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Mohamed Khemisti (محمد خميستي en arabe), né le à Maghnia, dans l'actuelle wilaya de Tlemcen et mort assassiné [1]le à Alger, est un homme politique algérien.
Il est le premier ministre des affaires étrangères de l'Algérie, de 1962 à 1963.
Son père, un fellah ayant cinq garçons et deux filles à charge, inscrit ses enfants Mohamed et Mekki à l'école primaire. Mohamed, le plus jeune, poursuit ses études pour obtenir son certificat d'études en 1946 avant d'être embauché dans le chantier de construction du barrage de Beni Bahdel. Il se retrouve par la suite au chômage et se rend en France pour rejoindre son frère Abdeldjebbar qui lui trouve du travail dans un bureau d'études à Toulon. Après son retour au pays, Mohamed Khemisti est encouragé pour poursuivre ses études. Il s'inscrit ensuite au lycée Pasteur d'Oran où il décroche le baccalauréat en mathématiques. Il se rend de nouveau en France pour s'inscrire à la faculté de médecine de Montpellier avant d'opter pour la faculté de droit, sur la demande du FLN.
Lors du déclenchement de la révolution du , Mohamed Khemisti milite à l'Union générale des étudiants musulmans algériens, l'UGÉMA. Il préside le congrès de l'UGÉMA qui a lieu du 24 au à Paris, et qui se conclut par des recommandations dont l’indépendance nationale, la libération de tous les détenus et l’ouverture des négociations avec le FLN.
Après le mot d'ordre de grève générale lancée par le FLN le , il est arrêté le à Montpellier et transféré à la prison de Serkadji, où est déjà incarcéré son frère Mekki. En prison, il écrit un livre sur sa vie et ses conditions d'incarcération, un manuscrit qui disparaît par la suite.
Il est libéré en 1960 et se rend en Suisse déguisé en prêtre. Sur place, il est chargé par Abderrahmane Farès de la sécurité des réseaux de collecte de fonds en Europe au profit de l’Algérie. Il contribue à la création de l'équipe de football du FLN.
Après la formation du premier gouvernement algérien, le , Mohamed Khemisti est nommé ministre des affaires étrangères.
Il défend le principe de la nécessité de relations privilégiées avec la France et les pays maghrébins. Il assiste en 1963 à une rencontre des ministres des affaires étrangères du Maghreb tenue à Rabat, de même qu'il accompagne le président Ben Bella à New York invité à une session de l'ONU.
Le jeudi , à l'issue d'une réunion regroupant ministres et députés au siège de l'Assemblée nationale, Mohamed Khemisti est blessé d'une balle au visage sur le perron du Palais Zighout Youcef, au moment où il allait rejoindre son épouse Fatima Méchiche, veuve du colonel Lotfi, qui l’attendait dans la voiture. Il est hospitalisé dans un état critique et meurt le . Les obsèques se déroulent en la présence de nombreuses délégations étrangères dont le président Gamal Abdel Nasser. Le président égyptien effectuait une visite officielle en Algérie et devait se rendre à Constantine le jour même du décès de Khemisti, visite qui a été annulée.
Dans le discours prononcé le à la préfecture d'Oran et repris par l’agence APS, le président Ben Bella souligne: «Je peux vous dire que l'enquête a démontré qu'il n'y a rien derrière cet acte, et que la révolution continuera même si Khemisti venait à mourir». Le mystère reste entier sur les mobiles de cet acte qui est le premier contre une personnalité politique après l'indépendance.
Ben Bella soutiendra bien plus tard que le crime était de nature passionnelle.
↑«M. KHEMISTI ministre algérien des affaires étrangères EST VICTIME D'UN ATTENTAT L'état du ministre serait grave», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )