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Mort de Souheil El Khalfaoui

affaire judiciaire française From Wikipedia, the free encyclopedia

La mort de Souheil El Khalfaoui, un jeune marseillais, est la conséquence d'un tir de la police dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille le , au cours d'un contrôle routier. La police plaide la légitime défense, qui est remise en question par plusieurs témoignages. L'affaire est classée sans suite en puis rouverte après que l'avocat de la famille dénonce une enquête bâclée par l'IGPN et porte plainte pour « obstruction à la manifestation de la vérité », constatant que des vidéos d'une caméra de surveillance située à l’endroit même du contrôle, qui n'avaient pas été placées sous scellés, ont disparu. Le juge d’instruction désigné en auditionne le tireur en , et le place sous le statut de témoin assisté. Une nouvelle juge d'instruction prend le relai en 2025, et retrouve des scellés qui avaient été égarés par le magistrat précédent.

Faits en bref Chefs d'accusation, Pays ...
Mort de Souheil El Khalfaoui
Chefs d'accusation Homicide volontaire
Non-assistance à personne en danger
Pays France
Ville Marseille
Lieu Belle de Mai
Date
Nombre de victimes 1
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La famille dénonce ce qu'elle considère comme des démonstrations du « manque d’impartialité » de la justice : l’audition libre et tardive du tireur, finalement placé sous le statut favorable de témoin assisté plutôt que mis en examen, le fait que des enregistrements qui auraient pu être cruciaux n'ont pas été conservés ou ont disparu, la disparition temporaire de scellés, etc. La participation du policier mis en cause à la cérémonie d'ouverture des JO est également vivement contestée.

Victime

Faits en bref Naissance, Décès ...
Souheil El Khalfaoui
Souheil El Khalfaoui, sur une affiche annonçant le "marathon de la vérité" en novembre 2021 à Marseille
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 19 ans)
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
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Souheil El Khalfaoui est né le à Sarcelles. Il réside à Marseille et a la nationalité française. Au moment de sa mort, il est employé comme serveur.

Circonstances

Le mercredi , vers 18 heures[1], dans le quartier de la Belle de Mai, au croisement des rues Bonnardel et Fortuné-Jourdan, un policier tue Souheil El Khalfaoui, un jeune marseillais de 19 ans, au cours d'une opération de contrôle.

L'équipe de police était formée de trois membres, un brigadier-chef, un policier stagiaire au moment des faits (le tireur)[3] et un adjoint de sécurité (ADS, le blessé) inexpérimenté[1],[4].

Selon la police, Souheil El Khalfaoui aurait commis un délit de fuite la veille et les fonctionnaires ont reconnu son véhicule[1]. Selon le témoignage d'un voisin, les policiers « sont arrivés, les jeunes étaient très calmes mais eux étaient agressifs. Ils disaient qu’ils le reconnaissaient, qu’il avait échappé à un contrôle de police la veille. Lui disait que c’était pas vrai, qu’ils n’avaient qu’à appeler sa mère pour vérifier »[4].

Selon le syndicat Alliance Police nationale, Souheil El Khalfaoui aurait voulu fuir à bord de sa voiture et renversé un policier[5],[6]. Il s'agirait donc de légitime défense[7]. Au cours du contrôle, Souheil El Khalfaoui aurait redémarré en marche arrière, percutant le policier adjoint de sécurité. Lors du passage du véhicule à sa hauteur, celui-ci aurait tiré par la fenêtre de la voiture, touchant Souheil au thorax[4].

Selon un enquêteur de l'IGPN, « tout ce qui apparaissait dans le dossier se confirme et notamment le délit de fuite de la veille. La seule chose qui reste, c’est la question de la proportionnalité [de la riposte]. Comme le fonctionnaire n’est pas gravement blessé, on peut se la poser. » En effet, des vidéos dans lesquelles on voit le policier tireur debout après le tir interrogent sur la gravité de sa blessure[4]. La procureure de Marseille précise que le policier blessé a reçu dix jours d’interruption totale de travail[1].

Une vidéo montre l'infirmière de passage apporter les premiers soins à Souheil El Khalfaoui, encore vivant d'après elle, devant les trois agents inactifs. Pour la famille, c'est « une non-assistance à personne en danger ». L’arrivée des pompiers est jugée tardive, malgré « un appel immédiat à Police secours »[4].

Réactions

Manifestation à Marseille une semaine après la mort de Souheil.

Une marche blanche est organisée quelques jours après le drame[8],[9],[10],[11].

Du 12 au , la famille de Souheil El Khalfaoui organise un « marathon de la vérité » au Vieux-Port de Marseille. La série de rencontres, débats et projections se termine par un rassemblement[1],[12],[13],[14],[15].

Presque deux années après la mort de Souheil, son père Issam El Khalfaoui ouvre une marche pour la justice à Marseille, marquée par d'autres morts récentes, notamment celle de Nahel à Nanterre: « l’histoire de Nahel a ravivé beaucoup de souvenirs et de douleur. Sauf que pour Souheil la vidéo a été perdue par l’IGPN »[16].

En , le père de la victime témoigne pendant des manifestations contre les violences policières de son « écœurement » : « le président de la République n’a fait aucune proposition. Le syndicat de police Alliance, la télévision, déversent un racisme décomplexé. Et on nous interdit de manifester »[17].

Le policier qui a tiré, participe comme pilote de BMX à la cérémonie d'ouverture des JO[2],[18],[19],[20],[21]. Scandalisé, le père de la victime dénonce[22] « une enquête biaisée qui s’éternise », et une institution policière « prête à tout pour systématiquement disculper l’un des siens »[2].

L'association SAVE

En avril 2023, le père et la tante de Souheil, Issam[23] et Samia El Khalfaoui, créent l'association Stop aux violences d’État (Save), dont l’exposition itinérante « 435-1 M’a tué·e »[24],[25],[26] reçoit le soutien de la Ligue des droits de l’homme et d'Amnesty International[27]. Elle publie en 2026 sur le site de l’Assemblée nationale une pétition contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers[28], qui recueille plus de 700 000 signatures, sans impact sur le parcours législatif du texte[27],[29].

Suites judiciaires

Assa Traoré, Amal Bentounsi et Samia El Khalfaoui le 20 septembre 2026.

Deux enquêtes sont ouvertes immédiatement après l'incident, l'une par l'IGPN pour l’usage de l’arme, l'autre par la police judiciaire pour « tentative d’homicide »[5],[30]. Selon la famille, l'IGPN n'a pas interrogé les témoins[1].

Une semaine plus tard, la famille conteste la thèse de la légitime défense sur la base de nombreux témoignages qui contredisent la version de la police, et demande l’ouverture d’une information judiciaire[4],[31]. La famille dépose plainte pour homicide volontaire et non-assistance à personne en danger[32],[33].

En , alors que l’enquête préliminaire est toujours en cours, le parquet privilégie la thèse de la légitime défense. La famille réclame la nomination d’un juge d’instruction[34]. Le , l’enquête de l'IGPN est classée sans suite par le procureur adjoint André Ribes au motif de la « légitime défense »[35],[36],[37].

En , selon Libération, la procureure de la République de Marseille a demandé à l’IGPN un complément d’enquête[38],[39],[40]. Cette réouverture du dossier fait suite à la contre-enquête menée par le nouvel avocat de la famille, Arié Alimi, qui dénonce une première enquête bâclée et révèle plusieurs éléments qui ont été ignorés par l'IPGN, ainsi que la destruction de preuves[41]. La famille porte plainte contre l'IGPN pour « obstruction à la manifestation de la vérité », et demande le dépaysement de l’affaire[42],[43]. La plainte vise notamment l’un des enquêteurs, le brigadier Stéphane R., qui n'a pas placé sous scellés six vidéos de caméra de surveillance située à l’endroit même du contrôle, dont trois ont ensuite disparu[42]. La famille se constitue partie civile[44] et un juge d’instruction, Patrick de Firmas, est désigné en [2].

En , le policier tireur et visé par une information judiciaire pour homicide volontaire est en poste dans une autre ville des Bouches-du-Rhône ; il n'a pas encore été auditionné par le juge d’instruction[2].

Le policier n'est finalement auditionné que le par Patrick de Firmas, qui le place sous le statut de témoin assisté, avant de quitter le tribunal de Marseille pour prendre un nouveau poste[45].

Le juge d’instruction avait constaté la disparition de plusieurs pièces à conviction placées sous scellés depuis 2022 et lancé une enquête interne pour les retrouver avant d'être muté en . La juge d'instruction qui le remplace prend connaissance de cette disparition et averti la famille le que neuf scellés confiés au parquet trois ans auparavant ont disparu : il s'agit d'images de vidéosurveillance, d'enregistrements d’appels d'urgence, de l’audition du tireur et de la balle mortelle ; le père de la victime dépose plainte contre l’ancienne procureure de Marseille, Dominique Laurens[45],[46] et Gérald Darmanin menace d'une inspection[47]. Les scellés sont retrouvés dans le bureau du juge d'instruction Patrick de Firmas par la greffière, après que deux Questions au Gouvernement ont été posées au Garde des Sceaux par deux députés[48]. Pour les parties civiles, cet évènement est une nouvelle démonstration du « manque d’impartialité » de la justice dans cette affaire[48].

Vidéo

Références

Articles connexes

Liens externes

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