Nu héroïque
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Le « nu héroïque » est la représentation d'une vertu d'un héros masculin[1] par un nu artistique, fréquente dans les arts de l'Antiquité et du XVIIIe siècle. La vertu ainsi représentée peut être le Vrai, le Beau, le Bien.
Le « nu héroïque » n'est mentionné par les archéologues et les historiens d'art que pour l'art grec et postérieur, en particulier l'art hellénistique et l'art romain. Cette nudité rapproche le héros des dieux qui, eux, sont traditionnellement figurés anthropomorphes, nus, et munis d'attributs comme le foudre de Zeus, même si ces attributs ont souvent disparu avec le temps.

- Stèle funéraire de deux hoplites, dont l'un est figuré en nudité héroïque. Musée archéologique du Pirée[2]
- Statue d'Antinoüs héroïsé. Marbre 1,80 m. Musée de Delphes. Marbre
130 EC, époque romaine, dans un « style sévère », grec, du Ve siècle AEC.[3] - « Dynaste des Thermes », prince séleucide ou Attale II de Pergame (?). Sculpture hellénistique. Bronze, H. 2,20 m. IIIe – IIe siècle AEC. Palais Massimo des Thermes
Dans l'Antiquité grecque, Selon Bernard Holzmann, « [le nu] est un costume qui place le sujet dans un état de surréalité, divine ou bien héroïque, quand il s'agit de personnages honorés ou morts[4]. Le nu héroïque autorise, dans la sculpture, une échelle plus grande que nature, alors que le commun des mortels est représenté à l'échelle naturelle dans l'art grec. Dans la peinture sur vase, le vase François montre le corps héroïque d'Achille, nu, parmi ses compagnons, en costume militaire. En effet pour un grec, il n'y a pas de plus belle mort que la mort au combat, le soldat meurt en héros. Il y donc deux types de héros, ceux de l'épopée - où figure Achille - et les simples soldats morts au combat.
La culture romaine, sous l'Empire plus particulièrement, a fait appel à des sculpteurs grecs dont ils reconnaissaient la supériorité dans le domaine des arts. Au Musée archéologique de Delphes, la statue d'Antinoüs, le favori et amant de l'empereur Hadrien (règne: 117-138) - lequel était passionné de culture grecque - possède un visage conforme aux autres portraits et un corps dans la nudité héroïque. Ce corps suit, d'ailleurs, les proportions et la pose fixées par Praxitèle, au milieu du Ve siècle AEC. Un culte lui a été rendu dans tout l'Empire. Il a donc été non seulement héroïsé mais aussi divinisé. Mais la nudité héroïque a été choisie, parfois, sans autre raison, apparemment, que pour se donner et donner à sa famille, une image valorisante de soi.
- Portrait d'un général dans la nudité héroïque, atténuée par le vêtement militaire. Tivoli. Marbre, H. 1,88 m. Vers 100-75 AEC. Palais Massimo des Thermes[5]