Louise Espinasse-Mongenet
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| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Louise Jeanne Marie Mongenet |
| Pseudonyme |
Jean Maus |
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| Conjoint |
Raymond Espinasse (d) |
| Distinctions |
Prix Langlois ( et ) Prix Antoine-Girard () |
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Louise Espinasse-Mongenet, née le à Chambéry et décédée le à Toulouse, est une femme de lettres et traductrice française. Elle est surtout connue pour ses traductions des œuvres de Dante Alighieri et ses contributions à la littérature française, ainsi que pour ses collaborations avec des compositeurs français. Elle est également l'épouse de Raymond Espinasse, avocat toulousain et écrivain sous le pseudonyme de Pierre de Cardonne.
Louise Jeanne Marie Mongenet naît le [1] à Chambéry, dans une famille très cultivée. Elle est la fille de Louis Joseph Balthazar Mongenet, avocat à Turin et chevalier de l'ordre de la couronne d'Italie[2] et de Marie Charlotte Jacquemoud, dont le parrain de baptême est Charles Dupasquier[3]. Son grand-père paternel, Baldassare Mongenet de Ranaucourt[4] est un important industriel et homme politique italien ; son grand-père maternel, Louis Gaspard Jacquemoud, substitut de l'avocat général militaire de l'armée italienne, chevalier de l'ordre des saints Maurice et Lazare, officier de la couronne d'Italie[5], est fait baron par S.M. le roi d'Italie en 1864[6].
Louise Mongenet grandit aux côtés de son frère aîné, Louis[7] La famille est marquée par un milieu intellectuel et juridique, baignant dans une double culture française et italienne[1].
Le , Louise Mongenet épouse Raymond Espinasse[8], avocat toulousain et écrivain, connu sous le nom de plume Pierre de Cardonne[9]. Ensemble, ils s'installent à Toulouse à l'Hôtel Segla au 8 rue du Coq-d'Inde à Toulouse[1]. En , Louise donne naissance à leur fils, Louis Jean Marie Raymond Espinasse[10], qui deviendra premier Président de la Cour d'appel de Toulouse[11]et chevalier de la légion d'honneur[10].
Grande sportive, elle est un membre actif du Club Alpin Français, et sera présidente d'honneur du Ski Club des Pyrénées centrales dès 1907[12],[13].Elle fixera le souvenir de Trois jours à ski dans les Pyrénées - de la vallée de Campan à la vallée d'Aure par le col d'Aspin - dans un texte publié dans La Montagne du [14].Dans les Alpes, qu'elle parcourt, accompagnée de son mari, elle réalise des excursions remarquables, comme en 1909, l'ascension de la Grande Casse par l'arête nord, déjà réalisée par deux femmes seulement[15],[16].
En 1901, c'est sous le pseudonyme de Jean Maus qu'elle publie son premier ouvrage : A la louange de la mer et de l'amour[17], un ouvrage dédié à Émile Pouvillon[18].
En 1905, Louise Espinasse-Mongenet publie aux éditions Hachette, sa première traduction de l'italien au français : Le mont Cervin de son cousin germain Guido Rey, avec un avant-propos d' Émile Pouvillon[19] et une préface d' E. de Amicis[20]. Elle aura, au préalable, effectué elle-même l'ascension du Cervin[21].
En 1906, la Revue des Deux Mondes publie une première version de La Vie finissante[22], roman qui sera publié en 1907 dans son intégralité aux éditions Perrin[23], et qui sera commenté comme « un extraordinaire poème gascon »[24], « une peinture de nos mœurs gasconnes »[25], « notre vallée de la Save, notre gascogne toulousaine y revit [...] à la façon de Mistral »[1].
Elle écrit aussi des poèmes pour des compositions musicales : en 1910, elle collabore avec Déodat de Séverac qui compose Chanson de la nuit durable[26], sur un poème de Louise Espinasse-Mongenet[1]. Elle re-itère le même exercice en 1926, avec le compositeur Joseph Canteloube pour la Ballade familière du grillon captif dont elle écrit les vers[27].
En 1911, elle publie un second roman, La leçon des jours, histoire particulière d'une jeune femme[28], qualifié « d'une psychologie subtile et émouvante »[16]. Petit à petit, elle acquiert une place de choix dans le mouvement contemporain[24].
Dans sa maison toulousaine, elle reçoit l'élite toulousaine et des personnalités comme Émile Pouvillon, bien sur, mais aussi Francis Jammes, Marc Lafargue, Henry Bordeaux, Pol Neveux, Pierre de Gorsse, Joseph Rozès de Brousse[16], ou les peintres Pierre Laprade[29] et Paul Bernadot[30]. C'est Charles Mauras[16] qui l'encourage à se consacrer à la traduction de Dante, ce qu'elle fit pendant quarante ans[31], publiant dès 1912 L'enfer[32], qui reçoit un grand succès[33],[34] ,et pour lequel le prix Langlois lui est décerné en 1913[35]. Elle se dit « touchée par la grâce de Dante »[31], et n'aura de cesse de traduire ses écrits, traductions pour lesquelles elle recevra une seconde fois le prix Langlois en 1933[35], pour le Purgatoire[36], ainsi que le Prix Antoine Girard en 1954[35] et plus tard, en 1955, la médaille d'or de la Dante Alighieri, qui lui sera remise par l'ambassadeur d'Italie, Pietro Quaroni[37].
En 1930, La Revue des deux mondes la place parmi « les romancières et poétesses à la mode, au côté de Mmes de Noailles, de Regnier, Mathilde Serao et Claude Ferval,(...) entre autres » [38].
Louise Espinasse-Mongenet décède le à Toulouse[16], à l'âge de 84 ans.
C'est seulement 9 ans après sa mort, en 1965, que sera publiée sa traduction de l'intégrale de la Divine Comédie[39].
A Toulouse, une rue porte son nom et, en 2005, la revue toulousaine l'Auta publie 100 noms des toulousains de Toulouse les plus influents des 100 ans écoulés, parmi lesquels : Louise Espinasse-Mongenet[40].
En 2025, elle est mise à l'honneur dans le village de Laymont, où l'école porte désormais son nom[41]. L'association Laymont Patrimoine et Transmission édite le roman La vie finissante, 1900 - Regard d'une femme sur un village du Savès, ré-édition augmentée des recherches historiques réalisées autour de l'ouvrage[42].
Distinctions
Louise Espinasse-Mongenet a reçu plusieurs distinctions littéraires notables, dont :
- 1913 : prix Langlois[35]pour la traduction de l’Enfer de Dante Alighieri[32];
- 1933 : prix Langlois[35] pour la traduction de Le Purgatoire[43],[44] de Dante Alighieri [36];
- 1954 : prix Antoine-Girard[35];
- 1955 : Médaille d’or de la « Dante Alighieri »[37];
- En 2005, la revue L'Auta cite Louise Espinasse-Mongenet parmi les cent noms des Toulousains de Toulouse les plus influents entre 1904 et 2004[40].