Mtepe

type de bateau From Wikipedia, the free encyclopedia

Un mtepe (du swahili signifiant « bateau ») est un type de voilier swahili à un mât portant une voile carrée[2]. À la différence des embarcations rigides de technique occidentale, c'est un bateau cousu conçu pour être flexible[3] : les planches constituant la coque sont maintenues par des chevilles de bois[4] et de la fibre de coco[3].

Mtepe sur la plage de Zanzibar, vers 1890.
Le Shungwaya est une réplique inexacte de mtepe[1] construite en 2003. L'embarcation est exposée au musée de la Maison des Merveilles à Stone Town (Zanzibar).

Historique

Origine

L'origine de ce type de navire est ancienne et mal connue, de nombreuses théories sont possibles : naissance africaine, arabo-persane, indienne ou encore indonésienne ; il est possible que toutes ces cultures aient contribué chacune à l'émergence d'une technologie commune.

Ces bateaux cousus sont déjà cités dans le Le Périple de la mer Érythrée, un document anonyme du début du IIe siècle[5],[6]. Ces navires sont aussi mentionnés au XIe siècle par Al-Biruni dans son Histoire de l'Inde, puis par Al Idrissi au XIIe siècle, par Marco Polo, de passage à Ormuz en 1272 ou encore Ibn Battûta au XIVe siècle[réf. à confirmer][7].

Selon la tradition orale Bajun (en Somalie), ils seraient originaires de la région des Maldives, apportés sur les côtes africaines à une date inconnue par la migration du peuple Wadiba, et rapidement copiés par tous les peuples de la côte est-africaine[8].

Développement

Ce type d'embarcation est particulièrement souple et permet donc de naviguer en relative sécurité par-dessus les récifs immergés à marée haute, typiques de l'océan Indien, et de s'échouer en toute sécurité sur les plages. Pour cette raisons ces navires sont très répandus du Mozambique à l'Inde pendant un à deux millénaires, permettant de coloniser des îles entourées de récifs comme Mayotte, longtemps restées inaccessibles aux navires occidentaux[réf. à confirmer][7]. Le baron Carl Claus Von der Decken affirme ainsi en 1869 : « Ils se montrent excellents pour naviguer dans les eaux peu sûres ; car ils ne subissent absolument aucun dégât lorsqu'ils s'échouent sur des récifs ou un banc de sable, la marée suivante les rend à la liberté alors qu'un bateau européen assemblé avec du fer serait infailliblement brisé dans la même situation »[réf. à confirmer][7].

Extinction

La fin de la construction de mtepe dans son format original a été attribuée à l’arrivée des Portugais dans l’océan Indien au xve siècle, conduisant les constructeurs de bateaux à adopter des techniques alternatives de construction navale occidentale[3]. Toutefois les mtepes modifiés ont perduré jusqu'au XXe siècle en incluant de nombreuses modifications par rapport à sa conception originale[9], liés aux apports occidentaux.

Préservation

Près d'une douzaine de photographies et neuf modèles de mtepe ont été conservés[3] dont trois modèles au Fort Jesus Museum (un fort portugais construit en 1591 situé sur l' île de Mombasa, au Kenya)[3], un modèle au musée de Lamu[3], un modèle au National Maritime Museum de Londres[1] et un modèle au Science Museum de Londres[1].

Notes et références

Voir aussi

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