Symphonie no 2 de Barraine

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Voïna

GenreSymphonie
Nb. de mouvements3
Symphonie no 2
Voïna
Image illustrative de l’article Symphonie no 2 de Barraine
Elsa Barraine, en 1940

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 3
Musique Elsa Barraine
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative 17:37
Dates de composition 1938
Création
Londres
Interprètes Orchestre symphonique de la BBC, sous la direction de Manuel Rosenthal

La Symphonie no 2 dite «  Voïna » d'Elsa Barraine est une symphonie composée en 1938.

En 1929, la compositrice Elsa Barraine obtient grâce à sa cantate La vierge guerrière, qui relate la vie de Jeanne d'Arc, le Premier Grand Prix de Rome en composition musicale[1],[2]. Elle devient la quatrième femme à remporter le prix après Lili Boulanger en 1913, Marguerite Canal en 1920 et Jeanne Leleu en 1923[2]. Barraine avait déjà obtenu très jeune les premiers Prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue et d'accompagnement au piano au Conservatoire de Paris avant de se former à la composition auprès de Paul Dukas[1],[2].

Au cours de ses années d'études à la Villa Médicis, la jeune femme est témoin de la montée du fascisme en Italie sous Mussolini[1],[2]. Elle compose en 1931 sa Symphonie no 1[1]. A la suite de l'antisémitisme montant en France et surtout en Allemagne sous le régime d'Adolf Hitler, elle compose la pièce symphonique Pogromes d'après un poème d'André Spire[1]. Il s'agit également de la première œuvres de la compositrice à contenir un message politique[2].

En 1938, à la suite des accords de Munich, elle adhère au Parti communiste français[1]. La situation politique en Europe ne lui présage rien de bon et sentant une guerre imminente elle décide de composer sa Symphonie no 2 « Voïna » (qui signifie « la guerre » en russe) en trois mouvements[1],[2]. Cette pièce est considérée comme « l'œuvre d'une visionnaire, puisqu'elle annonce à travers les trois mouvements, la guerre, la mort [et] puis la fin du cauchemar »[3],[4].

Instrumentation

Structure

La Symphonie, d'une durée moyenne d'exécution de dix-sept minutes et trente-sept secondes environ[5], est composée de trois mouvements :

  1. Allegro vivace ;
  2. Marche funèbre ;
  3. Finale

Analyse

L’œuvre est écrite dans un langage relativement tonal pour son époque. La Symphonie no 2 « dégage une atmosphère brutale, militaire, produite par un degré inhabituellement élevé d’écriture dissonante et par l’usage si efficace de la percussion. Si rapprochement il y a, le retour de Barraine aux formes traditionnelles évoque davantage les œuvres néoclassiques de Schoenberg, comme le Troisième Quatuor (1927) ou le Concerto pour piano op. 42 (1942), où une musique non tonale est présentée dans des cadres anciens »[3]. Mais, comme beaucoup d’œuvres orchestrales françaises du milieu du XXe siècle, elle se caractérise par une fascination pour le timbre[3].

Du point de vue de l'orchestration, Elsa Barraine réalise une pièce extrêmement précise avec notamment « limitation des effets de couleur dans la mouvance post-ravélienne, utilisation des cordes préférentiellement en unissons et octaves lorsqu’elles sont en situation d’énoncé thématique, caractérisation thématique très franche »[2]. De plus, elle a la tendance à mettre en valeur les solos de bois, à diviser ses pupitres de cordes et à mettre les percussions au premier plan ce qui provoque un effet « dramatique »[3].

Le dernier mouvement de l’œuvre, « Finale », opte pour une forme rondo-sonate[2]. Faisant référence aux formes traditionnelles classiques, que l'on peut retrouver dans des œuvres comme Pulcinella ou la Symphonie en ut d'Igor Stravinsky, mais avec une palette sonore qui a une « rudesse parfois surprenante »[3].

Pour le musicographe et critique musical Jacques Bonnaure, la partition « exprime [...] les tourments et les goûts de son époque : mouvements vifs pulsés, construction classique (sans aucun esprit de pastiche), style clair et aéré faisant la part belle aux vents[6] ».

Commentant la symphonie, le musicien et compositeur Raffi Ourgandjian relève que « cette œuvre majeure où s'affirme magistralement, puissamment, la personnalité d'Elsa Barraine, eut un succès retentissant après la guerre, notamment au Festival International de Londres en 1946, avec l'orchestre de la BBC sous la direction de Manuel Rosenthal. Cette symphonie confirme une puissance expressive, une élévation de pensée peu commune chez une artiste[4] ».

Discographie

Références

Bibliographie

Liens externes

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