Musique rituelle (Barraine)
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| Musique rituelle | |
Folios 35 et 67 de la Bardo Thödol. | |
| Genre | musique sacrée |
|---|---|
| Musique | Elsa Barraine |
| Effectif | Orgue, Tam-tam, Gong, xylorimba |
| Durée approximative | 38:45 |
| Dates de composition | 1967[1] |
| Création | Cathédrale de Lausanne |
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Musique rituelle est une œuvre pour orgue, tam-tam, gong et xylorimba d'Elsa Barraine composé en 1967 d'après le Livre des morts tibétain.
Musique rituelle, d'une durée moyenne d'exécution de trente-huit minutes et quarante-cinq secondes environ[2], est composée de sept mouvements :
- L'Évanouissement ;
- Les Divinités paisibles ;
- Les Divinités irritées ;
- Les Démons ;
- La Fermeture des Portes ;
- Les Crochets de la Grâce ;
- La Délivrance différée
Commentaires
La musique de Musique rituelle est influencée par la Bardo Thödol, le Livre des Morts tibétains. L'œuvre est composée en sept parties, qui sont les sept étapes par lesquelles passe l’âme pendant les 49 jours suivant la mort, avant d’être soit réincarnée, soit d’atteindre la délivrance. La pièce est un jeu de sonorités, de combinaisons rythmiques et de numérologie[1]. Le rythme est le premier élément expressif de l’œuvre[3]. Tout tourne autour du chiffre 7 et de ses multiples, par les quarante-neuf jours de voyage équivalent aux « 49 durées et utilisation systématique » présents dans les sept parties[1],[3].
Lionel Pons dans son analyse déclare :
« Cette recherche rythmique, si elle peut paraître proche de celle d'Olivier Messiaen dans les permutations symétriques mises en œuvre pour Chronochromie (1960), s’en distingue pourtant notablement. Le but de Messiaen est de créer une synesthésie étroite entre la durée et la couleur harmonique, alors que chez Elsa Barraine, la durée prend directement le poids d’une valeur expressive. En conséquence, non seulement rythmes et durées sont ici les seuls axes de construction de la forme, mais la différence entre ces deux données se trouve abolie[3]. »
Il s'agit également de la seule œuvre de Barraine à s'échapper de son style néo-classique habituel pour s'orienter vers une musique influencée par le sérialisme[4]. Pour ce qui est des thèmes « la construction se base uniquement sur les permutations de durée, la donne mélodique se réduisant à deux éléments thématiques, l’un empreint de sérénité, associé principalement aux Divinités paisibles et qui revient dans Les Crochets de la Grâce, l’autre plus tourmenté lié à La Fermeture des Portes. Aucun de ces éléments ne se trouve développé, seules les différentes permutations rythmiques utilisées peuvent en modifier le visage[3] ».
De plus, « la couverture de la partition, de la main d’Elsa Barraine, porte les caractères tibétains Aum Ma Ni Pad Me Hum, ce qui peut se traduire par Salut, Ô joyau dans la fleur de lotus, et constitue une formule sacrée dont la répétition a pour but la non réincarnation. Chacun des caractères se trouve également associé à l’une des couleurs des six mondes, soit respectivement blanc, bleu, jaune, vert, rouge et noir. À l’intérieur de la partition, Elsa Barraine fait apparaître l’idéogramme chinois signifiant musique rituelle[3] ».