Mhadhba
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La légende dorée de la tribu maraboutique des Mhadhba débute avec l’arrivée au sud de Sfax de Sidi Mhadheb, Cherif idrisside, originaire de Seguia el-Hamra comme de nombreux saints maghrébins avant lui. Selon ce récit discutable, tous les clans des Mhadhba constituent la descendance du vénérable maître soufi et donc aussi d'Ali Ibn Abi Taleb et de son épouse Fatima Ezzahra, fille du prophète Muhammad [2].
Une thèse opposée prétend que les Mhadhba forment en revanche un ensemble de clans berbères dominés jadis par les hilaliens et unifiés par la suite par Sidi Mhadheb. Ce n’est qu’alors qu’ils parviennent enfin à asseoir leur emprise sur l’aire géographique qu’ils occupent jusqu’à aujourd’hui[3]. Salah Alouani définit la tribu maraboutique en général comme une « tribu regroupée autour de la famille d’un saint et qui se sert de la légitimité chérifienne pour asseoir son projet de propagande religieuse »[4] .
En 1578, date du contrat octroyant une partie du territoire de la tribu des Mthalith à Sidi Mhadheb, les fidèles du saint homme se comptent à environ 1 500 âmes[5].
Au début du XVIIIe siècle, un registre beylical estime qu’au sein des Mhadhba, 6 000 adultes mâles sont en âge de payer des impôts[6]. Dans l’arrière-pays de la Skhira, la tribu maraboutique dispose des revenus de l’immense habous, henchir Sidi Mhadheb. Durant cette période, les Mhadhba sont constitués de fractions comportant 260 hommes en moyenne (les effectifs variant de 200 à 400 hommes). Le nombre moyen d’hommes adultes par groupe familial est de 3,84, voire de 4,14 dans le clan des Oulèd el Chikh (« Les enfants du Cheikh ») qui entretiennent d’étroits rapports avec l’opulente zaouïa de Sidi Mhadheb[6]. Cette particularité des Oulèd el Chikh, serait un argument supplémentaire en faveur du caractère légendaire de l’ascendance prestigieuse et commune à l’ensemble des clans de la tribu.
Les Mhadhba étaient plus mobiles que les autres tribus tunisiennes. En été, ils s’installaient à Friguia ou dans le Cap Bon - Dakhlet Maaouine - où un bourg porte d’ailleurs leur nom et en automne, ils repartaient vers le sud du pays[7].
Territoire
Un habous d’environ 300 000 hectares a été accordé à Sidi Mhadheb en 1578[8],[5]. Ce habous s’étend de Mahrès au nord jusqu’à Ouèd el Akarit au sud. Le henchir Sidi Mhadheb constituait une zone de passage sûre pour les tribus et les caravanes. Le habous a été annulé sur les ordres du président Habib Bourguiba en 1957[8].
