Luserna San Giovanni
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| Luserna San Giovanni | |
Armoiries |
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| Noms | |
|---|---|
| Nom français | Lucerne Saint-Jean |
| Nom occitan | Lusèrna e Sant Joan |
| Nom piémontais | Luserna e San Gioann |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Ville métropolitaine | |
| Code postal | 10062 |
| Code ISTAT | 001139 |
| Code cadastral | E758 |
| Préfixe tél. | 0121 |
| Démographie | |
| Gentilé | lusernesi |
| Population | 7 118 hab.[1] (2026) |
| Densité | 402 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 44° 49′ 00″ nord, 7° 15′ 00″ est |
| Altitude | Min. 474 m Max. 474 m |
| Superficie | 1 770 ha = 17,7 km2 [2] |
| Divers | |
| Saint patron | Sacro Cuore di Gesù |
| Localisation | |
Localisation dans la ville métropolitaine de Turin. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
| modifier |
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Luserna San Giovanni (en français Lucerne Saint-Jean) est une commune de la ville métropolitaine de Turin, dans le Piémont, en Italie.
Le bourg est situé au pied des Préalpes cottiennes centrales.
Histoire
La commune naît le de la fusion de Luserna et de San Giovanni Pellice.
Luserna
Comme une grande partie du Piémont centre-ouest, l'histoire de la région commence avec de petits établissements territoriaux taurins-celto-ligures venus de Gaule transalpine, probablement dès le Xe siècle av. J.-C.. Ces populations sont ensuite chassées par les Cottii, les anciens Romains, au IIe siècle av. J.-C., qui fondent la petite agglomération agricole et rurale des Airali, un nom ancien encore utilisé aujourd'hui, signifiant « lieu de cour où l'on battait le grain » (du latin ajra, aire de battage).
Après les invasions barbares et la domination lombarde qui suivit, à partir du IXe siècle, ce territoire, qui faisait partie de l'ancienne Occitanie occidentale, est envahi par les armées sarrasines, jusqu'à l'avènement des fiefs carolingiens[3].
Le toponyme Luserna, signifiant « lampe », proviendrait de l'ancien village voisin de Torre Pellice, qui possédait une tour d'éclairage. Cependant, une autre hypothèse suggère une origine dans « lòsa », en piémontais, et également dans « lausa » ou « lauza » en ancien occitan provençal, nom donné à la pierre lisse et plate, largement extraite des montagnes de cette région[4].
Située sur un bastion morainique lui permettant de dominer la basse vallée, Luserna fut choisie comme résidence, vers le XIe siècle, par les seigneurs de la famille de Luserna. Leur territoire comprenait, outre toute la vallée de Pellice, la région de Cavour jusqu'au Pô, et une immense plaine limitrophe des terres de la commune d'Asti.
Les seigneurs de Luserna régnaient également sur Roletto, Frossasco, Sommariva Bosco et Caramagna.
En 1222, la famille se divisa en trois branches : les Manfredi, les Bigliori et les Rorenghi. Cette scission eut de graves répercussions sur l’équilibre des pouvoirs au sein de la dynastie, engendrant des conflits territoriaux et des luttes de pouvoir incessantes. Afin d’éviter une fragmentation excessive du territoire et de favoriser une coexistence pacifique, les seigneurs décidèrent que chaque année, à tour de rôle, l’un des leurs serait nommé maire, chargé de représenter l’ensemble de la famille de Luserna. En 1295, les Luserna furent contraints de prêter allégeance à la lignée des princes de Savoie d’Acaja, qui régnaient sur tout le Piémont depuis Pignerol et occupaient une position importante à la cour. Entre le XVe et XVIIe siècle, les querelles entre les différentes branches de la famille furent sanglantes.
En 1630, la population de Luserna fut réduite de moitié par la peste qui frappa toute l’Italie du Nord, la même peste décrite par Manzoni dans son ouvrage « Les Fiancés ». La maladie fut propagée par les troupes françaises stationnées à Pignerol. Nombreux furent ceux qui fuirent vers les montagnes, espérant se sauver, mais qui contribuèrent au contraire à la propagation de l'épidémie dans toute la vallée.
Sous le règne de Louis XIV, la coexistence des communautés catholique et vaudoise fut remise en question par le souverain français avec la promulgation de l'édit de Fontainebleau, qui abrogeait de fait la liberté de culte des protestants, pourtant confirmée par l'édit de Nantes d'Henri IV. Les Vaudois furent persécutés et contraints à un douloureux exil, qui prit fin en 1689 par une marche historique restée célèbre sous le nom de « Glorieuse Rentrée ».
En 1690, Luserna se trouva au cœur d'un conflit entre le Piémont et la France. La ville fut pillée par les troupes françaises puis reconquise par les Piémontais avec l'aide des troupes alpines vaudoises. L'année suivante, les Français revinrent en force et, le , ravagèrent la ville. Le château et les remparts furent incendiés et ne furent jamais reconstruits.
Saint-Jean
Située sur la rive opposée de la Pellice, face à Luserna, San Giovanni de Perno a joué un rôle central dans la vie religieuse de la vallée à travers l'histoire, et pas seulement en raison de la présence, dès le XIIIe siècle, d'une importante communauté vaudoise. Ce lieu fut initialement choisi comme site de pèlerinage pour une église paroissiale, donnant ainsi naissance au prieuré de San Giovanni de Perno. Il resta sous l'administration des chanoines du Latran jusqu'à son passage aux Augustins en 1153.
Pendant de nombreux siècles, l'histoire de San Giovanni se déroula en parallèle de celle de Luserna, mais les fondements de la séparation des deux communes (qui eut lieu en 1657, après une première tentative en 1573) commencèrent à être posés dès le XIIIe siècle, lorsque les premiers adeptes du mouvement hérétique des Pauvres de Lyon, les Vaudois, commencèrent à arriver et à s'installer dans la région. À la suite des persécutions qui suivirent l'excommunication de 1184, promulguée par le pape Lucius III dans la bulle papale Ad abolendam, et, trois siècles plus tard, l'adhésion à la Réforme protestante en 1532 avec le synode de Chanforan, la vallée de la Luserna connut un afflux massif et continu de réfugiés vaudois, bénéficiant de la bienveillance des seigneurs de la Luserna qui les accueillirent comme sujets. San Giovanni devint ainsi une ville à forte majorité réformée.
La situation s'envenima en 1655, lorsque le duc Charles-Emmanuel II de Savoie envoya une armée d'environ 15 000 hommes, sous le commandement du marquis de Pianezza, pour convertir les populations hérétiques des vallées. Cet épisode, connu sous le nom de Pâques piémontaises, entraîna la mort d'environ deux mille Vaudois et causa de graves ravages. La communauté de San Giovanni fut partiellement épargnée par les actes les plus sanglants qui touchèrent des villes comme Angrogna, Rorà et la haute vallée.
À la suite de ces événements sanglants, en 1657, San Giovanni et Luserna se séparèrent. Cette séparation accentua le déclin de cette dernière et favorisa la communauté vaudoise qui, après une nouvelle crise politico-religieuse et l'exil qui s'ensuivit entre 1686 et 1689, commença à prospérer.
Le début du XIXe siècle vit l'arrivée des troupes d'occupation françaises et, avec elles, la diffusion des idéologies libérales. En 1807, un décret impérial de Napoléon autorisa la construction d'un temple à San Giovanni, chef-lieu de la commune : le temple des Bellonatti. En 1848, les principes de liberté et d'égalité revinrent en force sur le devant de la scène, et les grandes révoltes de cette année-là incitèrent les souverains européens à modérer leur absolutisme. C'est dans ce contexte que le roi Charles-Albert, par la délivrance de lettres patentes le , accorda aux Vaudois des droits civils et politiques.
Les négociations en vue du rattachement à Luserna furent longues et complexes, en raison de la méfiance et des soupçons qui régnaient entre les deux communes, lesquelles continuaient de se disputer leurs frontières jusqu'au milieu du XIXe siècle. Par ailleurs, le , le roi d'Italie Victor-Emmanuel II autorisa San Giovanni di Luserna à prendre le nom de San Giovanni Pellice, dans le but manifeste de se rapprocher des villages de la haute vallée, majoritairement vaudois. Grâce également à des raisons économiques (avec l'avènement de l'industrialisation et le début de l'exploitation des carrières de gneiss lamellaire, la célèbre Pietra di Luserna), la fusion des deux communes eut finalement lieu, après 214 ans de séparation, le .[6]
Époque contemporaine
Au XXe siècle, Luserna San Giovanni connut un développement économique rapide à caractère industriel, avec la création d'usines textiles, mécaniques et de confiserie (dont les plus célèbres sont Caffarel et I Tre Re Magi), et l'exploitation des carrières de pierre de Luserna, déjà utilisées dans l'Antiquité pour l'extraction de la fameuse pierre lisse et plate, particulièrement prisée pour la couverture des bâtiments. À partir des années 1970, l'activité de la société Pontevecchio S.r.l. dans le secteur des eaux minérales prit une importance économique considérable, avec l'embouteillage et la distribution d'eau de source, également exportée à l'étranger.[7]
Économie
L'économie de la ville est centrée depuis plusieurs siècles sur l'exploitation d'un orthogneiss à structure lamellaire qui a été baptisé du nom de la ville (pierre de Luserne / pietra de Luserna). Cette pierre est exportée dans le monde entier et a été utilisée pour la construction de grands monuments italiens comme le Mole Antonelliana à Turin.
Culture
Radio Beckwith Evangelica (RBE) est une radio italienne et une radio communautaire liée à l'Église évangélique vaudoise. Elle est jumelée avec Ràdio Occitània. Son siège social est à Luserna San Giovanni, dans les Vallées vaudoises du Piémont.