréchal duc de Raguse.
En 1811, il est nommé directeur en chef des mines de mercure d'Idria en Carniole et comprise comme dotation de l’Ordre des Trois-Toisons d'Or, puis de la Légion d’Honneur. Il fait construire, dans les vallées qui environnent les mines, des écluses de flottage d'une grande utilité pour l’approvisionnement en combustible des établissements de la région.
En , de Gallois demande et obtient d'être placé dans le douzième arrondissement minéralogique, dont Saint-Étienne est le chef-lieu, afin de mettre en application ses observations faites dans les environs de Sarrebrück, à savoir l’association de minerai de fer aux terrains houillers, en vue de la création d’un établissement de transformation du minerai et de métallurgie.
Nommé, en , professeur de docimasie et directeur du laboratoire à l'École des mines, il y renonce préférant se consacrer à son projet industriel.
À cette fin, de Gallois demande un congé de trois mois pour se rendre en Angleterre qu’il emploie à visiter les ateliers de Londres, à observer les détails pratiques de l’utilisation du fer et la fonte. Ayant obtenu une prolongation de son congé, il passe six mois à Newcastle, en Northumberland, pour étudier les mines, les usines, les chemins de fer. Il parcourt également l'Écosse, le pays de Galles et ne revient en France qu'au bout de seize mois.
À son retour à Paris, il rédige un mémoire, en 1818, sur les mines et usines à fer d'Angleterre, dont une partie est consacrée au chemin de fer qu’il a pu observer dans les établissements miniers qu’il visita[note 2].
Il retourne à Saint-Étienne en et est nommé, en 1819, professeur à l’École des mineurs qui venait d’y être créée, à l’initiative de Beaunier, en qualité de professeur de métallurgie.
Il participe à la Commission temporaire des mines de la Loire[note 3] chargée de déterminer définitivement les concessions houillères de Saint-Étienne.
L’administration lui accorde un congé pour diriger la Compagnie des mines de fer de Saint-Étienne en étant déchargé de toute fonction comme ingénieur dans le département de la Loire mais en continuant son service dans les départements du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire et du Cantal.
Démissionnaire de la direction de la Compagnie des Mines de fer de Saint-Étienne en 1823, il réintègre le corps des ingénieurs de mines.
Le il est nommé chevalier la Légion d'honneur et, l'année suivante, promu à la première classe de son grade.
En , de Gallois prend les eaux au Mont-Dore ; il en revient souffrant et affaibli. Lors d’une tournée dans le département du Cantal, il se repose quelques jours à Clermont. Il y décède le .
Compagnie des Mines de fer de Saint-Étienne

Ayant vu traiter dans les usines de la Sarre des minerais de fer extraits des terrains houiller environnants, de Gallois avait eu connaissance qu'en Angleterre la houille servait à fondre le minerai de fer. Fort de ses observations, il estime que les terrains houillers en France devaient aussi renfermer des minerais de fer semblables aux minerais comme en Angleterre ou comme à Sarrebrück[note 4].
« Il voulait procurer à sa patrie les immenses avantages que l'industrie anglaise retire de l'exploitation combinée de la houille et du fer, et il désirait vivement vérifier la justesse de ces présomptions, dans la contrée du royaume la plus riche en bouille [Saint-Étienne][note 5]. »
— Notice nécrologique sur M. de Gallois-Lachapelle[3].
Avant de rejoindre le département de la Loire, il passe plusieurs mois à préparer le projet d'un grand établissement sidérurgique alimenté par le minerai de fer qu'il pense découvrir.
Ses espoirs ne sont pas démentis et peu après son installation à Saint-Étienne, à la fin d', il trouve le minerai de fer qu'il cherchait[note 6].

Les événements des Cent-Jours retardent ses travaux[10]. Au mois de , il fait part de ses découvertes et analyses au directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines en exprimant le souhait de fonder lui-même une grande usine de transformation du minerai.
Le projet de Gallois s’inscrit dans une démarche, souhaitée par les ingénieurs des Mines à l’époque, de créer des industries dont ils auraient la charge et qu’ils pourraient ériger en usines modèles pour fournir les procédés nouveaux aux industriels, le plus souvent autodidactes, sans que ceux-ci aient en assumer les risques d’élaboration[note 7]. Par ailleurs, l’investissement industriel connait un renouveau sous la Restauration facilité par la mise en place d’un tarif douanier élevant le coût des importations pour protéger l’industrie nationale ; en particulier, les importations de fers sont soumises à un droit de 50 % en 1816-1818, relevé à 120 % en 1822[11],[note 8]. Face au renchérissement des importations, et à la perte des provinces belges et de la Sarre productrices de fers, les marchands de fer parisiens investissent dans des usines sidérurgiques ou métallurgiques à l’abri du tarif douanier protecteur[note 9].
Début 1816, il conçoit la création d’une société exploitant des houillères, des mines de fer et une grande usine métallurgique. Le , la Cie des mines de fer de Saint-Étienne, représentée par de Gallois, demande une concession de 83 km2, l’établissement de hauts fourneaux à Rive-de-Gier et le privilège exclusif de traiter du minerai de fer par la houille[12].
Un groupe lyonnais mené par Frèrejean et un autre mené par le rubanier stéphanois Neyrand, propriétaire de houillère, font des demandes similaires[13].
Dans l’attente de la réponse, Gallois effectue un voyage de seize mois en Angleterre[note 10]. À son retour, en [12], il demande la concession de tout le minerai de fer du territoire houiller de la Loire, la concession houillère du Janon et la permission d’établir une usine à l’anglaise au Janon[14], près de Saint-Étienne comprenant hauts-fourneaux, ateliers d’affinage de la fonte avec fours à puddler[note 11] et laminoirs.
La création d’une telle usine concentrant en un même lieu la transformation du minerai de fer en fonte puis son affinage en produits dérivés selon les procédés anglais, est une innovation et une première en France à mettre au crédit de Gallois[note 12].
Parallèlement, les statuts de la Cie des Mines de fer de Saint-Étienne[15], enregistrés le chez Me Pouret notaire à Saint-Étienne, sont examinés par le Conseil général des mines en [16] et sont modifiés, après avis du Conseil d’État, le [note 13]. La société est créée par ordonnance du [17]. Les actions sont prises avec empressement[10]. Plus du 1/3 des actionnaires (34 %, soit 17 individus), extérieurs à Saint-Étienne et ses environs, détiennent plus de la 1/2 du capital (56,5 %) ; le groupe Boigues et de Gallois détiennent 33 % du capital (soit 7 individus)[note 14]. La totalité des actions (1 000 d’une valeur chacune de 1 500 F[note 15]) n’est pas souscrite au moment de son autorisation ; seulement 985 actions, dont 50 gratuites remises à de Gallois pour prix de ses avances, droit d'inventeur et autres frais.
| Nom | nb action | % du total | Profession | Observation |
|---|---|---|---|---|
| de Gallois | 90 | 9,1 % | ingénieur des Mines | |
| Louis Blanchard | 6 | 0,6 % | ingénieur des Ponts & Chaussées | |
| Neyrand frères et Thiollière | 60 | 6,1 % | négociants | |
| Peillon et Marcellin | 30 | 3,0 % | marchands de fer | domiciliés à Lyon |
| Eustache Thiollière-Neyron | 10 | 1,0 % | négociant | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 |
| Jovin père et fils | 100 | 10,2 % | entrepreneurs de la manufacture d'armes | |
| Victor Jovin | 12 | 1,2 % | propriétaire | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 |
| Jean-Pierre Eugène Besqueut du Cluzel | 40 | 4,1 % | propriétaire | reprend les 20 actions de son frère Louis Henri Florimond Besqueut du Cluzel décédé et figurant au projet initial de statuts en 1818 |
| vicomte Porcher de Richebourg | 20 | 2,0 % | (nc) | domicilié à Paris |
| Amédé Girod de l'Ain | 20 | 2,0 % | (nc) | domicilié à Paris |
| Jean-François Collas | 30 | 3,0 % | marchand de fer | domicilié à Paris (Sèvres) |
| Denis-Jacques Collas | 30 | 3,0 % | marchand de fer | domicilié à Paris (Sèvres) |
| Boigues fils & Guillaume Boigues | 90 | 9,1 % | négociants | groupe Boigues Actionnaire de la Compagnie de Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire |
| Délévacque et fils | 10 | 1,0 % | négociants | groupe Boigues Réside à Péronne Boigues lui cède 10 actions de sa souscription de 1818 |
| Bricogne fils | 20 | 2,0 % | Maître des requêtes au Conseil d’État | groupe Boigues de Gallois lui cède 10 actions de sa souscription de 1818 Actionnaire de la Compagnie de Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire. |
| Claude Jean Baptiste Hochet | 40 | 4,1 % | secrétaire général du Conseil d’État | groupe Boigues Actionnaire de la Compagnie de Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire |
| Michel Robert Saulnier | 20 | 2,0 % | propriétaire | groupe Boigues |
| Louis Claude Boullée | 6 | 0,6 % | secrétaire du comité de l'Intérieur au Conseil d’État | groupe Boigues C’est le comité de l'Intérieur au Conseil d’État qui a donné un avis sur les projets de statuts de 1820 |
| Baronne de Curieux | 2 | 0,2 % | (nc) | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 |
| André Malzamet | 25 | 2,5 % | propriétaire | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 Domicilié à Lyon |
| Praire de Terrenoire | 5 | 0,5 % | propriétaire | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 |
| Chopin d'Arnouville | 10 | 0,1 % | président cour royale de Paris | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 Domicilié à Paris |
| Jean Claude Joyard | 20 | 2,0 % | rentier décédé représenté par ses héritiers | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 Domicilié à Lyon |
| baron et baronne de Varey & Vve Boubée | 30 | 3,0 % | ne figure pas dans le projet de statuts en 1818 Domiciliés à Lyon | |
| Antoine André Neyron-Royet | 5 | 0,5 % | négociant | |
| Antoine Joseph Frédéric de Lachance | 10 | 1,0 % | chef d'escadron cuirassiers du Berry | |
| Jean Baptiste Auguste de Lachance | 10 | 1,0 % | propriétaire | |
| Jacques Salichon aîné | 20 | 2,0 % | négociant | maire de Saint-Étienne dans le projet initial des statuts en 1818 Neyron-Royet lui cède 5 actions de sa souscription en 1818. Reprend 1 action de Henri Vadam et 10 actions de J.-P. Larderet figurant, tous deux, au projet initial de statuts en 1818 |
| Antoine Gerin | 4 | 0,4 % | négociant | |
| Marcellin Boggio | 17 | 1,7 % | négociant | Actionnaire de la Compagnie de Chemin de fer de Saint-Étienne à la Loire. |
| Joseph Vincent Jarre | 6 | 0,6 % | avoué près tribunal civil de Saint-Étienne | |
| Louis Guillet | 2 | 0,2 % | étudiant en droit | |
| Jean Pierre Benoît | 2 | 0,2 % | négociant | |
| Pierre Payet | 25 | 2,5 % | négociant | |
| Paul Louis Durand-Brechignac | 4 | 0,4 % | négociant | |
| Claude Gaspard Vincent | 16 | 1,6 % | banquier résidant à Lyon | Vraisemblablement Claude Gaspard Vincent de Vaugelas (St-Étienne 1774 - Lyon 1858), marchand de soie et banquier à Lyon (apparenté à la famille Neyron) Domicilié à Lyon |
| Hippolyte Royet | 10 | 1,0 % | maire de Saint-Étienne | négociant dans le projet initial des statuts en 1818 |
| Pierre Granget-Merieux | 2 | 0,2 % | négociant | |
| Mathieu Tivet | 2 | 0,2 % | propriétaire exploitant négociant | |
| Barthélemi Desjoyaux | 1 | 0,1 % | propriétaire et extracteur de carrière de pierre | |
| Descours aîné et Nicolas | 10 | 1,0 % | négociant | |
| Pierre Paul Peyret | 1 | 0,1 % | notaire | |
| Philibert Réocreux-Michel | 2 | 0,2 % | maire de Valbenoîte | |
| Louis Cussinel | 1er | 0,1 % | négociant | |
| Fleury-Nicolas | 2 | 0,2 % | négociant | |
| Jean Domminique François Cathelin | 2 | 0,2 % | principal de collège | |
| de Gallois | 50 | 5,1 % | actions gratuites pour prix de ses avances, droit d'inventeur et autres frais (art. 49 des statuts) | |
| Jean François Lyonnet | 20 | 2 % | négociant | (art. 43 des statuts) Ajoute 5 actions à sa souscription dans le projet initial de statuts en 1818 |
| Joseph Novet | 5 | 0,5 % | percepteur des contributions | (art. 43 des statuts) |
| André Giron et son neveu | 10 | 1,0 % | propriétaire | (art. 43 des statuts) |
| Charles Montagnier & Julie Gayot son épouse | 20 | 2 % | négociant | (art. 43 des statuts) |
| TOTAL | 985 | 100 % |

Les statuts de 1820 prévoient d’élever 3 hauts-fourneaux, dont un en « réparation ou en attente », de machines soufflantes, une forge « d’après les procédés anglais les plus propres à affiner la fonte et à la convertir en fer malléable », puis ultérieurement 2 derniers hauts fourneaux. Enfin, la société se réserve la possibilité d’acheter du minerai de fer et de la houille hors de ses concessions ainsi que « l’établissement de chemins de fer ou autres et de canaux. »[note 16]. Trois premiers hauts-fourneaux sont autorisés en 1821[18].
La construction du premier haut fourneau est achevée le , puis un second en . Ce furent les seules réalisations du projet initial de Gallois ; l’usine anglaise qu’il avait projeté ne sera pas.
Diverses ordonnances accordent des concessions de minerai de fer à la compagnie ; pour le concession de Saint-Sorlin dans l’Ain[19], le pour les concessions de Beaubrun et Montsalson[20], pour la concession de Terrenoire[21] et pour la concession du Soleil[22]. Pour les concessions de mines de houille, la compagnie affronte la Société des fonderies et forges de la Loire et de l’Isère de Frèrejean crée en 1821 ; la Compagnie de Gallois obtient la concession de houille de Terrenoire[23], celle de Frèrejaen les concessions de houille de Janon et de Côte-Thiollière[10].

La compagnie sollicite du gouvernement l'autorisation pour de Gallois de se charger de la direction de ses établissements ; l’administration lui accorde un congé[25],[note 18].
Des obstacles imprévus vont retarder les travaux : il est obligé, en 1820, d’effectuer un second voyage de trois mois en Angleterre, pour y accélérer la réalisation et l'envoi des machines qu'il y avait commandées[3].
« Les constructions sont romaines (sic) à Terrenoire et tout ce qui s’y fait semble plutôt l’ouvrage d’un gouvernement que d’une compagnie créée dans un but spéculatif et commercial ; aussi les choses marchent lentement… Une autre plaie de l’affinerie de la compagnie Gallois, c’est le voisinage de Frérejean qui l’entoure et la circonvient de toutes parts… Il est là à épier tout ce qui se fait pour profiter des écoles qui peuvent avoir lieu et appliquer ce qui peut réussir… Cette concurrence ne serait rien pour la compagnie Gallois si les choses allaient rapidement, mais il est à craindre que les autres ne prennent de beaucoup les devants et il y a toujours un grand avantage à cela…[note 19] »
— Lettre de G. Dufaud à MM. Boigues et fils à Paris écrite à Saint-Étienne le 6 avril 1822[26].
De à , l’usine fabrique 12 tonnes de fonte et emploie 150 personnes. Ses produits figurent en bonne place à l’exposition des produits de l’industrie française de 1823 à Paris[10].
Malheureusement la réalité ne correspond pas aux espérances ; il faut faire venir du minerai de l’extérieur et les marchés conclus pour l’approvisionnement de minerai sont trop onéreux[note 20], la gestion de l’usine est imprudente, l’exploitation des mines de houilles accuse des pertes alors que les débouchés existent par suite du développement des industries qui exigent beaucoup de fer et donc de combustible, les moyens de transports sont inadaptés[27]. Ces circonstances nuisent à la production des premières fontes en quantité moindre des prévisions. Les dépenses de la compagnie s’établirent au-delà de ses ressources. Face à ces difficultés, de Gallois sollicite du préfet (lettre en date du ) la protection du gouvernement pour l’aider dans son entreprise[10].
Peu secondé par les personnes placées sous ses ordres, il ressent vivement les retards, les obstacles au développement du projet auquel il s'était consacré depuis huit ans sans discontinuer.
« Le directeur, excellent homme, plein d’instruction et de simplicité est parfaitement à même d’ordonner le plan d’ensemble de ce vaste établissement et d’en déterminer toutes les parties : mais ce travail qui est plus de cabinet que de terrain, l’absorbe nécessairement en grande partie et il manque de mains qui l’aident pour l’exécution. Il n’est pas secondé et d’une manière active comme il serait nécessaire pour presser les choses et jouir enfin. Tout est bien conçu, bien tracé, bien disposé et ne peut manquer de marcher mais il est besoin de patience. Cela peut se concilier peut-être avec une compagnie par actions, mais entre des mains particulières le dégoût serait à craindre.» »
— Lettre de G. Dufaud à MM. Boigues et fils à Paris écrite à Saint-Étienne le 6 avril 1822[26].
En , le directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines Becquey, à l’occasion d’un voyage à Saint-Étienne, visite l'usine de Terrenoire[3] : le haut-fourneau produit peu, de Gallois s’apprête à quitter l'administration de l'entreprise.
En 1823, de Gallois se résout, à donner sa démission de directeur-administrateur de la compagnie, met fin à son congé et réintègre le Corps des mines[25].
« Je crois avoir rempli ma tâche... avec d'autres circonstances j'aurais fait mieux et plus vite. Je ne crois point qu'il ait dépendu de moi d'obtenir immédiatement un succès plus complet. L'éducation des hommes et la disposition des choses qui se rattachent à une industrie nouvelle forment un problême très-compliqué, dont les élémens inconnus ne peuvent se résoudre tous à-la- fois. Il a fallu un certain courage pour, le premier, oser le tenter seul ; et c'est tout le mérite que je prétends avoir eu. Quels que soient les inconvéniens qu'on a rencontrés, l'établissement subsiste, ses bases sont bonnes, et il ne peut manquer de prospérer et de remplir le vœu des actionnaires. L'exemple ne tardera pas à être suivi par de nombreux imitateurs, et la France trouvera un grand ensemble de ressources qui manquaient jusqu'à présent à son industrie…. (Lettre au directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines) »
— Notice nécrologique sur M. de Gallois-Lachapelle[3].

En 1826, la duchesse d'Angoulême fait l'honneur de sa visite à « l’établissement des hauts-fourneaux de la compagnie des mines de fer de Saint-Étienne[28]. »
Delevacque, successeur de Gallois, crée 500 nouvelles actions (ordonnance du ) dont seulement 326 trouvent preneur[10]. Ce capital supplémentaire ne suffit pas redresser la situation de l’entreprise qui, en 1827 au départ de Delevacque affiche une dette de 768 345 F[29].
Au départ de Delevacque en 1827, un troisième directeur, Thibaud (ingénieur des Mines) administre l’entreprise avec davantage de rigueur. Un emprunt de 500 F est ouvert mais une partie seulement des actionnaires y souscrit. Deux ans après, en 1829, l’emprunt n’est pas remboursé et la dette s’élève à 622 404 F. En 1831, la dette s’élève à 570 430 F[29].
La direction de l’entreprise est confiée jusqu’à fin , date de la liquidation, à un comité de trois membres qui, à force d’économie, permet à l’usine de produire de la fonte avec bénéfice. Cependant, les fabrications ont cessé en 1832 ; les hauts-fourneaux ont été éteints en 1830. En dix ans, la compagnie a englouti près de 2 MF[10]. Les deux hauts-fourneaux du Janon ont été amodié à la Cie des Fonderies et forges de la Loire et de l’Isère[29].
L’usine est liquidée en 1832 faute de capitaux suffisants. Les biens de la société sont mis aux enchères publiques le [30],[note 21]
« On dépensa sans discernement, pour l’exploitation et le commerce de la houille, pour une maison d’habitation, pour l’atelier de moulage, la briquerie, les hauts fourneaux et la fondation de l’usine de fer, la totalité et au-delà du capital social, sans rien compléter. Le fondateur, M. de Gallois, ingénieur distingué, n’avait pas toutes les qualités commerciales nécessaires pour une gestion aussi difficile. Ses prévisions ne se réalisèrent pas. Il avait annoncé qu’il produirait de la fonte à 100 francs et même à 90 francs les 1 000 kg. Dans les premières années, le prix de revient (sans y comprendre l’intérêt des fonds) s’éleva à 250 francs… Assurément, peu d’entreprises industrielles ont eu un résultat aussi désatreux »
— Alphonse Peyret-Lallier Statistique industrielle du département de la Loire 1835[29]
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L’établissement de Gallois était l’un des premiers centres sidérurgiques « modernes ». La société qu’il mit en place pour le réaliser est également l’un des premiers exemples d’association d’un capitaliste (Boigues) avec un ingénieur capable de mettre en place les techniques nouvelles. Les hauts-fourneaux construit par de Gallois à Terrenoire (au Janon) non seulement ont suscité l’intérêt de Frèrejean et de Dufaud mais ils devaient servir de modèle à celui qui allait être construit au Creusot[31].