Union générale des étudiants musulmans algériens
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L'Union générale des étudiants musulmans algériens avec le sigle UGEMA (en arabe : الإتحاد العام للطلبة المسلمين الجزائرين), est une organisation étudiante fondée à Paris en France le , pendant la guerre d'Algérie.
Histoire
Contexte de la création
La première association étudiante « indigène » à voir le jour est l'Amicale des étudiants musulmans de l'Afrique du Nord (AEMAN), créée en . Bien qu'elle ait été fondée sur des bases religieuses, elle s'associe à l'Association générale des étudiants d'Alger (AGEA) en . L'AEMAN est dirigée par Ferhat Abbas de à , période durant laquelle il maintient sa spécificité tout en adoptant une nouvelle dénomination : l'Association des étudiants musulmans de l'Afrique du Nord, toujours sous le nom abrégé de AEMAN[1].
Parallèlement, des étudiants algériens à Paris s'éloignent d'une association créée à Paris en , l'Association des étudiants musulmans nord-africains en France (AEMNAF), pour créer en 1930 l'Association des étudiants musulmans algériens (AEMA)[1].


En , le militant communiste Ahmed Inal crée une Union des étudiants algériens de Paris (UEAP), qui inclut également, conformément à la doctrine du Parti communiste algérien (PCA), les étudiants européens et juifs, une Union des étudiants algériens de Toulouse est également créée en . À l'initiative en particulier de Belaïd Abdeslam, président de l'AEMAN de à , la création d'une association purement algérienne est encouragée, l'UEAP et l'association de Toulouse étant partisans de la création d'une Union nationale des étudiants algériens (UNEA) et Belaïd Abdeslam étant dès en faveur d'une Union des étudiants musulmans algériens (UGEMA). Lors d'une conférence en , réunissant les étudiants algériens, le principe de la création d'une association purement algérienne est actée, l'intégration du critère religieux faisant toutefois discussion, son adoption étant le moyen d'exclure les étudiants européens, juifs ou communistes. La majorité opta pour l'intégration de ce critère en promettant de le supprimer après l'indépendance. Ainsi, deux associations virent le jour en , l'Association générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) et l'UNEA, association qui ne dura que peu de temps[1]. L'UGEMA est déclarée à la préfecture de police de Paris le [2].
L'UGEMA durant la guerre d'Algérie

Ahmed Taleb Ibrahimi prend la présidence de l'UGEMA tout en terminant ses études de médecine. Début , des tensions apparaissent à l'Université d'Alger : un Comité d'action universitaire, favorable à l'Algérie française, renverse la direction de l'AGEA en . Dans ce contexte, l'UGEMA qui tient son deuxième congrès du au à Paris, demande « la proclamation de l'indépendance de l'Algérie, la libération de tous les patriotes emprisonnés, des négociations avec le Front de libération nationale »[1]. Mouloud Belaouane succède à Ahmed Taleb Ibrahimi à la tête de l'association[3].
En , la section d'Alger de l'UGEMA appelle à « la grève générale et illimitée des cours et des examens et à l'engagement dans les rangs de l'ALN », le FLN ordonnant sa généralisation. Après que le FLN a levé l'ordre de grève, seule l'Université d'Alger continue le mouvement[1].
Fin ou début , l'UGEMA annonce rompre les relations avec l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) « tant qu'elle ne se sera pas prononcée en faveur de l'indépendance de l'Algérie »[4],[5].
Lors de son troisième congrès, du au , l'UGEMA, en référence aux mouvements de , opte pour l'exclusion des non-grévistes. C'est lors de ce congrès que Messaoud Aït Chalal est porté à la présidence de l'organisation[6].
Le Gouvernement français dissout l'association par décret du , en application de la loi du [7], estimant qu'elle est « détournée de ses buts statutaires pour servir les fins politiques du FLN »[8].
En , après une période d'interruption, l'UNEF acte la reprise des relations avec l'UGEMA[9].
Réorganisée à l'extérieur après sa dissolution, l'UGEMA, lors de son quatrième congrès à Tunis en - , déclare se mettre à la disposition du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), ce qui permet à l'ALN de renforcer son recrutement parmi les étudiants[1].
Après l'indépendance
Peu de temps après le cessez-le-feu, l'UNEF et l'UGEMA réaffirment leur volonté commune de développer leur coopération, et indiquent avoir examiné la question de « la place des étudiants de souche européenne dans le syndicalisme étudiant algérien », dans un contexte où l'Université d'Alger ne comprend alors que « sept cents étudiants musulmans pour près de six mille étudiants de souche européenne »[10].
Conformément à ce qui avait été acté lors de sa création, l'UGEMA, lors de son congrès, abandonne en le « M » de son intitulé pour devenir Union nationale des étudiants algériens (UNEA)[11].
En , deux anciens présidents de l'UGEMA, Ahmed Taleb Ibrahimi et Aït Chalal, sont incarcérés, soupçonnés « d'activités contre-révolutionnaires ». Ils sont libérés en [12].
En , peu de temps après la prise de pouvoir de Houari Boumédiène, le FLN, déplorant que des éléments obéissent « aux ordres d'un parti étranger » (le Parti communiste français) au sein de l'association, impose une nouvelle commission de direction de l'UNEA, dans un contexte d'hostilité d'une partie du mouvement étudiant envers le nouveau chef d'État[13]. L'UNEA est finalement dissoute en [13].
En est constituée l'Union générale des étudiants algériens (UGEA), approuvée le conformément à la réglementation des associations en vigueur depuis le avec comme slogan « L'étudiant d'abord... l'université ensuite... toujours l'Algérie ». En , l'UGEA se positionne en faveur d'un quatrième mandat présidentiel pour Abdelaziz Bouteflika[14]. En , le syndicat est mentionné selon Le Matin d'Algérie comme très proche du Rassemblement national démocratique (RND)[15]. L'UGEA est mentionnée comme encore active en [16].
Membres
Identité visuelle
Filmographie
- UGEMA, documentaire, réalisation Mohamed Latrèche, .
Le documentaire UGEMA, réalisé par Mohamed Latrèche en et produit par Boualem Ziani, a suscité une polémique après sa diffusion sur Canal Algérie en : le sociologue Nacer Djabi, qui a participé à l'écriture du film, considère comme une censure le fait que les témoignages d'Ahmed Taleb Ibrahimi et de Lamine Khene n'apparaissent pas dans le documentaire, Canal Algérie indiquant que le documentaire a été diffusé dans son intégralité[17],[18]. Pour des raisons apparemment liées à la hausse des cas d'infections au Covid-19, la projection du documentaire, inscrit dans la programmation de la cinémathèque d'Alger pour le , est finalement annulée, mais semble avoir eu lieu en de la même année[19],[20].