Pogromes (Barraine)

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Pogromes. Ouverture. Illustration symphonique d’après André Spire

Durée approximative8:40
Pogromes
Pogromes. Ouverture. Illustration symphonique d’après André Spire
Image illustrative de l’article Pogromes (Barraine)
Elsa Barraine en 1946.

Genre Poème symphonique
Musique Elsa Barraine
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative 8:40
Dates de composition 1933
Création
Académie des beaux-arts

Pogromes ou Pogromes. Ouverture. Illustration symphonique d’après André Spire est un poème symphonique d'Elsa Barraine composé en 1933 d'après un poème du même nom d'André Spire.

En 1929, la compositrice Elsa Barraine obtient grâce à La vierge guerrière, cantate en trois parties retraçant la vie de Jeanne d'Arc, le Premier Grand Prix de Rome en composition musicale[1],[2]. Elle devient la quatrième femme à remporter le prix après Lili Boulanger en 1913, Marguerite Canal en 1920 et Jeanne Leleu en 1923[2]. Barraine avait déjà obtenu très jeune les premiers Prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue et d'accompagnement au piano au Conservatoire de Paris avant de se former à la composition auprès de Paul Dukas[1],[2].

L'ascension du fascisme en Italie sous Mussolini et l'arrivée du nazisme en Allemagne lors de ses années d'études à la Villa Médicis font craindre à la compositrice une forte montée de l'antisémitisme[1],[2]. Avant d'arriver à Rome, Elsa Barraine avait rencontré le poète philanthrope André Spire, qui lui a donné un de ses recueils de poèmes[3]. Celui-ci a pour objectif de lutter pour « la protection et la promotion des droits et des intérêts des intellectuels juifs dans le Paris de l'entre-deux-guerres »[1]. Barraine s'inspire du poème Pogrome de Spire afin de composer son « illustration symphonique ». Le texte de Spire est divisé en deux parties : « Écoute Israël » qui « est un appel passionné aux armes lancé par les jeunes Juifs contre les ennemis qui les menacent » et Pogroms, la seconde partie, qui est « la réponse des hommes plus âgés qui, terrifiés par la perspective d'un combat qu'ils savent d'avance inutile, conseillent à leurs fils la soumission et la résignation »[3],[4]. La jeune femme décide de mettre en musique seulement cette seconde partie[4]. Pogromes. Ouverture. Illustration symphonique d’après André Spire, de son nom complet, est une réponse directe de Barraine à l'arrivée d'Hitler, de l'émergence du nazisme et de la création du Troisième Reich[1],[2],[3].

Pogromes est créé pour la première fois le à l'Académie des beaux-arts[5]. Selon le journal Le Temps, le public a écouté la pièce « religieusement » et l'a « chaleureusement applaudie »[3].

Il s'agit de la première œuvre de Barraine à révéler une sensibilité politique et spirituelle[2] ; s’ensuit les pièces Trois chants hébraïques et Quatre chants juifs (1937)[1]. Avec cette pièce, la compositrice s'inscrit dans le cercle élargi d'Olivier Messiaen et de la Jeune France, qui a pour objectif de produire une musique qui apporte « sans cesse à ceux qui l'aiment sa violence spirituelle et ses réactions courageuses »[3]. Pogrome est considéré comme le précurseur de la Symphonie no 2 de la compositrice[3].

Commentaires

Pour le musicographe et critique musical Jacques Bonnaure, Pogromes « reflète [...] le militantisme de Barraine. Cette coulée lyrique subtilement orchestrée est un cri de protestation contre les attaques des nazis, et un cri d'amour pour ses propres racines juives[6] ».

Pour le musicien et compositeur Raffi Ourgandjian, « il s'en dégage une sérénité inattendue ainsi qu'une mélancolie majestueuse[4] ».

Discographie

Références

Bibliographie

Liens externes

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