Dossiers Epstein

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Un carnet d'adresses rendu public lors de la publication de la phase 1 des dossiers Epstein en 2025, dont la majorité du contenu a été expurgée.

Les dossiers Epstein (ce dernier mot se prononçant [ɛpstein] Écouter,[1]sont un ensemble de documents détaillant les activités criminelles du pédocriminel financier américain Jeffrey Epstein ainsi que de ses affiliés, formant l'affaire Epstein. La « liste Epstein » est un document au sein de cet ensemble qui contiendrait les noms de clients de haut profil vers lesquels Epstein a trafiqué de jeunes filles. Epstein cultive un cercle social de personnalités publiques comprenant des politiciens et des célébrités, alimentant les affirmations complotistes suggérant qu'il tient une liste pour faire chanter ses associés, et que sa mort en 2019 n'est pas un suicide (tel qu'officiellement rapporté) mais un meurtre visant à protéger ses clients.

Les allégations concernant l'existence d'une liste de clients émergent d'abord immédiatement après la mort d'Epstein, pour avoir pris une notoriété accrue en 2025 suite à un tweet désormais supprimé de l'ancien conseiller principal de la Maison-Blanche et associé du département de l'Efficacité gouvernementale, Elon Musk, alléguant que le président américain Donald Trump figure parmi les noms listés. Lors de sa campagne présidentielle de 2024, Trump évoque l'idée de publier les dossiers Epstein[2], bien qu'il affirme depuis qu'il s'agit simplement de fabrications de membres du Parti démocrate[3].

Le département de la Justice des États-Unis (DOJ) publie un mémo le , indiquant que la liste n'existe pas et qu'« aucune preuve crédible [n'a été] trouvée qu'Epstein ait fait chanter des personnalités influentes dans le cadre de ses actes. Nous n'avons pas découvert de preuves pouvant justifier une enquête contre des tiers non inculpés. ». Le mémo est accueilli avec scepticisme par des commentateurs politiques de tout le spectre politique, tels qu'Alex Jones[4] et John Oliver[5].

En , les démocrates du Comité de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre des représentants des États-Unis publient une série d'emails impliquant Epstein dans lesquels il écrit : « [Le] chien qui n'a pas aboyé est Trump », et mentionne que Trump a « passé des heures » avec l'une des victimes[6],[7],[8]. Le , la Chambre des représentants adopte le Epstein Files Transparency Act par un vote de 427 contre 1[9]. Le Sénat approuve à l'unanimité le projet de loi le même jour[10] et le remet sur le bureau de Trump le lendemain matin[11]. Trump signe le projet de loi le jour de sa réception, exigeant officiellement que le DOJ publie les dossiers dans un délai de 30 jours[12].

Relation de Donald Trump avec Jeffrey Epstein

Jeffrey Epstein, condamné pour des crimes sexuels sur mineurs, a été inculpé en 2006[13] et a plaidé coupable en 2008[14]. Il a été de nouveau inculpé en 2019 et est décédé en prison[15]. Epstein entretenait un cercle social composé de personnalités publiques, notamment des personnalités politiques et des célébrités[16]. Ceci a alimenté des théories du complot selon lesquelles Epstein aurait tenu une liste de clients à qui il aurait fait du trafic de jeunes filles, qu'il l'aurait utilisée pour les faire chanter et qu'il aurait été assassiné par ces mêmes clients. Ces théories ont été largement diffusées après sa mort en 2019, notamment par le président Donald Trump[17], et de nouveau en 2025[18],[19].

L'expression « dossiers Epstein » désigne les documents recueillis comme preuves dans les affaires criminelles visant Epstein et ses associés, stockés sous forme de plus de 300 gigaoctets de données, ainsi que d'autres supports, dans le système de gestion de dossiers Sentinel (en) du FBI[20]. Ils comprennent son carnet de contacts, les journaux de vol de ses avions et des documents judiciaires ; certains ont été rendus publics sous forme expurgée[21],[22]. Par exemple, des documents judiciaires et des journaux de vol ont révélé que diverses personnalités importantes avaient voyagé avec Epstein ou avaient été en contact avec lui[23].

Trump, en 2019, évoque sa relation avec Epstein.

Donald Trump affirme que lui et Jeffrey Epstein entretiennent une relation de longue date avant que celle-ci ne se détériore en 2004. Il indique connaître Epstein depuis la fin des années 1980 (« Je connais Jeff depuis 15 ans », déclare-t-il au magazine New York en 2002)[24].

En 1992, l'homme d'affaires George Houraney fait venir 28 personnes qu'il décrit comme des « filles » pour participer à un concours de « calendar girls » à Mar-a-Lago. Trump demande l'organisation de la soirée et Houraney, après l'avoir planifiée, découvre que Trump et Epstein en sont les seuls invités[25].

La même année, Trump qualifie Epstein de « type formidable » qui « aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes »[24].

D'autres témoignages évoquent leur proximité. Le frère de Jeffrey Epstein, Mark Epstein, affirme notamment qu'Epstein aurait déclaré avoir « cessé de fréquenter Donald Trump lorsqu'il a réalisé que Trump était un escroc »[26]. Ces éléments contredisent les déclarations ultérieures de Trump affirmant qu'il « n'est pas un admirateur », ainsi que celles de Steven Cheung selon lesquelles « le président n'a jamais été dans le bureau d'Epstein ». Ces propos interviennent dans le contexte de l'accusation formulée par l'une des victimes d'Epstein, qui indique avoir eu une rencontre « troublante » avec Trump dans le bureau d'Epstein en 1995[27].

En 2003, Donald Trump fait partie des contributeurs à un album relié de messages d'anniversaire offert à Jeffrey Epstein pour son 50e anniversaire[28]. The Wall Street Journal rapporte que la lettre attribuée à Trump comprend un dessin représentant une femme nue ainsi qu'une conversation imaginaire entre les deux hommes, incluant la phrase « We have certain things in common, Jeffrey », la signature de Trump étant placée de manière à évoquer des poils pubiens[28]. À l'époque, le journal ne publie pas de copie de la lettre, et Trump nie immédiatement en être l'auteur[29]. Une photographie de la lettre est ensuite transmise au Congrès par la succession Epstein et, le , The Wall Street Journal en publie une copie[30],[31].

L'amitié entre Trump et Epstein se détériore au début des années 2000[24]. Parmi les raisons évoquées figurent des plaintes de Trump accusant Epstein d'avoir « volé » des employés travaillant au spa de Mar-a-Lago, ainsi qu'un différend immobilier entre les deux hommes. En 2000, Ghislaine Maxwell engage Virginia Roberts (plus tard Giuffre), alors âgée de 17 ans, comme masseuse pour Epstein[32]. Giuffre travaille alors au spa de Mar-a-Lago. En 2025, Trump déclare aux journalistes qu'Epstein « volait des gens qui travaillaient pour moi… je l'ai mis dehors »[33]. Le lendemain, Trump précise qu'il faisait référence à Giuffre, déclarant : « prendre des gens qui travaillent pour moi, c'est mal… je lui ai dit : “On ne veut pas que tu prennes nos gens”… peu de temps après, il l'a refait et j'ai dit : “Dehors.”… Il l'a volée »[34]. Ces déclarations font apparaître une chronologie incertaine : Epstein engage Giuffre en 2000, mais Trump ne révoque l'adhésion d'Epstein à Mar-a-Lago qu'en 2007[35].

En 2004, Trump surenchérit sur Epstein pour l'achat d'un manoir en bord de mer à Palm Beach, en Floride, qu'il revend par la suite à l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev[36],[37],[note 1].


En , Epstein est inculpé pour des crimes sexuels[38]. En , Trump révoque son adhésion à Mar-a-Lago. Selon l'ouvrage Filthy Rich (2016), la fille adolescente d'un membre du club rapporte avoir été approchée à Mar-a-Lago puis invitée au domicile d'Epstein, où celui-ci tente de la faire se déshabiller. Le père s'adresse alors directement à Trump, qui interdit formellement l'accès du club à Epstein[39],[40].

Le , lors d'une entrevue télévisée, Trump est interrogé sur l'arrestation de Ghislaine Maxwell pour trafic sexuel de mineurs. Il affirme d'abord ne pas être au courant, puis déclare : « Je lui souhaite bonne chance… qu'on prouve la culpabilité de quelqu'un. … Et oui, je lui souhaite bonne chance ». Lorsque l'intervieweur rappelle que Maxwell est accusée de trafic sexuel d'enfants, Trump répond : « Tout ce qu'il y a, c'est que son petit ami est mort »[41].

Commentaires

Elon Musk Twitter
@elonmusk

Time to drop the really big bomb: @realDonaldTrump is in the Epstein files. That is the real reason they have not been made public. Have a nice day, DJT!

Jun 5, 2025[42]

L'avocat et professeur de droit Alan Dershowitz déclare, lors d'une entrevue accordée à Sean Spicer le , qu'il connaît les noms de personnes figurant sur une telle liste ainsi que dans des dossiers non publiés liés à Epstein, ajoutant : « Je sais pourquoi ils sont supprimés. Je sais qui les supprime », tout en précisant être « lié par une obligation de confidentialité imposée par un juge et par des procédures judiciaires, et ne pas pouvoir divulguer ce qu'il sait »[43],[19]. Dershowitz fait partie de l'équipe juridique ayant négocié l'accord de non-poursuite accordé à Epstein en 2006[19].

Le , Elon Musk, ancien conseiller principal de Trump désormais en conflit ouvert avec lui, affirme sur le réseau social X que le nom de Trump figure « dans les dossiers Epstein » et que cela constitue « la véritable raison pour laquelle ils n'ont pas été rendus publics »[44],[45]. Musk supprime le message deux jours plus tard[46]. Le , il publie un nouveau message déclarant : « Je regrette certains de mes messages publiés la semaine dernière au sujet du président Donald Trump. Ils sont allés trop loin »[47].

Le , David Schoen (en), ancien avocat d'Epstein ayant contribué à l'obtention de son accord de plaidoyer en 2008, affirme : « Je ne crois pas une seconde à l'existence d'une liste de clients »[48]. Le podcasteur Joe Rogan déclare pour sa part que le revirement de l'administration et son refus de publier les dossiers Epstein constituent une « ligne dans le sable », en particulier pour les partisans de Trump qui soutenaient sa présidence sur la base de cette promesse[49],[50]. Selon The Wall Street Journal, le département de la Justice informe Trump en que son nom figure dans les dossiers Epstein[51].

Publication de 2024

En 2023, soit quatre ans après la mort d'Epstein, la juge new-yorkaise Loretta Preska ordonne la levée du secret sur des documents issus de la poursuite en diffamation intentée en 2015 contre Ghislaine Maxwell[52]. Les personnes dont le nom figure dans ces documents disposent jusqu'au pour faire appel afin d'en obtenir le retrait, faute de quoi les documents doivent être rendus publics[53]. Les documents judiciaires rendus publics en contiennent peu d'informations qui n'étaient pas déjà connues[54].

Parmi les personnes mentionnées figurent notamment le prince Andrew, les anciens présidents américains Bill Clinton et Donald Trump, l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, l'avocat Alan Dershowitz, le chanteur Michael Jackson et le physicien Stephen Hawking, la plupart n'étant cités qu'incidemment et sans accusation de comportement répréhensible[55]. Le recruteur de mannequins Jean-Luc Brunel, accusé d'agressions sexuelles par l'une des victimes d'Epstein, est décédé en 2022 à Paris dans des circonstances controversées selon le médecin légiste, alors qu'il faisait l'objet d'une enquête pour viols et trafic sexuel de mineurs[56].

Déclarations de Trump et de ses proches

Durant la présidence de Joe Biden, de 2021 à 2025, de nombreuses figures de la droite américaine, y compris des alliés de Trump, émettent l'hypothèse de l'existence d'une liste de clients d'Epstein que l'administration Biden refuserait de rendre publique. Kash Patel, qui n'est pas encore directeur du FBI à l'époque, affirme que le FBI dissimule des informations liées à Epstein et encourage une éventuelle administration Trump à les publier s'il est élu. Lors de la convention de Turning Point Action en , Donald Trump Jr. accuse l'administration Biden de garder cette liste secrète afin de protéger des pédophiles. En , J. D. Vance déclare : « il faut publier la liste Epstein »[57].

Trump, bien qu'il ait évoqué un lien entre Epstein et Bill Clinton lors de la conférence Conservative Political Action Conference de 2015[58], mentionne rarement les dossiers Epstein durant cette période, sans toutefois contredire les affirmations de ses alliés[59]. À deux reprises durant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump promet de publier les dossiers Epstein. Lors d'une entrevue accordée à Fox News en , interrogé sur une éventuelle déclassification, il répond : « Oui, oui, je le ferais ». L'extrait est alors diffusé par un compte officiel de sa campagne sur Twitter. La version intégrale diffusée ultérieurement montre cependant Trump exprimant des réserves, expliquant qu'il n'est « pas sûr » de le faire, car « on ne veut pas ruiner la vie des gens si ce sont de fausses informations, parce qu'il y a énormément de choses inventées dans ce milieu-là »[60],[61].

Lors d'une entrevue accordée à Lex Fridman en , Trump affirme qu'il n'aurait « aucun problème » à publier d'autres dossiers Epstein et qu'il rendrait « probablement » la liste de clients publique[62],[61]. Le , en l'absence de journalistes, Trump signe l'Epstein Files Transparency Act transmis par le Congrès[63],[64],[65].

Implication du département de la Justice

Le président Donald Trump et la procureure générale Pam Bondi au sujet de Jeffrey Epstein, le

La procureure générale des États-Unis Pam Bondi est interrogée le par John Roberts (en), journaliste de Fox News, sur la possibilité que le département de la Justice publie « la liste des clients de Jeffrey Epstein ». Bondi répond : « C'est sur mon bureau en ce moment, à examiner. C'est une directive du président Trump. Je suis en train d'examiner cela »[66],[67]. Le , elle publie des documents ne contenant pas d'informations nouvelles significatives[68]. Face au mécontentement d'une partie du public, Bondi demande au directeur du FBI Kash Patel de lui transmettre le vaste matériel qu'elle lui avait initialement réclamé[69]. Michael Seidel, chef de section au sein de l'unité Record/Information Dissemination Section du FBI, s'oppose à cette demande et est contraint de démissionner[69].

Selon le sénateur Dick Durbin, le FBI travaille pendant deux semaines, à la fin du mois de , sur des dossiers relatifs à Epstein. Durbin écrit ensuite :

« [Bondi] a fait pression sur le FBI pour mobiliser environ 1 000 personnes … en équipes de 24 heures sur 24, afin d'examiner environ 100 000 documents liés à Epstein et de produire davantage de documents susceptibles d'être publiés dans un délai arbitrairement court. Cet effort … a été complété de manière désordonnée par des centaines d'employés du bureau du FBI à New York, dont beaucoup n'avaient pas l'expertise nécessaire pour identifier des informations légalement protégées concernant des victimes et témoins mineurs ou pour traiter correctement des demandes en vertu de la FOIA. Mon bureau a été informé que ces employés avaient reçu l'instruction de “signaler” tout document mentionnant le président Trump »[68],[70].

Dans ces documents, le FBI identifie des dizaines de noms de personnalités, dont celui de Trump. Une unité d'agents chargés des demandes FOIA, invoquant des exemptions prévues par la loi, caviarde le nom de Trump au motif que, bien qu'il soit alors président, il est un simple citoyen lorsque l'enquête fédérale ouverte en débute[69]. Le , Patel et le directeur adjoint du FBI Dan Bongino déclarent sur Fox News qu'Epstein est mort par suicide[71].

En , Bondi informe Trump que son nom apparaît dans les dossiers Epstein. Elle indique aussi que ces dossiers contiennent des « rumeurs non vérifiées » à propos de Trump et d'autres personnes, des contenus pédopornographiques et des informations permettant d'identifier des victimes d'Epstein, conduisant des responsables à estimer que les dossiers ne doivent pas être divulgués. L'information est révélée pour la première fois par le Wall Street Journal et The New York Times le . Le directeur de la communication de la Maison-Blanche Steven Cheung dément, et Bondi déclare : « Dans le cadre de notre briefing de routine, nous avons porté ces éléments à la connaissance du président »[72],[73]. Le jour même, Bondi annule sa participation au sommet international de la CPAC contre la traite des êtres humains[74]. Selon Politico, « après le briefing rapporté en mai, Trump semble avoir cherché à restreindre les divulgations publiques du gouvernement afin d'éviter la publication d'informations »[75]. Le , l'émission The Joe Rogan Experience diffuse une entrevue avec Kash Patel, qui déclare au sujet de l'affaire Epstein : « Nous avons tout examiné, et le public américain aura autant que nous pouvons publier. Il s'est suicidé. … Vous croyez vraiment que je ne vous donnerais pas [des preuves vidéo], si elles existaient ? »[76].

Le , Axios rapporte qu'un mémo du DOJ et du FBI conclut à l'absence de preuve qu'Epstein ait fait chanter des personnalités influentes, tenu une « liste de clients » ou ait été assassiné, s'appuyant sur un document de deux pages et sur une vidéo corroborant la conclusion du médecin légiste selon laquelle Epstein s'est suicidé[77],[66],[78]. Le DOJ publie le mémo le [75], indiquant qu'aucune liste n'existe et qu'« aucune preuve crédible n'a été trouvée qu'Epstein ait fait chanter des personnalités influentes dans le cadre de ses actes. Nous n'avons pas découvert de preuves pouvant justifier une enquête contre des tiers non inculpés ». Le mémo conclut aussi que la mort d'Epstein est un suicide, contredisant d'autres soupçons, et précise qu'aucun autre document relatif à Epstein ne sera publié[79],[80]. Le mémo suscite le scepticisme de plusieurs militants et influenceurs de droite, ainsi que de représentants démocrates[81].

Entrevue de Ghislaine Maxwell

Le procureur général adjoint Todd Blanche rencontre Ghislaine Maxwell les et au bureau du procureur des États-Unis à Tallahassee[82],[83]. Le département de la Justice publie la transcription de l'entrevue et l'enregistrement audio le [84],[85]. Condamnée à 20 ans de prison, Maxwell est alors incarcérée au FCI Tallahassee[86]. Elle bénéficie d'une immunité limitée lors de ces entretiens, ce qui signifie que ses réponses ne peuvent être utilisées contre elle tant qu'elle dit la vérité[87]. Blanche est l'avocat personnel de Donald Trump et un nommé politique. L'année précédente, Blanche qualifie l'avocat de Maxwell, David Oscar Markus, d'« ami »[88]. Selon l'ancien procureur général William Barr, il est inhabituel qu'un haut responsable du département de la Justice interroge personnellement une personne incarcérée[89].

Maxwell déclare à Blanche : « Je n'ai certainement jamais vu le président dans une situation inappropriée de quelque manière que ce soit. Je ne me souviens pas l'avoir vu, par exemple, dans la maison de Jeffrey Epstein. Je ne l'ai jamais vu dans un quelconque contexte de massage. Le président n'a jamais eu un comportement inapproprié avec qui que ce soit »[90]. CNN relève que Maxwell ment sur ses propres crimes et sur ceux d'Epstein lors de l'entrevue, et qu'elle semble chercher à flatter Trump par des déclarations du type « J'admire son accomplissement extraordinaire d'être devenu président » et « Je l'aime bien, et je l'ai toujours aimé »[91].

Le , interrogé par un journaliste de CNN sur une éventuelle grâce présidentielle pour Maxwell, Trump répond de façon évasive : « J'ai le droit de le faire, mais c'est quelque chose auquel je n'ai pas réfléchi »[92]. Le , le Bureau fédéral des prisons confirme qu'à la suite de l'entrevue, Maxwell est transférée[93],[94] vers le Federal Prison Camp de Bryan, à Bryan, au Texas[95]. Il s'agit d'un établissement à sécurité minimale, avec hébergement de type dortoir, généralement considéré comme moins pénible que d'autres prisons fédérales[96],[97]. La Maison-Blanche déclare aux journalistes que Maxwell n'a bénéficié d'aucun « traitement préférentiel » et suggère que ce transfert est routinier[98]. Estimant au contraire que ce transfert est inhabituel, le sénateur Jack Reed demande le au directeur du Bureau of Prisons de s'expliquer[99]. En outre, contrairement aux règles internes du Bureau of Prisons applicables aux délinquants sexuels, Maxwell est jugée admissible à un travail hors de la prison de Bryan, information rapportée en premier le par Allison Gill[100]. En , selon la presse, elle bénéficierait de privilèges particuliers et envisagerait de demander une commutation de peine, tandis que l'alerteur est licencié de l'établissement[101],[102]. Des sénateurs démocrates demandent officiellement à la Maison-Blanche des informations supplémentaires sur le transfert de Maxwell et déposent une demande en vertu de la Freedom of Information Act[103].

Au sujet de la crédibilité de Maxwell pendant l'entrevue de deux jours, Blanche déclare à CNN le qu'il lui est « impossible » de l'évaluer, estimant que « déterminer si un témoin est crédible prend des semaines et des semaines et des semaines ». Il ajoute : « C'est vraiment au peuple américain de décider s'il croit que ses réponses étaient crédibles »[104]. Le , George Conway publie sur X que l'interrogatoire de Maxwell par Blanche est soit « complètement incompétent », soit « intentionnellement conçu pour ne pas faire émerger des faits incriminant Trump ». Le lendemain, Blanche répond : « Quand j'ai interviewé Maxwell, les forces de l'ordre n'avaient pas les éléments que la succession Epstein a cachés pendant des années et n'a remis au Congrès que récemment »[105].

Enregistrement impliquant Joseph Schnitt

Le , l'activiste politique James O'Keefe, fondateur du groupe d'extrême droite Project Veritas, publie un enregistrement clandestin impliquant Joseph Schnitt, directeur adjoint par intérim des opérations spéciales au département de la Justice des États-Unis (DOJ)[106],[107]. Dans cet enregistrement, Schnitt reconnaît l'existence des dossiers Epstein, affirmant qu'ils comprennent « des milliers et des milliers de pages », et déclare que « chaque républicain ou conservateur figurant dans ces dossiers sera caviardé, tandis que tous les libéraux et démocrates y resteront ». Il soutient également que le transfert de Ghislaine Maxwell vers une prison à sécurité minimale va « à l'encontre de la politique du Bureau fédéral des prisons », car elle est une délinquante sexuelle condamnée, et affirme que les autorités « lui offrent quelque chose pour qu'elle se taise ». Schnitt qualifie par ailleurs la procureure générale Pam Bondi de « personne docile » et déclare qu'elle « veut tout ce que Trump veut »[106],[107].

En réaction à la diffusion de l'enregistrement, Schnitt affirme ne pas avoir su qu'il était enregistré et déclare avoir rencontré le journaliste infiltré d'O'Keefe sur l'application de rencontres Hinge. Il soutient que ses propos reposaient uniquement sur ce qu'il avait « appris dans les médias » et non sur des informations provenant du DOJ[106]. En réponse, le département de la Justice affirme que les déclarations de Schnitt sont fausses, précisant que « Joseph Schnitt n'a joué aucun rôle dans l'examen interne des documents liés à Epstein ». Le DOJ publie également une capture d'écran d'un courriel envoyé par Schnitt à sa hiérarchie, dans lequel il décrit que les échanges enregistrés se sont déroulés à deux dates distinctes au mois d'[107].

Devant les tribunaux

Le , Donald Trump écrit sur Truth Social :

Compte tenu de la quantité ridicule de publicité accordée à Jeffrey Epstein, j'ai demandé à la procureure générale Pam Bondi de produire l'ensemble des témoignages pertinents devant le grand jury, sous réserve de l'approbation du tribunal. Cette ARNAQUE, perpétrée par les démocrates, doit prendre fin immédiatement ![108]

Le même jour, Bondi publie une réponse sur Twitter : « Président Trump — nous sommes prêts à saisir le tribunal dès demain afin de lever le secret entourant les transcriptions du grand jury »[109]. Plusieurs observateurs estiment toutefois que ces transcriptions ne sont pas susceptibles de contenir des informations nouvelles pour le public[110].

Le département de la Justice dépose ensuite une requête visant à lever le secret sur certains documents de grand jury en Floride. Le , la juge Robin Rosenberg déclare que cette demande, n'étant pas rattachée à une procédure judiciaire en cours, ne peut être accordée uniquement sur la base de « l'intérêt public considérable ». Elle ordonne plutôt l'ouverture d'un nouveau dossier judiciaire[111].

Le , les avocats de Ghislaine Maxwell annoncent qu'elle s'oppose à la divulgation des documents du grand jury, qualifiant la demande de « vaste intrusion dans le secret du grand jury », au motif qu'elle dispose toujours de « recours juridiques » et de « droits procéduraux »[112]. Le , le département de la Justice demande à deux juges fédéraux d'autoriser la publication non seulement des transcriptions, mais aussi des pièces à conviction des grands jurys dans les affaires Epstein et Maxwell[113].

La demande relative à l'affaire Maxwell est rejetée le . Le juge Paul Engelmayer estime que la « prémisse entière   selon laquelle les documents du grand jury Maxwell révéleraient des informations nouvelles et significatives sur les crimes d'Epstein et de Maxwell ou sur l'enquête gouvernementale   est manifestement fausse »[114]. Il précise que ces documents ne contiennent aucune information sur d'éventuels clients, aucun crime sexuel imputable à d'autres personnes qu'Epstein et Maxwell, ni de nouveaux lieux, méthodes, éléments d'enquête ou informations relatives à la mort d'Epstein. Selon lui, la levée du secret ne servirait donc pas l'objectif de transparence invoqué, et le gouvernement a fourni des justifications publiques « fallacieuses »[115]. Toutefois, le , Engelmayer accorde finalement la requête du département de la Justice visant à lever le secret sur certains documents liés à l'enquête et aux poursuites contre Maxwell[116].

Plus tard au mois d', le juge Richard Berman rejette une demande similaire concernant les documents relatifs à l'affaire Epstein[117]. Le , le juge fédéral Jed S. Rakoff ordonne la levée du secret sur des documents dans le cadre d'un litige opposant les Îles Vierges des États-Unis à JPMorgan Chase. Ces documents comprennent des courriels échangés entre Epstein et le dirigeant bancaire Jes Staley, ainsi que des rapports d'activité suspecte (SAR) concernant les comptes bancaires d'Epstein datés de 2002 à 2019, dont l'un mentionne Leon Black, ainsi qu'une lettre de 2007 du bureau du procureur fédéral du district sud de la Floride liée à l'accord de plaider-coupable d'Epstein[118].

Le , le juge fédéral Rodney Smith statue que la récente Epstein Files Transparency Act prévaut sur une règle fédérale protégeant le secret du grand jury et ordonne en conséquence la publication des transcriptions des grands jurys dans les affaires fédérales de trafic sexuel visant Epstein et Maxwell[119].

Au Congrès

Le , la Chambre des représentants des États-Unis adopte l'Epstein Files Transparency Act par un vote de 427 voix contre 1. Le représentant Clay Higgins (républicain de Louisiane) est le seul élu à voter contre le projet de loi[120].

Plus tard le même jour, le Sénat des États-Unis adopte à l'unanimité la même version du texte par consentement unanime, ce qui permet sa transmission à la Maison-Blanche[121],[122].

Le projet de loi est officiellement transmis depuis la chambre du Sénat au bureau du président Donald Trump dans la matinée du [123].

Publications

Le , à la reprise de la session, la commission de surveillance de la Chambre des représentants publie 33 295 pages de documents liés à Epstein[124]. La plupart des informations étaient déjà connues ou accessibles au public[125].

En réponse à une assignation à comparaître de la commission de surveillance de la Chambre[126], la succession Epstein commence à transmettre des documents à la commission le , notamment le « birthday book », recueil de lettres reçues par Epstein pour son 50e anniversaire[127]. Le , des démocrates siégeant à la commission publient six pages de documents indiquant qu'Epstein a eu des réunions avec le financier Peter Thiel, Elon Musk et Steve Bannon[128].

Le , la commission publie 8 500 pages reçues de la succession Epstein. Ces documents indiquent que Matthew Menchel, procureur pénal en chef au bureau du procureur fédéral de Miami et impliqué dans l'accord de plaidoyer d'Epstein en 2007, aurait eu des rencontres personnelles avec Epstein en 2011, 2013 et 2017. Menchel ne nie pas ces rencontres mais nie avoir effectué un voyage de ski avec Epstein ; des élus affirment qu'une photographie des deux hommes lors d'un voyage de ski existe[129].

Manifestants réclamant la publication des dossiers Epstein à Washington, D.C., le .

Le , des démocrates de la commission publient trois courriels d'Epstein portant sur Trump. Quelques heures plus tard, les républicains de la commission publient 20 000 pages supplémentaires issues de la succession Epstein[130],[131]. Dans ce lot, aucun courriel d'Epstein n'est adressé à Trump ou à son entourage, mais Trump est mentionné plus d'un millier de fois[132].

CNBC rapporte que ces courriels indiquent qu'Epstein écrit « You see, I know how dirty [D]onald is » dans un échange avec Kathryn Ruemmler le , après que celle-ci lui a envoyé une tribune du New York Times de Bret Stephens concernant le plaidoyer de culpabilité de Michael Cohen[133]. Dans un échange de messages texte en , une personne non identifiée écrit que l'affaire « will all blow over » et que « they're really just trying to take down Trump and doing whatever they can do to do that », ce à quoi Epstein répond « yes [thanks]. [It's] wild[,] because I am the one able to take him down »[133].

Concernant un courriel de 2019, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt identifie la victime caviardée comme étant Virginia Giuffre dans un courriel adressé à Snopes[134].

Le , Zeteo publie une version consultable des 26 039 documents[135]. La collection peut être filtrée par date, personnes, organisations et lieux[136]. Les documents indiquent également qu'Epstein a entretenu, pendant un certain temps, des contacts « réguliers » et une amitié qualifiée de « highly valued » avec Noam Chomsky[137].

En , la commission publie des images. Le , elle diffuse des photos et des vidéos provenant de l'île privée d'Epstein, dont l'une montrant des prénoms inscrits sur la numérotation abrégée d'un téléphone fixe[138]. Le , elle publie des photos de personnes dont Trump, Bill Clinton, Steve Bannon, Bill Gates et Richard Branson[139]. Le , elle publie d'autres photos de personnes dont Noam Chomsky et Bill Gates[140].

Le , date limite prévue, au moins cinq lots de documents d'Epstein jusque-là non publiés doivent être rendus publics[141]. NewsNation rapporte que le lot publié le doit contenir les noms de 20 hommes accusés d'infractions sexuelles ayant eu des liens avec Epstein[142].

CNN rapporte le , veille de la publication prévue, une frustration croissante au sein du DOJ liée au travail de caviardage. Selon ce récit, l'effort mobilise des spécialistes du contre-espionnage, sommés d'interrompre leurs autres tâches pour se consacrer au traitement des documents, tandis que des juristes chargés des caviardages disent avoir reçu des consignes peu claires[143]. Une large série de documents fortement caviardés est finalement publiée par le DOJ le [144].

Des directs de plusieurs organisations de presse, dont BBC News, CNN et CBS, suivent la publication[145],[146],[141].

Fox News rapporte que les caviardages incluent des « politically exposed individuals and government officials », tandis que le procureur général adjoint Todd Blanche déclare à Fox que le DOJ n'a « pas [caviardé] les noms de responsables politiques » ni d'autres « personnes célèbres »[147].

Malgré cette publication, le gouvernement ne respecte pas l'échéance du prévue pour la divulgation de l'ensemble des documents dans le cadre de l'Epstein Files Transparency Act[148]. Moins d'un jour après la publication, seize fichiers disparaissent de la page publique sans explication[149].

Discussions connexes

Jamie Raskin et 15 autres membres de la Chambre des représentants adressent une lettre à Pam Bondi, l'accusant de retenir des documents afin de protéger Trump de révélations potentiellement dommageables. Ils citent un tweet antérieur de Musk accusant Trump d'être « in the Epstein files »[150].

Des démocrates à la Chambre des représentants des États-Unis lancent une initiative visant, selon Axios, à « force a House vote on making Attorney General Pam Bondi release all records related to Jeffrey Epstein », Ro Khanna et Marc Veasey indiquant qu'ils comptent présenter des textes distincts[151]. La mesure de Khanna échoue à la Chambre : elle est rejetée par 211 voix contre 210, selon un vote partisan[152]. Le représentant du Kentucky Thomas Massie cherche à obtenir la signature d'une majorité de membres de la Chambre à une requête de décharge (discharge petition) afin d'imposer un vote sur la publication des documents. Toutefois, le , alors que la suspension des travaux d'août approche[153], le président de la Chambre Mike Johnson déclare qu'il n'autorisera pas de vote avant la fin de la suspension[154], et le lendemain il met la Chambre en suspension plus tôt que prévu, annulant d'autres votes initialement programmés[155] jusqu'à la reprise prévue le [153]. Il déclare que l'administration Trump devrait « have the space to do what it is doing »[156].

Le , la commission de surveillance de la Chambre assigne à comparaître Ghislaine Maxwell, lui imposant une déposition le au FCI Tallahassee[157]. Son avocat répond qu'elle ne témoignera que si elle reçoit à l'avance les questions par écrit et si les élus lui accordent une immunité contre de nouvelles poursuites, ou à défaut si le président Trump lui accorde une clémence afin qu'elle puisse sortir de prison[158]. Le , la commission de surveillance assigne à comparaître l'ancien président Bill Clinton, d'anciens responsables du ministère de la Justice et le ministère de la Justice lui-même[159]. L'ancien procureur spécial Robert Mueller est également assigné, mais dispensé de témoignage après avoir révélé un diagnostic de Parkinson posé quatre ans plus tôt, lui causant des difficultés d'élocution[160]. La commission de surveillance exige que le ministère de la Justice transmette les documents liés à Epstein au plus tard le [159].

La veille de l'échéance, le président de la commission, James Comer, annonce que des responsables du ministère de la Justice « have informed us that the Department will begin to provide Epstein-related records » le [161]. Comer déclare le que la commission prévoit d'examiner les caviardages opérés par le ministère de la Justice et de déterminer si d'autres caviardages sont nécessaires avant de publier les documents au public « as quickly as we can »[162]. Trump ne s'oppose pas publiquement à l'envoi de ces documents à la commission de surveillance. Le , il déclare qu'Epstein « knew everybody in Palm Beach », que certaines personnes « could be mentioned in those files that don't deserve to be » et que « innocent people shouldn't be hurt ». Malgré cela, il affirme : « I'm in support of keeping it totally open », ajoutant : « I couldn't care less »[163].

Le , le président de la Chambre Mike Johnson affirme lors d'un entretien avec CNN que Donald Trump aurait été un informateur du FBI concernant Epstein[164]. Deux jours plus tard, il précise : « he was willing to help law enforcement go after this guy ... the president was helpful in that ... I don't know if I used the right terminology »[165]. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, déclare le que Trump n'a pas été un informateur du FBI[166]. Le même jour, le représentant Dave Min, membre de la commission de surveillance, déclare sur CNN : « there is a cover-up taking place right now ... Donald Trump's name is clearly mentioned multiple times ». En réponse, l'animateur de CNN John Berman rappelle que Trump n'a pas été inculpé d'une infraction[167].

Le , lors d'une audition de la commission judiciaire du Sénat, le sénateur John Kennedy demande au directeur du FBI Kash Patel à qui Epstein aurait fait trafic de jeunes femmes. Patel répond : « There is no credible information, none. If there were, I would bring the case yesterday that he trafficked to other individuals. » Lorsque le sénateur Adam Schiff interroge Patel plus tard au cours de la même audition, celui-ci déclare : « I never said Jeffrey Epstein didn't traffic anyone else »[168]. La commission judiciaire de la Chambre entend Patel le [169],[170]. La commission judiciaire du Sénat entend la procureure générale Pam Bondi le [171], et la commission judiciaire de la Chambre l'entend le [172]. Le , le représentant Eric Swalwell, démocrate, tweete que « a lot of House Republicans » lui auraient confié en privé qu'ils n'entendaient pas continuer à défendre Trump sur ce sujet, l'un d'eux déclarant que « this Epstein bomb is about to drop »[173].

Après que Bill Clinton et Hillary Clinton n'ont pas obtempéré à une assignation à comparaître de la commission de surveillance, celle-ci vote le le renvoi de l'affaire à l'ensemble de la Chambre afin qu'elle se prononce sur l'opportunité de les déclarer coupables d'outrage au Congrès[174].

Publication et fuites en 2025

Le , le représentant Thomas Massie (républicain) dépose une requête de décharge (discharge petition) visant à forcer la Chambre à voter une mesure exigeant du ministère de la Justice la publication des documents[175]. Trump et d'autres républicains lancent une campagne de pression visant à empêcher la publication, un responsable anonyme qualifiant un vote en faveur de la requête de Massie d'acte « very hostile » à l'administration[176]. Dans les jours qui suivent, trois autres républicains signent la requête : Nancy Mace, Lauren Boebert et Marjorie Taylor Greene[177]. Greene publie ensuite sur X un message indiquant qu'elle n'est pas suicidaire[178], relayé par la presse[179].

Les 214 signatures restantes nécessaires à l'aboutissement de la requête proviennent de démocrates, les dernières étant celles de James Walkinshaw[180] et d'Adelita Grijalva[181], après leur élection lors de scrutins partiels au Congrès[182],[183],[184]. Après réception de la dernière signature, le président de la Chambre Mike Johnson déclare le que l'ensemble de la Chambre votera la semaine suivante sur la publication des documents[185]. Khanna estime que 40 à 50 républicains pourraient voter en faveur de la publication, et Massie anticipe également que le soutien républicain pourrait « snowball »[186]. Selon CNN, des conseillers de Trump lui expliquent en privé qu'il a perdu sur ce sujet et que la publication paraît inévitable[187]. Le , il change publiquement de position en écrivant sur Truth Social que « House Republicans should vote to release the Epstein files »[188].

Le frère d'Epstein, Mark Epstein, affirme le qu'« a pretty good source » lui aurait indiqué l'existence d'« a facility in Winchester, Virginia where they're scrubbing the files to take Republican names out », ce qu'il présente comme l'une des raisons du changement de ton sur la publication[189],[190]. Le , la Chambre des représentants vote 217 voix contre 210 l'adoption d'une règle qui met fin à la requête de décharge et garantit qu'aucun vote immédiat forcé n'aura lieu. Le texte, d'abord approuvé par la commission du règlement de la Chambre le , prévoit notamment que lorsque le Sénat est informé « that the House has passed H.R. 4405, House Resolution 581 shall be laid on the table »[191].

Une partie des documents est publiée à partir du , avec de très larges caviardages. Selon le New York Times, les fichiers numériques mis en ligne s'avèrent comporter des caviardages techniquement défaillants, ce qui permet à des utilisateurs de reconstituer intégralement certains documents dans les jours suivants[192]. The Guardian indique que des éléments ainsi restaurés porteraient sur des membres et des méthodes du réseau de trafic d'Epstein, au-delà du seul retrait des informations personnelles des victimes prévu par la loi[193]. Parmi les éléments cités figurent un signalement au FBI impliquant Donald Trump et alléguant des faits de violence grave[194],[195].

La publication partielle des documents suscite des critiques bipartites, notamment parce qu'elle ne respecte pas l'échéance du [196],[197]. De nombreux documents comportent des caviardages très étendus, avec des centaines de pages entièrement noircies[198],[199]. Début , moins de 1 % des documents a été rendu public, selon une lettre du DOJ adressée au juge fédéral Paul A. Engelmayer[200].

Personnalités mentionnées

  • Anil Ambani : Des documents ont mis en évidence des échanges entre l'homme d'affaires indien et Epstein entre et [201]. Ambani a été présenté à Epstein par Sultan Ahmed bin Sulayem en  ; dans un premier message, il indiquait avoir besoin de ses conseils pour gérer les relations avec la Maison-Blanche en matière de coopération indo-américaine et de défense[201]. En , Ambani a écrit qu'« au plus haut niveau, on souhaitait son aide » afin d'organiser au plus vite des rencontres avec Jared Kushner et Steve Bannon, et a sollicité son appui pour une visite prévue à Washington du Premier ministre Narendra Modi[201]. Le , jour de la réélection de Modi, Ambani s'est rendu à la maison de ville d'Epstein à Manhattan ; ce soir-là, Epstein a écrit à Bannon pour évoquer une réunion « particulièrement intéressante » concernant Modi, rapportant que le représentant de ce dernier aurait déclaré que « personne à Washington ne lui parlait »[201]. The Wire a indiqué ne pas avoir été en mesure de confirmer si Modi avait effectivement envoyé un représentant, ni si cette personne était Ambani[201]. Le ministère indien des Affaires extérieures a qualifié ces références de « divagations vulgaires d'un criminel condamné, qui méritent d'être rejetées avec le plus grand mépris »[202]. Ambani n'a pas répondu aux demandes de commentaire[201],[202].
  • Woody Allen : Le cinéaste et son épouse Soon-Yi Previn ont été des invités réguliers de la maison de ville d'Epstein dans l'Upper East Side pendant plusieurs années à partir de [203], soit deux ans après la condamnation d'Epstein. Dans une lettre adressée à Epstein pour son 63e anniversaire, Allen a écrit à propos de ces dîners qu'il fallait « toujours accepter » et qu'ils étaient « toujours intéressants »[203]. Des photographies publiées par les démocrates de la commission de surveillance de la Chambre des représentants en montrent Allen et Epstein ensemble dans divers contextes, notamment attablés après un repas, sur un plateau de tournage et à bord d'un avion privé aux côtés de Larry Summers[203]. Dans une interview accordée en à The Sunday Times, Allen a qualifié Epstein de personne « charmante et avenante » et de « personnage de poids », décrivant des dîners réunissant « des professeurs d'université, des scientifiques et des lauréats du prix Nobel »[203]. Allen a également déclaré qu'Epstein lui avait affirmé avoir été « emprisonné à tort » et « victime d'extorsion », et qu'il cherchait désormais à « se racheter par la philanthropie »[203]. Un représentant d'Allen n'a pas répondu aux demandes de commentaire concernant ces photographies[203].
  • José María Aznar : Alors Premier ministre d'Espagne, lui et son épouse Ana Botella apparaissent comme destinataires de deux colis, le premier en et le second en , lorsqu'il n'était plus en fonction[204].
  • Joscha Bach (en) : Selon un audit du MIT publié en , le Media Lab a utilisé des fonds fournis par Epstein pour soutenir les travaux de Bach, chercheur en intelligence artificielle[205]. Bach a adressé à Epstein de longs courriels souvent techniques ; en , il a notamment écrit que les enfants noirs aux États-Unis connaissaient un développement cognitif plus lent et que les femmes trouvaient intrinsèquement ennuyeux les systèmes abstraits, les conflits et les mécanismes[205]. Il a expliqué avoir continué à fréquenter Epstein après sa condamnation parce que des universitaires très respectés le lui avaient recommandé comme source de financement et lui avaient assuré qu'il s'était amendé, ajoutant que des chercheurs bien plus célèbres et expérimentés que lui acceptaient ces fonds[205]. Il a précisé considérer aujourd'hui que la race n'est pas une cause des différences de développement et ne constitue pas un déterminant du quotient intellectuel chez les enfants ou les adultes[205].
  • Steve Bannon : Les documents comprennent des milliers de messages texte échangés entre le stratège politique conservateur et Epstein, en particulier en et [206]. Les échanges montrent les deux hommes discutant de tentatives d'influence sur la géopolitique internationale, notamment la constitution de coalitions européennes, l'augmentation de la pression sur la Chine et le développement de relations d'affaires au Moyen-Orient[206]. Epstein a proposé à Bannon l'usage d'un appartement à Paris, d'une maison à Palm Beach et de son avion privé à plusieurs reprises ; les deux hommes dînaient fréquemment ensemble[206]. Bannon a également fourni à Epstein une formation médiatique dans le cadre d'un projet de documentaire et l'a conseillé alors qu'il faisait face à une attention médiatique croissante au début de [206]. Bannon n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire[206]. En , il a demandé à Epstein s'il pouvait mettre son avion à disposition pour venir le chercher à Rome[207]. Quelques mois plus tard, Epstein lui a écrit qu'il pouvait désormais comprendre pourquoi Donald Trump « se réveillait en pleine nuit en sueur » à l'idée que Bannon et Epstein soient amis[207]. Le contexte exact de ce message demeure incertain, les documents ayant été publiés avec de nombreuses caviardages et peu d'organisation[207]. Un autre échange de portait sur les menaces proférées par Trump à l'époque de révoquer le président de la Réserve fédérale Jerome Powell[207].
  • Ehud Barak : Un courriel daté de montre l'ancien Premier ministre et ministre de la Défense israélien informant Epstein que Larry Summers s'était retiré de la course à la présidence de la Réserve fédérale, qualifiant cette décision de « coup dur pour un ami » et ajoutant qu'il serait « probablement libre dans les jours suivants »[208]. Le même jour, Epstein a proposé d'organiser pour Barak des rencontres avec la banquière Ariane de Rothschild et une personne décrite comme un spécialiste des relations sino-américaines proche d'Henry Kissinger[208]. Un représentant de Barak n'a pas répondu aux demandes de commentaire[208]. Dans un enregistrement rendu public par le département de la Justice américain, Epstein a encouragé Barak à envisager une collaboration avec l'entreprise Palantir, cofondée par Peter Thiel[209]. Des courriels divulgués antérieurement montrent qu'Epstein a exploité sa relation avec Barak pour approcher des personnalités influentes, dont Thiel, un ancien responsable des services de renseignement israéliens, ainsi que plusieurs figures de l'entourage de Vladimir Poutine[210]. Ces échanges incluent un message dans lequel Barak complimente Epstein pour son « île impressionnante »[211]. Dans un autre courriel publié par le DOJ, Epstein indiquait tenter d'obtenir une rencontre avec Poutine afin de discuter d'opportunités d'investissement[212].
  • Tom Barrack: Dans un échange de courriels de , Epstein a informé l'investisseur immobilier et collecteur de fonds de Donald Trump qu'il avait reçu des appels de journalistes au sujet de Trump, mais qu'il s'était abstenu de tout commentaire[208]. Barrack a répondu qu'il espérait qu'Epstein allait bien et qu'ils devraient se revoir ; Epstein lui a ensuite demandé d'envoyer des photos de lui avec son enfant, indiquant que cela lui « faisait plaisir »[208]. Les représentants de Barrack, alors ambassadeur des États-Unis en Turquie, n'ont pas répondu aux demandes de commentaire[208].
  • Leon Black : Dans ses courriels, Epstein désignait parfois le milliardaire du capital-investissement sous le surnom de « Monsieur Big »[213]. Il a cherché à recueillir des informations sur l'une des anciennes compagnes de Black et a évoqué la possibilité de la placer sous surveillance ; bien que Black ne figurât pas en copie de ces messages, son avocat apparaissait dans certains échanges[213]. Black, qui a versé à Epstein environ 170 millions de dollars pour ce qu'il présentait comme des conseils en matière de fiscalité et de planification successorale, a déclaré à des investisseurs après la mort d'Epstein qu'il ignorait totalement ses agissements criminels[213]. Les documents contiennent également une liste de paiements effectués par Black à une ancienne mannequin liée à Epstein, qualifiés de « cadeaux » et totalisant plus de 600 000 dollars[213]. Un porte-parole de Black a refusé de commenter[213].
  • Peter Attia : L'influenceur spécialisé dans la longévité apparaît plus de 1 700 fois dans les dossiers. Des courriels montrent Attia plaisantant avec Epstein et écrivant que le « pire aspect » de leur amitié était que « le mode de vie extravagant » d'Epstein l'empêchait d'en parler à quiconque[214].
  • Sultan Ahmed bin Sulayem : Bin Sulayem, directeur général de DP World, a demandé à Epstein en de solliciter Peter Mandelson pour rejoindre le conseil d'administration de l'une de ses entreprises. En , il a présenté l'homme d'affaires indien Anil Ambani à Epstein[201]. D'autres échanges montrent Bin Sulayem facilitant le transfert de la masseuse d'Epstein vers un spa en Turquie pour y suivre une formation, lui envoyant un lien vers du contenu pornographique, et recevant des conseils d'Epstein sur l'opportunité d'assister à la première investiture de Donald Trump[215].
  • Todd Boehly : Des courriels datant de montrent qu'Epstein a organisé deux rencontres avec l'homme d'affaires, devenu depuis président de Chelsea F.C. et copropriétaire des Los Angeles Dodgers et des Los Angeles Lakers[216]. À l'époque, Boehly était associé gérant chez Guggenheim Partners (en)[216]. La première rencontre a eu lieu en  ; une seconde a été programmée pour sous la forme d'une conférence téléphonique, organisée en partie pour discuter de l'homme politique britannique Peter Mandelson[216]. Un porte-parole de Boehly a refusé de commenter[216]. Les courriels ne suggèrent pas que les échanges de Boehly avec Epstein aient dépassé le cadre professionnel[216].
  • Leon Botstein (en) : Le président de longue date de Bard College a rencontré Epstein à de nombreuses reprises après la condamnation de ce dernier en , sollicitant des dons pour l'établissement[217]. Epstein a versé à Bard des dons non sollicités totalisant 75 000 dollars en [217]. Botstein a invité Epstein à un opéra organisé à Bard en et à un concert en  ; Epstein prévoyait à chaque fois d'arriver en hélicoptère et d'être accompagné de jeunes assistantes[218]. Botstein a indiqué que des dispositifs de sécurité avaient été prévus en raison du casier judiciaire d'Epstein[218]. En , Botstein a reçu des chèques provenant d'un compte lié à Epstein pour un montant total d'environ 150 000 dollars, qu'il affirme avoir reversés à Bard la même année ; un porte-parole de l'établissement a confirmé ce don[217]. Botstein a déclaré qu'Epstein avait présenté ces versements comme des honoraires, tandis que son porte-parole a précisé qu'ils correspondaient à une rémunération pour un mandat d'un an au conseil d'administration de Gratitude America, une fondation créée par Epstein[217]. Botstein a déclaré ne pas comprendre pourquoi Epstein avait monté ce dispositif, ajoutant qu'il ne souhaitait manifestement pas faire de don direct à Bard[217].
  • Richard Branson : Un échange de courriels datant de entre Branson et Epstein suggère une relation familière, construite au moins en partie autour de leur intérêt commun pour les femmes[219]. Le fondateur de Virgin Group a écrit à Epstein qu'il serait ravi de le voir lors de ses passages dans la région, à condition qu'il « amène son harem »[219]. Un représentant de Branson a indiqué que ce message avait été envoyé à la suite d'une réunion d'affaires de groupe au cours de laquelle Epstein était arrivé accompagné de trois femmes adultes, qu'il avait lui-même qualifiées de « harem »[220].
  • Sergey Brin : Les documents indiquent que le cofondateur de Google s'est rendu sur l'île privée d'Epstein et a correspondu avec Ghislaine Maxwell au sujet de dîners organisés au domicile new-yorkais d'Epstein[220].
  • William Burns : Des documents de planification montrent que le directeur de la CIA avait trois rencontres prévues avec Epstein en , alors qu'il occupait le poste de secrétaire d'État adjoint des États-Unis[218]. Ils se sont d'abord rencontrés à Washington dans les bureaux du cabinet d'avocats Steptoe & Johnson (en), puis Burns a rendu visite à Epstein dans sa maison de ville de Manhattan[218]. Une porte-parole de la CIA a déclaré que Burns avait été présenté à Epstein comme un expert du secteur des services financiers qui lui avait offert des conseils généraux sur une transition vers le secteur privé, ajoutant qu'ils n'avaient entretenu « aucune relation »[218].
  • Noam Chomsky : Une lettre de soutien non datée attribuée au linguiste et philosophe qualifiait Epstein d'« ami très estimé » et décrivait leurs « contacts réguliers » comme une « expérience des plus précieuses »[221]. La lettre, mentionnant la fonction de Chomsky comme professeur lauréat à l'University of Arizona, qu'il a intégrée en , saluait Epstein pour lui avoir appris « les subtilités du système financier mondial » et relatait qu'Epstein avait organisé une rencontre entre Chomsky et l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak[221],[222]. Dans un courriel de , Epstein a proposé à Chomsky l'usage de ses résidences à New York et au Nouveau-Mexique[223]. Une photographie non datée publiée par les démocrates de la commission de surveillance de la Chambre montre Chomsky assis à côté d'Epstein à bord d'un avion[224]. En , l'épouse de Chomsky, Valeria, a écrit à Epstein pour s'excuser de ne pas avoir pu assister à son anniversaire, indiquant qu'ils espéraient le revoir prochainement[221]. En , environ 270 000 dollars ont été transférés depuis un compte lié à Epstein au bénéfice de Chomsky ; ce dernier a déclaré qu'il s'agissait d'un réaménagement de ses propres fonds lié à la liquidation de biens issus de son premier mariage et que la somme « ne comprenait pas un seul dollar provenant d'Epstein »[217]. Chomsky a déclaré au Wall Street Journal qu'il rencontrait occasionnellement Epstein pour discuter de questions politiques et universitaires[217].
  • Deepak Chopra : Lors d'un échange de , l'auteur a demandé à Epstein s'il connaissait Marla Maples, l'ex-épouse de Donald Trump ; Epstein a répondu avoir perdu un pari de 10 000 dollars avec Trump lorsque Maples était tombée enceinte[208]. En , Epstein a transmis à Chopra un article affirmant qu'une femme avait inventé des accusations d'agression visant Trump et Epstein ; lorsque ce dernier a indiqué que les poursuites civiles à son encontre avaient été abandonnées, Chopra a répondu « tant mieux »[208]. Chopra a ensuite déclaré espérer que « toute la vérité éclate à l'issue d'enquêtes appropriées en cours » et s'est dit disposé à coopérer avec les autorités compétentes[208].
  • George Church : Selon son agenda personnel en ligne, le généticien de Harvard a rencontré Epstein à plusieurs reprises en , notamment lors d'une réunion en dans un bâtiment du département de génétique de la Harvard Medical School et lors d'un déjeuner en  ; l'agenda mentionne également un dîner en au sein du Program for Evolutionary Dynamics de Harvard en présence d'Epstein, de Joi Ito, de Reid Hoffman et de Martin Nowak (en)[225]. En , quelques mois avant la mort d'Epstein, Ito et Epstein ont échangé sur la manière de financer des projets du MIT après le refus par l'université d'un don de 25 000 dollars provenant d'une fondation liée à Epstein ; Ito a écrit qu'ils avaient réussi à conserver des fonds liés à Leon Black, tandis que le don d'Epstein avait été rejeté, ce à quoi Epstein a répondu que cela ne posait « aucun problème »[205]. Dans un échange de , Epstein a écrit qu'avec les révélations d'affaires de harcèlement sexuel, sa réputation relative s'était améliorée, ce à quoi Ito a répondu en évoquant le mouvement #MeToo[205]. Church a présenté ses excuses pour sa relation avec Epstein, expliquant qu'il avait fait preuve de « vision en tunnel de chercheur »[226].
  • Bill Clinton : Les documents font état de communications fréquentes entre Ghislaine Maxwell et des membres du personnel de Bill Clinton entre et , période durant laquelle l'ancien président a voyagé au moins seize fois à bord de l'avion privé d'Epstein[227]. Une grande partie de cette correspondance portait sur l'organisation de voyages et de dîners ; dans un courriel d', Maxwell demandait notamment si l'ancien président souhaitait assister à un dîner[227]. Certains messages comportaient des propos à caractère sexuel ou grivois ; dans l'un d'eux, Maxwell tenait des propos explicites à l'égard du destinataire et faisait référence à des rumeurs de tabloïds concernant une relation supposée entre Clinton et la mondaine new-yorkaise Lisa Belzberg[227],[228]. Un porte-parole de Clinton a déclaré que l'ancien président n'avait envoyé aucun de ces courriels et qu'il n'avait « jamais utilisé le courrier électronique » en dehors de deux occasions durant sa présidence[227]. Le même porte-parole a indiqué que Clinton avait rompu tout lien avec Epstein avant les poursuites engagées contre ce dernier en , qu'il ignorait ses crimes et qu'il ne s'était jamais rendu sur l'île privée d'Epstein[227].
  • David Copperfield : Des carnets de messages téléphoniques saisis par la police dans la résidence floridienne d'Epstein en montrent que l'illusionniste a laissé seize messages à Epstein sur plusieurs mois en et , avec des annotations telles que « c'est important », « j'ai juste appelé pour dire bonjour » ou encore « c'est le jackpot »[229]. Alfredo Rodriguez, gouvernant d'Epstein, a déclaré lors d'une déposition en que Copperfield s'était rendu à la maison « deux ou trois fois » et qu'il « venait, faisait des tours de magie, puis repartait »[229]. Lors d'une déposition en , Epstein a reconnu avoir fréquenté Copperfield ; interrogé sur la présence de mineures lors de ces rencontres ou sur la fourniture de jeunes filles à Copperfield à des fins sexuelles, Epstein a invoqué son droit constitutionnel de ne pas s'auto-incriminer[230]. Johanna Sjoberg, qui a ultérieurement accusé Epstein d'abus, a témoigné avoir assisté à un dîner en au cours duquel Copperfield avait exécuté des tours de magie ; elle a déclaré que celui-ci lui avait demandé si elle savait que des jeunes femmes étaient payées pour en recruter d'autres[229]. Les avocats de Copperfield ont affirmé qu'il avait posé cette question par surprise et par inquiétude, et qu'il avait cessé d'insister après la réponse de Sjoberg[229]. Des photographies non datées publiées en montrent Copperfield posant avec Ghislaine Maxwell en peignoir[230]. Les avocats de Copperfield ont nié toute amitié avec Epstein, indiquant qu'ils n'étaient au plus que de simples connaissances et qu'il ignorait totalement les crimes d'Epstein[229].
  • Bill Gates : La publication comprend des brouillons de courriels rédigés par Epstein en , adressés de son propre compte à lui-même, contenant des allégations explicites visant Gates ; il n'est pas établi qu'Epstein ait jamais envoyé ces messages à Gates[219]. Un représentant de Gates a qualifié ces affirmations d'« absolument absurdes et entièrement fausses », déclarant qu'elles traduisaient la frustration d'Epstein de ne pas entretenir de relation suivie avec lui[231].
  • Andrew Farkas (en) : Le promoteur immobilier new-yorkais a co-détenu pendant plusieurs années une marina à Saint-Thomas avec Epstein[213]. Des documents montrent que les deux hommes ont échangé des courriels à caractère grossier au sujet de femmes en , après la première arrestation et condamnation d'Epstein[213]. Dans une note de , Farkas a écrit à Epstein qu'il l'aimait et le considérait comme l'un de ses meilleurs amis, concluant par « xoxo »[213]. Farkas a séjourné sur l'île privée d'Epstein, et des photographies publiées par le Congrès fin montrent Epstein posant la main sur son épaule alors qu'ils marchaient ensemble dans un décor tropical[213]. Farkas avait auparavant décrit leur relation comme strictement professionnelle ; une porte-parole a indiqué au New York Times qu'il « regrettait cette association »[213].
  • Sarah Ferguson : En , l'ancienne duchesse d'York a remercié Epstein dans un courriel pour avoir été le « frère » qu'elle « avait toujours souhaité avoir », un an après sa condamnation[232]. Dans cet échange, Ferguson suggérait qu'elle et ses filles, Beatrice d'York et Eugenie d'York, avaient rencontré Epstein, écrivant qu'elle n'avait jamais été aussi touchée par la gentillesse d'un ami que par les compliments qu'il lui avait adressés devant ses filles[232]. Epstein était alors assigné à résidence, mais Ferguson a laissé entendre qu'ils avaient déjeuné ensemble la semaine précédente ; il n'a pas été confirmé qu'elle se soit rendue à son domicile durant cette période[232]. Les courriels montrent également Ferguson discutant avec Epstein de démarches commerciales liées à une marque portant son nom[232]. Epstein lui a versé au moins 15 000 livres sterling afin de l'aider à régler des dettes, certains médias avançant des montants plus élevés[232]. En , Ferguson a publiquement qualifié sa relation avec Epstein d'« erreur de jugement gigantesque », tout en lui adressant ultérieurement des excuses en privé[232].
  • Stephen Hawking : Le physicien théoricien figure parmi les noms cités dans des documents judiciaires rendus publics dans le cadre d'une procédure impliquant Ghislaine Maxwell, sans qu'aucun élément probant ni accusation de comportement répréhensible ne soit établi à son encontre[234]. Ces documents mentionnent des propos attribués à Virginia Giuffre évoquant une prétendue implication de Hawking, allégations pour lesquelles aucune charge n'a jamais été retenue. Un courriel de montre qu'Epstein proposait une récompense à quiconque parviendrait à réfuter ces accusations[235]. Hawking s'était rendu sur l'île d'Epstein en à l'occasion d'une conférence scientifique.
  • Reid Hoffman : Des documents de planification indiquent que le cofondateur de LinkedIn s'est rendu sur l'île d'Epstein en  ; une entrée d'agenda mentionnait son arrivée à Fort Lauderdale suivie d'un vol vers « LSJ », une référence apparente à l'île privée d'Epstein[236]. Hoffman a déclaré au Wall Street Journal qu'il s'y était rendu une seule fois dans le cadre d'un déplacement de levée de fonds pour le MIT et que son dernier contact avec Epstein datait de [236]. Les documents contiennent également des échanges de courriels datant de et , ainsi que des éléments de planification mentionnant plusieurs appels Skype entre les deux hommes en et [236]. En , Hoffman a déclaré que ses interactions avec Epstein s'étaient déroulées à la demande de Joi Ito à des fins de levée de fonds, ajoutant regretter d'avoir participé à des activités où Epstein était présent[236]. Aucune victime d'Epstein n'a formulé publiquement d'allégation de comportement répréhensible visant Hoffman[236]. Dans une interview en , Ghislaine Maxwell a affirmé n'avoir jamais vu Hoffman sur un vol avec Epstein ni lors de « massages »[236].
  • Joi Ito : L'ancien directeur du MIT Media Lab a reçu 1,7 million de dollars provenant d'Epstein, dont 1,27 million pour ses propres fonds d'investissement externes[237]. Des courriels internes montrent qu'Ito et d'autres responsables du Media Lab ont pris des mesures pour dissimuler la relation du laboratoire avec Epstein ; dans un message de , Ito a notamment demandé que le don de 100 000 dollars d'Epstein soit enregistré comme « anonyme »[237]. Il s'est rendu à deux reprises sur l'île d'Epstein dans les Caraïbes pour solliciter des dons[237]. Un autre courriel d' indique qu'Ito affirmait qu'un don de 2 millions de dollars de Bill Gates avait été « dirigé » par Epstein ; un porte-parole de Gates a contesté cette affirmation, la qualifiant de totalement fausse[237]. Ito a démissionné du MIT en , ainsi que des conseils d'administration de la fondation MacArthur, de la fondation Knight et de The New York Times Company[237].
  • Michael Jackson : Des photographies non datées publiées en montrent le chanteur posant avec Epstein, dont l'une devant un tableau représentant une femme nue[238],[239]. Une autre photographie montre Jackson aux côtés de Bill Clinton et de Diana Ross[239]. Les documents ne permettent pas d'établir quand et où ces images ont été prises, ni pourquoi elles se trouvaient en possession d'Epstein ; rien n'indique que Jackson ait été au courant des crimes d'Epstein ou y ait été impliqué[240].
  • Thorbjørn Jagland : Dans un courriel de adressé à Epstein, l'ancien Premier ministre norvégien Thorbjørn Jagland évoquait un projet de voyage familial sur l'île Little Saint James ; ce voyage a finalement été annulé en raison de l'annexion de la Crimée par la Russie, Jagland — alors secrétaire général du Conseil de l'Europe — devant rester en Europe[241]. Jagland dirigeait également le comité Nobel au moment de ces échanges[241]. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a déclaré que Jagland avait fait preuve de « mauvais jugement »[242].
  • Brad S. Karp (en) : Des documents indiquent que le président du cabinet d'avocats Paul Weiss (en) a participé à des dîners organisés dans la résidence d'Epstein sur l'Upper East Side[243]. Dans un courriel de , Karp a remercié Epstein de l'avoir inclus dans une soirée qu'il a décrite comme « inoubliable » et « unique dans une vie », ajoutant espérer être invité à nouveau[243]. Epstein a répondu que de nombreuses soirées mettaient en scène des « talents uniques » et qu'il serait souvent invité ; Karp a répliqué qu'il était « incroyable »[244]. Dans un autre échange de , Epstein a interrogé Karp sur la possibilité de faire révoquer le visa d'une femme ; Karp a répondu que les deux idées étaient bonnes et qu'il s'en occuperait[243]. Un courriel de montre Karp demandant à Epstein de l'aider à obtenir un emploi pour son fils sur un tournage de film de Woody Allen[243]. En , Karp a correspondu avec Epstein au sujet de la recherche d'une représentation juridique pour Robert Kraft et l'ancien président de Citigroup John Havens (en), impliqués dans une affaire de prostitution en Floride ; les charges contre ces deux hommes ont par la suite été abandonnées[244]. En , Epstein a écrit à Steve Bannon au sujet d'une démarche visant à faire admettre Karp à l'Augusta National Golf Club ; rien n'indique que Karp ait eu connaissance de cette initiative[244]. Paul Weiss a déclaré que le cabinet avait représenté Leon Black dans des litiges d'honoraires avec Epstein et qu'il était « adverse » à Epstein, ajoutant qu'à aucun moment le cabinet ni Karp ne l'avaient représenté[243].
  • Lawrence Krauss : À la fin de , alors que des journalistes de BuzzFeed News préparaient un article concernant des accusations d'inconduite sexuelle visant le physicien, Krauss a sollicité Epstein afin d'obtenir des conseils sur la manière de réagir[205]. Epstein lui a recommandé de rédiger une lettre d'accompagnement affirmant que les accusations étaient « fausses » et avaient été « soit examinées et jugées infondées, soit ignorées »[205]. En , Epstein a transmis à Krauss une liste de participants au sommet Women in the World ; Krauss a répondu en suggérant ironiquement l'organisation d'une conférence intitulée « Men of the World », citant plusieurs hommes accusés d'inconduite, dont Kevin Spacey, Bill Clinton, Al Franken et Woody Allen[205]. Krauss a pris sa retraite de l'Arizona State University en [205]. Il a déclaré n'avoir jamais dissimulé son association avec Epstein et avoir sollicité l'avis de nombreuses personnes, ajoutant qu'aucune de ses communications avec Epstein n'était liée aux crimes pour lesquels celui-ci a été poursuivi en [205].
  • Miroslav Lajčák : Le diplomate et homme politique slovaque, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien président de l'Assemblée générale des Nations unies, apparaît de manière extensive dans les documents rendus publics fin et début . Ces « Epstein files » révèlent une correspondance électronique soutenue entre Lajčák et Epstein entre et , dans laquelle Lajčák aurait demandé à être présenté à de « jeunes femmes » et se serait vanté de ne pas avoir encore été vu « en action » par Epstein[245]. Les documents indiquent qu'Epstein lui aurait proposé des femmes décrites comme très jeunes, et que Lajčák aurait explicitement sollicité des invitations à des rencontres privées organisées par Epstein[246]. Une photographie rendue publique confirme une rencontre entre les deux hommes à la résidence diplomatique slovaque à Vienne durant le mandat ministériel de Lajčák[247]. Les documents mentionnent également que Lajčák aurait proposé le Premier ministre slovaque Robert Fico comme interlocuteur compatible avec les projets politiques européens discutés entre Epstein et Steve Bannon[248].
  • Howard Lutnick : Des courriels montrent que l'actuel secrétaire américain au Commerce a coordonné une visite sur la propriété caribéenne d'Epstein en , bien qu'il ait auparavant affirmé avoir rompu tout lien avec Epstein vers [206],[219]. En , une collaboratrice de longue date d'Epstein a contacté Lutnick afin d'organiser une rencontre à Saint-Thomas ; Lutnick a accepté un déjeuner sur l'île privée d'Epstein le , accompagné de son épouse Allison et de leurs quatre enfants[206]. Des échanges ultérieurs montrent la coordination logistique de l'amarrage de leur yacht à Little Saint James[206]. Interrogé par le New York Times, Lutnick a déclaré n'avoir « passé aucun temps » avec Epstein avant de mettre fin à l'appel[206]. Le département du Commerce a indiqué que Lutnick n'avait eu que des interactions limitées avec Epstein, toujours en présence de son épouse, et qu'il n'avait jamais été accusé d'aucun comportement répréhensible[206].
  • Peter Mandelson : Des relevés bancaires publiés par le département de la Justice montrent trois virements distincts de 25 000 dollars effectués depuis des comptes JPMorgan d'Epstein entre et , pour un total de 75 000 dollars, faisant référence au nom de Mandelson ; il n'est pas établi que ces fonds aient effectivement été reçus[249]. Mandelson a déclaré n'avoir aucun souvenir ni trace de ces paiements et s'est dit incapable d'en confirmer l'authenticité[249]. D'autres documents indiquent qu'Epstein a versé 10 000 livres sterling au mari de Mandelson, Reinaldo Ávila da Silva, en , somme qui aurait été destinée à financer une formation en ostéopathie[232]. Des courriels montrent également que Mandelson a sollicité l'hébergement dans une propriété d'Epstein alors que celui-ci purgeait une peine de prison avec autorisation de travail en journée[232]. Après la publication des documents, Mandelson a reconnu avoir eu tort de maintenir une relation avec Epstein, tout en affirmant n'avoir jamais été complice de ses crimes et en présentant ses excuses « sans réserve » aux victimes[232],[249].
  • Mette-Marit, princesse héritière de Norvège : La princesse héritière apparaît plus d'un millier de fois dans les dossiers, avec des échanges s'étendant de à [250],[251],[252],[242]. Les documents indiquent qu'elle a passé quatre jours au domicile d'Epstein à Palm Beach en et qu'un message laisse entendre qu'elle avait connaissance de sa peine de prison de [242]. Dans un courriel envoyé depuis son compte, Epstein était interrogé sur la pertinence de suggérer, pour la décoration d'une chambre d'enfant, un papier peint représentant des femmes nues portant une planche de surf[242]. Après la publication des documents, elle a déclaré avoir fait preuve d'un « mauvais jugement » et regretter tout contact avec Epstein, se disant « embarrassée » et exprimant sa solidarité avec les victimes[242]. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a dit partager cette appréciation[242].
  • George J. Mitchell : Un mot manuscrit daté de figurant dans le « birthday book (en) » d'Epstein montre l'ancien chef de la majorité au Sénat des États-Unis décrivant son amitié avec Epstein comme « une bénédiction »[253]. Des documents publiés en font état d'une relation qui s'est poursuivie après la condamnation d'Epstein en , avec des courriels et des rendez-vous planifiés ; un message de mentionne notamment un « rendez-vous à 10 h 30 avec le sénateur George Mitchell »[254]. Les dossiers contiennent également une référence à une allégation formulée par Virginia Giuffre en , selon laquelle Ghislaine Maxwell lui aurait demandé d'avoir des relations sexuelles avec Mitchell[255],[254]. Un porte-parole de Mitchell a déclaré qu'il n'avait jamais rencontré Giuffre ni eu de contact avec des femmes mineures et que l'allégation reposait sur une erreur d'identité ; il a ajouté que Mitchell n'avait appris les activités criminelles d'Epstein qu'à travers les médias et avait ensuite décliné de nouvelles invitations[254]. À la suite de ces révélations, l'US-Ireland Alliance a annoncé le retrait du nom de Mitchell du programme George J. Mitchell Scholarship (en)[254].
  • Andrew Mountbatten-Windsor : Dans un échange de courriels de , Epstein a proposé de présenter l'ancien prince Andrew à une femme russe de 26 ans, ce à quoi celui-ci a répondu qu'il serait « ravi » de la rencontrer[256]. Le même échange montre l'ancien membre de la famille royale invitant Epstein à dîner au Palais de Buckingham et à « venir avec qui il voudrait », sans qu'il soit possible d'établir si une telle visite a eu lieu[257]. Epstein et Andrew ont été photographiés se promenant ensemble dans Central Park trois mois plus tard, alors qu'Andrew avait affirmé s'être rendu aux États-Unis afin de mettre fin en personne à leur relation après la condamnation d'Epstein[232]. Le BBC a noté que ces courriels n'indiquaient pas de comportement répréhensible[231]. Virginia Giuffre a accusé Andrew d'agressions sexuelles ; il a nié et a conclu un accord transactionnel en [257].
  • Elon Musk : Des courriels de à montrent qu'Epstein a multiplié les tentatives pour rencontrer Musk, lequel évoquait des contraintes d'agenda et des difficultés logistiques ; ces échanges n'attestent d'aucune rencontre en personne entre les deux hommes[206]. Une conversation entre et le début de montre qu'ils ont discuté d'une éventuelle visite pendant les fêtes sur la propriété d'Epstein dans les îles Vierges américaines[257]. Dans un échange de , Musk a demandé à Epstein si une « fête débridée » se tenait sur son île, puis a écrit en décembre vouloir « faire la fête » à Saint-Barthélemy ou ailleurs ; Epstein a répondu que la « proportion » sur son île pourrait mettre mal à l'aise Talulah Riley, alors épouse de Musk, et Musk a répondu que ce ne serait « pas un problème » pour elle[206]. Musk a aussi suggéré en qu'Epstein le rencontre près de l'usine de fusées de SpaceX en Californie[206]. Après la publication des documents, Musk a écrit sur X que l'enjeu principal n'était pas la diffusion partielle des dossiers, mais la poursuite des personnes ayant commis des crimes graves aux côtés d'Epstein[206]. Musk a déclaré publiquement avoir refusé toutes les invitations à se rendre sur l'île d'Epstein, et a indiqué en avoir brièvement visité la maison d'Epstein une fois tout en refusant les invitations répétées à se rendre sur l'île[258],[257].
  • Martin Nowak (en) : En , Epstein a fait un don de 6,5 millions de dollars pour établir le Program for Evolutionary Dynamics de Harvard, dirigé par Nowak[205]. Selon une revue universitaire, Epstein s'est rendu à Harvard environ quarante fois après sa sortie de prison en [205]. En , Epstein a présenté Nowak à sa publiciste, Masha Drokova, afin d'organiser une interview ; Drokova a ensuite écrit à Epstein qu'elle avait eu une excellente conversation avec Nowak et qu'il « l'aimait beaucoup »[205]. Après la publication en d'un rapport sur les liens financiers de Harvard avec Epstein, l'université a sanctionné Nowak pendant deux ans et a fermé le Program for Evolutionary Dynamics ; Nowak demeure professeur de mathématiques et de biologie à Harvard[205]. Nowak n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire[205].
  • Elisa New (en) : En , la professeure de littérature américaine à Harvard a écrit à Epstein pour le remercier d'un don qu'il avait arrangé, affirmant qu'il avait été un merveilleux soutien à son projet Poetry in America et que ce don avait attiré l'attention des doyens sur l'importance du rôle de Harvard dans la production de contenus de haute qualité en sciences humaines[205]. Un rapport interne de Harvard publié en indique qu'une des fondations d'Epstein a déclaré dans des documents fiscaux avoir versé en 110 000 dollars à une organisation à but non lucratif dont New était présidente[205]. New a publié une déclaration dans laquelle elle s'excusait d'avoir maintenu un contact avec Epstein[205].
  • Stacey Plaskett : Des messages texte semblent montrer qu'Epstein communiquait avec la déléguée représentant les îles Vierges américaines lors d'une audition de la commission de surveillance de la Chambre en , au cours de laquelle Michael Cohen a témoigné contre Donald Trump[208]. Bien que le nom du destinataire soit caviardé, les horaires et le contenu des messages ont été interprétés comme indiquant qu'Epstein échangeait avec Plaskett[208]. Au cours de cet échange, Epstein a signalé que Cohen avait mentionné Rhona Graff (en), assistante exécutive de Trump ; peu après, Plaskett a interrogé Cohen au sujet de Graff lors de sa prise de parole[208]. Le bureau de Plaskett a déclaré que, durant l'audition, elle avait reçu des messages de membres de son équipe, de citoyens et du public, y compris d'Epstein, et a mis en avant son action contre les agressions sexuelles et la traite des êtres humains ainsi que son soutien aux victimes d'Epstein[208].
  • Thomas Pritzker : Dans un échange de courriels de , le président du groupe Hyatt a transmis à Epstein un article relatant que sa cousine Penny Pritzker, alors pressentie par Barack Obama pour diriger le département du Commerce, aurait sous-estimé ses revenus d'environ 80 millions de dollars[208]. Pritzker a écrit être excédé par la situation et avoir mis sa cousine en garde ; Epstein a répondu être heureux de le voir et l'a invité à venir plus souvent, ce à quoi Pritzker a répondu qu'il s'amusait toujours[208]. Un représentant de Tom Pritzker a refusé de commenter[208].
  • Hardeep Singh Puri (en) : Un courriel envoyé par Puri à Epstein en détaillait des arguments en faveur d'un engagement accru avec l'Inde après l'élection de Narendra Modi[202]. À l'époque, Puri avait quitté l'Indian Foreign Service et travaillait pour l'International Peace Institute (en)[202]. Puri n'a pas contesté avoir envoyé ce courriel, mais n'a pas commenté son contenu ; des porte-parole du BJP ont qualifié les affirmations d'Epstein de mensongères et fanfaronnes[202].
  • Marc Rowan (en) : Des courriels montrent que le directeur général d'Apollo Global Management a correspondu avec Epstein au sujet des arrangements fiscaux de l'entreprise tout au long des années , alors qu'Apollo avait affirmé en n'avoir « jamais fait d'affaires » avec Epstein[259]. En , Rowan a transmis à Epstein un calcul interne détaillé relatif à l'accord de créance fiscale (tax receivable agreement) d'Apollo[259]. Les documents montrent qu'Epstein a été impliqué dans des discussions sur une éventuelle opération d'inversion fiscale visant à redomicilier Apollo à l'étranger ; dans un échange de , Epstein a évoqué l'intérêt d'utiliser Rothschild pour structurer l'opération, ce à quoi Rowan a répondu favorablement[259]. Un courriel d'Epstein décrit une réunion qui semble concerner Rowan, mentionnant notamment Athene, Montauk et Rothschild, ainsi que des discussions sur des avions et des bateaux[259]. Apollo a confirmé au Financial Times que des informations financières internes avaient été partagées avec Epstein, tout en soutenant que cela n'avait trait qu'à la planification financière personnelle de Leon Black ; la société a déclaré que Rowan n'avait eu ni relation d'affaires ni autre relation avec Epstein et qu'Apollo n'avait pas fait d'affaires avec lui[259].
  • Kathryn Ruemmler : Des documents indiquent qu'Epstein a envoyé de nombreux cadeaux à Ruemmler, ancienne conseillère juridique de la Maison-Blanche sous Barack Obama et actuelle directrice juridique de Goldman Sachs, alors qu'elle travaillait comme avocate chez Latham & Watkins[257]. Ces cadeaux incluaient notamment des fleurs, du vin, un sac Hermès, des cartes-cadeaux de Bergdorf Goodman, des soins en spa, une Apple Watch et des points de fidélité American Express[257]. Ruemmler a déclaré que sa relation avec Epstein était professionnelle, qu'elle interagissait régulièrement avec des criminels dans le cadre de son travail, qu'elle regrettait de l'avoir connu et qu'elle éprouvait une profonde sympathie pour les victimes[257]. Dans des échanges publiés, Ruemmler a évoqué des rendez-vous avec Epstein et ce qu'elle appelait « les filles » ; un porte-parole de Goldman Sachs a soutenu qu'il s'agissait d'une référence à une cliente commune et à ses filles[213]. Un porte-parole de Goldman Sachs a également déclaré qu'Epstein offrait fréquemment des services et des cadeaux non sollicités à de nombreux contacts d'affaires[257]. Un courriel de provenant du bureau d'Epstein invitait Ruemmler à une rencontre avec Miroslav Lajčák et Steve Bannon[256].
  • Mehmet Oz : Un rapport de transactions daté de indique qu'Epstein a payé 1 592 dollars correspondant à des frais de déplacement d'Oz, aujourd'hui administrateur des Centers for Medicare and Medicaid Services[260]. Epstein a également été invité à un événement en où Oz devait intervenir, mais a écrit par courriel qu'il n'était pas disponible[260]. Les dossiers contiennent aussi un courriel envoyé par Oz à Epstein en , dont le contenu a été caviardé[260]. Les Centers for Medicare and Medicaid Services n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire[260].
  • Joshua Cooper Ramo (en) : Des documents de planification indiquent que le co-directeur général de l'entreprise de conseil de Henry Kissinger a eu plus d'une douzaine de rendez-vous avec Epstein entre et , souvent en soirée dans la maison de ville d'Epstein à Manhattan[218]. Ramo a été invité à un petit-déjeuner en en présence de l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak[218]. À l'époque, Ramo siégeait aux conseils d'administration de Starbucks et de FedEx[218]. Il n'a pas répondu aux demandes de commentaire ; une porte-parole de Kissinger a déclaré que Henry Kissinger ignorait ces rendez-vous[218].
  • Brett Ratner : Le réalisateur apparaît sur des photographies non datées avec Epstein et Jean-Luc Brunel, agent de mannequins français et proche d'Epstein, décédé[261]. D'autres images publiées en montrent Ratner assis sur un canapé à côté d'Epstein et de deux femmes dont l'identité a été masquée, ainsi qu'une série de vignettes montrant Ratner, Epstein et Brunel en compagnie de différentes femmes[262]. Le dossier ne contient pas d'indication de comportement répréhensible[262].
  • Ariane de Rothschild : Des documents de planification indiquent que la directrice générale de la banque privée suisse Edmond de Rothschild a eu plus d'une douzaine de rendez-vous avec Epstein entre et [218]. Ils indiquent également qu'elle a acheté en et près d'un million de dollars d'objets aux enchères pour le compte d'Epstein et qu'en elle a négocié un contrat de 25 millions de dollars pour que la société Southern Trust Co d'Epstein fournisse des services d'analyse des risques à la banque[218]. En , après l'arrestation d'Epstein, la banque a d'abord affirmé qu'elle n'avait jamais rencontré Epstein et n'avoir aucun lien d'affaires avec lui ; l'établissement a par la suite reconnu auprès du Wall Street Journal que cette déclaration n'était pas exacte[218]. La banque a déclaré que de Rothschild n'avait pas connaissance de procédures judiciaires visant Epstein et qu'elle ignorait également les questions liées à sa conduite personnelle[218].
  • Kevin Spacey : Des photographies non datées montrent l'acteur aux côtés d'Epstein[238]. D'autres images le montrent visitant les Churchill War Rooms avec Bill Clinton et Ghislaine Maxwell lors d'un déplacement au Royaume-Uni en dans le cadre d'un voyage humanitaire organisé par la fondation Clinton[239]. Spacey a déclaré en avoir voyagé à bord de l'avion d'Epstein pour ce déplacement, tout en affirmant n'avoir « jamais passé de temps » avec lui[238]. Il n'a pas été accusé de comportement répréhensible en lien avec Epstein[239].
  • Lawrence H. Summers : Des courriels indiquent que l'ancien secrétaire au Trésor des États-Unis et ancien président de Harvard a discuté avec Epstein de sa poursuite romantique d'une femme, Epstein se décrivant dans un échange comme un « bon ailier »[205],[208]. Les communications entre les deux hommes se sont poursuivies jusqu'à quelques jours avant l'arrestation d'Epstein en [208],[205]. Summers s'est mis en retrait de l'enseignement pendant que Harvard examinait ses liens avec Epstein[205].
  • Peter Thiel : Des documents indiquent qu'une société d'investissement cofondée par Thiel a accepté 40 millions de dollars provenant d'Epstein et que les deux hommes ont correspondu pendant au moins cinq ans avant la mort d'Epstein[213]. En , Epstein a incité Thiel à lui rendre visite dans les Caraïbes[213]. Un porte-parole de Thiel a refusé de commenter la relation, tout en affirmant que Thiel ne s'était jamais rendu sur l'île d'Epstein[213].
  • Steve Tisch : Des courriels de montrent le copropriétaire des New York Giants et Epstein échangeant au sujet de femmes adultes, Epstein décrivant leur apparence[258]. Dans une déclaration, Tisch a indiqué n'avoir eu qu'une brève association avec Epstein, faite d'échanges de courriels sur des femmes adultes ainsi que de discussions sur le cinéma, la philanthropie et des investissements, ajoutant qu'il avait refusé les invitations et ne s'était jamais rendu sur l'île ; il a déclaré regretter cette association[257].
  • Robert Trivers : Le biologiste de l'évolution a déclaré à Reuters en qu'Epstein lui avait versé environ 40 000 dollars pour financer ses recherches[205]. En , Trivers a écrit à Epstein au sujet d'un financement, indiquant qu'Epstein avait dit qu'il ne cesserait jamais de le soutenir[205]. En , Trivers a défendu Epstein auprès de Reuters en tenant des propos minimisant la gravité des faits reprochés[205]. Trivers n'a pas répondu aux demandes de commentaire[205].
  • Donald Trump : The New York Times a identifié plus de 5 300 fichiers contenant plus de 38 000 occurrences de Trump, de son épouse, de Mar-a-Lago et de termes associés dans la publication de  ; toujours selon le New York Times, de nombreux documents étaient des articles de presse ou des éléments déjà publics[263]. Parmi ces documents, on retrouve de nombreuses allégations contre Trump[264],[265],[266],[267]. Ces allégations n'ont pas pu être toutes corroborées[268],[269]. Dans un communiqué, le DOJ a indiqué que certains documents contenaient des affirmations fausses et sensationnalistes visant le président Trump, qu'il a qualifiées de non fondées et fausses[231]. Au , la liste de signalements concernant Trump n'était plus disponible sur la base de données publique du DOJ[270]. Le , de nouveaux documents sont publiés mettant en cause Donald Trump dans une affaire d'agression sexuelle sur mineure[271],[272].
  • Melania Trump : Dans un courriel de , Melania Trump a écrit à une personne identifiée comme « G » pour la féliciter au sujet d'un portrait d'Epstein publié par New York ; bien que l'adresse électronique du destinataire soit caviardée, Ghislaine Maxwell apparaissait sur une photographie accompagnant l'article[257]. Melania Trump n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire[257].
  • Brian Vickers : Les documents montrent une correspondance entre l'ancien pilote de NASCAR et Epstein remontant au moins à [273]. Son ex-épouse, Sarah Kellen (en), a été citée comme co-conspiratrice dans l'opération de traite sexuelle d'Epstein ; elle a déclaré être une victime d'Epstein, bien que des autorités de Palm Beach l'aient accusée en d'avoir aidé à recruter de jeunes femmes pour Epstein[273]. En , Vickers a transmis à Epstein un courriel contenant du contenu sexuellement explicite[273]. Des courriels indiquent qu'en Epstein a cherché en coulisses à soutenir des démarches de sponsoring pour Vickers lorsque le rôle de Kellen a commencé à faire l'objet d'une attention médiatique, en contactant notamment Michael Waltrip Racing et des dirigeants liés à la marque Aaron's[273]. En , Vickers a envoyé à Epstein un courriel accompagné d'une vidéo en pièce jointe[273].
  • Casey Wasserman : Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Los Angeles a échangé des courriels personnels avec Ghislaine Maxwell en et  ; dans l'un d'eux, Maxwell lui proposait un massage en affirmant qu'il pouvait « rendre un homme fou »[274],[275]. D'autres documents indiquent que Wasserman et son épouse de l'époque ont voyagé en à bord de l'avion d'Epstein aux côtés de Maxwell, d'Epstein, de Bill Clinton, de Kevin Spacey et d'autres personnes lors d'un déplacement humanitaire organisé par la Clinton Foundation, déjà relaté dans un reportage de Vanity Fair en [275]. Dans une déclaration, Wasserman a exprimé ses regrets, affirmant que ces échanges remontaient à une période antérieure à la connaissance publique des crimes de Maxwell ; il a déclaré ne pas avoir eu de relation personnelle ou d'affaires avec Epstein et s'est dit « désolé » de toute association avec eux[275].
  • Les Wexner : Dans des courriels du compte d'Epstein obtenus par Distributed Denial of Secrets, Wexner a écrit à Epstein avant le plaidoyer de culpabilité de qu'il éprouvait du regret et qu'Epstein avait enfreint sa propre règle numéro un, à savoir « toujours être prudent »[276]. Wexner a affirmé avoir rompu ses liens avec Epstein en  ; ces courriels n'ont pas été publiés par le DOJ[276],[277].
  • Michael Wolff : Des documents montrent une correspondance prolongée entre le journaliste et Epstein ; Wolff a déclaré auparavant qu'Epstein avait été une source pour son livre Fire and Fury publié en [208]. En , Wolff a écrit à Epstein que CNN prévoyait d'interroger Trump sur sa relation avec lui ; lorsqu'Epstein a demandé comment répondre, Wolff a répliqué qu'il fallait « le laisser s'auto-détruire »[208]. En , après la diffusion de la vidéo Access Hollywood (en), Wolff a écrit qu'il existait une opportunité de prendre la parole pour parler de Trump d'une manière susceptible de susciter de la sympathie envers Epstein et de « l'achever » politiquement[208]. Wolff a qualifié ces messages d'embarrassants, tout en soutenant qu'il « jouait un rôle » afin d'obtenir des informations sur Trump[208].

Réactions

Par des journalistes

En , Bloomberg News obtient 18 000 courriels issus du compte personnel d'Epstein[278],[279].

Réponses judiciaires et policières

Une enquête est ouverte par la police tchèque sur la possibilité que Jeffrey Epstein aurait exploité des mineures chèques[280].

Réactions des victimes

Aux documents liés à Epstein

Le , les frères de Virginia Giuffre, Sky Roberts et Danny Wilson, ainsi que sa belle-sœur Amanda Roberts, déclarent à CNN, lors d'un entretien avec la journaliste Kaitlan Collins, souhaiter la publication des documents pertinents. Amanda Roberts ajoute que Giuffre avait elle-même exprimé ce souhait, affirmant qu'« elle voulait que le monde sache ce qu'ils lui avaient fait, ainsi qu'à tant d'autres survivantes ». Giuffre était décédée trois mois plus tôt[281].

Le , des victimes d'Epstein s'expriment publiquement devant le Capitole des États-Unis, exigeant que Pam Bondi publie l'ensemble des documents[282]. Exaspérées par des décennies d'absence de responsabilité des auteurs présumés, certaines survivantes annoncent également leur intention d'établir leur propre liste interne de clients, qu'elles pourraient rendre publique[283],[284],[285]. Un mois plus tard, l'une des victimes, Annie Farmer, déclare à CNN que la création et la publication d'une telle liste ne constituent « pas la manière la plus efficace d'avancer collectivement »[286].

Le , Liz Stein déclare à CNN, dans un entretien avec Jake Tapper, que la publication complète des documents est « badly needed ». Elle précise qu'il ne s'agit « pas d'une question politique », mais « d'un crime de trafic sexuel »[287]. Le , Stacey Williams déclare à CNN, lors d'une interview avec Erin Burnett, qu'il est « exaspérant » que Donald Trump ait fait campagne sur le thème de l'assainissement du système alors que, selon elle, tant d'efforts sont consacrés à dissimuler des informations relatives à Epstein[288].

Aux auditions de Ghislaine Maxwell

Le , Annie Farmer déclare à CNN, dans un entretien avec la journaliste Kaitlan Collins, qu'apprendre que le ministère de la Justice rencontrerait Ghislaine Maxwell a été « extremely disturbing », ajoutant que le transfert de Maxwell en prison lui donnait l'impression d'un traitement préférentiel et suscitait de fortes inquiétudes quant à la suite des événements[289].

Le , la famille de Virginia Giuffre réagit à la transcription de l'entretien entre Maxwell et Todd Blanche, déclarant à CBS que les propos de Maxwell sont « en contradiction directe » avec sa « condamnation pour trafic sexuel de mineures » et que Blanche ne l'aurait « jamais confrontée à ses mensonges établis par la justice ». Selon la famille, le ministère de la Justice aurait ainsi transmis le message que « le trafic sexuel de mineurs est acceptable et récompensé »[290].

Réaction de Trump

Depuis , Donald Trump affirme que les « Epstein files » constitueraient des documents falsifiés, qu'il présente comme une invention de ses adversaires politiques, notamment l'administration Biden, Barack Obama et Hillary Clinton[291]. Le , dans une publication sur Truth Social, Trump qualifie l'affaire de « Jeffrey Epstein Hoax » et affirme ne plus vouloir du soutien de personnes qu'il décrit comme ayant adhéré à cette thèse[292]. Depuis , il continue de qualifier l'affaire de « Democrat hoax »[293].

Le , au lendemain d'un article du Wall Street Journal indiquant que Trump avait rédigé une lettre adressée à Epstein vingt-deux ans plus tôt, incluse dans un ouvrage célébrant l'anniversaire d'Epstein (en), Trump engage des poursuites judiciaires contre le journal — visant deux journalistes, son propriétaire Rupert Murdoch, ainsi que les sociétés mères Dow Jones et News Corp — pour diffamation et libelle[294]. Le , la Maison-Blanche retire le journaliste du Wall Street Journal du groupe de presse accompagnant Trump lors de son déplacement en Écosse[295].

Sondages

Un sondage Reuters publié en indique que 23 % des Américains approuvent la manière dont Trump a géré l'affaire Epstein[296].

Un sondage CNN publié en révèle que 49 % des Américains se déclarent insatisfaits de la quantité de documents Epstein « que le gouvernement fédéral a rendus publics jusqu'à présent », contre 6 % qui s'en disent satisfaits, le reste des personnes interrogées se déclarant indifférentes ou insuffisamment informées. Environ deux tiers des sondés estiment par ailleurs que le gouvernement retient délibérément des informations[297].

Notes

Références

Annexes

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