Mohammed Samraoui

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Mohammed Samraoui
Biographie
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Titre aux échecs
Maître international senior d'échecs par correspondance (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Chronique des années de sang : Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Mohammed Samraoui, (en arabe : محمد سمراوي), né en 1953, est un militaire algérien membre des services secrets algériens jusqu'en 1996, date à laquelle il déserte et obtient l'asile politique en Allemagne.

Il est l'auteur en 2003 d'un livre de témoignage, Chroniques des années de sang, où il affirme que le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) est impliqué, pendant la guerre civile algérienne, dans des actions violentes pour les attribuer ultèrieurement au Groupe islamique armé (GIA).

Mohammed Samraoui est né en 1953[1].

En , il s’engage dans les rangs de l’armée algérienne, il obtient un diplôme d'ingénieur en biochimie en 1977 puis il suit une formation d’officier d’ à [1]. Il gravit rapidement les échelons : officier, puis instructeur, il occupe plusieurs postes au sein de la Sécurité militaire (SM). En 1990, il rejoint le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) (nouveau nom de la SM à compter de cette date) où il est responsable du service de recherche et d’analyse. Il est alors un témoin et un participant du basculement de l'histoire algérienne à cette époque avec notamment : les premières élections pluralistes de juin 1990 et les élections législatives de 1991 gagnées par le Front islamique du salut (FIS), la démission du président Chadli Bendjedid en remplacé par le Haut Comité d'État présidé par Mohamed Boudiaf, l’assassinat de ce dernier le puis le début de la guerre civile algérienne[2].

En , il démissionne en désaccord avec la ligne tenue dans le cadre de la lutte antiterroriste, il est alors muté à l'ambassade d'Algérie en Allemagne en tant qu'attaché militaire[2],[3]. En , Smaïn Lamari se déplace à Berlin pour lui demander d'organiser la liquidation de deux dirigeants islamistes (Rabah Kébir et Abdelkader Sahraoui) installés en Allemagne. Mohammed Samraoui refuse en précisant « L'Allemagne n'est pas la France », allusion aux liens entre les services secrets algériens et français[4],[1]. Il est rappelé à Alger en , qu'il rejoint donc en février. Le Général Toufik, qui dirige le DRS, lui aurait, selon ses dires, proposé un poste dans son état-major et le grade de colonel pour le neutraliser. Afin d'assurer sa protection, il décide de déserter et demande l'asile politique à l'Allemagne. Une fois obtenue celle-ci, il vit en Allemagne avec sa famille et travaille comme biochimiste dans une entreprise[1],[3].

Mohammed Samraoui vient témoigner, en 2002, au procès en diffamation, intenté par le général Khaled Nezzar, contre Habib Souaïdia, un autre militaire algérien opposant, auteur du livre La Sale Guerre[5]. Mohammed Samraoui indique devant le tribunal : « Notre mission était de casser le FIS, l’infiltrer, le disloquer, créer des faux groupes islamistes et leur attribuer des actions violentes. Le GIA est une création des services de sécurité algériens ». Khaled Nezzar confirme ces actions mais réfute que le GIA est une création des services secrets algériens. Le procès montre alors une réalité plus complexe de la guerre civile qu'une lutte entre « militaires républicains » et « fanatiques islamistes »[6]. Un non lieu est prononcé en partie grâce au témoignage de Mohammed Samraoui[3].

En , il publie un livre de témoignage : Chroniques des années de sang avec un sous-titre explicite : Algérie : comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes[4]. Il y dénonce notamment les exactions commises par les militaires du DRS: « Dès 1994, j’ai pu constater que les hommes du DRS avaient pris l’habitude de torturer et tuer leurs concitoyens comme s’il s’agissait de simples insectes. Entraînés dans ce déchaînement de barbarie, il devenait parfaitement logique que les généraux imaginent d’utiliser l’arme des massacres pour régler leurs problèmes politiques de 1997 »[1]. Il y mentionne les « émirs » de complaisance ou les agents des services secrets à la tête de groupes armés islamistes. Tout est bon pour convaincre l'opinion de la « barbarie des islamistes »[4]. Mohammed Samraoui explicite aussi les raisons qui ont présidé à l'assassinat du président Mohamed Boudiaf. Il s'agit d'une part de la mise à l'écart de certains généraux pour diverses raisons et d'autre part de son positionnement sur la marocanité du Sahara. Les Janviéristes, qui l'avaient intronisé, ont eu peur de perdre leurs pouvoirs et ont choisi le manière forte[7]. Immédiatement en octobre, la justice algérienne délivre un mandat d’arrêt international à son encontre pour « désertion, atteinte au moral de l’armée et activité terroriste »[2].

De 2003 à 2005, il intervient avec le Mouvement algérien des officiers libres (MOAL), un groupe de militaires algériens en exil qui se donnent pour mission de dénoncer le régime militaire algérien. En , il est un des cinq membres fondateurs du mouvement Rachad[1].

Passionné par le jeu d'échecs, il est élu président de la International Correspondence Chess Federation en 2005[1].

Le , en déplacement en Espagne, il est arrêté à Benalmádena à la demande d'un juge espagnol, à la suite du mandat international lancé par Alger. Il est accusé de terrorisme, d'escroquerie et surtout de « nuire à l'image de l'armée algérienne », il est relâché courant novembre, car aucun élément justifiant ces allégations d'Alger n'a pu être fourni. Pour appuyer cette libération le média El País a publié une tribune évoquant le « caractère fallacieux du mandat d'arrêt algérien », plusieurs personnalités européennes et maghrébines signent cette tribune dont l'algérien Hocine Aït Ahmed[3],[8].

Après l'arrestation, en à Marseille, du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni accusé d'être l’organisateur de l’assassinat en du franco-algérien Ali André Mécili à Paris, Mohammed Samraoui affirme à Mediapart et au juge Baudoin Thouvenot que le diplomate est effectivement le commanditaire du meurtre. Mohammed Samraoui aurait assisté à la remise de l'argent de son contrat au meurtrier Abdelmalek Amellou, par Mohamed Ziane Hasseni dans un hôtel de Skikda en Algérie à l’été 1987, quelques semaines après l'assassinat d'André Ali Mecili. En effet, Abdelmalek Amellou est bien arrêté par la police française après le meurtre, mais il est expulsé en « urgence absolue » vers l'Algérie par le ministre de l'intérieur de l'époque, Charles Pasqua[9],[10],[11].

Selon Le Matin d'Algérie, Mohammed Samraoui revient en Algérie en après avoir passé un accord avec le clan du président Abdelaziz Bouteflika. Ainsi il aurait travaillé avec les services présidentiels sur des enquêtes délicates[12].

Publication

Références

À voir

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