Médecine traditionnelle africaine

From Wikipedia, the free encyclopedia

ABUBARKAR
Plantes utilisées en médecine traditionnelle africaine.

La médecine africaine traditionnelle est une médecine alternative faisant appel à l'herboristerie autochtone et à la spiritualité africaine, impliquant généralement des devins, des sages-femmes, et des herboristes.

Les praticiens de la médecine africaine traditionnelle affirment pouvoir soigner diverses maladies telles que les cancers, les troubles psychiatriques, l'hypertension artérielle, le choléra, les maladies vénériennes, l'épilepsie, l'asthme, l'eczéma, la fièvre, l'anxiété, la dépression, l'hyperplasie bénigne de la prostate, les infections, la goutte ; et susciter la guérison des plaies et des brûlures, et même de l'Ebola[1],[2].

Dans certains cas, le diagnostic peut être établi par des moyens d’ordre spirituel, avant qu’un traitement ne soit prescrit, généralement sous la forme de remèdes à base de plantes. Ces remèdes sont, dans ces systèmes de pratiques, considérés comme possédant à la fois des propriétés thérapeutiques et une dimension symbolique ou spirituelle.

La médecine africaine traditionnelle repose souvent sur l’idée que la maladie ne résulte pas uniquement de causes fortuites, mais peut être liée à un déséquilibre d’ordre spirituel ou social. Elle se distingue ainsi de la médecine scientifique moderne, qui repose principalement sur des approches techniques et analytiques.

Au XXIe siècle, les médicaments et les procédures de la médecine moderne restent inaccessibles à une partie importante des populations africaines, en raison notamment de leur coût et de la concentration des infrastructures de santé dans les zones urbaines.

Avant le développement de la médecine moderne, la médecine traditionnelle constituait le principal système de soins des millions de personnes en Afrique. L’arrivée des Européens a marqué un tournant dans l’histoire de ces pratiques et des cultures qui leur sont associées[3].

Les médicaments à base de plantes en Afrique font généralement l’objet de recherches limitées et sont peu réglementés[4]. La documentation détaillée des connaissances traditionnelles, souvent transmises oralement, est également limitée[5]. Des erreurs d’identification ou une mauvaise utilisation des plantes à des fins thérapeutiques peuvent entraîner des effets indésirables graves[1].

La portée géographique de cet article traite principalement de la médecine traditionnelle en Afrique subsaharienne. Des traditions médicales voisines ont également influencé ces pratiques[6].

Époque coloniale

La science a, par le passé, considéré les savoir traditionnels et leurs méthodes comme primitifs et arriérés[7]. Sous le régime colonial, les guérisseurs-coutumiers africains traditionnels sont interdits car de nombreux pays les considèrent comme des pratiquants de sorcellerie et de magie, et les déclarent illégaux auprès des autorités coloniales, créant ainsi une guerre contre des aspects de la culture autochtone considérés comme relevant de la sorcellerie. Au cours de cette période, des tentatives visent également à contrôler la vente de médicaments à base de plantes[1]. Après l'indépendance du Mozambique en 1975, ces tentatives de contrôle de la médecine traditionnelle vont jusqu'à envoyer des devins-guérisseurs dans des camps de rééducation. Alors que le colonialisme et le christianisme se propagent à travers l'Afrique, les colonialistes construisent des hôpitaux généraux, les missionnaires chrétiens des hôpitaux privés, dans l'espoir de lutter contre les maladies répandues. Peu de choses sont faites pour étudier la légitimité des pratiques traditionnelles, de nombreux étrangers estimant que les pratiques médicales indigènes sont païennes et superstitieuses, et ne peuvent être convenablement pratiquées qu'en héritant des méthodes occidentales selon Onwuanibe[8]. En période de conflit, l’opposition a été particulièrement vive, car les gens ont davantage tendance à faire appel au domaine surnaturel[1]. En conséquence, les médecins et les praticiens de santé ont, dans la plupart des cas, continué à fuir les tradipraticiens malgré leur contribution à la satisfaction des besoins sanitaires fondamentaux de la population[7].

Période moderne

Nurse at Koidu Hospital Sierra Leone consulting with patients
Patients consultant une infirmière à l'hôpital Koidu en Sierra Leone.

Depuis le début du XXIe siècle, les traitements et les remèdes utilisés dans la médecine africaine traditionnelle ont été mieux appréciés par les chercheurs en sciences. Les pays en développement ont commencé à prendre conscience des coûts élevés des systèmes de soins de santé modernes et des techniques nécessaires, prouvant ainsi la dépendance de l'Afrique à cet égard[7]. Pour cette raison, un intérêt a été exprimé pour l'intégration de la médecine africaine traditionnelle dans les systèmes de soins de santé nationaux du continent[1]. Un guérisseur africain a adopté ce concept en construisant à Kwa-Mhlanga, en Afrique du Sud, un hôpital de 48 lits, le premier du genre, combinant des méthodes traditionnelles avec l'homéopathie, l'iridologie, et d'autres méthodes de guérison occidentales, y compris même des médecines traditionnelles asiatiques[1]. Cependant, la technologie très sophistiquée impliquée dans la médecine moderne, qui commence à s'intégrer dans le système de santé africain, pourrait éventuellement détruire des valeurs culturelles profondément ancrées en Afrique[8].

Diagnostics

Les diagnostics et les méthodes de traitement choisis en médecine africaine traditionnelle reposent essentiellement sur des aspects spirituels, souvent fondés sur la conviction que les aspects psycho-spirituels doivent être traités avant les aspects médicaux. Dans la culture africaine, on pense que « personne ne tombe malade sans raison suffisante »[9]. Les praticiens traditionnels considèrent le « qui » comme ultime, plutôt que le « quoi », pour localiser la cause et le traitement d'une maladie, et les réponses fournies découlent des croyances cosmologiques du peuple[9]. Plutôt que de rechercher les raisons médicales ou physiques d'une maladie, les guérisseurs traditionnels tentent de déterminer la cause fondamentale de la maladie, qui résulterait d'un déséquilibre entre le patient et son environnement social ou le monde spirituel, et non de causes naturelles[1]. Les causes naturelles sont considérées comme dues à l'intervention d’esprits ou de dieux. Par exemple, la maladie peut être attribuée à la culpabilité de la personne, de la famille ou du village pour un péché ou une atteinte morale. La maladie proviendrait donc du mécontentement des dieux ou de Dieu, à cause d'une infraction à la loi morale universelle[9]. Selon le type de déséquilibre que connaît l'individu, une plante de guérison appropriée sera utilisée, selon sa signification symbolique et spirituelle ainsi que pour son effet médicinal[1].

Quand une personne tombe malade, un praticien traditionnel utilise des incantations pour établir un diagnostic. Ces incantations donnent un aspect de connexions mystiques et cosmiques. La divination est généralement utilisée si la maladie n'est pas facilement identifiable, sinon la maladie peut être rapidement diagnostiquée et traitée. Si la divination est nécessaire, le praticien conseillera au patient de consulter un devin qui pourra en outre diagnostiquer et « guérir ». Le contact avec le monde des esprits par la divination nécessite souvent non seulement des médicaments, mais aussi des sacrifices[9].

Traitements

Les praticiens traditionnels utilisent une grande variété de traitements, allant de la « magie » aux méthodes biomédicales telles que le jeûne et les régimes amaigrissants, la phytothérapie, le bain, les massages et les procédures chirurgicales[7]. Les migraines, la toux, les abcès et la pleurésie sont souvent traités en pratiquant des entailles dermiques, après quoi une pommade à base de plantes est appliquée avec des médicaments eux aussi à base de plantes. Les animaux sont également parfois utilisés pour transférer la maladie ultérieurement, ou pour la fabrication de médicaments de zoothérapie. Certaines cultures frottent une pommade aux herbes chaudes sur les paupières du patient pour soigner les maux de tête. Le paludisme est traité en buvant et en utilisant la vapeur d'un mélange à base de plantes. Les fièvres sont souvent traitées à l'aide d'un bain de vapeur. En outre, on provoque des vomissements ou des émétiques dans le but de guérir certaines maladies. Par exemple, le bœuf cru est trempé dans la boisson d'une personne alcoolique afin de provoquer des vomissements et des nausées, et de traiter l'alcoolisme. Dans la baie du Bénin, les autochtones utilisent la graisse d'un boa constricteur pour guérir soi-disant de la goutte et des rhumatismes. On pense également qu'elle soulage les douleurs à la poitrine lorsqu'elle est frottée à la peau[10]. En Afrique du Sud, des os de babouins sont utilisés comme traitement de l'arthrite, et le frottement des terpénoïdes du coléoptère (Mylabris sp.) sur la peau pour le traitement de maladies de la peau[11].

Environ 60 % à 80 % des Africains ont recours aux remèdes traditionnels pour se soigner eux-mêmes contre diverses maladies[12],[13] Une revue systématique publiée en 2018 a estimé que près de 60% (58,2%) [4,6% à 94%] de la population générale en Afrique subsaharienne utilisait des médicaments traditionnels et des médicaments complémentaires[14]. Un pourcentage important de la population sud-africaine a également recours aux remèdes traditionnels pour traiter ses animaux contre diverses maladies[15].

Plantes médicinales

Préparation et séchage de plantes de médecine traditionnelle fraîchement déterrées (muti).

L'Afrique est dotée de nombreuses plantes pouvant être utilisées à des fins médicinales. Sur les quelque 4 600 espèces de plantes utilisées en Afrique tropicale, plus de 4 000 sont utilisées comme plantes médicinales[16]. Les plantes médicinales sont utilisées dans le traitement de nombreuses maladies ; leur utilisation et leurs effets présentent un intérêt croissant pour les sociétés occidentales. Ces plantes sont utilisées et choisies pour leurs capacités de guérison et ont aussi souvent une signification symbolique et spirituelle. Par exemple, les feuilles, les graines et les brindilles blanches, noires et rouges sont considérées comme particulièrement symboliques ou magiques, et possèdent des propriétés spéciales[1].

Prunus africana with stripped bark.
Prunus africana à l'écorce dénudée.

Pygeum (Prunus africana) : le pygeum n’est pas seulement utilisé en médecine traditionnelle africaine, mais a une réputation mondiale dans le traitement de Hypertrophie bénigne de la prostate, légère à modérée. Dans la pratique africaine traditionnelle, l'écorce est transformée en thé, alors qu'ailleurs dans le monde on la trouve dans les poudres, les teintures et les pilules. Le pygeum est vendu en Europe depuis les années 1970, et est récolté en grande quantité au Cameroun et à Madagascar chaque année[1].

Securidaca longipedunculata : il s'agit d'une plante tropicale que l'on trouve presque partout sur le continent et dont les utilisations varient selon les régions d'Afrique. En Tanzanie, l'écorce et la racine séchées sont utilisées comme laxatif pour les troubles du système nerveux, une tasse du mélange étant prise quotidiennement pendant deux semaines. En Afrique de l'Est, les feuilles séchées de la plante sont utilisées dans le traitement des plaies, de la toux, des maladies vénériennes et des morsures de serpent. Au Malawi, les feuilles sont également utilisées pour traiter les plaies, la toux, les maladies vénériennes et les morsures de serpent, ainsi que pour la bilharziose, et les feuilles sèches sont utilisées pour soigner les maux de tête. Dans d'autres parties du continent, des parties de la plante sont utilisées pour soigner les maladies de la peau, le paludisme, l'impuissance, l'épilepsie et sont également utilisées comme aphrodisiaques.

Une étude, intitulée Activité inhibitrice de l'ACE des plantes nutritives dans le KwaZulu-Natal a été menée par Irene Mackraj et S. Ramesar, du département de physiologie et de chimie physiologique ; et H. Baijnath, du département des sciences biologiques et de la conservation de l’université du KwaZulu-Natal, à Durban, en Afrique du Sud, examine l’efficacité de seize plantes poussant dans la région sud-africaine du KwaZulu-Natal. Elle conclut que huit extraits de plantes pourraient être utiles pour traiter l’hypertension[17]. Les plantes (appelées localement muti) utilisées par les guérisseurs traditionnels examinés par l'équipe étaient, entre autres, Amaranthus dubius, Amaranthus hybridus, Asystasia gangetica, Galinsoga parviflora, Justicia flava, Oxygonum sinuatum, Physalis viscosa et Tulbaghia violacea, qui se sont avérées avoir des effets positifs, ce dernier étant le plus prometteur pour abaisser la tension artérielle[17]. La diversité infragénérique unique de Aloe L. (Aloaceae / Asphodelaceae) et les vastes utilisations thérapeutiques en Afrique australe suggèrent sa signification culturelle dans le sous-continent[18]. Les palmiers sont très couramment utilisés comme éléments rituels, ainsi que comme ingrédient[19].

Certaines personnes à Grahamstown, en Afrique du Sud, utilisent des plantes et des mauvaises herbes traditionnelles comme alternative[20].

Cannabis sativa.

Les feuilles fraîches de Cannabis sativa (intsango) sont transformées en décoction, prise trois fois par jour pour traiter l'asthme, elles sont également utilisées en inhalation. En Afrique du Sud, l'intsango est utilisé pour soigner la bronchite, les maux de tête, les douleurs de l'accouchement et l'hypertension[20].

Carduus tenuiflorus.

Carduus tenuiflorus (uMhlakavuthwa) est utilisée pour extraire le poison ou les maladies. La croyance veut que la plante aspire la cause de la maladie en soi.

Datura stramonium.

Datura stramonium (uQhwangu-qhwangu)est utilisée en feuilles fraîches comme pansement pour soulager la douleur et l’enflure. Il est également utilisé comme antiseptique après la circoncision. Dans ce dernier cas, la plante n’est utilisée qu’une fois, elle ne doit pas être utilisée de manière répétitive, car elle peut être nocive en raison de sa puissance. Les feuilles fraîches sont également appliquées bouillies deux fois par jour.

Emex australis.

Emex australis (inkunzane). Cette racine est utilisée chez les nourrissons souffrant d’agitation ou de constipation. Elle est utilisée en décoction. Les adultes utilisent également la décoction pour traiter la constipation.

Galenia secunda est utilisé pour traiter les douleurs rénales chez les adultes. La racine est mélangée avec les racines d'emex australis (inkunzane). Deux cuillères à café de décoction sont prises deux fois par jour. Il est également administré aux bébés atteints de coliques en utilisant deux gouttes par jour.

Lantana camara.

Lantana camara (iqunule) est utilisé pour traiter les douleurs dorsales et abdominales. Les racines sont bouillies dans de l'eau et bues sous forme de thé deux fois par jour. En outre, il est utilisé pour traiter les infections gonococciques et les problèmes urinaires causés par des rapports sexuels.

Opuntia ficus-indica (itolofiya) est utilisé pour traiter les plaies entre les orteils et les doigts, ces plaies sont réputées être causées par igazi elimdaka (« sang sale »). Les orteils ont tendance à devenir gonflés et suintent de pus. La feuille fraîche est cuite au feu, la gelée intérieure est ensuite appliquée sur les plaies.

Rumex sagittatus.

Rumex sagittatus (ibhathatha) : l'infusion de racine est mise dans de l'eau froide et utilisée comme produit de lavage corporel. Il est utilisé pour nettoyer le corps des malheurs et des maux.

Schinus molle.

Schinus molle (ipepile). La décoction de feuilles se prend par voie orale pour traiter la fièvre et la grippe. Les feuilles sont ajoutées à de l'eau bouillante et la vapeur est utilisée pour traiter la fièvre.

Feuilles d'Anredera cordifolia.

Anredera cordifolia (idlula) : les feuilles des plantes sont écrasées et appliquées sur des pieds enflés dont la cause est attribuée à une mauvaise circulation sanguine. Il est également utilisé pour traiter les problèmes de reins ou de foie. La sève des feuilles est ensuite utilisée pour traiter les éruptions cutanées causées par le contact avec de l'eau sale[20].

Araucaria bidwillii (indiyandyiya). Elle est utilisée pour traiter l'aménorrhée causée par des problèmes congénitaux, la tuberculose et la malnutrition. L'écorce est râpée et une cuillère à soupe des restes est mélangée à 750 ml d'eau froide. Le mélange est pris oralement une fois par jour.

Araujia sericifera (iquwa) est utilisé pour traiter l'amafufunyana[20], décrit par Ngubane comme une forme extrême de dépression associée à des symptômes psychotiques tels que des idées délirantes, l'hystérie, une explosion de violence et des idées de suicide. Les racines sont mélangées avec d'autres médicaments[21].

Argemone mexicana (ikhakhakhakha). Cette décoction de racine est mélangée aux racines du rubus pinnatus (iqunube). Elle est administrée au moyen d'un lavement pour guérir les douleurs rénales. Le mélange doit être utilisé immédiatement, car s'il reste longtemps au repos, il devient nocif.

Bidens pilosa (umhlabangubo) est utilisé pour traiter l'infertilité chez les femmes. Les racines sont nettoyées, bouillies dans de l'eau puis prises par voie orale. En outre, il est utilisé pour se laver le corps après que les feuilles aient été trempées pendant la nuit dans l'eau de bain. Ainsi, on croit que l'eau de baignade protège des esprits diaboliques (imoya emdaka)[20].

Parmi les autres plantes étudiées scientifiquement en 2016, citons Erigeron floribundus, une plante médicinale utilisée au Cameroun, inhibée par le nicotinate mononucléotide adénylyltransférase de Staphylococcus aureus (NadD), mais sans effet sur l'analogue humain. Le spathulénol et le limonène font partie des composants d'huiles essentielles[22].

Un médicament traditionnel de l'arbre tropical Olon et une autre espèce du genre Zanthoxylum se sont avérés avoir des composés synergiques qui tuent à la fois les moustiques et leurs parasites plasmodium[23].

Spiritualité

un homme assis au pied d'un arbre
Un devin Bédik à Iwol, au sud-est du Sénégal (Afrique de l'Ouest). Il prédit en examinant la couleur des organes des poulets sacrifiés.

Certains guérisseurs peuvent utiliser des charmes, des incantations et des lancers de sorts dans leurs traitements. La nature dualiste de la médecine africaine traditionnelle entre le corps et l’esprit, la matière et l’esprit et leurs interactions les unes avec les autres sont également considérées comme une forme de magie. Richard Onwuanibe donne à l'une de ces formes de magie le nom de Extra-Sensory-Projection. Une conviction chez les Ibos du Nigéria veut que les guérisseurs puissent implanter quelque chose chez une personne à distance pour leur infliger la maladie. C'est ce que les Ibos appellent egba ogwu. Pour retirer l'objet malin, l'intervention d'un deuxième homme de médecine est généralement requise, qui l'enlève ensuite en pratiquant une incision chez le patient. Egba ogwu implique des processus psychokinétiques. Une autre forme de magie utilisée par ces pratiquants, qui est plus largement connue, est la magie sympathique, dans laquelle un modèle est fait de la victime. Les actions effectuées sur le modèle sont transférées à la victime, de la même manière que la poupée vaudou. Dans les cas où les esprits des parents décédés troublent les vivants et causent des maladies, les médecins prescrivent des remèdes, souvent sous la forme de sacrifices propitiatoires, afin de les mettre au repos afin qu'ils ne gênent plus les vivants, surtout les enfants[10]. Utiliser des charmes et des amulettes pour soigner des maladies est une pratique incertaine qui nécessite des recherches scientifiques plus poussées.

Le désert du Kalahari (en rouge) et le bassin du Kalahari (en orange).

Dans les cultures africaines, l'acte de guérir est considéré comme un acte religieux. Par conséquent, le processus de guérison tente souvent de faire appel à Dieu, car c’est lui qui peut non seulement infliger une maladie, mais aussi guérir. Les Africains ont une vision du monde religieuse qui les rend conscients de la faisabilité d'une intervention divine ou spirituelle dans la guérison, de nombreux guérisseurs se référant au dieu suprême comme source de leur pouvoir médical. Par exemple, le !Kung du désert du Kalahari croient que le grand Dieu Hishe a tout créé et, par conséquent, contrôle toutes les maladies et la mort. Hishe, cependant, confère à certains hommes des pouvoirs mystiques pour soigner la maladie. Hishe se présente à ces guérisseurs en rêves et en hallucinations en leur donnant un pouvoir curatif. Parce que ce dieu est assez généreux pour donner ce pouvoir aux guérisseurs, ils sont censés pratiquer la guérison librement. Le guérisseur !Kung effectue une guérison à travers une danse tribale[10]. Loma Marshall, qui a effectué des expéditions dans le sud-ouest de l'Afrique avec sa famille pour étudier les !Kung, décrit la danse de guérison comme suit :

« Aux danses, non seulement les malades peuvent être guéris, mais le mal et le malheur peuvent être évités. Les !Kung croient que le grand dieu peut envoyer Gauwa ou les Gawwas à tout moment avec une maladie pour quelqu'un, et que ces êtres peuvent être leurrés dans l'attente de leur chance de l'infliger. Les guérisseurs des danses les combattent, les chassent et protègent les gens. Habituellement, plusieurs guérisseurs entrent en action en même temps. Pour les guérir, ils entrent en transe, dont la profondeur varie au fur et à mesure que la cérémonie avance... Quand un homme commence, il quitte la file des hommes qui dansent et, tout en chantant, se penche sur la personne qu’il va guérir, s’adressant à toutes les personnes présentes, même les enfants. Il pose une main sur la poitrine de la personne, une autre sur le dos et agite les mains. Les !Kung croient que de cette manière, ils attirent la maladie réelle ou potentielle hors de la personne par leurs propres bras... Finalement, le guérisseur lève les bras au ciel pour chasser la maladie et la jette dans l’obscurité vers Gauwa ou le gauwasi, qui sont au-delà de la lumière du feu, avec une harpe et aux cris de "Kai Kai Kai"[24]. »

Loma Marshall ne donne aucune information quant à savoir si la danse réussit ou non à guérir le patient, mais dit que cela épure les émotions des gens pour leur « soutien, réconfort et espoir »[8].

Praticiens traditionnels

Relation avec la médecine moderne

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI