Nothois
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Le nothois (endonyme : patoi d’No[2]) est une variété de marchois, qui est essentiellement parlée à Noth, dans le Croissant linguistique, une aire de transition des domaines oïl et oc dans le centre de la France métropolitaine.
| Nothois | |
| Pays | France |
|---|---|
| Région | Noth |
| Classification par famille | |
| Échantillon | |
| Extrait de la fin du chapitre XXI du Petit Prince : Arvére, dissè l’renâr. Vétchi mon secrè. Ou é bian sinple : on veû bian qu’avèque le quëur. S’qu’y’o d’pu inportan, on yô veû pâ avèque lou aeu[1]. |
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Situation sociolinguistique
D'après Guy Pradeau, locuteur natif et traducteur du Petit Prince, le nothois partage de fortes affinités linguistiques avec d'autres parlers locaux, notamment le fursacois, parlé à Fursac. En 2021, il ne compte plus qu’une cinquantaine de locuteurs du nothois, dont le nombre diminue chaque année[3].
Étude linguistique
Exemples lexicaux
Littérature
Une traduction du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry dans cette variété est publiée en 2021[4]. L'œuvre d'Antoine de Saint-Exupéry est traduite par Guy Pradeau, locuteur natif, depuis son domicile, plus précisément depuis une pièce qu’il désigne comme son « grenier » : cet espace est aménagé au deuxième étage d’une ancienne ferme, au hameau de Boscavillot, dans un atelier qui est autrefois celui d’un charron, artisan du bois et du métal spécialisé dans la fabrication de chars et charrettes. Des outils de cet ancien métier, suspendus dans la bibliothèque, viennent rappeler l’ancrage rural et artisanal du lieu. La démarche de Guy Pradeau s’inscrit dans une mémoire familiale et communautaire : natif du hameau (plus précisément, de la maison voisine de celle qu’il occupe alors), il pratique toujours le nothois avec les membres de sa famille et certains voisins. Il est aussi membre de l’association Anam causar à Feurçac, Le Petit Prince ayant déjà fait l’objet d’une traduction en fursacois par Marie-Rose Martinet, sa présidente[3].
Pradeau entreprend la traduction du Petit Prince à l’invitation de Nicolas Quint, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il reconnaît que ce travail, réalisé sur une année entière, représente à la fois un défi linguistique et un plaisir personnel. En effet, il constate que le nothois, comme beaucoup de parlers de tradition orale, dispose d’un lexique limité pour exprimer des idées abstraites, des émotions ou des concepts philosophiques. Pour rendre la richesse du texte original, il recourt à des périphrases, des métaphores et des expressions imagées issues de l’usage populaire. Il cite, par exemple, l’insulte affectueuse que proférait sa grand-mère — « chiqu'o dô mau », littéralement « chien qui a du mal », c’est-à-dire « chien galeux » —[3].