Monoculture

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Monoculture dans les Pays de la Loire : 15% des blés tendres ont succédé à un blé tendre en 2017[1]

La monoculture est la culture d'une seule espèce de plantes sur une même parcelle au cours des années successives[2]. En agriculture, c'est un cas particulier de succession culturale. Ce concept s'oppose à la polyculture et ne s'applique qu'aux cultures annuelles, les cultures pérennes, comme la vigne, étant bien entendu maintenues sur la même parcelle pendant de nombreuses années. Un vignoble par exemple peut durer plusieurs décennies, sauf problèmes particuliers tels que dépérissement ou baisse des rendements[3]. Le concept de monoculture peut s'appliquer soit à une parcelle, soit à un ensemble de parcelles au niveau d'une exploitation agricole, voire d'une région.

La polyculture favorise une biomasse microbienne élevée qui limite au niveau de la rhizosphère la probabilité de rencontre entre un agent pathogène et la plante. À ce mécanisme s'ajoutent des dispositifs de résistance plus particuliers liés à l'activité antagoniste de populations microbiennes diverses recrutées par les différentes plantes[4]. À l'inverse, la monoculture peut favoriser la suppressivité des sols[5].

La monoculture permet la spécialisation qui favorise la réduction des coûts. Elle simplifie la pratique culturale et maximise l'utilisation efficace du sol et des conditions climatiques locales, l'agriculteur sélectionnant la culture la mieux adaptée à son environnement. Le retour de la même culture sur les mêmes parcelles plusieurs années de suite peut entraîner des effets négatifs[6] :

  • baisse des rendements due à des causes agronomiques (dégradation de la structure du sol, baisse du taux de matière organique, développement d'adventices et de parasites), biochimiques (rémanence de résidus organiques phytotoxiques de produits phytosanitaires), pathologiques (enfouissement régulier de débris végétaux de nature identique favorisant le développement de pathogènes dans la rhizosphère[7]) ;
  • épuisement de certains éléments nutritifs du sol et développement excessif de certains ennemis des cultures (parasites, ravageurs, maladies...), d'où le recours à des engrais, des produits phytosanitaires qui contaminent les sols et les eaux souterraines ;
  • baisse de la biodiversité : si une espèce choisie est développée dans des quantités trop importantes, elle peut perturber un écosystème ;
  • la monoculture de certaines espèces à fleur peut également affaiblir la résistance immunitaire des insectes pollinisateurs (abeilles, papillons...) car ceux-ci n'ont alors pas accès à une nourriture équilibrée. L'équilibre alimentaire de ces insectes étant mauvais, leur santé se dégrade et ils finissent alors par disparaître. Ce qui pose rétroactivement problème pour le futur même de ces monocultures lorsque celles-ci dépendent d'insectes pollinisateurs tels que les abeilles ;
  • la monoculture contribue également à une plus forte vulnérabilité aux aléas climatiques, en raison de l’absence de diversité culturale permettant une mutualisation des risques[8].

Dans certains cas, l’agriculture conventionnelle basée sur la monoculture est associée à des formes de précarité sociale. Celles-ci peuvent être liées à l’endettement ou à la dépendance vis‑à‑vis des intrants chimiques et des subventions publiques[9].

En France, la monoculture de maïs représente 4% des grandes cultures par succession culturale sur 5 ans (2013-2017) ; la monoculture de céréales à paille couvre 2% des surfaces[10].

En foresterie

Notes et références

Voir aussi

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